Grèce insolite

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Sophie Alloncle | 30.11.1999 | 1682 visites | 0Favoris |
Sophie Alloncle

Bienvenue en Grèce, terre au riche passé, aux légendes célèbres dont les traces sont encore visibles. Mais la Grèce c’est aussi la mer d’un bleu azur, les îles éparpillées sur la méditerranée, les cafés, les "peripteros", le "rebetiko", les tavernes, les femmes habillées de noir, le ouzo… Faisons un petit tour d’horizon de la culture grecque, si proche de la notre par ses racines et pourtant si différente.

Commençons par les cafés, lieu important de la vie sociale, lieu de rencontre et d’échanges. L’invitation à boire un café est un geste d’hospitalité, un prétexte à la conversation. On parle football, politique, on joue aux cartes en sirotant un bon café épais en serrant les dents pour filtrer le marc. Dans la plupart des bureaux, il n’existe pas de distributeur, les employés préfèrent commander leur café dans les "kafenions", et il est courant de croiser dans le centre ville des serveurs portant des plateaux encombrés de tasses à café se presser pour livrer leurs clients sur leur lieu de travail. Le "kafé" grec est très proche du café turc, "kahwah" par le nom comme par le goût. Jusqu’en 1974, les Grecs appelaient le café "turkito kafé" (café turc), mais après a guerre de Chypre, le mot fut rayé de leur vocabulaire et remplacé par "elleniko kafé" (café grec), politique oblige ! Moulu très fin puis chauffé dans une petite casserole, le "briki", on y incorpore le sucre à la cuisson. Le "gliko" est très sucré, le "metrio" peu sucré et le "sketo" non sucré. Attention ne le mélangez pas, attendez que le marc descende au fond de la tasse avant de le déguster ! Le café est toujours servit accompagné d’un verre d’eau. N’hésitez pas à appeler le serveur en claquant des mains, c’est une habitude ici et vous serrez plus rapidement servit. Les jeunes préfèrent le café frappé, qui détrône le "kafé" depuis une dizaine d’années auprès de la jeune génération. Cette boisson à été commercialisée en France mais n’a pas réussit de percée comme en Grèce. Il s'agit d'un café soluble mélangé avec de l'eau et de la glace pilée. C'est une boisson très rafraîchissante à déguster en été en se dorant au soleil à la terrasse d’un "kafenion".

Si les cafés sont les centres de la vie sociale, les "periptero" sont ceux de la vie urbaine. Vous en trouverez à tous les coins de rue dans les villes grecques. Leur fonction première de kiosque à journaux est bien visible : leurs propriétaires ont l’habitude de suspendre les journaux à un fil à linge pour que chacun puisse venir lire les gros titres de la une. Mais on y trouve aussi des bonbons, des cigarettes, des cartes téléphoniques, des timbres, quelques articles d’épicerie, de la lessive, du shampoing… parfois le vendeur est en même temps quincaillier ou serrurier… tout cela dans un espace de 2 m2 à peine ! Ces kiosques étaient à l’origine un cadeau du gouvernement pour dédommager les anciens combattants de la guerre des Balkan et de la Première guerre mondiale, d’où leur similitude architecturale avec un poste de garde.

Partie intégrante de la culture grecque, le "rébétiko", le blues grec, a une origine assez confuse. Il semble avoir pris ses racines dans les chants populaires traditionnels : chants religieux orthodoxes, chansons populaires des tavernes, des prisonniers, des tekes (pièces où les hommes se cachaient pour fumer du canabis)... Apparu dans les années `20.ses complaintes évoquent les infortunes de la vie : la maladie, la mort, la pauvreté… Ici, on entend la colère d'un prisonnier, là les lamentations de celui qui s'est fait voler son hachisch ou la romance d'un mal aimé. Ce style a connu son apogée à l’époque de la guerre civile (1946 / 1949), mais avec le succès, a perdu en qualité. Après des hauts et des bas, il a regagné l'intérêt d'une jeunesse soucieuse de perpétuer le patrimoine grec. Un nouveau public, jeune, l'écoute pour retrouver ses racines. Le rébétiko s’est modernisé : le rocker rébète Nikos Papazoglou le parfume d'Orient, tandis que le groupe Les Nageurs d'Hiver le mêle au free jazz en associant bouzouki et saxo. On peut encore écouter du rébétiko authentique dans les tavernes et les rébétadika.

A ne rater sous aucun prétexte, les "karaghiozis" (yeux noirs), spectacles de théâtre d’ombres qui sont une coutume en voie de disparition Même si vous ne comprenez pas le grec, cela vaut le détour. Les Grecs se sont appropriés ce spectacle populaire né en Chine qui a traversé toute l’Asie en passant par la Turquie. Les spectacles ont le plus souvent lieu le soir. Des figurines articulées en peau de veau sont animées devant un écran blanc éclairé. Le héros, ou plutôt, l’anti héros, Karaghiozis est un grec pauvre, vivant misérablement avec sa femme et une ribambelle de gamins turbulents. Son ennemi de toujours (un turc évidemment !) vit dans un sérail luxueux. Heureusement le pauvre Karaghiozis est malin et possède un bras démesuré qui lui permet de se défendre contre son agresseur.

