Balade au Myanmar

Birmanie
Balade au Myanmar

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Martine Demezuck | 30.11.1999 | 1148 visites | 0Favoris |
Martine Demezuck

Balade au MyanmarUn petit coin d’Asie réputé pour son or, ses pagodes et surtout l’extrême gentillesse de sa population, nous tentait depuis longtemps. Nous sommes en Avril, le climat parisien est détestable ; grêle, froid, pluie et, au Myanmar, c’est la saison chaude, mais vraiment très chaude et c’est aussi un peu pour cela que nous l’avons choisi. Passées les démarches un peu compliquées pour l’obtention des visas et après un vol relativement long, mais déjà imprégné du charme asiatique de la compagnie THAI, nous arrivons à l’aéroport de Yangon - ou Rangoon à l’époque des Anglais. C’est avec un peu d’appréhension que nous débarquons : la douane est-elle aussi rigoureuse que nos démarches auprès de l’ambassade le laissaient supposer ? Ce pays dit totalitaire, encore fermé aux touristes il y a seulement quelques années, nous impressionne un peu. Mes vieux dollars contre des Kyats flambants neufs ! Porteurs empressés, taxis affairés, vélos, camionnettes bruyantes… nous voici happés, dès notre arrivée, par deux charmants garçons baragouinant quelques mots d’anglais et déjà tout disposés à nous faire visiter la Birmanie pour une poignée, non pas de dollars, mais de kyats , monnaie locale dont le cours est très fluctuant et qui peut se changer … au Marché noir. Nos deux " prétendants guides " nous proposent de nous assister dans cette périlleuse démarche. Avec toute la mise en scène nécessaire (billets glissés dans un journal , regards entendus), les voici qu’ils nous changent, à un taux défiant toute concurrence, nos premiers dollars. L’inquiétude nous saisit tout de même lorsque que nous récupérons de superbes kyats flambants neufs, semblant tout droit sortis d’une imprimerie clandestine et ressemblant comme deux gouttes d’eau à … des billets de Monopoli. Mais non ils n’étaient pas faux, toutefois nous nous sommes sentis mieux en réglant notre premier café avec ! Soit dit en passant, ce taux de change accordé à brûle pourpoint, fut le moins avantageux de notre séjour (commission oblige ! !) mais cela aurait pu être bien pire ! ! Voyageurs depuis longtemps, nous n’étions pas très fiers de notre attitude de " touriste " de ce jour là ! ! Un envahissement de douceur et de charme… Passée une sieste réparatrice après ce long vol vers l’Asie, nous quittons notre hôtel en direction d’une énorme barge royale tirée par deux dragons d’or , somptueuse et immobile sur les eaux pâles du lac. Puis nos pas nous conduisent irrésistiblement vers la magnifique pagode shwedagon. Il est déjà tard pour y pénétrer et une visite est prévue le lendemain, toutefois c’est un vrai bonheur que de se promener tout près : entrevoir une crête d’animal mythique, se promener le long des échoppes d’offrandes, entendre le tintement des clochettes dans le vent et assister à l’ouverture de tous ces petits commerces du soir : brochettes grillées, pastèques tranchées, bouchées de toutes sortes que l’on trempe à sa guise dans des sauces allant du brun au jaune en passant par le vert, et le rouge du piment ; chaises et tables si petites que l’on croirait des restaurants pour maternelle ! !. Les birmans sont charmants et nous sommes déjà sous le charme, des sourires, des regards un peu timides mais une indescriptible gentillesse au fond des yeux. La nuit tombe tout d’un coup sans être parvenue à rafraîchir l’atmosphère, les lumières vacillantes des lampes à pétrole s’allument, les braises des barbecues brillent dans la nuit chaude, c’est un moment délicieux , toute la douceur de l’Asie nous envahit, nous avons bien choisi notre destination nous allons vivre à ce rythme et dans cette ambiance pendant de longs jours, et cela ne fait que commencer ! !

