
Guyane
Guyane : Les caïmans des marais de Kaw
Dans la plus grande zone humide de France, les marais de Kaw en Guyane, se cache une faune mystérieuse et riche. Entre saison des pluies et saison sèche, des formes variées de peuplement adoptent des modes de vie singuliers. Situées à l’est du département, ces étendues aquatiques, classées réserve naturelle, accueillent des scientifiques et des amoureux de la nature. Ce sanctuaire est reconnu pour sa valeur biologique et écologique au plan national et international.
Kaw, le village perdu au milieu des marais
Sur la commune de Régina, 100 000 ha. de marais sont classés Réserve Naturelle de Kaw depuis Mars 1998. Ils appartiennent au tout récent Parc Naturel Régional de Guyane.
Dés le débarquement au village, après avoir entrepris la traversée de la rivière, apparaît la Maison de la Réserve Naturelle ainsi que la petite baraque en bois de l’antenne du parc (se renseigner sur les horaires d’ouvertures fluctuants). N’oubliez pas de jetez un coup d’œil à l’arbre qui se trouve derrière l’annexe du parc. Vous serez surpris de découvrir les poches suspendues des nids des Tyrans kikiwi, ces habiles bâtisseurs qui sauront se faire remarquer par leur jacassement. Le restaurant « Sirop Gingembre » se situe à droite de votre chemin, en direction du village. L’auberge se fera un plaisir de vous remettre les clés du gîte communal où vous pourrez passer la nuit à l’abri des moustiques. Là, il faudra compter sur les crochets pour installer vos hamacs, et sur la clé à molette pour ouvrir le robinet de douche. Mais là n’est pas l’essentiel, puisque à moins de prendre un pique-nique sur la terrasse, vous vous échapperez aussitôt à la découverte de Kaw.
Le village, peuplé d’une centaine d’habitants, construit sur un ancien cordon dunaire forme un rectangle de ruelles sableuses, bordées de cacaoyers, cocotiers, orangers, plantes et fleurs diverses. Le tour est vite réalisé entre la petite église emplie de statuettes de saints, le bar qui vous sera peut-être confié quand le propriétaire ira pêcher, l’école envahie de chauves-souris et d’essaims d’abeilles, l’agence postale qui pavoise un drapeau français, un gîte privé arborant les coloris des hamacs de coton des touristes de passage, un restaurant qui propose des glaces locales, un foyer rural bien clos, un terrain de foot avec des buts adaptés au petit effectif des joueurs, le groupe électrogène ronronnant (le seul bruit de moteur du bourg) et les panneaux solaires soucieux de l’environnement.
Un futur en direction de Régina
Depuis un an, une piste de latérite prend naissance à partir du foyer rural et pénètre la forêt telle la transamazonienne. Le projet consiste à ouvrir une route en direction de Régina pour desservir les futures plantations.
En arpentant ce large sentier élevé, vous croiserez peut-être un beau caïman à la recherche de quelques poissons. Ces quatre kilomètres de parcours peuvent apparaître assez monotones entre le rouge ferrugineux du chemin et la verdoyante lisière forestière. Pourtant, c’est l’occasion d’apercevoir des papillons oranges ou bleu-blanc flirtant en vol, des colibris dont le bec en aiguille leur permet de s’abreuver plus facilement, des libellules à la queue rouge hésitant à faire la cour. Un pic attire l’attention en martelant avec acharnement un tronc d’arbre. Des cultures de manioc, de curcubitacées, de bananiers, d’ananas et de concombre longent parfois la piste. Un serpent noir marquant sa trace en S peut vous surprendre ou plutôt vous craindre. Mais, cette échappée est une invitation à la tranquillité assurée. Des urubus, sortes de vautours, tournoient, tels des cerfs-volants noirs, au-dessus d’une proie imperceptible. Enfin, des oiseaux dissimulés de part et d’autre de l’allée, sont susceptibles de vous couper la parole avec leur incessant dialogue….
Sirop Gingembre, un breuvage surprenant
Pour 68 €, Sirop Gingembre vous propose un forfait exploration : la traversée de la crique aller/retour pour se rendre à Kaw, un dîner local, une ballade de nuit pour découvrir les caïmans, l’hébergement avec sanitaires, une promenade de jour pour observer les oiseaux et le petit-déjeuner. L’intérêt de cette prestation est d’encourager les locaux à favoriser l’éco-tourisme. Par ailleurs un certain savoir-faire résiste à toute épreuve. Cornélia, votre hôte saura vous faire apprécier le dîner grâce à son généreux sourire. L’apéritif servi à volonté vous ouvre l’appétit. Les mets suivants prennent l’allure d’un repas de fête : une tourte au thon et aux légumes, des atipas au lait de coco, du ragoût de Maïpouri, de la glace à la noix de coco et un café.