Inévitables également, les yaourts grecs. Rien à voir avec nos yaourts, liquides et peut consistants ! Les yaourts en Grèce sont riches épais et onctueux et n’ont pas la même fonction culinaire qu’en France. Ils séparent le repas des autres activités de la journée. Les repas débutent souvent par une assiette de "tsatsiki" (mélange de concombre, de yaourt et d’ail), ou se terminent par un bol de yaourt parfumé au miel et accompagné de noix. Autre spécialité grecque, le ouzo. C’est un apéritif aromatisé à l’anis à base de marc de raisin. Il se boit pur dans un petit verre en alternance avec de l’eau fraîche. On le sert avec des mézès (voir le dossier sur Chypre pour les recettes).

Pour bien s’intégrer parmi les Grecs, parler quelques mots de la langue vous ouvrira bien des portes. Le grec est une langue difficile, rarement parlée par les touristes, et les Grecs sont ravis lorsqu’un étranger fait l’effort de les aborder dans leur propre langue. Voici quelques mots de base qui vous permettront de vous faire comprendre sans trop de difficulté : Oui – né Non – ochi Bonjour – kalimèra Bonsoir – kalispèra Au revoir – athîo S’il vous plaît – parakalo Merci - efkaristo Pardon – signomi Je ne comprends pas le grec – then katalavéno hellinika Je suis français / française – imé ghalos/ghalida Eau – néro Pain – psomi Café – kafé Savez vous que l’expression américaine "ok" vient du grec ? Elle était employée par les dockers grecs qui travaillaient sur le port de New York. Quand une caisse était prête à l’embarquement ou au déchargement, ils écrivaient dessus à la craie "Ola Kala" (tout est bon), en abrégé : OK… Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi beaucoup de noms grecs se terminent pas "akis"?. Les noms de famille se terminant par « akis » ou « aki » (au féminin) sont d’origine crétoise. Lorsque les tucs envahirent la Crète, ils obligèrent les habitants à ajouter ce suffixe à leur patronyme. Cela fut pour les Grecs une terrible humiliation car "aki" est ajouté à un mot pour signifier "petit". En revanche, "aki" veut aussi dire "le fils de" ainsi que "poulos" lorsqu’il est ajouté à la fin d’un prénom. Comme le prénom du père était souvent donné au fils aîné, on ajoutait ce suffixe pour les différencier.

Pour terminer, pour ceux qui ne le savent pas, une journée à la grecque se déroule un peu au même rythme que celle des espagnols. Cela commence tôt, la matinée se terminant avec le "méssiméri", entre 13h et 15h pour prendre un en-cas. Puis c’est la sieste jusque 17h (attention beaucoup de magasins sont fermés, ce n’est pas l’heure pour faire du shopping !) qui précède l’après-midi "apoghevma" où l’activité reprend jusque 20h environ. Les Grecs mangent tard (22h) et les heures qui précèdent le repas sont consacrées à la promenade et à l’apéritif.

Vous voilà prêts à partir en Grèce ! Découvrir un pays, c’est aussi découvrir sa culture. Pour trouver des informations complémentaires, visitez le site de l’office du tourisme grec. N’hésitez pas non plus à lire ou à relire notre reportage "Escapade entre Athènes et Santorin", ainsi que le récit "Grèce, du Grand Bleu plein les yeux". Souvenez vous, la Grèce ce n’est pas seulement les plages et le soleil, on y trouve le dépaysement là où on s’y attend le moins, dans les ruelles étroites d’un village des Cyclades, dans un café typique en dégustant un kafé ou un verre de ouzo, dans une chapelle perdue au bord d’une route, au fin fond d’une taverne en écoutant le rébétiko… et surtout dans le regard, les gestes et les paroles des grecs…

info plusinfo plus

Pour visiter une île ou même vous balader dans l’arrière pays, rien de tel qu’un scooter. Cependant attention à la manière de conduire des grecs, car ce sont de vrai casse-cou ! ils doublent dans toutes les situations en mordant les lignes blanches sans aucune vergogne ! Les petites chapelles qui bordent les routes témoignent des accidents nombreux.

 

En ce qui concerne vos déplacements en ville, n’hésitez pas à emprunter les taxis, ils ne sont pas chers, surtout si vous les pratiquez de manière collective comme les Grecs !

 

Il y a deux aéroports internationaux en Grèce : Athènes et Salonique.

Réservez vos billets sur : http://www.protravel-vacances.com/

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