
Australie
Australie : Balade en plein cœur de Sydney
Balade en plein cœur de Sydney
Je me souviens du premier jour où je suis arrivée à Sydney. Je me suis empressée de voir l’un des emblèmes de cette ville, mais aussi de l’Australie : l’Opéra. Un souvenir inoubliable : mélange d’émotion et de joie : ça y est, j’y suis, je me trouve aux antipodes de mon pays ! L’immense coquillage blanc se tenait devant moi, resplendissant de luminosité. Le temps s’était alors arrêté : il n’y avait que le ciel bleu azur, le soleil chaud et étincelant, l’opéra, plus majestueux que dans mes rêves et moi, si petite soudain, devant ce beau spectacle.
The Rocks
Je me balade d’abord dans les Rocks. Je découvre des jolies rues pavées, au milieu des maisons en grès datant pour les plus anciennes de 1843. Je remonte alors le temps, essayant d’imaginer ce jour en 1788, où les colons anglais de la Première Flotte, à bord du Sirius, débarquèrent ici pour établir la Nouvelle Galles du Sud… Ils étaient pleins d’ambition pour cette terre promise. Ils l’ont par la suite rapidement transformée en un vaste empire. Rêve de modernité, d’une nouvelle Angleterre. Ils ont, à l’époque, nié le fait que cette terre était déjà occupée depuis bien longtemps - plus de 60 000 ans tout de même – par les aborigènes. Ils ont voulu dompter ce continent sauvage et hostile. Ils y sont arrivés, par la volonté mais aussi par la violence et la force…Tant et si bien que le colonialisme a laissé de profondes cicatrices en Australie. On peut l’observer et le ressentir encore aujourd’hui, dans quelques rues malfamées de Sydney. On comprend vite ce malaise social, en regardant les yeux vides de tous ces aborigènes toxicomanes ou alcooliques qui gisent sur les trottoirs sans plus rien attendre de la vie…Je m’arrête un instant pour contempler le gigantesque Harbour Bridge. Ce pont, achevé en 1932, et dont la construction périlleuse dura huit ans, arbore deux drapeaux en son sommet : celui qui représente l’Australie et celui qui symbolise la communauté aborigène. Il est vrai que même si les Australiens reconnaissent officiellement la minorité aborigène, son intégrité, sa terre ancestrale (depuis seulement 1992 avec le Native Title Act) et son art (à la réputation mondiale et qui est largement représenté en Australie dans les musées et les salles de spectacle, comme l’Opéra de Sydney), il existera toujours un fossé entre ces deux peuples. Ils ont chacun une façon radicalement opposée de voir la vie. L’un est ultra-libéral et matérialiste tandis que l’autre est communautaire et vit directement des richesses naturelles. L’un a terrassé et bétonné, l’autre a apprivoisé et respecté. Il faut aussi savoir cela pour comprendre Sydney et les Sydneysiders. Je continue ma promenade en rejoignant la rive, le long de Sydney Cove (« la crique de Sydney », véritable cœur dynamique de la ville), empruntant Circular Quay West. J’admire le superbe opéra, dessiné par l’architecte Jorn Utzon, et achevé en 1973, après quatorze années de construction laborieuse et interminable… Je passe devant l’Overseas Passenger Terminal, un immense entrepôt habité par des restaurants, et qui a la particularité de voir accoster occasionnellement les paquebots de luxe comme le Queen Elizabeth II.
Circular Quay
Puis, après avoir visité un peu plus loin le très célèbre Museum of Contemporary Art, abritant plusieurs précieuses collections d’art contemporain, je traverse Circular Quay. Cet ancien centre maritime de Sydney est aujourd’hui un lieu très fréquenté. Circular Quay relie en effet les ferries, le train, les bus et les taxis. Je m’éloigne du quai, aux environs de Macquarie Place, pour visiter le Museum of Sydney, qui retrace avec élégance l’histoire des lieux, à partir du tout premier débarquement anglais, il y a plus de deux siècles. Puis, la tête encore pleine d’images, de contes et de héros, je me dirige vers l’opéra, marchant le long des larges allées, situées à l’Est de Sydney Cove. Je passe devant plusieurs magasins de luxe, d’artisanat aborigène, et de souvenirs. Des restaurants ont ici de belles terrasses et les bars à cocktail, situés au premier étage de ces buildings luxueux, offrent une vue imprenable sur le Harbour Bridge, particulièrement au coucher du soleil. Dernière folie de ce lieu chic : le bar Minus 5°, réfrigéré toute l’année, et qui permet aux curieux