
Thailande
Thailande : Trek à Chiang Maï
Trek à Chiang Maï
Chiang Maï, la grande ville du Nord de la Thaïlande est connue des amateurs de nature désirant s’initier à la jungle asiatique. Au programme, des treks de trois jours et plus avec cascades, marche dans les montagnes, villages ethniques, éléphants et rafting.
Depuis des décennies Chiang Maï a développé une activité de trekking qui enchante une partie des 12 millions de visiteurs visitant la Thaïlande chaque année. A l’arrivée à la gare de Chiang Maï, une trentaine de Thaïs agitant des pancartes annonçant le meilleur hôtel, guest house ou le trek nec plus ultra attend le train de 9 h qui amène chaque jour son lot de touristes. Contournement par la droite et direction les sangteews rouges qui filent directement au centre ville sans avoir à discutailler avec le comité d’accueil.
Descente dans une guest house fort calme et bien tenu. Pause café, gentiment la patronne me conseille de faire un trek car passer une semaine en ville serait trop long. Il vaut mieux se rendre dans les montagnes respiré un grand bol d’air pur. Je souris car j’ai vu au premier regard que le guest house organisait des treks. Comme pratiquement tous les guest house et hôtel de la ville d’ailleurs. J’opte pour un circuit de trois jours/deux nuits
1er jour
Départ matinal, pas trop tôt quand même, il est 9h30. Un pick-up bâché attend les trekkeurs (de 2 à 10 selon la saison). Direction les montagnes qui apparaissent en arrière plan du paysage. Le premier arrêt se fait à un marché rural. Là, le guide conseil de faire ses réserves en eau car ensuite celle que l’on trouve dans les villages est nettement plus onéreuse. Logique vu les problèmes de logistique. Le marché est coloré comme partout en Thaïlande. Deux où trois femmes Hakkas proposent des bibelots faits mains. C’est assez cocasse, ces dernières années le costume traditionnel à une fâcheuse tendance à être remplacé par les jeans et les baskets. Ces femmes Hakkas sont également connues à Bangkok où elles vendent également leurs produits artisanaux. A force de côtoyer en permanence la capitale ultra moderne, elles en ont pris les us et coutumes. Elles en ont pris la tenue vestimentaire.
Le pick up repart en direction des montagnes. Déjà nous avons quitté l’axe principal et les virages en lacet s’enchaînent sans discontinuer. La première véritable halte a lieu à l’entrée d’un parc naturel. Quelques minutes de marche et voici une belle cascade fort appréciée des trekkeurs qui en profitent pour prendre un bain rafraîchissant. Avant l’effort le réconfort. Même pas, c’est juste avant le déjeuner qui s’avère être un copieux riz frit avec légumes et poulet. Ensuite nous reprenons le pick-up et gravissons de nouvelles montagnes. Le paysage est résolument vert avec un voile bleuté du aux brumes de chaleur. Nous avons pris de l’altitude et les températures sont plus fraîches. C’est agréable après la moiteur de Chiang Maï.
Voilà que le guide annonce que c’est ici que cela commence. Il faut prendre les paquetages et la nourriture avant d’entreprendre la descente vers le village d’accueil.
La piste est aisée quoique fort raide. Etant un inconditionnel des cités, je ne dispose que de chaussures de ville à la semelle usée. Le sol étant bien sec cela ne pose pas de réelle difficulté. La descente vers le village se fait doucement. A l’orée des habitations, la forêt est nettement plus clair comme le témoigne la présence de touffes de bambous. L’espèce est connue comme la première a réoccupée le terrain lorsque les forêts sont défrichées. Sa croissance spectaculaire lui permet de supplanter un temps les grands arbres. Le village se précise, j’entends une multitude de coqs et quelques aboiements. C’est encore paisible car précise le guide les habitants sont encore dans les rizières et ne reviendront que peu avant la tombée de la nuit.
L’habitation réservée aux hôtes de passage est en bois. L’ossature est en teck, le bois de construction par excellence en Asie.
Nous visitons le village Karen. Une ethnie connue pour être en guerre perpétuelle avec la junte birmane. Ici ajoute le guide ce sont d’anciens réfugiés qui se sont établies dans cette vallée voilà plusieurs décennies. Une multitude de cochons noirs déambulent un peu partout en compagnie de quelques buffles d’eau.