Découverte de Yangon (Rangoon)

Balade au MyanmarShaw Sahaw est notre guide Birmane. C’est un petit bout de femme d’une trentaine d’années, charmante et très vive. Nous l’accompagnons pour la visite du Marché Bogyoke. Gilles et Véronique, qui sont arrivés ce matin, traînent derrière eux toute leur nuit de vol et leur décalage horaire. On en vient même à surveiller Gilles du coin de l’œil pour ne pas l’oublier sur quelques rouleaux d’étoffe ! La chaleur omniprésente, la dure compréhension des négociations avec la monnaie du Pays qui change de cours chaque jour, fera sans doute de cette visite du Marché de Rangoon leur plus cuisant souvenir de Birmanie. Mais, comme pour nous, la veille, tout s’efface devant Shwedagon. Un énorme dôme recouvert de feuilles d’or, tout autour une myriade de petits clochetons brillants doucement dans le soleil, l’ensemble dessinant un halo d’or sur les dalles de marbre blanc. Le temps semble s’être arrêté là ; les fidèles prient et se déplacent doucement. Des voix chuchotent quelques prières, la brise fait tinter les mille clochettes du dôme. En marchant lentement sur les dalles de marbre encore brûlantes de la chaleur du jour, subjugués par tant de débauche d’or et de pierres précieuses, nous sommes imprégnés de la sérénité du lieu . Un souffle d’air chaud balaie le sol ou les familles prient par petits groupes, les bâtons d’encens et les guirlandes de jasmin offertes au Dieu diffusent dans l’air une odeur exquise, le sombre manteau de la nuit atténue peu à peu la lumière dorée du grand temple et nous prenons à regret le chemin du retour. Nous sommes à mille lieues de notre culture et de nos valeurs, le dépaysement est total, nous ne savons plus depuis combien de temps nous sommes là. Depuis longtemps je crois.

Escale dans la région de Mandalay…

Balade au MyanmarLa deuxième partie de notre voyage nous mène dans la région de Mandalay que nous parcourons en bateau, à pieds et en véhicule. Nous croisons chaque jour sur les routes, les bonzes qui cheminent, occupés dès l’aube à collecter leur nourriture de la journée. Des plus âgés aux plus petits, le soleil accrochant des nuances cuivrées sur leurs robes unies, il se dirigent en file indienne vers le monastère où ils prendront, en silence, leur unique repas quotidien. Nous visitons Mingun, petit village aux maisons sur pilotis célèbre pour son énorme cloche de bronze destinée à la colossale pagode Myatheindaw restée inachevée. Nous y croisons sur place les deux plus adorables vendeuses de cigares de ce voyage. Choupette sur la tête, cinq ans à peine, deux petites jumelles qui mènent leur mini commerce de main de maître et disent même " merci beaucoup " en empochant notre billets de 200 kyats.. à croquer. La chaleur est écrasante dans les rues du village, les enfants nous escortent de leurs sourires et des quelques mots de Franc-glais qu’ils connaissent. Un peu plus loin, des chars à bœufs nous attendent pour le retour au bateau, douce récompense après cette marche de quelques heures sous un soleil de plomb.

