Bali : Ubud, éloge de la paresse

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Bali : Ubud, éloge de la paresse

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Christel de Noblet | 18.11.2003 | 5909 visites | 0Favoris |
Christel de Noblet

Lors d’un séjour à Bali, il faut placer haut sur sa liste des " choses à faire " une escapade à Ubud avec pour objectif de ne rien y faire !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Tut Tut !!! En route pour Ubud !

Bali : Ubud, éloge de la paresseRien que pour y parvenir, mieux vaut déjà ne pas être pressé(e). La route qui grimpe de Denpasar, la capitale, vers le centre de l’île tournicote tranquillement de village en village. Chemin faisant… celle-ci longe des trottoirs qui croulent sous les " antiquités " et comme c’est tout à fait bouché, 24h sur 24, le temps ne manque pas pour détailler la marchandise ! On traverse des " bleds " aux doux noms exotiques comme Sumerta, Tohpati, Batubulan, Celuk, Sukawati… On contourne tout un tas de panneaux plantés au milieu de la chaussée sur lesquels il y a toujours le même blabla : " Ati ! Ati ! Adda Project ! ", ce qui en français dans le texte veut dire " attention travaux ". Comme chez nous, en somme, sauf qu’ici, les cantonniers sont partis faire la sieste en oubliant le panneau, les trous dans la route et quelques tas de cailloux… Mais on s’en fiche.. On prend son temps.. De toutes manières, on ne peut pas aller vite, on est coincé devant et derrière, par des petits camions bleus qui sillonnent l’île nuit et jour, crachant sans cesse une épaisse fumée grise ! A priori vous raterez le tournant qui mène vers Ubud, ce qui ne fera que rallonger le chemin pour atteindre votre but… C’est pas grave ! La campagne qui monte vers le centre de l’île est très chouette partout …cela ne fera que plus de rizières à découvrir !

Gare aux poulets :o)

Bien sûr les guides touristiques sérieux vous auront dit qu’Ubud est le centre artistique de l’île, que sa rue principale fourmille de boutiques et de touristes. Et moi je rajoute : de poulets (pas les coqs, les autres !) qui vous collent des contraventions pour un oui, pour un non, avec comparution au tribunal à la clé ou arrangement immédiat sous condition… Si vous voulez rire, allez vous poster au carrefour principal du village et regardez gonfler, en sirotant un coca, la poche du représentant de l’ordre … vous n’aurez pas fini votre canette qu’il aura doublé sa fin de mois !

Paresse contemplative…

Bali : Ubud, éloge de la paressePour une paresseuse de ma trempe, couleuvre professionnelle, le meilleur programme à Ubud, consiste à venir s’y asseoir et à regarder le temps s’écouler doucement… Il y a beaucoup d’endroits pour paresser dans ce village en se régalant les yeux… Croyez en mon expérience ! Première escale : le marché… véritable paradis pour les filles que ses paniers, bougeoirs, et bois sculptés font craquer… Il y en a des tonnes, ça s’entasse, s’empile, s’amoncelle, à droite, à gauche, à l’étage… Dans ce joyeux bazar, on déniche pêle-mêle ses décos de Noël, des batiks au kilomètre, de jolies corbeilles en osier tressé, des marionnettes de cuir utilisées pour le théâtre d’ombres, de vrais-faux miroirs anciens ou bas-reliefs fleuris, des maillots de bain " trop cool ", des petits mobiles en bois peints… Mais le shopping, c’est bon pour les courageux(euses)! Pour les autres, il suffit de s’acheter quelques fruits délicieux puis d’aller s’asseoir sur de vieux ballots de palmes, de préférence pas trop loin du petit temple d’où les vapeurs d’encens s’échappent, puis d’observer la fourmilière s’agiter… Etape obligatoire pour ceux qui veulent " un peu de culture " , la rue principale de ce petit village pullule de boutiques/galeries. Mais attention, l’art de Bali est un doux mélange de ravissement et de déjà vu… Il faut donc laisser de côté les attrapes touristes reproduits en série qui ont perdu toute spontanéité, toute force (vous n’aurez pas à chercher longtemps pour en voir partout et en être assez vite écœuré !) et partir à la recherche de l’art balinais original (et originel !). Pour cela, filez vers ma seconde étape : aller s’asseoir (encore !) dans le magnifique jardin du Musée Puri Lukisan

Bali : Ubud, éloge de la paresseCe musée n’est pas un musée… c’est un immense jardin à flanc de colline, où se cachent de petits temples, des bassins couverts de lotus, des statues qui fixent leur reflet dans l’eau, des arbres exotiques, des lianes et quelques pavillons quasiment ouverts aux 4 vents dans lesquels est offert un beau panorama de l’art balinais : de la sculpture sur bois traditionnelle à l’art contemporain, en passant par les œuvres de ces européens (Walter Spies, Rudolf Bonnet…) qui vinrent s’inspirer de la magie de Bali. Cette " promenade initiatique " est superbe. Elle donne envie de sortir un carnet de croquis et de se mettre à son tour à rendre sur papier la vie qui palpite au cœur de Bali.

