Dubaï
Dubaï : Un mirage ?

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Laurence Cuisinier | 17.11.2003 | 4870 visites | 0Favoris |
Laurence Cuisinier

On en a bien entendu parler mais ça reste un peu f

Dubaï : Un mirage ?La dernière fois, c’était au salon du tourisme. Ah non, il y a eu aussi l’émission consacrée par le magazine télévisé Thalassa dans le détroit d’Ormuz. Et puis, ça vous est revenu : vous aviez déjà fait une escale à Dubaï il y a sept ou huit ans, en rentrant de Singapour ou des Maldives. Il était trois heures du matin mais il vous semble bien que le duty free… c’était quelque chose ! Dubaï, 3855 km carrés, de 6 à 700 000 habitants, le plus célèbre des Emirats de la Fédération des sept Emirats Arabes Unis : Abu Dhabi, Dubaï, Sharjah, Ras al-Khaïman, Ajman, Umm-al Qwain, Fujeirah. Abu Dhabi est certes le plus étendu, le plus riche, le plus peuplé, le mieux armé. Mais c’est à Dubaï que l’on sort, que l’on construit les hôtels et les buildings les plus ahurissants, que l’on fait ses courses, et diable ! C’est bien le cheikh de Dubaï qui cet été à Deauville a payé une pouliche deux millions d’euros, non ? D’accord, me direz-vous. Mais vraiment, entre nous, « ce n’est pas un peu risqué d’aller là-bas par les temps qui courent ? » Non, rien à signaler. Allez, la vérité : « les femmes circulent librement ? » Oui. « Elles conduisent ? » Oui. « Et c’est vrai que l’or y est moins cher qu’ailleurs ? » Oui.

Ca brille autant que sur le papier glacé du catalo

Dubaï brille. Elle brille de l’éclat de sa jeunesse (les EAU ont trente ans d’existence), de la richesse de son pétrole (2,5 millions de barils/jour produits par la fédération) mais aussi (et c’est un comble pour un territoire qui n’était que désert il y a moins d’un siècle) des bénéfices tirés d’un ensoleillement permanent qui réduit l’hiver à un superbe printemps (voire été) pour les européens.

Tout y est prévu pour un séjour de rêve… stéréoty

Dubaï : Un mirage ?Une fois que vous aurez goûté matin, midi et soir alternativement à la piscine réfrigérée de votre hôtel et sa plage privée, que vous serez certain (après avoir zappé sur la chaîne météo locale) qu’une exceptionnelle tempête de sable ne viendra pas gâcher votre séjour, alors vous vous hasarderez dehors… enfin… juste pour attendre le taxi et tenter l’aventure d’une visite. Pour mieux saisir ce qu’est Dubaï, le musée de la ville s’impose. Celui-ci mérite une petite matinée, ne serait-ce que pour comprendre comment cette cité s’est développée, comment on y retraite l’eau de mer, ce qu’il reste des pêcheurs de perles et comment l’on construit – aujourd’hui - ces fameux voiliers mythiques : les dhows. Puis, toujours à bord de votre taxi, rafraîchit par l’air conditionné, vous passerez sur ou sous la crique, croirez apercevoir le théâtre de Sydney au bord de l’eau (alors que ce n’est en fait que le club house du golf club !) et ne saurez plus où donner de la tête chaque fois que vous croiserez le dernier modèle des marques de voitures les plus célèbres du monde.

Dubaï : Un mirage ?Inutile, dès le troisième jour de prétendre être fatigué. Il vous reste au minimum 25 centres commerciaux à visiter (entre dix et cinquante boutiques chacun… sans oublier les parkings, pour les amoureux des automobiles de luxe !) et une myriade de souks (de luxe eux aussi !). Enfin, si vous craignez les réactions de votre banquier, quant aux risques de coups de soleil sur votre carte bleue, évadez-vous des « highways » pour un petit tour et une nuit dans le désert, pour y dormir, oui, y dormir et sentir le poids du silence, mais aussi guetter les scorpions et faire du dune bashing (escalade de dune en 4x4). Il paraît certain que vous y laisserez votre cœur ensablé…. Il ne vous manquera plus alors qu’un dîner au Burj-el-arab, l’hôtel, en forme de voile, le plus luxueux de la ville et une séance de courses de chameaux au Camel Track pour être fourbu et convaincu que Dubaï ressemble à Dubaï. Et si le portier de l’hôtel vous rappelle que vous n’êtes pas encore allé faire du patin à glace, vous demanderez grâce ! On vous verra, revenu au bord de la piscine, vous endormir sur votre guide, de papier toujours glacé lui, et faire peut-être l’étrange rêve d’une autre ville…dont on ne parlerait guère dans les guides.

