
Angleterre
Angleterre : Voyage au bout de l'Angleterre
A l'extrémité sud-ouest de l'Angleterre, une mince péninsule de granit s'avançe doucement dans l'océan. Bordées tour à tour de falaises abruptes battues par l'Atlantique, de petites criques discrètes, de ports souriants et de magnifiques plages de sable fin, les Cornouailles ont toujours été une... "terre de gens de la mer". Marins, pêcheurs, naufrageurs et contrebandiers ont écrit les plus belles pages de son histoire. Marins, pêcheurs, naufrageurs et contrebandiers ont créé ses plus belles légendes.
De tous temps, la mer et l'océan ont subjugé les Cornouaillais. La mer leur a beaucoup donné : du travail, du plaisir et une nourriture abondante. Mais l'océan leur a aussi beaucoup pris : du temps, leurs forces et parfois même leur vie...
Depuis toujours aussi, la mer a amené sur les rivages cornouaillais son lot de voyageurs venus d'autres horizons parfois lointains : les pélerins et les pirates, les marchands et les commerçants, les immigrants et les envahisseurs.
Tellement différente des autres contrées de l'Angleterre, cette région "à part", encore mystérieuse, a toujours entretenu un lien intime et étroit, un lien un peu secret aussi, avec le bleu de l'eau et avec le bleu du ciel.
Extraordinaire patchwork de petits ports colorés, de vastes pâturages verdoyants, de falaises inquiétantes, de châteaux imposants et de plages sablonneuses aux doux reflets dorés, les Cornouailles sont devenues une superbe - quoique méconnue - terre de découvertes.
Merlin l'Enchanteur et les surfeurs
Passer tous les ports des Cornouailles en revue ? Impossible ! Il y en a un. Il y en a dix. Il y en a cent... Qui, tous, ont leur personnalité. Leurs attraits. Leurs couleurs. Leur ambiance. Leur charme. Au fur et à mesure que les 500 kilomètres de côtes se déroulent, les Cornouailles se présentent comme une poétique suite de villages de pêcheurs, de chantiers navals en pleine activité, de quais bordés de chaluts ou de bourgs ouverts sur l'océan. Tournés vers des horizons que l'on ne peut que deviner. Là-bas, au loin... Sur la côte septentrionale, il faut toutefois faire une halte à Tintagel. C'est ici que naquit la légende du Roi Arthur. L'histoire évoque l'existence d'un chef celte nommé Arthur. Un personnage qui aurait vécu au Ve ou au VIe siècle et dont les chroniqueurs - assez peu fiables, il est vrai - se seraient emparés afin de relater ses aventures. Vraies ou supposées... C'est aussi ici qu'habita Merlin l'Enchanteur. Dans une grotte blottie sous le château dont les ruines se dressent encore en bord de falaise. A moins d'un kilomètre du cœur de la localité. A moins d'un kilomètre des pubs où, après quelques solides tournées de "Ale", les habitués prennent plaisir à raconter en bafouillant les mille et une aventures du magicien... Quittant Tintagel et prenant la route qui mène à Newsquay et à St Yves, on passe par le pittoresque Port Isaac. Puis par Padstow, niché au fond de son estuaire et dont l'activité maritime fut coulée par la Barre Maudite : un banc de sable, fruit d'un mauvais sort jeté par une sirène blessée par un pêcheur, qui bloqua peu à peu l'accès au port. On file ensuite à petite allure vers Wadebridge. On affirme dans la région que les fondations du long pont à arches qui enjambe la Camel River ont été réalisées avec des... balles de coton. Vrai ou faux, allez savoir... Ce qui est sûr, par contre, c'est qu'il faut traverser ce fameux pont et passer sur l'autre rive de la Camel River pour poursuivre sa route.
Direction : Newsquay !
La Mecque des surfeurs locaux et étrangers. Dès les beaux jours, cette station balnéaire à la mode devient le repaire des beach boys, de leurs groupies aux seins siliconés et de leurs planches bariolées, qui semblent tirées tout droit de "Alerte à Malibu".
