
Angleterre
Angleterre : Londres, les dessous chics
J’avais décidé de partir, et d’aller vivre à Londres… Mon ambition était modeste puisque mon expédition n’allait durer que…trois jours ! Mais quels trois jours ! J’allais éviter avec application toutes les choses à voir : ignorer La Tour de Londres et ses joyaux d’une taille indécente, snober l’abbaye de Westminster tartinée de gothique de la tête aux pieds, pas de relève de la garde devant Buckingham Palace non plus, vraiment trop touristique, ni de détours pour aller admirer le dôme de la cathédrale Saint-Paul.
J’allais " faire la Londonienne ", celle qu’on voit dans les magazines, celle qui fait son shopping en cab, celle qui ne remarque jamais la couleur grise du ciel…ET SURTOUT, SURTOUT, celle qui habite South Kensington et n’en sort pas, ou presque.
Se trouver une jolie maison victorienne...
Première étape donc, emménager dans une de ces jolies maisons victoriennes. Il me fallait un perron élégant qui conduirait à une lourde porte sur laquelle un heurtoir en bronze brillerait comme une pub pour des produits d’entretien. Il y aurait aussi, en haut des marches blanches, une jolie lanterne à bougies (électriques !). A l’intérieur, le hall ouvrirait sur un salon confortable avec de gros fauteuils club au cuir tout patiné en demi-cercle autour du feu (électrique encore !), un canapé en chintz dans l’ouverture de la bow-window, un ou deux portraits de grands-mères au teint blafard, un fichu de dentelle sur la tête. Il me faudrait enfin un grand lit en bois sombre, des draps brodés (de broderies anglaises, bien sûr !) et un bon gros poste de télévision dans ma chambre pour pouvoir me gorger de l’accent britannique gracieusement mis à ma disposition par BBC1, BBC2 or Channel 4…
Je trouvais la perle rare au Cranley en plein cœur du bourg royal de Kensington et Chelsea, à quelques encablures de Old Brompton road et de Fulham road. Calme et tradition british se trouvaient réunis dans ce petit hôtel charmant, si intime qu’il ne fallait faire aucun effort pour se convaincre qu’on y était chez soi.
Se régaler de Cottage cheese et de vieux cheedar..
J’avais décidé de consacrer ma première journée à flâner dans mon quartier : une grande promenade dans les rues de South Kensington et de Chelsea jusqu’à Belgravia.
Une petite halte chez l’épicier pakistanais, l’odeur des beignets trop frits, deux, trois grosses boîtes à lettres rouges à contourner sur le trottoir, les bouteilles de lait vides qui attendent le milkman sur un coin de marche… autant d’images que j’avais envie d’aller glaner au hasard des rues.
Mon " ambitieux " programme comportait aussi une petite pause à l’heure du déjeuner dans un pub de quartier pour m’y régaler d’une grosse pomme de terre en robe des champs, cachée sous une montagne de cottage cheese et de vieux cheedar, un verre de cidre et un morceau de bread pudding avec beaucoup, beaucoup, de sauce au whisky. Ce n’est pas un menu à recommander quotidiennement, mais de temps en temps c’est bien sympa et dans la pénombre qui règne dans le pub, quand son assiette fumante arrive, on sait qu’on est bien en Angleterre.
A l’heure de la digestion, une escale dans l’une des grandes librairies du quartier s’imposait. On pourrait passer des heures dans ces cavernes d’Ali Baba en étant sûr de ne pas être dérangé par un vendeur impatient (ils ont souvent, eux aussi, le nez dans leurs bouquins !).
Je rentrais de ce périple épuisée et heureuse, complètement imprégnée du charme de cette partie de Londres et in the right mood for a cup of tea !*
A l’heure du dîner, j’allais, à quelques pas du Cranley, dîner au Cambio de Tercio, un restau espagnol (forcément les restaus anglais c’est comme le Père Noël, ça n’existe pas) super sympa. Là, on peut déguster des millefeuilles à la crème d’épinard et au crabe, du gratin au confit de canard et aux champignons sauvages, de la perdrix en chemise d’aubergine, des brochettes de rougets et de langoustines parfumées au romarin… Tout ça dans un décor ensoleillé aux couleurs de corrida : Rose et or. Ici aussi on devient vite un habitué des lieux poursuivant l’illusion de faire partie pour de bon de la communauté cosmopolite de Londres.