Balade au MyanmarCe soir là, à Mandalay, le soleil s’est couché dans une débauche d’oranges et de roses pâles sur le célèbre pont de teck de U PEIN. Les bonzes viennent y prendre la fraîcheur (toute relative) du soir, les vieilles femmes y fument de gros cigares douceâtres de fabrication locale tandis que des musiciens y fredonnent quelques airs… Un espace reposant et hors du temps. Une autre étape nous mène vers la pagode Kha Min Wun. Le panorama, du haut de cette colline, est unique : de multiples pagodes de bois, d’or ou de pierre pointent vers l’horizon leurs dômes étincelants, carressés à leur base par des bouquets de flamboyants en fleurs et de jacarandas mauves. Le soleil descend sur ce paysage merveilleux, badigeonnant le ciel d’orange et de violet, les derniers rayons s’attardent sur les toits d’or et ce n’est que bien plus tard, lorsque le croassement des grenouilles a remplacé le chant des oiseaux que nous redescendons le chemin, encore imprégnés du charme des lieux. Il est tôt ce matin là lorsque nous arrivons sur la place du marché de Mandalay. Les étals regorgent de fruits exotiques et de légumes de toutes les couleurs, les femmes birmanes vêtues de leurs robes étroites et colorées, une longue natte brune dans le dos, se frayent un chemin entre les pyramides de tomates, d’aubergines et de goyaves, choisissent des bouquets de sauge et de menthe odorante. Les vendeuses, la balance à bout de bras, calculent vivement le montant des achats. L’ambiance est animée, joviale et bon enfant. Ici encore, nous ne croisons que regards amis et sourires, quelques unes rient même à gorge déployée lorsque l’une d’entre elles nous propose innocemment … une poignée de sauterelles grillées à déguster … vaillamment, notre ami s’exécute, sous le regard affolé de son épouse. Il aura sauvé l’honneur du groupe, nous pouvons quitter la tête haute le délicieux petit marché. L’ombre des ruelles étroites protège encore un peu du soleil qui monte rapidement à l’horizon mais lorsque nous arrivons au port, la luminosité est intense . Nous devons traverser la rivière Chindwin pour visiter sur l’autre rive les grottes de Po Win Taung. Un petit bateau avec des chaises longues sur le pont nous attend, coincé entre un gros boutre et des maisons flottantes. L’activité est à son comble, les hommes sautent de barque en barque pour rejoindre la leur, accostée beaucoup plus loin. Les uns poussent, les autres tirent de gros ballots, des paquets, des bouquets de poules attachés par une seule patte. Les légumes du marché que nous retrouvons là ficelés et emballés, sont hissés sur les barques, boutres et jonques. La rivière est le moyen de transport le plus sûr et surtout le plus rapide en Birmanie. Tous les villages en dépendent pour vivre. Un halot de brumes (chaleur et poussière mélangées) enveloppe le port dont nous éloignons rapidement. Les grottes sont creusées dans le calcaire, chacune protégeant d’étonnantes statues de bouddha parfaitement conservées dans ce site naturel. Bouddha de porcelaine aux grands yeux fixes, Bouddha d’or brillant dans l’ombre de la grotte, couché, debout, mort ou pensant. La ballade est délicieuse. De petits singes chapardeurs et gourmands, avides des cacahuètes dont nous nous étions heureusement munis avant notre ascension, dégringolent des arbres, vocifèrent et se bagarrent un peu. La hiérarchie à l’intérieur du groupe est claire : d’abord les plus gros, les plus forts et les plus méchants puis les plus faibles, les femelles et les bébés. Difficile de contrer cela sans risquer quelques morsures au passage ! ! ! Les enfants du village nous accompagnent, souriants et charmeurs , ils sont très efficaces pour " l’opération chaussures " : à chaque fois que l’on souhaite croiser de près le regard de Bouddha, il faut se déchausser et dans ces grottes où sont cachées des centaines de statues c’est dix fois, vingt fois qu’il faut recommencer sans, bien sûr, oublier les souliers quelque part, sans savoir vraiment où ? ? ? Mes baskets à velcro ont suscité ce jour là, bien des curiosités…

Le bateau nous mènera-t-il à Pagan ?

Balade au MyanmarUne longue journée de croisière doit nous mener à PAGAN. Nous sommes à la fin de la saison sèche et le niveau du fleuve Irrawady est très bas. Lorsque nous arrivons au bord de l’eau, c’est le désert, pas d’autres voyageurs, pas de marchandises et surtout pas de bateau. La mousson se fait cruellement attendre et parfois même ce trajet sur le fleuve devient impossible. C’est par une route interminable et chaotique que l’on rejoint alors PAGAN et le trajet peut durer …2 jours, voire plus. Mais aujourd’hui les nouvelles sont rassurantes, le bateau vient de quitter l’escale précédente. Ralenti par le niveau de l’eau très bas, il arrivera tout de même. Nous scrutons l’horizon pour apercevoir la silhouette massive du paquebot mais il n’y a que quelques barques de pêche à la voilure trapézoïdale en patchwork de couleurs, embarcations légères glissant doucement sur la surface lisse du fleuve. L’air est sec et chaud, la présence de l’eau n’apporte même pas la fraîcheur habituelle, le soleil est déjà haut et irradie le paysage de ses rayons impitoyables. Imperceptiblement, une certaine agitation envahit le petit terre plein où nous attendons depuis… ? ? ? De gros camions remplis à craquer déversent voyageurs, bagages, animaux et paquets. Une multitudes de vendeuses sorties de nulle part proposent beignets, fruits frais et boissons dans un brouhaha indescriptible. Soudain très proche le gros paquebot apparaît. Il faut encore beaucoup de patience pour que tout soit embarqué par l’unique planche étroite jetée du bateau sur la rive. Nous apercevons avec satisfaction nos valises passer entre d’énormes ballots en toile de jute et deux vélos. La grosse sirène mugit et c’est le départ.