Le village n’est pas riche mais ne respire pas la misère. De la culture Karen je ne noterai que peu de choses hormis qu’ils sont catholiques et portent des vêtements chamarrés où le rouge est à l’honneur. Les jeunes femmes célibataires portent une robe blanche qu’elles abandonneront le jour de leur mariage. La nuit tombe vite, nous mangeons un curry à la lueur de bougies tremblotantes. Ce village en retrait des routes ne dispose pas d’électricité et de tout ce qui s’ensuit. Toutefois l’eau courante est installée, à la rivière…
Electricité ou pas, les moustiques et autres insectes ne font pas la différence. Ils sont furieusement présents. Surtout qu’au menu il y a des Occidentaux à la peau si tendre, si douce, si veloutée. De mémoire de moustique, rien n’est si bon, si facile a piquer. Dommage qu’ils utilisent de la citronnelle et surtout aillent lâchement s’étendre sous une moustiquaire sans trous.
2ème jour
Réveil en fanfare, réveil au son du coq. La fraîcheur de la nuit se dissipe rapidement. Un solide petit déjeuner type anglo-saxon nous attend. Café, toast, œufs brouillés et un délicieux miel local.
Départ en direction du camp des éléphants. Les premiers temps la piste est aisé. Elle monte doucement le long d’une montagne. En contrebas des rizières en terrasse. En cette fin de saison sèche, les riziculteurs réduisent leur activité. Seul quelques champs de légumineux sont travaillés en attendant que les premières pluies ameublissent le sol avant les labours du prochain riz. Entre autre culture, du gingembre destiné à la commercialisation. Courte halte au bord des rizières poussiéreuses.
La marche reprend. Rapidement la piste devient escarpée. En Europe cela n’aurait posé aucune difficulté particulière mais ici le climat change radicalement la donne. Très vite, les marcheurs sont en nage, les réserves d’eau sont englouties en un clin d’œil. Le sommet est finalement atteint. Au loin d’autres montagnes aux teintes vertes et bleues à la texture incertaines du fait des brumes de chaleur remontant des vallées. Nous repartons. Dorénavant nous dévalons rapidement vers une vallée encaissée. La piste se transforme en escalier mal équarri. Il est plus aisé de sauter de marche en marche que de descendre d’un pas mesuré.
Une odeur perceptible depuis un moment se fait plus âpre, plus forte, plus entêtante. Sur l’autre versant j’entends un craquement. Mes yeux scrutent la végétation relativement claire. Rien, puis tout à coup je perçois un masse grise en mouvement, un éléphant.
Nous rejoignons donc la vallée aux éléphants d’où nous repartirons en palanquin. Déjeuner au bord d’une petite rivière. Des éléphants et des buffles d’eau pataugent dans la boue. Un pachyderme qui n’a pas manifestement pas encore atteint sa taille définitive est d’humeur folâtre. Il s’approche et tend sa trompe vers mon sac. D’un geste rapide, je mets mon sac hors de portée. L’animal me fixe du regard un instant puis sans va voir si les cornacs auraient encore de ces délicieuses peaux d’ananas dont il se régalait l’instant auparavant. Branle bas de combat, les cornacs harnachent deux pachydermes à l’air placide. D’un point surélevé nous grimpons dans les nacelles. Pour ce faire il faut marcher sur la tête de l’animal. A ma grande surprise Un seul cornac manœuvre deux éléphants. En route, cela tangue de tous les côtés. Oups ! La piste est raide mais l’animal est genre 4X4 et il passe partout. De mémoire, Hannibal traversa les Pyrénées avec une trentaine de ces mastodontes même si peu survécurent à l’expédition. Ici c’est nettement plus aisé.
Côté équipement les éléphants sont bien dotés. Double ventilation latérale (oreilles), brumisateur orientable (un coup de trompe chargé de poussière ou d’eau en guise de chasse mouche), pilotage automatique (sans cornac). Par contre je note un léger défaut, l’animal consomme énormément de branchages qu’il arrache tout au long du chemin. D’un coup de bras articulé multidirectionnel il chasse les bestioles qui l’importunent à coup de branches. Rien de plus naturel sauf que cela entraîne des dégâts collatéraux sur mes jambes ! Dernière option, le régulateur de vitesse qui fonctionne à merveille. L’animal avance tout seul, le seul hic connu depuis quelques temps en France serait le blocage du système lorsque l’on essaie de stopper. Là, je ne sais même pas où est situé la pédale de frein. Sous l’oreille gauche ?!?