de déguster une vodka dans une architecture entièrement faite de glace…Je me tiens maintenant devant le Sydney Opera House. Je prends soin de le contourner pour en scruter l’architecture compliquée, avant de m’asseoir sur ses larges marches, en prenant quelques clichés de Circular Quay, au pied des buildings et grouillant de bateaux. Un vrai tableau vivant. Derrière moi s’étend ce prestigieux lieu culturel, qui a coûté près de 102 millions de dollars. Cet immense édifice abrite 4 salles de spectacle, dont l’Opera Theatre, composé de1547 sièges, et le Concert Hall, constitué de 2690 places. J’ai eu la chance de voir un concert aborigène au Concert Hall, et cela m’a conforté dans l’idée que l’Opéra de Sydney est aussi beau à l’intérieur qu’à l’extérieur…
The Royal Botanic Gardens
Je me décide enfin, après plusieurs dizaines de minutes, à quitter cet endroit fantasmatique pour me diriger lentement vers les Royal Botanic Gardens. Ces jardins, vieux de 1816, s’étendent sur 30 hectares. Situés au bord de l’eau, ils encerclent la Farm Cove, et offrent, tout à l‘Est, une vue imprenable sur la baie de Sydney, avec à gauche l’Opéra, Harbour Bridge et les buildings, et à droite la caserne et les imposants navires de guerres, tout près de Garden Island. J’adore me balader dans ces jardins, si près du centre ville et pourtant si calme ! J’aime m’arrêter près des fontaines, du jardin d’herbes, de l’impressionnante palmeraie, du Sydney Tropical Centre, du National Herbarium of New South Wales ou encore des charmantes sculptures qui arborent une place privilégiée au milieu de tous ces étranges arbustes et ces plantes exotiques originaires d’Australie et du Pacifique. Je croise en chemin beaucoup d’oiseaux aux formes et aux couleurs surprenantes : des ibis, des perruches, des cacatoès ou encore des pies australiennes. J’observe prudemment les grosses araignées tricolores en forme de croix d’où son nom, Saint Andrew’s Cross, et un peu plus loin dans les arbres situés au cœur des jardins, des milliers de chauves-souris endormies la tête en bas en attendant la nuit. Sydney compte aussi d’autres animaux nocturnes, comme les opossums, une sorte de gros rat, bruns ou gris, à longue queue, qui vivent dans les arbres appelés Bradleys Head.
Je sors de ces jardins dépaysants par des élégantes portes en fer forgé, pour ensuite continuer ma ballade dans The Domain, parc vert situé au pied des buildings d’où l’on peut admirer une vue plongeante sur le quartier très vivant de Kings Cross. Je fais une escale au prestigieux Art Gallery, vieux de 1874, dont la façade composée de colonnes et de statues – Les Offrandes de la paix et Les Offrandes de la Guerre – impressionne les visiteurs. Ce musée passionnant renferme un nombre infini de peintures, de gravures, de dessins, de photographies et de sculptures, illustrant les arts australiens, aborigènes, européens et asiatiques. Je me dirige à présent vers la magnifique St Mary’s Cathedral, de style néogothique, dont la première pierre fut posée par le gouverneur Macquarie en 1821 et la dernière, plus d’un siècle plus tard, en 1928. L’intérieur est silencieux et bien mit en valeur par une lumière jaunâtre. En sortant, le brouhaha des voitures contraste radicalement avec le calme religieux d’où je viens. Je suis aux portes du centre ville et de ses buildings. Avant de m’enfoncer dans les rues situées au cœur de Sydney, je traverse Hyde Park, le plus ancien parc de la ville datant de 1810.
Le Centre-ville
Je m’aventure ensuite dans la jungle urbaine. Je prend Market Street, que je longe jusqu’à Pitt Street, la fameuse rue piétonne aux mille magasins, très animée. Je rentre dans le grand centre commercial Skygarden, et je prends plusieurs escalators jusqu’au dernier étage, pour acheter mon ticket pour la Sydney Tower. Après avoir visionnée deux animations 3D sur l’Australie touristique, je monte dans l’ascenseur qui m’emmène au sommet de la plus haute tour de l’hémisphère Sud, culminant à 305 mètres. Arrivée, après cinq minutes d’ascension, je reste ébahie par cette vue panoramique de 360°. Epoustouflant. La ville est belle de là-haut, on peut aisément se rendre compte qu’elle est très étalée et largement construite au bord de l’eau. Des jumelles sont mises à la disposition des visiteurs pour regarder au loin. Je mitraille de photographies ces paysages miniatures.
