
Saint - Martin
Saint - Martin : Les tropiques, côté sable
Paradisiaque, l’îlet Pinel et son décor de rêve
Lieux de rencontre entre la mer et la terre, elles sont au nombre de 36 le long des côtes de cette petite île franco –hollandaise de la Caraïbe. Autant dire que les plages saint-martinoises ont toutes des charmes différents : soit abritées par des criques rocheuses soit étendues le long de larges baies bénéficiant de l’agréable souffle des alizés. Partout, l’écume des vagues vient ourler le sable blanc …
Mais le charme de cette île antillaise ne se résume pas seulement à la beauté de ses plages paradisiaques. Au-delà du sable, entre les nombreuses plages, d’autres aspects de ce caillou tropical sont à découvrir en parcourant les côtes et toujours parmi une nature très généreuse.
Belle palette de bleus ! Ceux du ciel et de l’eau s’harmonisent avec la peinture bleue de notre embarcation. Nous sommes sur une barque traditionnelle de pêcheur en direction de « l’île » de l’archipel saint-martinois. Une quinzaine de minutes de traversée est nécessaire avant de débarquer et de mettre pied à … sable !
Imaginez un banc de sable clair s’avançant dans la mer avec en fond de décor les mornes (collines) pyramidales de Saint-Martin et bordant la plage, des cocotiers penchés, comme il se doit !
Bien évidemment, un lieu si charmant ne peut être que très fréquenté, nombreux sont les amateurs voulant goûter au bonheur du paradis avant l’heure ! Les arrivées de barques se succèdent au fil de la matinée et les touristes d’un jour un peu plus nombreux.
Pendant ce temps le fameux banc de sable tend à rétrécir, voilà que la marée monte ! Deux solutions s’offrent alors aux vacanciers. Aller profiter de l’eau pour la baignade : un doux plaisir, ces eaux cristallines sont à 27°C ou s’allonger sur des transats devant le petit restaurant paillotte. Quatre rangées, la première avec vue idyllique sur mer ; quant au dernier rang de transats, vous imaginez facilement que son horizon est bouché. Et dans l’air flotte un parfum mélangeant senteurs de crèmes solaires et surtout de grillades, viandes, poissons et langoustes !
Bien sûr la plage protégée n’est qu’une partie de cet îlet qui s’étend sur environ 500 m. En se dirigeant vers l’intérieur, on ne rencontre presque plus personne, pourtant de splendides points de vue valent la balade. Côté Océan, c’est une crique que l’on découvre, certes le sable blanc n’est pas ratissé et quelques bois flottés traînent sur le rivage. Exposée au vent du large cette baie est bordée par quelques arbres morts dont les branches élevées vers le ciel prennent sous le soleil une surprenante teinte argentée.
Ensuite, après avoir traversé la lande du centre de l’îlet dont les herbes ondulent au gré des vents, on parvient sur une petite colline. De ce belvédère naturel, la vue domine une autre plage déserte où de fortes vagues viennent s’échouer.
Plus loin on aperçoit encore une autre île : Tintamarre et ses jolies falaises ocre
Retour vers le banc de sable pour une ultime baignade à Pinel, (on ne s’en lasse pas !) avant de poursuivre la visite d’un autre haut lieu du tourisme balnéaire du nord de l’île de Saint-Martin, la plage de la Baie Orientale. BO pour les habitués. Très prisée elle aussi, ne l’a-t-on pas comparé à un St-Tropez des tropiques, la plage s’étend à perte de vue le long d’une baie très régulière. Du sable, des vagues … et des activités de loisirs à gogo : jeux de plage, jets ski, parachutes ascensionnels, kite-surf … bars, restaurants et résidences touristiques, j’en passe et … finalement je passe !
Quittant la côte la route s’élève en offrant un superbe panorama sur toute cette partie de l’île : baies, plages, végétation verdoyante et toitures colorées, encore une belle palette de couleurs.
Isolées, des plages pour amoureux discrets
Toujours côté sable mais sur la côte Ouest. Donnant sur la mer Caraïbe, l’anse de Grand Case s’étire en un arc de cercle presque parfait qui se termine par une formation rocheuse solitaire, belle, fière et isolée au milieu de l’eau, c’est le Rocher Créole.
Au loin, la vue de l’horizon est barrée par une île, plate et allongée : Anguilla. Appelée ainsi par son découvreur, le célèbre navigateur Christophe Colomb qui avec une bonne dose d’imagination l’avait comparé au fameux poisson filiforme du même nom.
