
USA
Californie : La côte sauvage de San Diego
Des petits points noirs à la surface de l’eau. C’est tout ce qu’on distingue d’abord, du haut des falaises monumentales de Sunset Cliffs Boulevard. Des cormorans ? Des phoques ? On plisse les yeux, éblouis par le soleil qui se couche sur le Pacifique. Quand une vague plus haute que les autres approche, les petits points s’agitent. Trois silhouettes se dressent sur leur planche de surf et slaloment pendant de longues minutes. Avant de chuter dans l’écume. Et de reprendre leur attente, en groupe, patiemment allongées sur leur planche, dans des combinaisons de plongée d’un noir luisant.
Bienvenue à San Diego, l’un des hauts lieux du surf en Californie. Réputé pour la douceur de son climat –18 ° C en moyenne en janvier-février, 25 ° C en juillet-août. Et pour la qualité de ses vagues – encore plus redoutables l’hiver, aux dires des connaisseurs.
Au royaume du surf
Le soleil a presque disparu de l’horizon, le ciel s’est strié de rose et d’orange. Et pourtant, la planche sous le bras, quelques retardataires descendent encore les escaliers escarpés qui les mènent à l’océan. Pour profiter des derniers rayons de lumière, parfois après une journée de travail.
On les verra un peu partout le long de la côte, ces acrobates de l’écume, au pied des falaises comme sur les plages de San Diego et des environs. Surtout des hommes mais aussi quelques femmes. Pas toujours très jeunes, bedonnants quelquefois. Des passionnés, qui courent vers l’océan, la planche au vent. Quasiment à toute heure de la journée et par tous les temps.
A Pacific Beach, la longue jetée (Crystal Pier) qui s’avance dans la mer fournit un excellent poste d’observation rapprochée : à moins d’une dizaine de mètres des surfeurs, on peut observer leurs moindres mouvements, et capter entre deux bris de vagues leurs commentaires enthousiastes. Des commentaires un peu obscurs pour les non-initiés : les surfeurs ont leur jargon, dont beaucoup de termes ont d’ailleurs fini par entrer dans l’argot de la Californie et quelquefois aussi du reste des Etats-Unis.
Plus au Nord, à Tourmaline Beach, ce sont des kite-surfers qui investissent la plage par les jours de grand vent. Et virevoltent à toute allure, tirés par un cerf-volant géant. Et puis, parfois, au détour d’une plage, on aperçoit de simples body-surfers, qui se laissent emporter par les vagues, les bras tendus en avant, sans autre planche que leur corps. Et parcourent ainsi jusqu’à 50 mètres ou plus, portés vers le rivage par la seule force de l’océan.
Pour ceux qui préfèrent l’action à la contemplation, il est bien sûr possible de s’initier. La San Diego Surfing Academy propose des cours de surf de tout niveau et se vante, photo à l’appui, d’avoir réussi à apprendre à une américaine de plus de 150 kilos à glisser sur les vagues en toute légèreté…
Les amateurs d’histoire se rendront, quant à eux, au Musée du surf, situé à Oceanside, à une quarantaine de kilomètres au Nord de San Diego. Entassé dans deux pièces encombrées, ce mini-musée géré par des volontaires retrace l’histoire du surf en Californie, à l’aide de photographies et d’objets d’époques. Un sport importé d’Hawaï en 1907, qui a fait de nombreux adeptes dans l’entre deux guerres. Les surfeurs fabriquaient alors souvent eux-mêmes leur planche, d’une taille et d’un poids impressionnants : 3 mètres de long et 50 kilos en moyenne (contre 2 mètres et 8 kilos dès la fin des années 1960). On en voit ici quelques exemplaires. A l’honneur également : l’une des premières surfeuses, née en 1919, Mary Ann Hawkins, médaille d’or de nombreuses compétitions et cascadeuse «aquatique» à Hollywood.
D’autres espèces marines
Difficile de parler de San Diego sans mentionner le zoo de la ville, de réputation internationale, dit-on, et le parc aquatique Sea World, où sont exhibés baleines, requins et phoques … Mais, pour ceux qui n’aiment pas voir les animaux derrière des vitres ou des barreaux, une simple ballade le long de la côte permet d’apercevoir quelques spécimens marins en toute liberté. D’abord des dauphins, que l’on voit de temps en temps sautiller près du rivage.
