
Italie
Italie : ABRUZZES SECRETES, SUR LA TRACE DES ERMITAGES
Ses splendides hêtraies et ses vallées verdoyantes lui ont valu le surnom de ‘cœur vert de la Méditerranée’. Ses animaux fétiches sont l’ours, l’aigle et le loup, largement présents son territoire. La région des Abruzzi séduit d’emblée par sa double face. L’été, 150 Km de plages sur la côte Adriatique où sous un ciel toujours bleu les vacanciers se disputent le moindre recoin d’ombre. L’hiver, les hautes cimes du Gran Sasso (littéralement ‘le grand rocher’, majestueux massif rocheux culminant à 2914m) dominent un paysage où les aiguilles et les crêtes, jouant à cache-cache avec les hauts plateaux ensoleillés, constituent un terrain de jeu privilégié pour les amateurs de sports d’hiver : 17 stations de ski, des expéditions en luge et en traîneau, un millier de parcours sur des pistes de fond damées.
Le Moyen Age omniprésent
A Pescara, principale ville côtière de la région, la vie nocturne et le farniente ont toujours la côte depuis que le scénariste du film culte ‘La Dolce Vita’ y a puisé son inspiration. Toutefois, l’âme de cette région si secrète se situe ailleurs, en piquant à l’ouest vers la chaîne montagneuse des Apennins. Dans ses petits bourgs fortifiés accrochés au flanc des collines avec leur pharmacie, leur bar qui fait office de marchand de journaux, leurs églises pluriséculaires et les cris bruyants des enfants rassemblés sur la piazza en soirée quand la chaleur s’atténue. Dans ses ermitages, un des secrets les mieux gardés de la région ; difficiles d’accès, perdus au creux des bois, émouvants témoignages de l’austère humilité de ceux qui y ont habité. Dans ses abbayes enfouies dans la verdure. Dans sa faune variée qu’une longue et riche tradition pastorale a contrainte à de savants compromis avec l’homme. Dans les inscriptions que les bergers ont laissé gravées sur les pierres au gré de leur transhumance. Dans les paysages semi désertiques où seuls des oliviers tout rabougris résistent à la chaleur étourdissante, balançant leurs troncs noueux dans le souffle chaud qui vient de la mer. De toute cette richesse un séjour de trois semaines ne nous a permis que d’entrevoir les promesses, livrées ici en vrac et à approfondir selon les goûts et les préférences de chacun…
Trésors du parc national de la Majella
Un Canadair jaune, vrombissant au-dessus de nos têtes le long de l’autoroute Rome-Pescara, laisse déjà présager le pire. En effet, depuis quelques jours la région est en feu. Les parcs nationaux sont gravement atteints puisque déjà on évoque le chiffre de 5% de bois partis en fumée. Les effets en sont visibles une fois regagnée notre première destination, le parc National de la Majella. Institué en 1995 et couvrant une surface de 74095 hectares, celui-ci recèle des ermitages parmi les plus intéressants de la région ainsi que des centres historiques magnifiquement préservés.
Au départ, ces ermitages n’étaient que des abris dans la paroi rocheuse. Ce n’est que grâce à la dévotion populaire des pèlerins qu’ils se transformèrent en véritables édifices sculptés à même la roche.
Celui de San Giovanni all’Orfento est un des plus suggestifs. Il fut érigé par le pape Célestin V, figure emblématique des Abruzzes qui renonça en 1294 à son pontificat pour mener en toute simplicité sa vie d’ermite. Une fois surmontées les difficultés du sentier escarpé qui y mène (à noter que les points de vue sur les gorges sont à couper le souffle), seuls les plus téméraires oseront ramper le long de l’étroit passage permettant l’accès à l’intérieur de la cavité. Autant dire que le vertige nous a vite fait rebrousser chemin.
Non loin de là, aux alentours du village de Serramonacesca, c’est un édifice autrement plus élaboré qui nous attend. L’ermitage de S. Onofrio, encore régulièrement visité par les pèlerins les 12 juin, jour commémoratif de l’anniversaire du saint, doit son existence à la présence imposante d’une abbaye toute proche, San Liberatore à Maiella. Celle-ci constitue un exemple typique de l’opulence des communautés monastiques médiévales. L’ermitage servit probablement de retraite aux moines dans un premier temps, puis de grenier et d’espace de stockage au fur et à mesure que la communauté s’enrichissait. Nombreux sont encore les vestiges de cette époque : moulins, pressoirs, abreuvoirs pour ne pas parler des lieux de sépulture, autant de restes qui passionneront autant les randonneurs que les historiens.