Oh, c'est vrai : les vagues de Newsquay ne ressemblent pas tout à fait aux plus spectaculaires "spots" de Hawai, mais ce n'est pas mal quand même. Pas mal du tout, même... D'ailleurs, les fans du genre ne s'y trompent pas : tous les ans au mois de mai, il se rencontrent pour une gigantesque compétition de surf sur la plage de Fistral, l'une des onze plages de Newsquay. Alors, les demi-dieux de la mer, moulés dans leurs combinaisons fluos, se défoulent sur les vagues. Glissent sur le dos des gros rouleaux du côté de Towan Beach. Exécutent mille et une figures au large de Mawgan Porth. Ca sent l'huile solaire sur les corps et le gel dans les tignasses. Ca fleure la compet' et ça lorgne vers le podium. Ca frime, tous pectos dehors. Ca se pavane sur le sable et ça soigne son bronzage. On se la joue cool, mais on la veut pro quand même. Un peu blasé, qwââ... Ambiance...
Plage d'artistes
Changement de lieu...
Changement d'ambiance...
Coup de cœur - gros coup de cœur même ! - pour St Yves, station balnéaire "super-mode" qui a depuis plusieurs années délaissé les aléas de la pêche et l'odeur du poisson ("Il est pas frais, mon poisson !?"...) pour s'offrir un nouveau destin touristique et développer sa vocation artistique. On n'y compte plus les galeries d'art (dont la fameuse Tate Gallery qui, à elle seule, mérite la visite) et autres ateliers d'artistes qui ouvrent joyeusement leurs portes aux visiteurs de passage.
Une journée n'est pas de trop pour sillonner les rues de l'ancienne Sainte Ia (du nom d'une princesse irlandaise qui construisit ici un oratoire) et les quais du port où, profitant d'une lumière exceptionnelle, quelques peintres installent leurs chevalets. Confirmant la vocation artistique des lieux. Les imprégnant d'une ambiance décontractée et originale.
Une journée n'est pas de trop non plus pour s'arrêter dans tel atelier. Rencontrer tel artiste. Visiter telle galerie. Admirer telle œuvre. Succomber à un coup de cœur et s'offrir une toile.
Une journée n'est pas de trop, enfin, pour profiter d'une petite halte bienvenue et se reposer à l'ombre de l'une ou l'autre terrasse. Pour savourer l'ambiance, se laisser caresser par les rayons du soleil et jouir de la vue sur l'une des plus belles plages, sur l'une des plus belles cités balnéaires de toutes les Cornouailles...
Le bout du bout de l'Angleterre
Puis vient la route. Sinueuse. Tortueuse. Traversant un pays rude parsemé de rares villages blottis autour d'églises trapues. D'un côté de la route, il y a les champs et la campagne. De l'autre, les vagues et les rochers. En point de mire, au détour d'un dernier virage, Land's End. Le bout du bout de l'Angleterre. Ici, contrebandiers et naufrageurs firent régner leur loi. On chuchote que même le maire et la maréchaussée n'hésitaient pas à se lancer dans la bagarre et dépouiller les épaves.
Malgré sa beauté un peu sauvage et son allure austère, ce site serait aujourd'hui très quelconque si l'on ne tenait compte de son seul attrait actuel : Land's End, c'est le point de rencontre de la terre et de la mer. C'est l'extrémité occidentale de l'Angleterre. Au bout du dernier rocher, passé les dernières franges d'écume, l'océan et les vagues s'étendent vers l'infini. Et caracolent jusqu'aux Amériques...
Maisons de poupées, palmiers et vieux voiliers
Longeant les côtes et passant de l'autre côté des Cornouailles, on découvre... d'autres ports ! Encore des ports ? Encore des quais, des barques et des chaluts ? Oui, mais toujours différents. Souvent attachants.