Le mirage est insaisissable….

On vous sent déçu, le rêve n’est-il qu’un centre commercial géant, une vitrine de l’architecture moderne ? Il faut se ressaisir : puisqu’il est difficile de regarder autre chose que ce qui brille, alors, regardons-le autrement. Voici quelques pistes. Le mirage est dans les contrastes, les détails auxquels ont ne fait pas toujours attention…

Ville champignon ? Ville mutante ?

Dubaï : Un mirage ?Dubaï est d’abord un gigantesque chantier. De jour comme de nuit, au moins six jours sur sept et souvent masquées en raison de la chaleur et de la poussière, des milliers de personnes travaillent à la rénovation et à la modification des axes routiers, à la constructions de chaînes hôtelières démesurées. Le paysage fait alterner presque autant de tours que de grues. Une folie constructrice règne sur la ville. Ne parle-t-on pas de la construction d’une piste de ski et d’un doublement des capacités du déjà grand aéroport en prévision d’un accroissement du tourisme ? Que dire aussi de la construction d’une île énorme, en forme de palmier, bien visible depuis le ciel, et de l’ouverture prévue d’un complexe sanitaire, avec son hôpital et sa faculté de médecine…

Ville arabe ? indienne ? anglaise ? russe ?

Dubaï : Un mirage ?On raconte qu’il y a 80 % d’étrangers dans les Emirats. Vous les apercevrez, pour les uns (indiens, philippins, pakistanais, bengalis), s’usant à des travaux de force, pour les autres aux caisses des supermarchés, dans les taxis, dans le petit commerce, sur les quais au bord de la crique. Ils sont payés, nourris, logés, soignés par leur société, ne rentrent chez eux que tous les deux ans et ne font venir leur conjoint que sponsorisé, si leur salaire est assez élevé. Passés trente ans de bons et loyaux services, ils devront prendre leur retraite ailleurs ! Les autres expatriés (anglais, américains, australiens, français comme moi-même), venus pour trois ou quatre ans, travaillent dans le pétrole, le bâtiment ou les services. Au fait... Si vous appréciez les ambiances indiennes, rendez-vous dans Cosmos Lane. Vous pourrez y acheter un sari, pour rien ou pour très cher …. juste pour l’exubérance des couleurs. En vous perdant dans les rues du quartier, il vous arrivera de glisser de l’indien au russe…. Quelle planète !

Ville de traditions ou de télécommunications ?

Dubaï : Un mirage ?Et les Emiriens pensez-vous, les 20 % ? Vous n’en verrez que les mystères. Ils sont les seuls à posséder des voitures aux vitres teintées, les femmes sont voilées, parfois avec la « bourg’a », masque traditionnel de tissu et de métal doré. Reconnaissons que le costume des hommes leur donne fière allure mais que celui des femmes, malgré la richesse des étoffes, l’élégance du geste de remise en place du tchador et les tenues très à la mode qu’il laisse rarement apercevoir, produit toujours un effet « d’étouffoir ». Mais les traditions sont parfois malmenées. Il paraît que l’explosion des ventes de téléphones portables permet aussi l’explosion des contacts « interdits ». Les tchadors seraient-il doublés par les satellites ? L’harmonie en noir et blanc ne serait-elle une simple façade ? Il reste cependant difficile d’apprécier la question de l’émancipation des femmes. Elles ne manquent de rien, font des études dans tous les secteurs, travaillent, mais acceptent toujours les mariages arrangés par leur père et s’accommodent d’une éventuelle polygamie de leur époux par une relecture assidue du Coran…. Et de se dire que lorsque une population s’affiche en colombe et corbeau, il doit y avoir du yin et du yang la-dedans…. Tuyau : vous verrez les Emiriens s’amuser à la fête foraine du Dubaï Shopping Festival du 15 janvier au 15 février 2003 mais chut !

De l’or noir à l’or jaune et à l’or bleu…..

