Pérou : Les îles flottantes : au goût de mystère et de coutumes lointaines

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Pérou : Les îles flottantes : au goût de mystère et de coutumes lointaines

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Catherine Makereel | 07.11.2003 | 294 visites | 0Favoris |
Catherine Makereel

Pérou : Les îles flottantes : au goût de mystère et de coutumes lointainesAu pays des trésors Incas, des divinités du soleil et de la lune, des musiques et paysages envoûtants, il n’est nullement surprenant pour le touriste de découvrir, un de ces lieux mystiques dont recèle le Perou : le lac Titicaca. Surplombant les hauts plateaux au sud-est du pays, il abrite une région mystérieuse certes, mais aussi très insolite. En effet, perdu au milieu de ce lac légendaire, ondulant nonchalamment sur ses eaux couleur de ciel, on peut y apercevoir un village pas comme les autres, construit sur des lits de roseaux séchés : les Iles Flottantes de la tribu des Uros. Une excursion inoubliable … pour tous ceux qui ont le pied marin.

Un lac aux multiples légendes

Pérou : Les îles flottantes : au goût de mystère et de coutumes lointainesLac Titicaca. Un lac qui évoque la magie, le mystère et un magnétisme propre aux merveilles de la nature. Il mérite bien toute l’attention que lui porte les nombreux touristes qui le visitent, de par sa superficie bien sûr, 8000 km², soit quinze fois le Lac Leman, et sa hauteur, 3810 m d’altitude, mais aussi par son imposant panorama. Après un long et éprouvant trajet en bus sur la route accidentée séparant Cuzco de Puno, principal port de cette véritable mer intérieure, l’air pur et vivifiant qui régale nos poumons à l’approche du lac, aux premières heures du matin, nous apparaît comme une bénédiction. Revigorés par la fraîcheur de l’atmosphère, nous découvrons le spectacle qui se déploie devant nos yeux. L’enchantement de ce bijou naturel ne tarde pas à opérer. Aux premières lueurs de la matinée, le soleil, encore bas, donne à la surface du lac, un aspect éblouissant, tel une mer d’argent, comme si le lac restituait toutes les richesses incas. Puis, au fur et à mesure que le soleil entame son ascension, les couleurs intenses du ciel se reflètent sur les flots du lac, lui conférant une couleur d’un bleu azur saisissant. On comprend alors pourquoi les Péruviens aiment à l’appeler ‘le miroir des Dieux’ . Les noms mystiques et les légendes qui entourent le lac Titicaca ne manquent pas. Certains racontent que Manco Capac, le premier Inca, et Mama Ocllo, son épouse seraient sortis de ses eaux pour fonder l’Empire Inca. Selon une autre légende andine, le lac tirerait son origine des larmes d’Inti, le dieu du Soleil, qui se serait mis à pleurer en voyant des pumas dévorer des hommes grimpant aux montagnes pour trouver le Feu Sacré. Les larmes furent si abondantes qu’en 40 jours, elles inondèrent la vallée. Au milieu des eaux flottaient les pumas noyés et puis transformés en statues de pierre. Le lac fut donc appelé Lac ‘Titicaca’, le lac des ‘pumas de pierre’. Le lac Titicaca, le plus grand d’Amérique Latine, est aussi le plus haut lac navigable du monde et l’endroit rêvé pour les pêcheurs puisqu’il abonde en poissons, notamment des truites géantes, attirées par ses eaux pures et fraîches. Ces belles truites appétissantes ne laissent bien sûr pas indifférents les vieux loups de mer péruviens que l’on peut apercevoir au petit matin , scrutant l’horizon, la satisfaction anticipée d’une bonne prise se dessinant déjà sur leur visage. Avec leurs gestes bien rodés, paraissant avoir été répétés depuis des millénaires, ils s’affairent sur leurs petits bateaux à la coque toute colorée, tout en restant indifférents aux regards des curieux. Ils constituent à eux seuls un divertissement pour les touristes. Absorbés par le rituel des pêcheurs se préparant à leur labeur quotidien, , nous oublions qu’il est temps pour nous aussi de prendre le large et d’aller à la rencontre des mystères du lac Titicaca.