Les monstrueuses bêtes des marais, mythe ou réalit
Après le dîner, arrive l’heure du rendez-vous au dégrad avec Marc, le mari de Cornélia, qui malgré son air brusque sera un excellent guide pour découvrir ces étranges reptiles. Des lucioles éclairent la nuit magique. Le fond de l’air frais est agréable. La barque s’engouffre alors tout doucement dans la pénombre, s’éloignant peu à peu du groupe de réverbères qui illumine le hameau. Deux à trois centaines de mètres sont parcourus avant que Marc, équipé d’une lampe frontale, voit se détacher des roseaux sombres deux petits points rouges phosphorescents. De quelques signes, tel un agent de la circulation, il indique au piroguier les manœuvres à effectuer pour s’approcher discrètement de la bête. Hypnotisé par la lumière artificielle, l’alligator en question ne s’échappe pas. Ainsi, Marc, se penche et d’un geste précis et rapide capture l’animal en s’assurant de bien lui serrer la gueule pour éviter qu’il ne se débatte et surtout qu’il ne le croque. En effet, toute la difficulté est de maîtriser le caïman en lui bloquant la mâchoire et de maintenir toujours cette pression. Au moindre relâchement l’accident peut survenir. Pour les plus gros d’entre eux, il faudra s’y prendre à deux, l’un devant compresser les carnassières de la bouche, et l’autre devant s’asseoir sur la queue pour empêcher un coup de fouet.
Les caïmans, des espèces protégées
Entre la saison des pluies et la saison sèche, les crocodiliens sont davantage présents dans ces étendues d’eau. Aussi est-ce la meilleure période pour examiner les trois principales espèces régionales. Le caïman à lunette se reconnaît à ces grandes auréoles autour des yeux. Le caïman rouge, le plus agressif d’entre eux, est celui qui possède une queue tranchante. Le caïman noir, identifiable par la couleur de son cuir, se distingue par sa taille plus importante qui peut atteindre les 6 m, et occasionnellement les 9 m. Ces reptiles s’accouplent une fois l’an et pondent de 30 à 80 œufs selon les espèces. On observe quatre doigts à l’arrière, tandis que ceux de devant sont au nombre de cinq et ont la particularité d’être palmés. Les caïmans apprécient certes les atipas qui foisonnent dans les marais de Kaw, mais aussi ses propres congénères qu’ils dévorent sans scrupule. Depuis l’âge de 10 ans, Marc suit son père sur ces immenses marécages. Auparavant, nous précise-t-il, les caïmans étaient prisés pour leur chair et leur peau destinée à la maroquinerie de luxe. Aujourd’hui encore, quelques invétérés dégustent la viande de cet animal qui pourtant fait partie des espèces protégées. Le risque d’amende est en l’occurrence certain. Les reptiles se sentant de plus en plus en insécurité en raison de la fréquentation touristique, préfèrent désormais se réfugier dans le lac aux caïmans qui se trouve derrière la montagne Favard. Excepté l’homme, son principal prédateur, le caïman redoute également le serpent le plus gros du monde, l’anaconda, appelé couleuvre en Guyane, que l’on rencontre aussi dans ces espaces aquatiques qu’il affectionne particulièrement. En effet, quelle que soit la taille du caïman, le serpent restera le plus fort par sa pression musculaire et par son poids atteignant les 200 kg. Non venimeux, ce dernier chasse à l’affût et frappe sa victime la gueule ouverte, puis doucement mais sûrement l’enroule de ses anneaux. Il achève sa proie par étouffement avant de l’engloutir à jamais.
Les pêcheurs du petit matin
Le lendemain matin, Marc, notre guide assidu, frappe à la porte du gîte pour nous « ordonner » d’être sur le pont dans 15 minutes. Au dégrad de Kaw, dès l’aurore, le paysage est sublime. Les couleurs orangées des jets du soleil levant annoncent une belle journée. Etincelante à certains endroits et tamisée à d’autre, la lueur se reflète sur le marais. La brume, juste au-dessus de l’étang, limite la vue et cache la montagne Favard. La barque s’élance vers le mystère. Des boules de bois en file indienne indiquent les filets de pêche fixés en profondeur le long des savanes inondées. Les Kawis relèvent leur tissu maillé à l’aide de grandes perches cueillant des atipas, des colins, des « prapras ». Entre deux saisons, la pêche demeure fructueuse car la savane se vide d’eau. Les poissons gagnent la rivière et se font piéger dans les filets.
Des oiseaux rayonnant dés le lever du jour
Au petit matin, les oiseaux font déjà belle figure. Monsieur Marc nous prête une fiche plastifiée représentant les « oiseaux des marais de Kaw». C’est ainsi qu’on peut identifier la grande aigrette qui de son plumage blanc prend des airs distingués. L’ani de palétuviers saisi les premiers rayons solaires pour chauffer ses ailes. Le jacana noir à la traîne translucide s’envole soudainement vers les écharpes de brouillard. Le Petit butor au ventre orangé et au dos strié de marron se différencie du Grand butor par la taille certes, mais le dernier présente un intérieur jaune et un par-dessus tigré. Le tyran kikiwi à la robe marronée et à l’abdomen jaune s’enjolive grâce à cette bande blanche que l’on aperçoit sur sa tête noire vue de profil. Au fil des heures, les décors évoluent. Les eaux saumâtres virent au bleu. Les grandes herbes ressortent davantage du chevalet de bruine grisâtre depuis que leur parure luit. La trouée lumineuse qui s’érige vers notre indispensable étoile du jour ravie les spectateurs. C’est beau comme une voie lactée s’exclamera une dame. Un sturnelle militaire mâle, étonnant par sa gorge rouge flamboyant et sa queue de pie noire, pose sur un roseau pour le photographe. Des hérons cendrés que l’on surprend en s’enfonçant dans la haute prairie humide se sauvent brusquement vers la liberté. Une moucherolle à tête blanche faisant concurrence à la pause du sturnelle nous scrute du coin de l’œil.