Parmi les centres historiques à ne pas manquer dans le parc figure incontestablement celui de Pescocostanzo, connue comme le ‘salon des Abruzzes’. Malheureusement, les alentours immédiats de ce petit bourg ont été quelque peu ‘cochonnés’ pour le plus grand bonheur des skieurs. A ne pas rater toutefois le dédale de ses petites rues pavées flanquées de demeures intactes du 16ème et 17ème siècles, son palais municipal couronnée d’une élégante tour du 18ème ainsi que l’intérieur baroque grandiose de la basilique Madonna del Colle fondée peu après l’an Mille.
En outre, nous nous retrouvons à de multiples reprises nez à nez avec de petits groupes de femmes fabriquant la dentelle au fuseau. C’est ainsi que nous apprenons que cette forme d’artisanat est encore vivace à Pescocostanzo et régulièrement entretenue par ses habitantes, qui l’ont appris à leur tour des sœurs bénédictines de Cluny !
Les calanques d’Atri
A AQUILA la prétentieuse, chef-lieu de la province dont les trésors incontestés sont pour la plupart excentrés par rapport au centre-ville, nous préfèrerons l’homogénéité harmonieuse et intacte d’Atri.
Nous pouvons vous citer trois bonnes raisons de ne pas rater cette petite ville au nord de Pescara : son centre préservé et sa cathédrale, certes, dont la crypte fut réalisée au départ d’une citerne romaine de l’ancienne ville Hatria… mais aussi l’étonnant paysage lunaire que l’on trouve à ses portes et qui est maintenant protégé au titre de réserve naturelle des calanques d’Atri. Imaginez une sorte de cratère où la voiture s’enfonce le long de routes caillouteuses dans un silence quasi surnaturel. Des petites fermes perdues au milieu des champs qui ne font qu’accentuer la désolation imprévue des lieux. Tout autour un véritable amphithéâtre de calanques. Une pancarte explicative nous donne quelques détails sur la géologie des lieux, la présence de coquillages fossiles, les espèces végétales typiques des microclimats désertiques…nous n’aurons toutefois pas le courage de poursuivre notre exploration à pied !
Un clin d’œil à l’ours…et aux autres !
Ce serait trop dire que de prétendre l’avoir aperçu…mais l’ours marsicain (sous-espèce spécifique) est bel et bien là ! Grâce au dense réseau de parcs et de réserves naturelles, une centaine d’exemplaires ont été répertoriés sur les versants des Abruzzes. Une association fait du bearwatching sa spécialité et permet depuis 2004 de l’approcher dans son habitat naturel avec à peu près 50% de résultat. Le loup des Apennins fréquente aussi régulièrement le massif et ce depuis toujours ; il a d’ailleurs été prouvé que ses congénères du Mercantour ont remonté d’Italie pour ensuite franchir les cols des Alpes. Un berger rencontré au détour d’un chemin nous a raconté devoir rentrer ses brebis tous les soirs ‘de peur que le loup la mange’…
Parmi les autres espèces régulièrement observées dans la région figurent la loutre, le lynx, la marte ainsi que le chamois. Nous pouvons certifier personnellement de la présence de sangliers, de fouines et de renards (ces derniers pouvant se considérer comme presque ‘urbanisés’ tant est grande leur habitude de la présence humaine), ainsi que de multiples rapaces (dont l’aigle royal et le grand duc) et de piverts (dont certaines espèces rares comme le pic à dos blanc de Lilford et qu’on ne trouve pas ailleurs en Italie, avis à nos amis ornithologues !)
La côte des trabocchi
Quelque peu effarouchés par les plages bondées de Montesilvano et de Roseto où l’obtention d’une parcelle d’ombre prend des allures de parcours d’ obstacles, nous voici filant vers le sud en direction de Vasto. Cette côte est aussi connue sous le nom de côte des trabocchi, ces derniers étant les filets de pêche quadrangulaires suspendus à un croisillon de perches. Si la plupart d’entre eux ont perdu aujourd’hui leur destination primaire pour se transformer en habitations bohêmes voire en restaurants, rien ne vaut le coup d’œil de ces structures en équilibre apparemment instable sur fond rouge d’un soleil couchant, surtout dans la mesure où ils sont entourés de splendides petites criques sauvages aux eaux très pures. Idéales pour ceux que la promiscuité des plages effraient, ces criques offrent un espace naturel protégé où les adultes comme les enfants pourront encore s’adonner aux joies de la pêche aux moules et se faire pincer un orteil par les crabes, comme au bon vieux temps.

“ je suis un ami d'Erica Mongini,,,qui peut m'aider pour trouver son contact ? Merci d'avance,,,,,,PAL ”
Davinder Pal | 20.12.2011 18h39