Dubaï : Un mirage ?En cherchant bien, vous verrez un bédouin de fière allure, au volant d’une Jaguar vert d’eau, toutes vitres baissées et sourire aux lèvres, vous doubler sur l’autoroute. Le temps de chercher à qui il vous fait penser et il aura disparu… La jaguar est d’un modèle un peu ancien, fruit de la splendeur pétrolière des années soixante-dix. Les fruits des richesses actuelles, faites de placements financiers aussi, sont les 4x4 de luxe bien équipés pour la ville et le dune bashing. Les « pirates » d’aujourd’hui accostent toujours sur la Côte de la Trêve (se replonger dans les romans d’Henri de Monfreid) mais au son des moteurs Evinrude. Ils déchargent et chargent toutes sortes de marchandises en face du souk de l’or où toutes les barrières entre nationalités tombent face à quelques grammes du dit métal jaune. En ce même lieu, les touristes s’alimentent en souvenirs dans une de ces bijouteries dont le patron parle six langues, négocie en même temps le prix d’un bracelet avec une richissime irlandaise de passage mais fidèle à sa boutique, accepte de copier une bague pour une américaine ravie, examine des rubis gros comme des haricots sortis des plis des abayas (manteaux noirs traditionnels) de femme voilées jusqu’au yeux, invective le joaillier pakistanais descendu de son atelier pour apporter des bijoux retouchés…. Malgré les scintillements de l’or jaune et rouge (pour la clientèle indienne !) les jeunes hommes d’affaires lorgnent les premiers éclats d’une autre pépite : le tourisme. Misant sur la constance de l’astre roi et sur la qualité des eaux, un hôtel Méridien vient d’ouvrir à deux brasses d’un rocher en forme de « Snoopy couché », où, avec un simple masque et un tuba, vous profiterez des mêmes poissons qu’aux Maldives, à moindre frais. L’endroit, au nom prédestiné s’appelle Sharm. Les plongeurs expérimentés et munis de leurs certificats de plongée pourront s’inscrire dans un des multiples clubs de plongée de la région pour une approche du pays plus en « profondeur ». Les plus beaux sites se situent plus haut au Nord-Est, à Dibba et en direction du Sultanat d’Oman et de la pointe de Musandam. Les agences vous proposeront des croisières en dhows et des visites aux dauphins, raies, tortues, barracudas et autres requins. Enfin, en parcourant les brochures éditées par chacun des hôtels, vous découvrirez que tous les sports nautiques sont praticables à Dubaï : jet ski, voile, ski nautique, off-shore, parachute ascensionnel, pêche au gros…et j’en oublie sans doute. Vous vous sentez un peu perdu ? Ca fait longtemps que je suis ici ? Normal, vous avez oublié que le week-end à Dubaï commence le mercredi soir, que le jeudi s’appelle samedi. Pour vous en convaincre, allez donc le vendredi midi aux environs de treize heures observer la sortie des grandes mosquées (Sharjah à 15 kilomètres ou de Jumeirah). Le spectacle de centaines de gandouras blanches ou bleues (pakistanais ou indiens) se dispersant dans la ville est impressionnant. Quand vous serez dans l’avion du retour, vous vous apercevrez que vous avez pris un sacré coup de soleil. Le Burj-el-arab ? Le City Center shopping mall ? Il y a encore quinze ou vingt ans c’était du vent, pardon, du sable. Les mirages, c’est comme ca !

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Oui, il y a bien un hiver à Dubaï… de décembre à février, les températures oscillent entre 15 et 22°, parfois moins la nuit. Dès mars et avril, la saison balnéaire débute… mais attention à l’été et ses températures caniculaires (les 50° à l’ombre ne sont pas rares).

Les formalités d’entrée dans le pays se sont allégées : un simple permis d’entrée pour un mois est délivré aux touristes, à leur arrivée.

Portail d’information Dubaï et Emirats Arabes Unis :
http://www.uae-pages.com/tourism/

Quelques suggestions d’excursions :
http://www.godubai.com/explore/travel_desk.asp

Liste complète et informations à propos des « shopping malls » de Dubaï :
http://www.dubaishoppingmalls.com/mall_directory.asp

Le site officiel du Dubaï Shopping Festival :
http://www.mydsf.com/about_dsf/dsf_home_tpl.asp?mode=DSF

Une bonne adresse pour les amoureux de pêche au gros :
http://www.club-faune-peche.com/new-dubai.htm

A lire avant de partir : le « Grand guide d’Oman et des Emirats » Bibliothèque du voyageur Gallimard ou bien le guide Off-Road in the UAE. Sur place, se procurer, si on reste assez longtemps le Dubaï Explorer, vendu dans les grandes librairies. Il édite à peu près toutes les adresses : restaurants et hôtels, plages, clubs de sport, vie nocturne, lieux à visiter, et bien sûr centres commerciaux.

Infos par mail  :

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