On s'arrête d'abord à Mousehole que l'on prend le temps d'admirer. Admirer ce quai minuscule au long duquel se balancent mollement des barques multicolores. Admirer ce petit village dont les coquettes maisons ressemblent à des maisons de poupées. Puis, à une poignée de "miles" de là, on fait halte à Penzance dont les rues sont bordées d'élégantes terrasses. Dont les places sont ombragées de superbes palmiers qui profitent du Gulf Stream. Et dont la curieuse "Maison Egyptienne" passe pour être la grande attraction de l'endroit.
Ensuite, petit détour par le St Michael's Mount : une réplique cornouaillaise du célèbre Mont Saint-Michel français. Une copie quasi conforme qui mérite la visite... en-dehors de la haute saison touristique, de préférence. Lorsque la foule a quitté les lieux, quand les petites ruelles pavées ont retrouvé leur séculaire quiétude, l'ambiance y redevient vraiment sympa. Un peu mystérieuse, aussi... Construit au XIe siècle par les Bénédictins du Mont Saint-Michel sur un site sacré celte, il servit de fort militaire avant de devenir la demeure de la famille Aubyn qui y habiterait toujours, entourée de ses fantômes. Il couronne une imposante colline rocheuse que l'on rejoint par une digue (à marée basse) ou en bateau (à marée haute). L'ensemble est assez surprenant au niveau architectural. Les styles sont largement mélangés, s'étalant du XIVe au XIXe siècles. Les aspects des bâtiments sont au moins aussi diversifiés : militaires, religieux, domestiques,... Mais c'est à voir absolument !
La route se poursuit. Les découvertes se succèdent les unes aux autres. Voilà déjà Charlestown où les vestiges d'un ancien village géorgien (qui servit de décor à "Onedon Line", un feuilleton célèbre de l'autre côté de la Manche) se disputent la vedette à quelques vieux navires en bois amarrés le long des quais. Enfin, on plonge vers Boscatle. Tout à fait superbe ! La crique, étroite et sinueuse, protège naturellement le petit port des bourrasques de vent et des tempêtes parfois violentes. Jadis, elle constituait une passe très risquée pour les bateaux de retour de la pêche. Par gros temps, de nombreuses embarcations se sont fracassées sur les rochers et l'on raconte encore les aventures de ces bateaux que l'on entendait se taper contre les falaises. Dont on entendait craquer les coques. Dont on entendait les équipages crier, appeler au secours. Aujourd'hui, les instruments de navigation modernes aident et rassurent les pêcheurs. Mais l'environnement naturel est resté tout à fait exceptionnel !
Les phoques de Gweek
Cap sur Lizard Point ! La pointe Sud de l'Angleterre ! Un endroit romantique à souhait, encore préservé du tourisme, qui se résume à un seul village accroché au-dessus de la mer et à des paysages à couper le souffle.
Passé Falmouth et le Pendennis Castle (une agréable petite fantaisie construite en 1540 par Henry VIII), voici Gweek ! Un ancien port (un de plus !..) qui s'étend sur les rives de la rivière Helford dont le profond estuaire aurait jadis été fréquenté par des générations de contrebandiers. Aujourd'hui, la localité vit essentiellement de ses chantiers navals et de ses commerces d'antiquité. Mais là n'est pas l'essentiel.
Plus intéressant encore, voici "The Cornish Seal Sanctuary" : le plus grand centre européen de soins et de rééducation des phoques. Tout au long de l'année, il accueille les animaux malades ou blessés (souvent par les immenses filets de pêche lâchés par les chalutiers-usines). Ici, grâce à un personnel dévoué et un matériel high-tech, les animaux sont soignés, dorlotés, chouchoutés. On veille à leur bien-être. A leur guérison. A leur réadaptation au milieu marin. Avant de les relâcher en haute mer, une fois guéris.
Quant aux animaux plus vieux, handicapés ou plus faibles, ils trouvent à Gweek une pension complète où couler des jours heureux jusqu'à la fin de leur vie. Entourés de l'attention du personnel et de la curiosité des visiteurs qui se pressent pour découvrir les bassins de rééducation, l'hôpital, l'observatoire sous-marin, la nursery,... et saluer d'un juste coup de chapeau le personnel de ce centre unique en Europe.
