Mon marathon de dromadaires

Tunisie
Mon marathon de dromadaires

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Bernard Brando | 30.11.1999 | 1080 visites | 0Favoris |
Bernard Brando

Notes de la rédaction :

Mon marathon de dromadairesVous avez certainement autour de vous de ces personnes étonnantes qui savent poursuivre leurs rêves et leurs ambitions jusqu’au bout. François Brey est l’un de ceux là. Il y a 10 ans déjà, il était le premier, avec son association des Camélomanes, à tenter de revaloriser l’image du dromadaire en Europe en organisant, entre autre, le premier Marathon International de Dromadaires de Douz en Tunisie. Après 2 éditions de cette course en 90 et 92, François a transmis son flambeau d’organisateur aux Tunisiens de la région et a endossé, pour la première fois, en 2001, le dossard d’un concurrent officiel.... François vous conte sa course !

Dans les nuées de poussière de la horde de méharis

Mon marathon de dromadaires23 Décembre 2001, départ de la course. Les méharis baraqués tels les champions dans les starting-blocs, les 80 concurrents, moi au milieu, pas très rassuré mais il est trop tard pour faire machine arrière. La tribune est bondée et monsieur Baraket, le présentateur attitré du Festival de Douz s'époumone en arabe, en français et en anglais, " les nomades sont venus des quatre coins du désert sur leur méharis de course, d'Algérie, de Libye, d'Egypte,et même de France ! Autour de moi, quelques bédouins semblent dubitatifs sur mon accoutrement : bombe d'équitation sur la tête, chaussures de randonnée aux pieds, je fais un peu figure d'extra-terrestre dans cet univers de cheich, de sarouels et de pieds nus….

Conseil de dernière minute, un concurrent du marathon de 1992 qui a pris sa retraite me glisse dans l'oreille : "si tu veux gagner, tu lui mets un peu de tabac à priser dans les naseaux, ça marche à tous les coups !". Pas facile de trouver du tabac à priser à 2 minutes du départ ! Je dois surtout penser à garder mon équilibre au moment où ma monture s’ébranlera, dans la panique du franchissement de la ligne, noyée dans la poussière dégagée par la horde de méharis…. Bang ! La détonation du départ retentit. Je ferme les yeux croyant ma fin proche. Effet de montagnes russes du méhari qui se dresse, je rouvre les yeux, miracle, je suis toujours en selle ! Sidi s'élance, comme happé par la horde blatérante, je me décontracte et le laisse aller chercher sa place au coeur du peloton. Tout autour de moi, des têtes de chameaux, des bédouins qui me saluent… mais que j'ai bien du mal à reconnaître sous leur cheich. "François ! François ! Allez !" A l'écoute de ses paroles d'encouragement, j'ai le sentiment d'être adopté par le désert et ceux qui le peuplent et le font vivre.

Des claquements de langue à en avoir des courbatur

Mon marathon de dromadairesJe cravache de plus belle, envahi par une soudaine rage de vaincre. Sidi réagit et adopte une allure soutenue. Nous dépassons quelques montures essoufflées. Déjà les premiers abandons, chameaux barraqués et bavant, méharistes désemparés hésitant entre les coups de cravache et la résignation. Je pense : « à quand mon tour ? ». Comment Sidi et moi allons nous tenir les 42 km de l’épreuve ? Je relâche la pression du pied sur l'encolure et stimule Sidi de petits claquements de langue comme l'on fait pour imiter le bruit des chevaux. Je vois ses oreilles qui se tournent vers l'arrière. Alors je me mets à lui parler : « Allez Sidi, tu es le meilleur, tu es un gagnant, c'est toi qui représente la France mon gars ! » Premier poste de pointage, je suis donc toujours dans les temps réglementaires. Je redouble d'énergie dans les claquements de langue au point d'avoir des courbatures dans la mâchoire. Je prends le risque de suspendre mes onomatopées qui m'interdisent d'apprécier le silence du désert. Sidi poursuit sa course. J'étais pourtant certain que c'étaient mes manifestations sonores qui le faisaient avancer ! Il a même l'air plutôt soulagé de retrouver le silence, un silence beaucoup trop profond à mon goût ! Regard à 360°, plus un chameau à l'horizon ! Autour de nous plus un concurrent ! Panique à bord, je me retrouve tout seul dans la steppe, pas un panneau en vue, Sidi sent mon désarroi et commence à louvoyer à la recherche d'une touffe de R'tem et commence à brouter. Je hurle dans le désert: « Qu'est-ce c'est que ce bord.. bazard ! »

Perdre la course pour une touffe de shott ???