Qu’il est agréable de flâner sur cette vaste plage, les pieds dans l’eau en promenant son regard entre eaux bleues, sable blanc et front de mer. Une succession de maisons créoles aux balcons ouvragés et de restaurants aux loggias avec vue sur mer épousent la courbe du rivage. Quelques cases créoles traditionnelles faites de planches de bois confèrent à ce front de plage un côté très antillais mais c’est sans doute cette belle barque, fraîchement peinte d’un vert lumineux qui attire le plus mon regard, cette touche colorée très esthétique complète à merveille le tableau.
Pour profiter de plages encore plus nature, il faut se rendre sur cette même côte, un peu plus au sud, près de la pointe Arago. Il y a paraît-il une plage unique, nichée entre les rochers … la plage des amoureux. Pour être à l’abri des regards, elle l’est vraiment car il n’est pas évident de la dénicher. Il faut longer une prairie et chercher. Derrière ces buissons au pied de la falaise ? Non, ce n’est pas encore là ! Mais l’envie de découvrir ce cocon discret est trop forte, j’insiste … pour finalement apercevoir cette alcôve discrète. Une crique minuscule entre deux rochers où les vagues viennent s’échouer sur le sable blanc. Assurément c’est la plus petite plage de l’île, aucun couple d’amoureux n’est présent ce matin, heureusement, il n’aurait sans doute pas apprécié mon regard indiscret !
A bien observer l’environnement de la plage on s’aperçoit que ce lieu est entouré de roches volcaniques à la teinte bien sombre, voire noire par endroit, et dominant la falaise des dizaines de cactus cierges sont hérissés d’épines … à vrai dire, on imaginerait un lieu plus enchanteur pour poursuivre la lune de miel. Il existe mais c’est un peu plus loin et il se mérite.
Direction la plage de Happy Bay. Accessible seulement par un sentier pédestre depuis l’aire de stationnement de Friar’s Bay, il faut environ un quart d’heure de marche pour l’atteindre. Sur le chemin qui surplombe la mer, en traversant une végétation composée d’arbres et de buissons tropicaux on croise plus de lézards que de promeneurs. Ici, les alizés ne sont pas seulement un rafraîchissant air marin mais également un doux bruissement du à l’agitation des hautes herbes. Seuls les cactus cierges qui jalonnent le parcours restent immobiles et dressés vers le ciel.
Arrivé sur la plage on ne peut qu’admirer ce décor de carte postale, tout y est, les eaux bleues, les cocotiers, le soleil qui projette les ombres des palmiers sur le sable blanc. La plage est isolée donc très peu fréquentée. Deux jeunes filles se promènent près du rivage ; un peu à l’écart, c’est un couple qui étendu sur le sable comme deux amoureux seuls au monde profite du soleil des tropiques.
Décidément ce n’est plus Saint Martin mais Saint Valentin que l’on pourrait fêter ici 365 jours par an !
Surprenant, le spectacle de Maho Beach
L’île est petite avec ses 15 kilomètres de long et pourtant elle comporte deux territoires : Saint-Martin, la partie française et Sint Maarten au sud, qui elle est hollandaise. Passée la frontière virtuelle (une grande borne, deux drapeaux, une plaque vous souhaitant la bienvenue … et un changement de qualité du bitume de la route !) les paysages ne sont guères différents. Enfin ! Le chauvinisme bien français me pousse à avouer que le côté francophone au nord de l’île est plus nature, les habitations y sont moins denses et les fronts de mer moins bâtis.
Maho Beach est une des plages néerlandaises de l’île. Et si elle est toujours très fréquentée ce n’est pas vraiment pour son sable et ses eaux tropicales, non, ici les touristes ne font que passer, on y vient pour voir un spectacle insolite qui est à mille lieux de l’idée que l’on se fait de celui d’une plage caribéenne. Ici, on oublie le farniente et la baignade.
En effet, la plage est située juste au bout de la piste de l’aéroport international Princess Juliana et le spectacle est donné très régulièrement, il suffit de lever les yeux.
Voilà qu’un long courrier surgit du ciel et se dirige droit sur nous avant de raser la plage quelques mètres avant d’atterrir sur la piste. Le bruit est assourdissant et l’effet très impressionnant. Et chacun d’essayer de cadrer « l’oiseau » mécanique pour faire une photo souvenir … l’effet de surprise et de rapidité font que très souvent l’avion sort du cadre de la photo au grand désarroi du vacancier photographe ! Mais tout n’est pas perdu, les avions se succèdent même si tous ne sont pas aussi imposants.