Malicieux, un peu cabotins aussi, les phoques se prêtent volontiers au jeu. Ils n'hésitent jamais à jouer avec les soigneurs dans les bassins. A éclabousser les visiteurs les plus proches. A faire le ravissement des enfants. A émerveiller les adultes. Craquant !
Le port des contrebandiers
Gros coup de cœur aussi pour celui qui passe pour être le plus photographié de tous les ports des Cornouailles, tant il est rieur et attachant : voici Polperro !
Un petit village, un petit port, chargé d'histoire et d'histoires. Chargés d'anecdotes et de rumeurs. Une localité qui, malgré l'afflux de visiteurs en haute saison, reste un endroit magique. Comme en-dehors du temps. De notre temps, en tout cas...
Laissant la voiture au car-park extérieur (Polperro est pour une bonne part interdit à la circulation automobile), on descend tranquillement vers le village, les quais et la mer. A pied, une petite quinzaine de minutes suffisent. Plus reposant : il est aussi possible d'emprunter, pour quelques pièces, un antique bus tiré par un cheval.
La rue s'insinue entre des rangées de petites maisons colorées avant de déboucher au cœur de la localité. Immédiatement, on s'aperçoit que Polperro vit aujourd'hui plus du tourisme que de la pêche. Heureusement, les habitants n'ont pas encore tout sacrifié au "dieu tourisme" et le village a réussi à conserver son identité, son charme et son âme. Pour le découvrir, il faut suivre des petites ruelles parfois tortueuses, bordées de maisons à colombages dont les châssis, maintes et maintes fois repeints, ont parfois tendance à filer de guinguois. Il faut emprunter des passages bordés de coquets cottages blanchis à la chaux et que l'on ne croyait plus découvrir que sur quelques cartes postales anciennes évoquant une époque révolue. Il faut se laisser guider par ces chemins qui se faufilent entre des petites maisons dont les murs se sont parfois laissés aller. Rebondissant comme si leur ventre avait avalé un peu trop de cette fameuse "Ale" brune locale...
D'après les habitants de Polperro, chaque maison recèlerait une cache secrète datant de l'époque - pas si éloignée - de la "libre entreprise". Comprenez : la contrebande ! Une activité qui était jadis pratiquée ici à grande échelle; lorsque la saison de la pêche au pilchard n'occupait plus tout le temps de ces marins hors pair. Ils profitaient alors du relatif isolement de leur village, de la rapidité de leurs petits voiliers et de leur adresse à la navigation pour importer en toute illégalité du cognac français et des paquets de tabac venus du continent. Le tout au nez et à la barbe des douaniers locaux dont la plupart, il est vrai, étaient parents, voisins ou amis avec les pêcheurs. Et avaient donc tendance à montrer une certaine complaisance ou à regarder ailleurs au bon moment...
Véritable sport local, la contrebande a longtemps contribué à faire vivre la population de Polperro. Epoque révolue ? Pas si sûr !.. Dans l'ombre discrète des pubs, certains murmurent que la "libre entreprise" a encore ses adeptes... Mais chuuuut !...
On peut en tout cas encore découvrir une foule de documents et témoignages se rapportant au sujet en poussant la porte du "Musée du Patrimoine, des Contrebandiers et des Pêcheurs" (tout un programme !) qui a trouvé refuge dans l'ancienne usine de conditionnement des sardines qui surplombe le petit port. Une visite, insolite et parfois surprenante, qui s'impose si l'on veut découvrir l'une des plus typiques facettes des habitants de la région. S l'on veut tenter de percer la mystérieuse âme cornouaillaise. Une âme qui plonge encore au temps du Roi Arthur et de Merlin l'Enchanteur. Au temps des naufrageurs et des contrebandiers. Au temps des histoires et des légendes...
info plus
- Maison de la Grande-Bretagne
rue des Mathurins 19, 75009 Paris
Tél : 01 44 51 56 20 - Fax : 01 44 51 56 21
Pour réserver vos vacances en Grande Bretagne: http://www.protravel-vacances.com/public/avion/avion.htm?menu=1