Puis je redescends jusqu’à Pitt Street. Je traverse la très chic galerie marchande Strand Arcade, datant de l’époque victorienne, inaugurée en 1891, et déboulant sur la toute première rue de Sydney : George Street. Je m’achète une pie, prononcez « paille », petite tourte locale, appréciée des Australiens entre midi et deux. Je croise un tas d’hommes et de femmes d’affaires, descendus des gratte-ciels pour s’acheter un encas. Je m’assieds sur un banc de Martin Place, en plein cœur du quartier économique. Crée en 1891, cette place est seulement devenue piétonne en 1971. En regardant vers le Sud, on peut admirer l’œuvre la plus réussit de l’architecte colonial James Barnet : la magnifique façade du General Post Office. Réalisée en 1866, elle a été très largement inspirée de l’époque de la Renaissance. Je prends ensuite le métro jusqu’à Town Hall, l’hôtel de ville. Inauguré en 1869, ce monument historique garde toute la splendeur de son architecture victorienne. Reconnaissable à sa tour ornée d’une horloge, ce bel édifice abrite la salle du conseil et le hall de concert tout aussi prestigieux. Town Hall accueille de nombreux concerts, expositions et festivals, ainsi que des bals privés très chics. Juste à côté, se trouve la plus ancienne cathédrale anglicane d’Australie : St Andrew’s Cathedral. Consacrée en 1868, j’ai pu y admirer quelques trésors comme une Bible datant de 1539 ou encore des perles taillées dans des noyaux d’olives de la Terre Sainte. Je traverse la route jusqu’à la plus belle galerie commerciale de Sydney : Queen Victoria Building. En entrant dans cet édifice victorien aux coupoles cuivrées, je remarque tout de suite la grande verrière au plafond, qui laisse échapper les rayons du soleil. L’intérieur de ce bâtiment est luxueux et entièrement fait de bois vernis et sculpté. Je marche un moment en regardant les belles vitrines des boutiques, puis ressors du QVB, direction State Theatre. Cet ancien cinéma datant de 1929 m’en met plein la vue lorsque je me trouve dans son foyer : on y admire en effet une superbe architecture baroque, composée d’un plafond très haut, d’un sol en mosaïque, des colonnes et des statues en marbre et des immenses lampadaires qui font luire le parterre. Et au centre, suspendu au plafond, se tient un lustre fait de 20 000 pièces. Autre objet d’exception : un orgue Wurlitzer placé sous la scène. Le State Theatre accueille en effet de nombreux concerts et manifestations. Une fois à nouveau dans la rue, je ne peux m’empêcher de trouver que ce centre urbain, monuments historiques à part, est tout de même très américanisé. Il y a des fast food à tous les coins de rues ! Et puis tous ces grands buildings, ces larges routes à deux voies, ces hommes en costard qui se baladent le café à capuchon dans la main…Ces taxis blancs et bien sûr…Tout est en anglais !!! Je décide de prendre le monorail pour aller au Darling Harbour. Je prends ce métro aérien à la gare Galeries Victoria, situé dans le QVB.
Darling Harbour
m’arrête à la station Darling Park, à Cockle Bay Wharf, puis marche jusqu’à l’aquarium de Sydney. Je visite cet univers marin avec beaucoup d’enthousiasme, scrutant tous ces poissons multicolores, ces méduses, ces phoques et autres espèces biscornues. Je marche à présent dans des tunnels transparents, en plein dans le bassin à requins ! Je ne peux pas m’empêcher d’angoisser au milieu de ces énormes requins qui nagent si près de moi, mais je suis tout de même ébahie devant ce spectacle. J’aperçois dans le même bassin une tortue géante et deux raies pastenagues tout aussi gigantesques. Je sors émerveillée de cet aquarium.
Je me balade à présent le long de Darling Harbour, un quartier récent construit en bord de mer, à l’occasion du bicentenaire de la Nouvelle Galles du Sud. Je passe devant de nombreux restaurants, cafés et magasins de souvenirs. Je traverse le parc vert jusqu’au Chinese Garden of Frienship, le « jardin chinois de l’amitié », dont l’entrée est payante. Très charmant, ce petit havre de paix asiatique est une parfaite réplique des jardins traditionnels chinois avec des chemins sinueux, des pavillons aux toits rebroussés, des fontaines et des cascades. En sortant je marche devant les immenses hangars, nommés par une lettre, qui accueillent des festivals et manifestations en tout genre. Je passe devant le Convention and Exhibition Centre, où se déroulent les foires locales, commerciales ou internationales. Je jette ensuite un coup d’œil au Harbourside Complex, encore un lieu abritant des restaurants, des cafés et des magasins. Je marche sous le Pyrmont Bridge, le premier pont basculant électrique du monde, construit en 1902. Il permet ainsi le passage des grands bateaux, allant parfois jusqu’à 14 mètres. Puis je m’arrête au National Maritime Museum, dont l’exposition passionnante retrace toute l’histoire maritime australienne. Dehors, je visite deux navires de guerre, le Vampire qui est un destroyer de 1959 et le HMAS Onslow, un sous-marin, tous deux amarrés au port, tout près d’une réplique de l’Endeavour, fameux bateau du Capitaine James Cook. Venu d’Angleterre, cet homme fut chargé par le roi George III d’Angleterre d’explorer les mers du Sud en 1768. C’est lui qui, lorsqu’il accosta son navire en 1770 sur la côte au Sud Est de l’Australie, baptisa cette terre « la Nouvelle Galles du Sud ». Je m’assieds enfin au bord de l’eau, près du phare blanc et rouge, orné d’une lampe à kérosène, datant de 1874. Je regarde ici le superbe coucher de soleil rouge orangé qui illumine la city, et souris d’avoir passée une si belle journée à Sydney.