Omnibus flottant sur l’Irrawady….

Balade au MyanmarLa sécheresse est présente sur les rives du grand fleuve, quelques villages survivent là, sur le sable et les cailloux, des huttes aux toits de palme grillées par la soleil abritent des familles de pêcheurs. Une charrue tirée par deux grands buffles blancs soulève derrière elle un nuage de poussière. L’atmosphère est lourde, le bateau glisse sans bruit sur le fleuve jaune et soudain c’est une escale. Les femmes se précipitent à notre rencontre n’hésitant pas à mouiller leurs vêtements jusqu’à la taille, tenant sur leur tête des plateaux de gâteaux multicolores, proposant nappes, ombrelles et friandises dans un sympathique vacarme. Deux jeunes filles restent accroupies un peu plus loin, longue robe violine et chapeau conique charmante tâche de couleur sur ce paysage blanc. Des escales il y en eu de nombreuses avant que le soleil tâche de pourpre l’horizon et que les premiers dômes de PAGAN apparaissent. Pagan, site roi de Birmanie… De coquètes calèches sillonnent ce site grandiose aux mille pagodes. Nous visitons d’abord SHWESIGON somptueuse masse dorée constituée de 3 terrasses carrées recouvertes de feuilles d’or, son dôme superbe se détache sur le bleu profond du ciel, les fidèles glissent, pieds nus, sur le marbre brûlant. Dans la brise tintent les clochettes en feuille de ficus et comme à chaque fois l’émotion est intense, le temps s’arrête un court instant et toute la quiétude de l’endroit nous imprègne. Puis c’est ANANDA inspirée de l’art indien et couverte de sculptures. On dit que devant la perfection obtenue, le roi fit mettre à mort l’architecte pour en conserver l’exclusivité. Un autre dôme d’or brille au bord du fleuve, cette autre pagode renferme quatre grands Bouddhas debout enveloppés d’un drapé d’or les yeux baissés, le sourire aux lèvres, figés par l’artiste depuis plusieurs siècles. Et puis une autre et encore une autre, festival de pagodes, de statues et d’or. Cette promenade à PAGAN nous étourdit un peu, nos souvenirs se mêlent, les visages du Dieu se confondent. C’est d’Htilominlo, la plus grande des pagodes de PAGAN, que ce soir là ,nous avons regardé le soleil baisser à l’horizon, s’attarder quelques instants sur l’or de SCHWEZIGON puis sombrer brusquement et laisser la place à une nuit étoilée et douce . Un hôtel de charme isolé au bord du lac INLE, une allée bordée de bougainvilliers roses, saumon et groseille presque phosphorescents et là, au bout du monde, un patron Français, ravi de rencontrer quelques compatriotes (les seuls clients de l’hôtel en cette période très calme de l’année). Sitôt arrivés, le voici déjà évocant les croissants et la baguette croustillante de notre prochain petit déjeuner …

Navigation sur le lac Inle

Balade au MyanmarLes pirogues nous attendent pour une première balade. L’ambiance est paisible, le miroir gris pâle du lac bordé de lotus roses et de papyrus s’ourle de vaguelettes au passage de nos embarcations. De grandes nasses coniques encombrent les petites barques de pêcheurs, qui rament debout avec… leurs pieds. Ils se faufilent agilement entre les roseaux. Les images sont sublimes, la lumière est argentée. Ici ce sont des femmes aux longs cheveux noirs qui se baignent, là, des jardins flottants, amoncellement d’algues et de roseaux fertilisés par le lac. On y cultive des tomates à profusion, d’énormes courgettes pâles et toutes sortes d’aromates. Un premier arrêt à la fabrique de cigares : plusieurs jeunes filles assises dans la pénombre, confectionnent, à raison de dix heures de travail quotidien, les gros cigares locaux. Gestes mécaniques et rapides, large sourire à l’attention de nos caméras, rentabilité de machines… elles ne pensent ni aux pauses obligatoires et sont loin de nos 35 heures hebdo ! ! Puis nous accostons près du jardin flottant des orchidées. Des centaines de plans, de cette fleur précieuse, sont suspendus sous une immense tonnelle, de la jaune paille à la mauve veinée tout comme la minuscule orchidée abeille dont le mimétisme de l’insecte frôle le sabot de Vénus troublant. Le sol est imbibé d’humidité et une forte odeur d’humus agresse les narines.