Les Iles Flottantes : des desserts grandeur nature

Pérou : Les îles flottantes : au goût de mystère et de coutumes lointainesSi, dans sa rêverie, le touriste oublie, l’espace d’un instant, où il est, l’interminable attente à bord d’un des pittoresques bateaux à moteur, faisant la navette entre Puno et les Iles Flottantes, lui rappelle bien vite qu’il est bel et bien en Amérique du Sud, là où la notion de temps est bien différente de chez nous. C’est bien connu, au Pérou, comme chez leurs voisins, les tableaux d’horaires et autres contraintes de temps sont souvent inexistants. Le système est bien plus simple : comme pour le bus, on attend que le bateau soit rempli à ras-bord pour enfin se mettre en route. Le temps de se tartiner de crème pour se protéger des rayons du soleil rendus d’autant plus forts par l’altitude et la réflexion du lac, de sympathiser avec ceux qui seront nos compagnons de route le temps d’une excursion et d’observer le stratagème des organisateurs pour convaincre les passants aux têtes crédules de « gringos » de remplir les derniers bancs à l’arrière du bateau, et nous levons l’ancre, destination, les Iles Uros. Après un trajet d’une demi-heure sur les eaux calmes du lac, les premières îles commencent à se dessiner à l’horizon. Ces quarante îles à peu près ‘flottent’ littéralement sur le lac. Ce sont des sortes d’îlots artificiels, constitués à partir de plantes lacustres très résistantes, appelées ‘totora’. Celles-ci sont fermement enchevêtrées les unes dans les autres pour former des surfaces planes et étanches sur lesquelles sont construites toutes sortes de petites huttes, de ce même roseau, pour abriter les membres de la tribu Uros. Au XIII siècle, l’ingéniosité et le désir de s’isoler et de se protéger des Incas, la tribu rivale à l’époque, auraient conduit les Uros à cueillir les roseaux tapissant les hauts-fonds du lac, afin de s’aménager des plateformes flottantes sur lesquelles ils établirent demeure. Même si ; aujourd’hui, la race des Uros s’est pratiquement éteinte, les autochtones, issus d’un métissage d’Aymaras, de Quechuas et d’Uros, continuent cependant de perpétrer la fabrication traditionnelle des îles en superposant les ‘totoras’, ajoutant régulièrement de nouvelles couches au-dessus pour remplacer celles qui pourrissent au fond.

Pérou : Les îles flottantes : au goût de mystère et de coutumes lointainesC’est d’abord un spectacle unique que nous offrent ces îlots de ‘paille’, mais aussi et surtout une sensation nouvelle et déroutante. A l’accostage, au moment de débarquer sur la première île et de toucher la terre ferme, ou devrais-je dire, le sol mouvant, une étrange impression nous envahit : celle de marcher sur un sol spongieux, ondulant à chacun de nos pas, comme sur un lit d’eau. Il est encore plus troublant de s’asseoir sur le tapis de roseaux et d’observer la surface sur laquelle évoluent habitants et visiteurs, tanguer au rythme des flots. On s’habitue vite à marcher sur cette surface flexible et moelleuse mais gare aux bords de l’île! On se retrouve vite avec les pieds trempés, enfoncés dans les roseaux moins serrés et donc moins étanches … On a vite fait le tour des quelques 10 m² constituant la première île que nous visitons mais on ne se lasse pas d’observer la diversité insolite des constructions en ‘totora’ qui la parsèment : modestes huttes à peine plus grandes que des petites tentes, abritant manifestement toute une famille, pans de roseaux assemblés autour de quelques planches de bois trouées au milieu et montés sur pilotis, tenant lieu de toilette public. Tout ici est construit à partir du ‘totora’ : Depuis la plus grande des huttes familiales jusqu’aux minuscules objets destinés à la vente aux touristes.

Des ‘conquistadors’ d’un tout autre style

Pérou : Les îles flottantes : au goût de mystère et de coutumes lointainesNous poursuivons notre visite en faisant escale dans d’autres îles tout aussi surprenantes. Chacune d’elles semble avoir sa fonction propre. L’une, spécialisée dans le séchage du ‘totora’ récolté sur le lac, arbore un décor bien particulier : des dizaines de longs roseaux, étendus verticalement sur une corde, au soleil, forment un rideau doré qui donne à l’île des allures de scène de théâtre. Une autre encore se distingue par son immense promontoire, posé sur de lourdes colonnes, en troncs d’eucalyptus, enfoncées dans le fond du lac. A la vue de ce promontoire, on ne peut s’empêcher d’imaginer les Uros, au XIII siècle, scrutant l’horizon pour guetter l’invasion de tribus rivales.

Pérou : Les îles flottantes : au goût de mystère et de coutumes lointainesAujourd’hui, au lieu des peuples conquérants, ce sont plutôt les touristes que les Uros sont susceptibles d’apercevoir, affluant à la découverte de leurs îles, sur leurs petits bateaux à moteur. On peut dire d’ailleurs qu’ils savent profiter de cet afflux. Désireux de leur vendre cartes postales, objets en ‘totora’ ou autres souvenirs, ils assaillent les visiteurs de toutes parts. Cependant, s’il apparaît évident que le tourisme a affecté leur mode de vie, on retrouve encore chez les Uros quelques signes d’un art de vivre bien ancré dans la vie de la communauté: farniente à l’ombre des huttes après le repas, va-et-vient des barques faisant le taxi d’une île à l’autre, attroupement de vieux Uros, aux airs de grands sages, assis en tailleur pour discuter de quelque affaire pressante ou encore le travail de fourmis pour la construction d’édifices et de barques de toutes les formes. Mais le plus surprenant reste quand même l’école ! Edifiée sur la plus grande des îles Uros, elle accueille une vingtaine de petits écoliers, âgés de quatre à onze ans. Malgré le passage incessant de touristes devant l’entrée sans porte ni fenêtre de l’école, professeurs et élèves continuent leurs activités ludiques et éducatives, imperturbables. Au moment de la récré pourtant, certains enfants ne manquent pas de tirer parti de leur apparence irrésistible, en uniformes pimpants, en nous soutirant une pièce ou deux en échange d’une photo-souvenir.