Et, pour les plus chanceux, des baleines grises, qui passent au large de San Diego de la mi-décembre à la fin-février, fuyant le froid de l’Arctique, avant d’aller se réchauffer le long des rivages mexicains de la Baja California et de repartir au printemps vers le Nord. Plusieurs compagnies proposent des excursions en mer d’une demi-journée, pour aller photographier de près les cétacés. Nous qui sommes restés sur terre, avouons-le franchement, nous n’avons rien vu… Mais, à 130 mètres au dessus de la mer, le Cabrillo National Park, à l’extrémité de Point Loma, offre une vue panoramique sur l’océan (et, à l’Est, sur la baie et le centre ville de San Diego) qui vaut le détour, hiver comme été. Pendant la deuxième guerre mondiale, les soldats américains qui surveillaient la côte depuis ce promontoire avaient d’ailleurs parfois tendance à prendre les baleines pour des sous-marins nippons et à donner l’alerte…
Impossible, en revanche, de rater les phoques. La Jolla, à six kilomètres environ au Nord de San Diego, abrite toute l’année sur l’une de ses plages une colonie de phoques du Pacifique. Ces pinnipèdes moustachus ont besoin de se reposer sept heures par jour sur la terre ferme. Dans l’après-midi, une trentaine d’entre eux font donc la sieste au soleil, devant un public attentif. Le spectacle est ponctué de quelques grattements de nageoire et de l’arrivée incessante de nouveaux venus, aussi maladroits sur le sable qu’agiles dans l’eau.
Côté terre
La côte, côté terre, c’est aussi une succession de quartiers ou de localités qui ont chacun leur personnalité. Ocean Beach, d’abord, à San Diego même. Un repaire de surfeurs, tendance alternative. Des petites maisons sans prétention, loin des demeures cossues de style méditerranéen des beaux quartiers. Newport Avenue, qui mène à l’océan, compte d’excellents restaurants mexicains bon marché et plusieurs brocantes, en plus des boutiques de surf (où l’on peut se faire tailler une combinaison de plongée sur mesure). Plus touristiques, Mission Beach et Pacific Beach regorgent de motels et de restaurants, pleins l’été.
Au Nord de San Diego, La Jolla (le bijou) est un peu le Beverly Hill de la région : des boutiques de luxe, des résidences de plusieurs millions de dollars, qu’il est heureusement facile d’éviter en restant sur la superbe promenade côtière et le parc Scripps, méticuleusement entretenu en bordure d’océan.
A quelques kilomètres de là, Del Mar, avec ses maisons faussement alsaciennes et ses courses de chevaux pur sang en été, est presque aussi huppé. Mais là encore, le snobisme ambiant est largement compensé par la plage et les pistes de randonnée du Torrey Pines Park, bordées de cactus et offrant de superbes vues sur l’océan. En continuant vers le Nord le long de la mythique autoroute 101, on arrive à Encinitas, où le jardin du Temple of Self-Realization (groupe de méditation), ouvert au public dans la journée, surplombe le Pacifique. Un lieu idéal pour contempler une dernière fois la mer, assis sur un banc de pierre, parmi des fleurs aux couleurs intenses.
info plus
San Diego en toute saison
L’été, les moins frileux peuvent se baigner (l’eau fait au mieux 20 ° C) ; tandis que les autres lézarderont sur les nombreuses plages de la côte.
Le reste de l’année, le temps est doux et généralement ensoleillé (le mois de juin est toutefois connu pour être très brumeux en Californie du Sud), les prix des hôtels et locations sont plus bas, les touristes moins nombreux, mais la température de l’eau ne dépasse pas 13° C l’hiver.
La région
San Diego est à moins d’une demi-heure en voiture du Mexique (éviter Tijuana et la zone frontalière, sordide piège à touristes), à deux heures environ de Los Angeles et à une heure ou deux de déserts (Anza-Borrego) et de monts souvent enneigés l’hiver (Cuyamaca Peak – à 1700 m d’altitude et Palomar Mountain à 1650 m).
Sites Web
Office de tourisme de San Diego : http://www.sandiego.org
Surf webcam de Pacific Beach : http://actionsportsnetwork.com/surfcams/pbeach/pbeachasp.asp
Météo et infos pour surfeurs : http://www.surfshot.com/index.html
Les amis des phoques de La Jolla : http://www.lajollaseals.org
Adresses
California Surf Museum: 223 North Coast Highway, Oceanside. (760) 721-6876. http://www.surfmuseum.org
Restaurant mexicain: Ortegas Cocina – 4888 Newport Ave, San Diego (Ocean Beach) - (619) 222-4205
Jardin du Self-Realization Fellowship: 216 K Street, Encinitas, (760) 753-1811