Au bout de la plage, le Sunset Beach Bar propose depuis sa terrasse un parfait point de vue sur le passage des avions à raz de plage. Comme dans un hall d’aéroport (mais à ciel ouvert) on peut y prendre un verre en attendant. D’ailleurs, le patron a tout prévu, à côté des tarifs des consommations, on trouve une planche de surf verticale où sont affichés les horaires d’atterrissage des monstres des airs, bonne idée.
Mais le moment encore plus spectaculaire est celui du départ des gros porteurs. Un imposant Boeing d’une compagnie de charter se place maintenant en bout de piste à quelques dizaines de mètres de la plage. Un instant de calme avant que la tempête ne débute avec la montée en puissance des réacteurs. Le vacarme engendré par ce puissant souffle est indescriptible. Une forte odeur de kérosène se mêle aux poussières qui volent en tout sens. Quant aux imprudents qui se trouvent encore sur la plage, ils subissent l’effet d’un très désagréable vent de sable, les casquettes et les serviettes volent aussi vers l’eau … mais sans leurs propriétaires étourdis. Cela ne dure que quelques secondes, l’avion s’élève déjà dans le ciel.
Aussi originale que puisse être la vue de ces drôles de ballets aériens, rien ne vaut l’atmosphère plus paisible d’une plage tropicale comme celle de Mullet Bay. A une distance suffisante pour ne pas subir les nuisances de l’aéroport, elle offre aux visiteurs une belle courbe en bordure d’un terrain de golf au gazon verdoyant parsemé de cocotiers.
Fréquentée à la fois par les touristes étrangers et les populations locales, il y règne une ambiance bon enfant. Baignades, jeux de balles, séances de bronzage et pour quelques adultes saint-martinois, à l’abri des arbres assis sur des bancs de fortune, c’est à des parties de dominos qu’ils s’adonnent, ce jeux étant très prisé sur l’île.
Les rochers du bout de la plage valent que l’on se munisse d’un masque et d’un tuba. Dans les anfractuosités des roches, presque à fleur d’eau, on peut admirer très facilement de jolis poissons tropicaux jaunes, très élégants avec leurs zébrures sombres.
La nuit tombe rapidement en région caraïbe et cette plage de Mullet Bay est idéalement placée pour assister à de magnifiques couchers de soleil.
Progressivement les derniers rayons embrasent le ciel donnant aux quelques nuages des tonalités chatoyantes. Le reflet de l’astre solaire sur la mer s’estompe peu à peu alors que les silhouettes sombres des cocotiers se détachent sur ce fond de ciel bleu nuit, superbe !
Sauvage, une côte pour randonneurs
Exposée aux vents du large ainsi qu’à la houle de l’océan, les plages de la côte Est de Sint Maarten ne sont certes pas les plus propices aux baignades familiales mais constituent d’excellents spots pour les kite surfeurs, pas étonnant qu’ils soient nombreux à en profiter.
De même, cette côte isolée, très nature est idéale pour y randonner, les paysages y sont grandioses.
Un petit sentier tracé par les marcheurs suit le littoral, dominant les falaises il permet d’admirer la vue. Au loin, là où le bleu de la mer se confond avec celui du ciel, ce sont les silhouettes des collines de l’île de Saint Barthélémy (St Barth pour les initiés !) qui occupent l’horizon. Au bas de vertigineux à-pics, les vagues déferlent et se brisent sur les rochers transformant la surface de l’eau en une étendue blanche d’écume.
Quant à la végétation qui recouvre la lande littorale, elle est composée d’arbustes et de buissons rabougris au milieu desquels sont dressés une multitude de cactus cierges. Egalement appelé torches, certains de ces spécimens peuvent atteindre près de six mètres de haut. Impressionnant.
Présente partout parmi cette lande, une autre variété de cactées attire immanquablement le regard : ce sont de grosses boules hérissées de piquants et coiffées d’amusants pompons rouges. Ce sont des melocactus intortus plus communément appelé « Têtes à l’anglais » et en Anglais « Turk’s cap » tellement ils rappellent les chapeaux turques. L’histoire ne dit pas si le fait de toucher ces pompons rouges porte bonheur, en tout cas leur surface couverte d’épines n’en donne pas envie !
En poursuivant la balade on parvient à Geneve Bay, une anse où il n’y a pas de sable fin mais des galets et des coraux qui secoués à chaque vague résonnent d’un grondement sourd.
La trace continue en s’élevant peu à peu à travers une végétation touffue et un sol parsemé de rocs glissants, le parcours devient ainsi un peu plus difficile avant d’atteindre une pointe rocheuse puis enfin l’autre côté de la baie.