Escapade romantique en gondole... urosienne

Pérou : Les îles flottantes : au goût de mystère et de coutumes lointainesDans cet univers dépaysant, il nous est impossible de résister aux plaisirs d’une balade idyllique sur les flots de ce lac mystique, à bord d’une gondole un peu particulière. Elaborées avec, oh surprise ! du ‘totora’, que des mains expertes ont lié en fuseaux et façonné en forme de volatiles aquatiques, ces barques prennent l’allure de cygnes géants qui glissent élégamment sur les eaux calmes du lac. Propulsées à l’aide d’un long bâton creusé dans un tronc d’eucalyptus, elles constituent le moyen de transport idéal pour partir à la découverte du lac aux alentours des Iles Uros et tenter d’apercevoir la fameuse grenouille géante qui, nous dit-on, peut atteindre les 3 kilos. En vain ! Par contre, à défaut d’amphibien géant, nous pourrons observer des variétés d’oiseaux magnifiques. Parfois même, certains touristes croient apercevoir des monstres marins se glisser entre les roseaux avant de s’apercevoir que ce ne sont que quelques unes de ces barques aux formes trompeuses, dérivant, abandonnées, au milieu des marécages. On peut se méprendre … De retour à Puno, sur la terre ferme, nous visitons cette petite ville grouillante d’activité et de mouvement, par laquelle transitent chaque jour des centaines de voyageurs, en route soit vers Cuzco au Nord, soit vers les îles du lac Titicaca, ou bien encore vers la frontière bolivienne à l’est. En dépit de ce statut de ‘ville à la croisée des chemins’, Puno réserve bien des surprises, à commencer par ses danses et musiques traditionnelles, qui en ont fait la capitale folklorique du Perou. Et pour explorer les recoins de Puno, rien de mieux que les petits taxis-bicyclettes, copies des célèbres ‘pousse-pousse’d’Inde et de Chine, qui rivalisent d’efficacité et de vitesse avec les taxis traditionnels et permettent de découvrir la ville à ciel découvert. Mais attention, accrochez-vous bien à vos sièges ! Malheureusement, nous n’aurons qu’une vision fugitive de Puno et de ses richesses car il nous faut bientôt embarquer à bord du bus qui nous emmène vers Copacabana et la promesse d’exotisme qu’évoque ce nom. Encore bien des émotions en perspective !

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Se rendre en Bolivie : Puno est le point de départ habituel des bus en direction de la frontière Bolivienne, Copacabana et La Paz. Il est également possible de traverser le lac Titicaca en bateau jusque Copacabana avec halte dans les îles du Soleil et de la Lune

Le folklore dans la ville de Puno: Durant les fêtes de la Chandeleur, musiques et danses traditionnelles animent les rues de Puno pendant toute une semaine. Pour les adeptes de l’artisanat local, on peut trouver toute sorte de produits typiques au marché de Laykakota : ponchos, vêtements et couvertures en laine d’Alpaga, jupes et costumes brodés aux couleurs vives, bonnets péruviens, céramiques, etc.

Excursion jusqu’aux Iles Flottantes : Le nombre de touristes augmentant chaque année, c’est une entreprise plus que florissante qui s’est développée pour les propriétaires des petits bateaux emmenant les touristes sur les Iles Flottantes. L’appat de toujours plus de gain les poussent parfois à écourter la visite des îles afin de revenir au plus vite à Puno et refaire un autre plein de voyageurs. Assurez-vous donc que votre guide couvre un maximum d’îles tout en prenant son temps pour vous donner des explications sur la culture et le mode de vie des Uros.

Attractions sur le lac Titicaca : En 1978 a été créée la réserve du lac Titicaca dans le but de conserver sa flore, sa faune et la beauté de ses paysages. Dans cette réserve, on recense 60 variétés d’oiseaux, 14 espèces de poissons natifs du lac et 18 espèces d’amphibiens. En dehors des Iles Flottantes, de nombreuses îles (celles-ci composées de terre et de pierre) peuvent être visitées : les îles d’Esteves, d’Amantani, de Taquile, de Cenina et de Soto pour ne citer que les plus grandes. Autour du lac, on peut aussi visiter quelques villages pittoresques comme Chucuito et Juli, réputé pour ses belles églises ainsi que le petit lac Umayo, entouré des ‘chulpas de Sillustani’, tours funéraires datant de l’époque précédent les Incas.

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