Bali : Ubud, éloge de la paresseAprès avoir baguenaudé dans ce musée, il faut repartir (doucement !) vers le village, s’éloigner du centre (et du bruit !) et emprunter les ruelles qui filent vers les rizières. C’est ici que vous aurez une chance de découvrir un artiste " vrai ", plongé dans son travail, mais heureux de l‘interrompre pour en discuter avec vous. C’est par-là aussi que vous croiserez un artisan en plein labeur : sculpteur sur bois, accroupi sur le bord d’un talus, en train de donner forme à quelque animal mythique, peintre sur batik occupé à mettre en couleur des fleurs gigantesques, des oiseaux au ramage éclatant, des arabesques compliquées … ou tailleur de pierre qui prépare, ou répare, un bas relief pour le temple du village… Là encore, il n’y a qu’une solution : s’asseoir et les regarder créer…

A pied au milieu des rizières

Bali : Ubud, éloge de la paresseBien que véritablement très flemmarde, je sais faire un effort quand le jeu en vaut la chandelle. Et s’il est bien un spectacle qui vaille quelques dépenses (modérées !) d’énergie, c’est celui des rizières en terrasses dans la campagne qui entoure Ubud... Whaouhhh ! Quel graphisme ! Ondoyantes ou rectilignes, microscopiques ou larges et généreuses, avec ou sans palmiers, d’un vert clair à croquer ou foncé virant au noir, à la fois peinture naïve façon Douanier Rousseau ou abstraite et géométrique… C’est dans tous les cas à vous couper le souffle ! Il ne faut surtout pas manquer de volontairement se perdre au milieu de ces rizières, en suivant les petits murets qui les bordent. Grimper, descendre, monter, suivre en serpentant les coteaux qui s’éloignent, tomber sur un petit autel qui protège la récolte, sourire aux femmes, pliées en deux les pieds dans l’eau, occupées à piquer le riz, renvoyer la balle des gosses qui vous éclatent de rire au nez…, s’arrêter au bord du sentier pour " parler " avec le vieil homme qui exhibe fièrement ses coqs, les caresse tendrement et vous demande votre nom qu’il répète en rigolant… C’est un petit morceau de bonheur pur à ne pas manquer, un bain de jouvence à engranger dans ses souvenirs… Il y a une grande plénitude à être submergé dans cet océan toujours vert, ondoyant sous le vent en vagues immobiles… pour un peu on s’y endormirait pour une petite sieste…

Ne pas oublier la pause…

Bali : Ubud, éloge de la paresseSi vous avez de la chance, pendant votre promenade, vous tomberez sur le Dewi Cafe, Rice Terrace, Ji. Raya Tegallalang, Gianyar, un petit restau au coeur des rizières où il fera vraiment bon perdre son temps en dégustant des satays… C ‘est une adresse au milieu de nul part, que l’on aimerait garder pour soi afin que ses quatre tables demeurent secrètes … Mais comme les noms des routes ne sont pas indiqués, ce tuyau ne vaut pas tripette ! Il ne vous reste plus qu’à partir à sa recherche, à flanc de colline, au milieu des rizières ! De retour à Ubud, on va s’asseoir (!) à la terrasse du Cafe Lotus, au bord d’un grand bassin couvert de fleurs au bout duquel se dresse le temple principal du village. On dîne en regardant les femmes pénétrer dans l’enceinte sacrée, la tête chargée de lourds paniers remplis d’offrandes. Les hommes suivent, drapé dans leur sarong aux reflets dorés, le crâne coiffé d’un petit turban dressé comme une aigrette. Les groupes s’avancent en procession ondoyante. Tout le monde rit, papote. Les enfants, en habit de fête eux aussi, courent de groupe en groupe. Bali est gai… Dans la brise du soir, on entend le son des Gamelans qui s’élève du temple… C’est doux, relaxant… On oublie le temps qui passe tout occupé à écouter ce murmure… On s’endort en rêvant… Il fait bon être à Bali !

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 Le ” tout nouveau ” Musée Agung Rai, inauguré en 1996, abrite lui aussi une remarquable collection d’œuvres par des artistes balinais, javanais et européens. Pour se mettre l’eau à la bouche on peut aller le visiter… 

A parcourir pour pêcher des infos un peu dans tous les sens,

Ubud Tourist Information : tel : (0361) 973 285

Cafe Lotus : Ubud route principale, tel : (0361) 975 660

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