S’inonder de la lumière d’un Turner...
Ma seconde journée londonienne allait être moins paresseuse que la précédente. Je me levais tôt, expédiais le breakfast et me jetais dans un cab pour l’un de ces rendez-vous qui font battre mon cœur… J’étais sur le chemin de la Tate Gallery pour y retrouver ce vieux fou de Turner. Arriver le matin la première, traverser à grands pas les salles des " autres " pour aller, toute seule, s’inonder de la lumière de Turner, c’est commencer sa journée par un grand tourbillon de bonheur. Les " autres ", ce sont Blake, Constable, Gainsborough, Gilbert et George, Hirst, Hockney, Hogarth, Moore, Rossetti, Spencer, Stubbs, en d’autre termes la Tate possède la plus grande collection d’art britannique au monde…! Et puisque deux, c’est mieux qu’une, la Tate Modern vient d’ouvrir. C’est Le nouveau musée national britannique d’art moderne. Et le contenu fait autant sensation que le contenant puisque c’est une ancienne centrale électrique désaffectée qui a été relookée pour abriter la collection d’art moderne internationale de 1900 à nos jours. Pour les amateurs de sensations fortes, l’entrée du musée par l'ancienne salle des turbines est saisissante (152 mètres de long et 30 mètres de haut) et au dernier étage, niveau 7, un café qui offre un panorama exceptionnel sur la ville. Ici c’est Bacon, Dalí, Giacometti, Picasso, Matisse, Rothko et Warhol qui se bousculent et vous décoiffent ! Pour se rendre de " l’Ancienne " à la " Moderne ", un bus bien rouge et ouvert aux quatre vents vous emmène gratuitement en vous faisant passer par les plus jolies artères de Londres… On redevient vite enfant sur ce genre d’attraction là ! L’après-midi, j’avais un autre rendez-vous. Cette fois avec un homme à la moustache épaisse, rebiquant vers le ciel d’un air guilleret et fixé pour l’éternité par Frantz Hals. Le Cavalier souriant (1624) est l’un des hôtes (en pension complète) de la Wallace Collection, petit, tout petit musée plein de merveilles. La collection fête ses cent ans et pour cette occasion, cette vieille dame s’est refaite une beauté : restituant ses meubles à la salle à manger, fermant sa cour intérieure sous un dôme de verre, ouvrant de nouvelles salles dans ses sous-sols… à voir, à revoir, s’y asseoir et se laisser imprégner par toute cette beauté.
S’adonner à la frivolité du
Ma troisième journée londonienne allait être carrément frivole ! J’étais partie pour faire du shopping… Il y a, c’est bien connu, les accros de Bond street et les addicts de Sloane street**, mais moi, j’avais envie de petites rues calmes et de boutiques à l’ambiance feutrée. Dans cette catégorie, il existe une petite perle : Walton street. Pour les farfelus qui veulent assortir leurs pantoufles à leurs rideaux, ou pour les amoureux des beaux tissus brodés, Les Textiles de Chelsea ont deux boutiques ici. Un show-room qui ressemble plus à un appartement qu’à une boutique et une nouvelle adresse au 13 Walton street, pour leurs accessoires. C’est élégant et raffiné, en un mot : très anglais ! Juste à côté il y a la boutique de Nina Campbell (9), cette grande Dame du design anglais. Et même si on est plutôt fana du style scandinave ou qu’on préfère la tendance provençale, c’est très amusant d’aller flâner du côté des imprimés à fleurettes…Un peu plus loin dans la rue (77), à la boutique de Kiki McDonough, on plonge dans un océan de pierres semi-précieuses. Presque en face (168), le Monogrammed Linen Shop donne un sens nouveau à l’expression " comme on fait son lit, on se couche ". Ici le linge de maison est d’une qualité superbe et tous les accessoires qui gravitent autour de la chambre sont uniques : de la robe de chambre pour bambins angéliques à la paire de chaussons en damassé de soie pour princesse romantique… Au milieu de cette débauche de luxe subtil (vraiment très britannique) quelques antiquaires finissent de vous faire tourner la tête ! A l’heure du déjeuner, je m’arrêtais chez Itsu pour m’y régaler