D’autres espèces biologiques peuplent le tableau
Un contour lumineux accentue le galbe de la forêt lointaine. De l’autre côté, le regard discerne les teintes automnales des feuillages qui habillent les collines proches. Les arbres réagissant au changement de saison expriment ainsi leur variété. De cet escarpement touffu, l’accompagnateur perçoit le chant du toucan. Un son fantasmagorique de vent-blizzard confirme l’agitation stridente des singes hurleurs. Les grandes tiges de moucou moucou terminées par de larges feuilles triangulaires, sur lesquelles se dressent parfois des grandes aigrettes, étouffent au fil des ans la savane qui est amenée à succomber. Sur les branches des géants de la forêt, des cathartes à tête rouge savourent fièrement l’atmosphère pure et vivifiante de l’altitude. Le brouillard s’étant dissipé, des toiles d’araignées, au sommet des roseaux, se prennent pour des fleurs. C’est au tour des zébus adultes de la ferme voisine de monter sur scène, qui marchant dans l’eau, ruminent paisiblement en évitant les anguilles électriques. Leurs petits broutent naïvement la pelouse des berges qui entoure l’étable, alors que les jaguars rôdent à l’orée des bois. Mais, là encore les anacondas capables d’avaler ces jeunes bovidés restent la méfiance des habitants de Kaw. Soit disant qu’un Brésilien de Regina, travaillant dans les marécages pour récolter des cœurs de palmier fut un jour attrapé, puis dévoré, par l’un de ces monstres rampants. Mythe ou réalité ?
info plus
Meilleures périodes : la navigation sur les marais de Kaw est assez difficile pendant la période sèche entre août et novembre. Toutefois, le meilleur moment pour explorer les trois espèces de caïmans est de fin octobre à début avril, durant la période charnière entre la grande saison sèche et la grande saison des pluies.
Conseils santé : un dispensaire médical est ouvert le matin dans le bourg de Kaw - Tél.: 05 94 28 01 58 Il faut cependant prévoir dans sa trousse à pharmacie un approvisionnement suffisant en produits dermatologiques : désinfectants, pansements, bandes… et quelques médicaments d’appoint car il s’agit d’une zone un peu isolée, mais également un produit pour la désinfection de l’eau, à moins de consommer des eaux minérales. Des médicaments pour la prévention du paludisme sont recommandés pour un séjour en zone à risque, c’est-à-dire en dehors de la zone côtière comprise entre Cayenne et St.-Laurent-du-Maroni : médicaments à base de Quinine. Ne pas oublier surtout d’apporter des répulsifs anti-moustiques pour éviter les piqûres de la volée du soir.
Hôtels recommandés à Cayenne :
- Novotel ***
- La Chaumière **
- Hôtel La Bodega
42, av. du Général de Gaulle
Tél : 05 94 30 25 13 -
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- Pension de famille Lescourant
Coût de telles excursions (tarifs 2002)
· Restaurant Gingembre Sirop
Marc et Rosalie
97 353 Bourg de Kaw
Cuisine locale. Ouvert 7/7 - Menu 11,25 € à base de “viande de bois” et “d’attipas”. Organisation de balades sur les marais de Kaw : 15 € /pers. le jour, 22,50 € /pers. de nuit pour 2 heures de ballade. Balade vers l’embouchure à la découverte des Ibis rouges : 30 € /pers., durée 5 heures. Enfin, forfait 68,60 € comprenant 2 balades (jour et nuit) + repas du soir + petit déjeuner et hébergement en gîte. Tél.: 05. 94. 27. 04. 65.
· Parmi les offres de visite des marais, Il y a aussi une possibilité de dormir en hamac sur un bateau dans les marais avec visite de nuit. Pour cela, se renseigner auprès de JAL VOYAGES sur Cayenne. http://www.jal-voyages.com
Mes meilleurs liens internet vers la Guyanne :
http://www.terresdeguyane.fr
Carnet d’adresses :
Association ARATAI
Gestionnaire de la Réserve Naturelle de Kaw
Armelle Joly – Conservatrice des Marais de Kaw
2, rue du Lieutenant Goinet
97 300 Cayenne
Tél : 05. 94. 28. 40. 19.
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Comité du Tourisme pour la Guyane
12, rue Lalouette
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