Balade au MyanmarDernière étape de la journée, le monastère des chats sauteurs. Très intrigués, nous gravissons les marches de bois qui mènent au grand monastère sombre sur pilotis, avec ses statues surannées, ses dorures vieillies et, couchés sur le sol, plusieurs chats efflanqués. Un bonze est assis dans l’ombre. Soudain, il arrache un des félins à sa torpeur et le fait sauter dans un anneau qu’il maintient au niveau de son visage. Il recommence l’exercice avec un autre puis un troisième et tous se prêtent volontiers à la démonstration. Le lac a pris une couleur d’or pâle lorsque nous reprenons les pirogues. Le soleil descend doucement à l’horizon laissant des traînées orangées sur un ciel sans nuage. Plus de pêcheurs sur l’eau ni de femmes dans les jardins flottants, seules les aigrettes s’envolent sur notre passage pour se poser un peu plus loin sur une feuille de lotus ou se cacher dans les roseaux. Après un dîner idyllique, où nous avons retrouvé nos saveurs européennes (salade de mesclun , poulet rôti et pommes sautées, superbe assiette de fruits exotiques le tout arrosé d’un muscadet bien frais et d’un vrai café !), nous nous endormons bercés par le croassement des crapauds et le hululement de la chouette.

Balade au MyanmarNous partons pour une longue promenade vers le gros bourg lacustre de Ywana , niché au fond des marais. C’est un enchantement. Dans la rivière, des buffles d’eau se délectent d’un bain mi eau mi boue. Plus loin, des femmes aux seins nus se lavent et surveillent les enfants qui s’ébrouent dans le courant. Autour, les étoffes sèchent, carrés rouge carmin ou bleu roi reposant sur l’ocre des pierres. Nous nous arrachons avec peine à ces merveilleuses images car le site archéologique d’Intein nous attend. Un long chemin couvert mène au stupa principal, en haut de la colline. Tout au long du chemin, des vestiges d’un autre siècle : statues lépreuses et dômes de pierres émergent encore d’une nature luxuriante qui les dévore peu à peu. Quelques bouddhas restés intactes au fond de leurs niches sombres regardent passer les siècles de leurs grands yeux fixes. En redescendant au village c’est la fête. Au son des cimbales et des tambours deux femmes dansent, faisant habilement onduler leur étole au dessus de leur tête. Une sorte de tombola bruyante regroupe les hommes du village qui s’échangent vivement quelques billets gagnés au gré du hasard. La place du village est décorée de grandes palmes et de feuilles de bananier, ici au bout du Myanmar sur les bords du lac INLE on fête aussi le 1er Mai … Ce sera l’une des dernières images de notre voyage. Nous serions volontiers restés davantage au bord du lac, à apprendre à se lever et à se coucher avec le soleil, à vivre en osmose avec l’eau et la nature, avec pour seul spectacle, un vol de grues cendrées dans le soir et les somptueux couchers de soleil sur les roseaux. Mais demain nous partons. Nous venons de quitter Shaw Shaw notre petite guide birmane et nos coeurs sont lourds. Son regard pétillant et ses éclats de rire resteront à jamais associés à nos souvenirs de ce pays aux pagodes dorées, aux bonzes aux robes cuivrées, aux fleurs éclatantes. Quant à la douceur et la gentillesse des Birmans, elles font de ce voyage une escale de paix et de bonheur profond que nous n’oublierons pas et que nous vous conseillons vivement de partager.

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Martine Demezuck | 30.11.1999 | 1148 visites | 0Favoris |
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