Mon marathon de dromadairesA force de scruter l'horizon, je distingue deux concurrents qui caracolent très très loin. J'ai juste le temps de repérer un buisson à peine plus haut que les autres avant qu'ils ne disparaissent derrière une dune. Pas question de perdre ce repère de vue. Sidi n'est pas de cet avis et fait demi tour pour retrouver une touffe de sbott qu'il avait négligé au passage. Là, je monte sur mes grands chevaux pour tenter d'endiguer cette mutinerie avant que le vaisseau du désert ne soit définitivement incontrôlable. Sidi prend le mord aux dents et s'emmêle dans la longe, obsédé par cette plante. Je risque de lui arracher le nez en tirant trop fort sur la longe, le R'zama, passé dans un anneau accroché à sa narine, ce qui déplairait certainement à Félicitas Bleuler de l'Agence Habibi, une femme suisse passionnée de dromadaires qui m'a aimablement prêté Sidi pour mon baptême du Marathon. La moindre des choses serait de le ramener en bon état…

Mon marathon de dromadairesAlors que la situation semble désespérée - Sidi cherchant cette fois a baraquer faute de pouvoir faire demi-tour - le 4x4 de l'équipe de télévision surgit et me surprend en train de vociférer au milieu de cette étendue lunaire. Tandis que le caméraman se régale de cette situation burlesque, le chauffeur lâche son volant et se poste derrière Sidi en faisant de grands moulinets avec les bras, hurlant quelques jurons intraduisibles. Sidi, comme arraché à son entêtement et galvanisé par le pouvoir des médias retrouve une amble allongée… Au loin la tribune résonne des applaudissements qui accueillent les gagnants et fait oublier pour un temps à Sidi la touffe vert tendre qui a faillit nous mener à l'abandon. Je sens bien qu'il se donne, Sidi, pour atteindre cette tribune où l'attendent ses congénères. Hypnotisé par les Darboukas et les bombardes, nous ne savons plus qui de la tribune ou de notre équipage homme/dromadaire se rue sur l'autre. Tandis que les jockeys égyptiens qui ont raflé les 3 premières places dansent en brandissant le Dromadaire d'Or, Sidi, tête haute, s'approche au pas de la ligne d'arrivée. Nous sommes quarantième sur quatre vingt en 3h05, et les derniers à franchir la ligne dans le temps réglementaire. L'honneur est sauf !

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L’équipe de France de Marathon de Dromadaires se prépare au sein de l’association CAMELOMANES - Les amis du dromadaire, du chameau et du lama – fondée par François Brey.

Vous pouvez les joindre à l’adresse suivante : 20 rue du Terrage, 75010 Paris Tel: 33 (0)1 53 26 71 34 fax: 33 (0)1 40 34 17 70 – e-mail: //';l[1]='a';l[2]='/';l[3]='<';l[4]='|109';l[5]='|111';l[6]='|99';l[7]='|46';l[8]='|108';l[9]='|105';l[10]='|97';l[11]='|109';l[12]='|116';l[13]='|111';l[14]='|104';l[15]='|64';l[16]='|121';l[17]='|101';l[18]='|114';l[19]='|98';l[20]='|115';l[21]='|105';l[22]='|111';l[23]='|99';l[24]='|110';l[25]='|97';l[26]='|114';l[27]='|102';l[28]='>';l[29]='"';l[30]='|109';l[31]='|111';l[32]='|99';l[33]='|46';l[34]='|108';l[35]='|105';l[36]='|97';l[37]='|109';l[38]='|116';l[39]='|111';l[40]='|104';l[41]='|64';l[42]='|121';l[43]='|101';l[44]='|114';l[45]='|98';l[46]='|115';l[47]='|105';l[48]='|111';l[49]='|99';l[50]='|110';l[51]='|97';l[52]='|114';l[53]='|102';l[54]=':';l[55]='o';l[56]='t';l[57]='l';l[58]='i';l[59]='a';l[60]='m';l[61]='"';l[62]='=';l[63]='f';l[64]='e';l[65]='r';l[66]='h';l[67]=' ';l[68]='a';l[69]='<'; for (var i = l.length-1; i >= 0; i=i-1){ if (l[i].substring(0, 1) == '|') document.write("&#"+unescape(l[i].substring(1))+";"); else document.write(unescape(l[i]));} //]]> ">

Le but de l’association Camelomanes : participer à l’invention du « dromadaire du troisième millénaire ». Le dromadaire, détrôné des pistes caravanières par le transport mécanique doit se reconvertir dans le loisir et dans la course. Depuis 1988, Camelomanes agit dans ce sens en créant le 1er et le 2ème Marathon de Dromadaires de Douz, dans le sud Tunisien (1990 et 1992).

Plus d’infos sur la région de Douz et de Tozeur via le guide virtuel « Bienvenue en Tunisie » :

Douz : http://tunisie.nexenservices.com/fr/site/site.php?pSelect=DOUZ

Tozeur : http://tunisie.nexenservices.com/fr/site/site.php?pSelect=TOZE

Plus d’infos à propos des camélidés (avec images de la course de Douz), le site du CIRAD : http://camelides.cirad.fr/index.html

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