Finalement nous arrivons à bon port après une bonne heure de « chevauchée ».
Installation au village et douche à la rivière, comme tout le monde !
3ème jour
Départ au petit matin. Certains villageois ne devaient pas être frais vu qu’ils ont manifestement chanté et festoyé tard dans la nuit. Le guide explique qu’une personne est décédée la veille et que selon les us et coutumes Karen il ne faut pas laissé la famille seule à son chagrin.
Nous traversons la rivière à gué, un troupeau de buffle d’eau s’abreuve. Ils nous observent d’un regard pour le moins bovin.
La marche se poursuit à travers la forêt jusqu'à un nouveau village spécialisé dans la construction de rafts. C'est-à-dire de radeaux de bambous liés entre eux par des roseaux. 100 % naturel, 100 % biodégradable, 100 % destructible ! La rivière que nous descendons est en basse eau, les rapides évoqués par le guide ne sont que quelques clapotis aisément surmontés. Il faut d’ailleurs pousser l’esquif avec des perches en bambou. La ballade est très agréable, la vallée encaissée se perd dans les frondaisons. Au bout de trois heures, les mains légèrement éraflées par les tiges de bambou un brin coupantes, nous arrivons à destination. Déjeuner puis pick-up. Le retour vers la civilisation et la chaleur est agrémenté d’une visite à un élevage de papillons et une ferme d’orchidées.
Au final la ballade de trois jours pompeusement dénommée trek est une bonne détente. Nul besoin d’être un sportif aguerri pour l’entreprendre. Toute personne désirant partir à la découverte de la jungle asiatique sans se fatiguer en sera ravi.
info plus
Choisir un trek : A Chiang Maï, une multitude d’agence propose des treks. La journée de trek revient à 500 bahts (10 €), guide anglophone, logement, éléphant, raft et nourriture compris. Seul les boissons demeurent à la charge du trekkeur. En sus ajouter 200 bahts pour le droit d’entrée dans le parc national.
Question durée vous pouvez optez pour 1/2/3/4 et plus de jours selon vos désirs. Si vous envisagez de partir à la découverte des femmes girafes sachez qu’il s’agit d’un zoo humain. Ni plus, ni moins. Les femmes au cou allongé par de multiples anneaux sont parquées dans un village présentoir. A l’entrée, une guérite à ticket. Sans le tourisme ce genre de pratique aurait probablement disparu. Et vu de près ce ne serait pas un mal.
Y aller : L’aéroport international de Dong Muang (Bangkok) est l’une des principales plaques tournantes du transport aérien en Asie du SE.
Ensuite un tain de nuit vous mènera directement à Chiang Maï. La couchette AC à 500 Bahts !
Formalités : Passeport, un visa gratuit d’un mois est délivré à la frontière.
Monnaie : 1 € = 50 bahts (environ).
Budget : Un routard peut aisément se contenter de 500 bahts /jour. Rien n’interdit de dépenser plus surtout si l’on désire y faire du shopping. Selon le ministère du tourisme thaïlandais les 12 millions de touristes visitant chaque année le royaume dépense 1600 bahts (32 €) par jour en moyenne. Un hôtel *** se négocie à partir de 10 €.
Climat : chaud et humide, la température moyenne annuelle avoisine les 28 ° C. De décembre à février les températures sont fraîches (20/25 ° C). De mars à mai le thermomètre grimpe et frise les 40 ° C. De juin à octobre, les températures oscillent autour des 28 ° C, c’est la saison des pluies.
Décalage horaire : 6 h de plus en hivers et 5 h en été.
Guide : Lonely planet.
Office national du tourisme : 90, avenue des champs Elysées 75008 Paris. Métro Georges V, Franklin Roosevelt. Tel : 01 53 53 47 00. Web : www.tourismethaifr.com
Ambassade de Thaïlande : 8, rue Greuze, 75016 Paris.