Après l’effort de la marche sous un soleil de plomb, le réconfort attend le randonneur. A seulement quelques mètres en contrebas, les rochers délimitent d’idylliques piscines naturelles bien protégées des rouleaux formés par la forte houle. L’eau y est calme, transparente, tempérée et relaxante à souhait. Comme il n’y a pas foule, si par inattention vous aviez oublié votre maillot de bain en partant pour cette randonnée, cela ne poserait ici aucun problème pour la baignade !
Paisible, un lagon à découvrir en kayak
Quittant les côtes tourmentées, c’est vers une zone beaucoup plus calme que nous nous dirigeons maintenant. Ici, entre Mer Caraïbe et lagon, l’île prend encore un autre aspect. Même si cela ne vous étonnera pas d’apprendre qu’il y a là aussi de belles plages bordées de cocotiers, mais pas seulement.
Passé le quartier populaire de Sandy Ground, on emprunte l’unique route de la lagune de la Baie Nettlé. Un des charmants lieux touristiques de Saint-Martin à l’atmosphère paisible ; les résidences hôtelières sont entourées de jardins tropicaux fleuris, l’ambiance y est calme, les plages n’y sont pas surpeuplées.
Côté lagon, c’est la mangrove qui domine, un écosystème qu’il est intéressant de découvrir en kayak.
Quelques coups de pagaies et on suit les bords du lagon de Simpson Bay. Parmi la végétation verdoyante et les racines aériennes qui plongent dans ces eaux calmes et transparentes on aperçoit furtivement quelques aigrettes blanches ou des canards sauvages. Il est loin le temps où ces lagons nombreux sur l’île étaient exploités en saline, la récolte du sel ne fait plus vivre personne, les activités liées au tourisme étant bien plus lucratives. Bercé par le rythme régulier des pagaies, le paysage défile (lentement) devant mes yeux. Après avoir longé les plages, le kayak contourne la colline Nettlé, très arborée elle forme un cap miniature qui s’avance dans cette mer intérieure d’environ 4 kilomètres de long (enfin 2.16 milles marins …une petite mer oblige à utiliser les unités maritimes, n’est-ce pas !).
0n peut pousser l’aventure un peu plus loin jusqu’à un sympathique îlet qui lui aussi possède sa plage de sable et ses palmiers. Sans s’en rendre compte on peut passer en territoire hollandais. Enfin peut-être, car la frontière qui sépare les deux zones, pardon, les deux pays, est virtuelle et toutes les cartes ne la placent pas toujours sur une ligne identique et comme sur les eaux du lagon il n’y a aucun douanier pour vous renseigner, cela reste une interrogation … sans importance. L’aspect ludique de la découverte ainsi que la beauté du panorama suffisent à ravir le kayakiste.
Au-delà du raz de l’eau le regard se porte constamment vers les hauteurs du centre de l’île avec leurs mornes qui pour les dimensions de l’île saint-martinoise prennent l’aspect d’imposantes montagnes.
Attiré par la vue de ces sommets c’est en fait vers le « paradis » que se poursuit ma découverte. Une île aux paysages paradisiaques se doit d’avoir son véritable coin de paradis : on l’atteint par une route ou plutôt par une piste bétonnée cahoteuse qui ne cesse de grimper jusqu’au Mont … Paradis ! Le point culminant de l’île avec ces 424 mètres. La dense forêt tropicale gêne une peu la vue mais une trouée laisse apercevoir toute une partie de l’île. Voilà que je refais mon voyage en essayant de distinguer les côtes et quelques plages visitées.
Le lagon apparaît ainsi dans toute son étendue et la lagune de la baie Nettlé semble si étroite vue d’ici. Vers le nord je cherche à apercevoir l’anse de Grand Case et ses eaux turquoise, quant à la plage des amoureux, fidèle à sa réputation, elle est invisible depuis ce point de vue aérien … peu importe, car ma mémoire a gardé la vision de toutes les plages de rêve de Saint-Martin. Comment pourrait-il en être autrement ? Un tel charme ne peu s’oublier.
Décidément, cette île dont le nom m’est personnellement si familier m’aura véritablement enchanté.

“ Un hédoniste de première classe qui vous donne le goût de partir. Beau et original cadrage de l'avion ! ”
Gérard Decq | 19.06.2009 18h23
“ On commence à être à court de nouvelles de Saint Martin. A-t-il pris froid avec sa moitié de manteau ? Est-il allé faire un tour à Tours ?.......... ”
Gérard Decq | 26.07.2011 19h03