japonais et ludique ! Assis sur de grands tabourets de bar, les petits plats défilent devant vous sur un tapis roulant… On les repère de loin en espérant qu’ils ne vont pas être " piqués " par d’autres affamés et on les subtilise au passage. Les assiettes s’empilent et l’on paye à la sortie en mesurant simplement la pile… malin, drôle et délicieux. L’après-midi, j’allais du côté de chez Cath Kidston pour un autre petit plongeon dans la déco anglaise. Chez la nouvelle papesse des fleurs, les grosses cette fois, on trouve des semis pastoraux partout : sur le tablier de la cuisinière, sur son pyjama, son duvet et même sa planche à repasser !!! Ma journée frivole s’acheva au Belvédère, pas tant pour la qualité du menu du genre " Much ado about nothing " comme aurait dit Shakespeare ***, mais parce que le cadre est extra. Caché au cœur de Holland park, on doit pour arriver à ce vieux bâtiment grimper un raidillon, contourner des massifs, éviter les paons… les salles redécorées récemment ont une atmosphère très chaleureuse et la vue sur le parc ajoute au plaisir du dîner. Mes trois jours s’achevaient. Il était temps de rentrer, avant que je ne cède pour de bon aux charmes de ce petit coin de Londres, que je me mette à faire les agences immobilières et que je grève de dettes, à perpétuité, mon compte en banque. Car si ce coin est très sympa, il est aussi inabordable… On peut toujours rêver ! ******************** * prête pour une tasse de thé. ** les équivalents de la 7ème Avenue de New-York ou de la Place des Victoire à Paris *** " Beaucoup de bruit pour rien " prête pour une tasse de thé. ** les équivalents de la 7ème Avenue de New-York ou de la Place des Victoire à Paris *** " Beaucoup de bruit pour rien " Note : aucune des adresses citées dans cet article n’a glissé sous la table le moindre bakchich à son auteur, c’est donc vraiment pour leur charme et la qualité de leur accueil qu’elles figurent ici à défaut d’y être pour leur aspect abordable !! : aucune des adresses citées dans cet article n’a glissé sous la table le moindre bakchich à son auteur, c’est donc vraiment pour leur charme et la qualité de leur accueil qu’elles figurent ici à défaut d’y être pour leur aspect abordable !!
info plus
Hôtels à londres : sur le site de protravel
Les restaurants :
Cambio de Tercio, 163 Old Brompton road, SW5, Tel : 207-244 8970 163 Old Brompton road, SW5, Tel : 207-244 8970 163 Old Brompton road, SW5, Tel : 207-244 8970
Itsu, 118 Draycott ave, SW3 118 Draycott ave, SW3 118 Draycott ave, SW3
The Belvedere, Holland House of Abbotsbury road, SW5, Tel : 207-602 1238 www.whitestarline.org.uk
Les musées :
Tate Gallery - http://www.tate.org.uk/home/french.htm
Millbank, London SW1P 4RG
Informations : +44 (0) 20 7887 8008
Station de métro la plus proche : Pimlico.
Ouvert tous les jours de 10h00 à 17h50. Fermé les 24, 25, 26 décembre et 1er janvier. Entrée gratuite.
Tate Modern, Bankside, London SE1 9TG
Informations : +44 (0) 20 7887 8008
Station de métro la plus proche : Southwark (Jubilee Line), Blackfriars (Circle et District Line).
Horaires : du dimanche au jeudi de 10h00 à 18h00, le vendredi et le samedi de 10h00 à 22h00 (les espaces d’expositions ouvrent à partir de 10h15). Entrée gratuite pour la collection permanente, et entrée payante pour l’exposition temporaire située au 4ème étage. Bankside, London SE1 9TG
Wallace-Collection - Hertford House, Manchester Square, London W1M 6BN
Informations : +44 (0) 20 7563 9500
Horaires : du lundi au samedi de 10h00 à 17h00, dimanche de 12h00 à 17h00.
Les boutiques :
Kiki McDonough - www.kiki.co.uk
77c Walton street, London SW3 2HT - Tel : +44 (0) 207 581 1777
Nina Campbell - www.ninacampbell.com
9 Walton street London SW3 2JD, Tel: +44 (0) 207 225 1011
Monogrammed Linen Shop, 168 Walton street, London SW3 2 JL, Tel : +44 (0) 207 7823 7745 168 Walton street, London SW3 2 JL, Tel : +44 (0) 207 7823 7745 168 Walton street, London SW3 2 JL, Tel : +44 (0) 207 7823 7745





