Canada : Chutes du Niagara

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Marielou Dhumez | 20.11.2003 | 1267 visites | 0Favoris |
Marielou Dhumez

Canada : Chutes du NiagaraQu’est-ce qu’on fait quand on est en famille, dans le New-Jersey, pendant l’été indien américain ? On part visiter les Chutes du Niagara ! Ce site naturel exceptionnel se situe à la frontière du Canada et des Etats-Unis. Verona, N.J. - Niagara Falls : 500 km. Une journée d’autoroute ou presque à la vitesse pépère à laquelle roulent les Américains. Mon petit frère est américain depuis trente ans. Il vit là-bas une vraie vie d’américain avec une jolie maison en bois dans un chouette garden sans clôture, un bon job et une vraie américaine d’épouse adorable. Il se sépare rarement de sa casquette et je le soupçonne de s’endormir parfois avec. Il est végétarien, s’intéresse à tout ce qui est mystique et compose de la jolie musique un peu New Age. Voilà le personnage qui nous mène dans sa rutilante auto japonaise aux Chutes. Avant d’arriver aux abords de la frontière – canadienne – de nuit, personne ne connaît le chemin précisément. Les noms des villes : Ganandaïgua, Irondequoit, Cheektowaga, Tonawanda. Les Indiens sont là, on les sent, les tepees, on ne va pas manquer d’en voir et des totems et des volutes de fumée et des danses du scalp. On est dans l’état de New York mais on est chez les Hurons, les Iroquois… D’ailleurs, le nom même de Niagara est d’origine indienne. Il vient du nom de la rivière Onguiaahra qui veut dire " détroit " en Iroquois. Niagara est la simplification du nom original. Frontière passée, on est au Canada. Compte tenu de la réputation de ces fameuses chutes, on s’attend à voir indiquée partout leur direction. Rien du tout. Le seul moyen : sortir de la voiture, se coucher par terre et écouter dans le sol le grondement, les vibrations des masses d’eau qui tombent ! Aussi paumés que les premiers colons français de la région dans les années 1700, nous questionnons le brave canadien rencontré à chaque coin de rues et parvenons beaucoup par hasard et en file…. indienne, à notre hôtel de destination. J’ai dit, c’est la nuit, le milieu de semaine et le mois d’octobre. Il y a un brouillard à couper au tomahawk. Ce ne sont pas des nuages bas ou du crachin bêtes et méchants comme chez nous, mais la vapeur produite par les chutes ! On ne voit strictement rien ! Pourtant Eric, mon frère, m’avait garanti que l’hôtel était au pied des trombes. Ainsi donc, installés dans nos luxueuses chambres au 26ème étage, nous avons l’impression d’être dans un ballon de vapeur blanche et l’ample grondement perçu ne peut être que celui des brûleurs qui maintiennent ce ballon en apesanteur… J’ai hâte d’être au matin ! Huit heures, petit dèj à l’américaine, ouverture des rideaux et… toujours le brouillard ! Je prends mon temps, me régale de tout ce qui est sur mon plateau et attends patiemment l’apparition tant attendue. Et, en effet, peu à peu, sur la gauche de mon champ de vision apparaît enfin un bout de chutes... J’ai cru tout d’abord qu’il y avait de la neige tant tout était blanc. Mais c’était un trompe-l’oeil dû à la brume. J’ai très envie de descendre, très vite, pour aller voir tout cela de plus près. Rassemblement des troupes chez notre petite mère et hop ! Départ, en voiture.

Canada : Chutes du NiagaraOn roule deux cents mètres et nous y sommes ! Les choses deviennent un peu plus précises. Des dizaines de touristes affublés d’imperméables tous jaunes sont accoudés à la balustrade qui protège du précipice. C’est énorme. L’eau, à l’instant de former la cataracte, à la couleur et la transparence d’un diamant bleu. Elle tombe, du côté canadien où nous sommes, sur 60 m de haut et 800 m de large. La profondeur, sous la surface, est encore de 60 m. Les chutes canadiennes ou Horseshoe ont une jolie forme en arc de cercle qui tend à se creuser toujours davantage au fil du temps. L’érosion de la crête de la chute est de 4 cm par an. Le débit volumique est de 7000m3/sec. Je cours le long de cette balustrade comme un lion longe la clôture de sa réserve ! Je veux tout voir tout mitrailler ! Mais comme je n’ai pas pris la précaution de me protéger du ruissellement de la vapeur d’eau avec un imper jaune comme tout le monde, je suis trempée ! Je sors mon appareil de sous mon manteau juste pour de furtifs déclics. Résignée, j’accepte de m’emballer dans le sac en plastique jaune que mon frère me tend avec sollicitude. Nous voici tous affublés de jaune… Je ne reconnais même plus les membres de ma famille ! Il doit être midi et la brume, maintenant, a fait place à un joli soleil d’automne qui me permet de contempler la totalité du panorama. Donc, sur la gauche, les chutes canadiennes, les plus majestueuses. Au milieu, l’extrémité de Goat Island, territoire américain, île qui sépare les deux chutes. Puis, sur la droite les chutes américaines, moins larges, 40 m et rectilignes. C’est l’eau du Lac Erié, un des cinq Grands Lacs Américains, qui s’engouffre ainsi depuis des millénaires dans ces somptueuses Niagara Falls et qui forme ensuite, sur une vingtaine de kilomètres, la Niagara River qui elle-même se jette dans le Lac Ontario lui-même source du fleuve Saint-Laurent. C’est le français Hennepin qui, à la fin du 17ème siècle fit la première description des Chutes : "Grand et prodigieux saut, dont la chute d'eau est tout-à-fait surprenante. Il n'a pas son pareil dans tout l'Univers. La chute de cet incomparable saut est composée de deux grandes nappes d'eau, et de deux cascades avec une isle au milieu. Les eaux, qui tombent de cette grande hauteur, écument et bouillonnent de la manière du monde la plus épouvantable. Elles font un bruit terrible, plus fort que le tonnerre. Quand le vent souffle au Sud, on entend cet effroyable mugissement à plus de quinze lieues".

Un peu d’histoire :

Les chutes se sont formées à la fin de l'ère glaciaire, il y a environ 30 000 à 50 000 ans. Avant, il n’y avait pas de chutes : les dénivelés de terrain étaient tout bonnement enfouis sous les glaces. La possession des chutes a pendant longtemps constitué une rivalité entre le Canada et les Etats-Unis, rivalité ayant donné lieu à une guerre en 1812. Après cela, il n'y a (heureusement) plus eu une seule tentative d'invasion que ce soit par l'un ou l'autre des deux camps. En 1950, le Canada et les Etats-Unis ont signé un accord visant à gérer au mieux la régulation du débit (contrôlé par des installations hydroélectriques en amont). Ceci permet, entre autre, d’amoindrir l’érosion de la crête des chutes. En raison de cette érosion, l’emplacement de la chute a reculé de 11 kms en 12000 ans. Il existe également parmi les individus qui peuplent notre globe de drôles de " casse-cou" qui ont entrepris de descendre les chutes en tonneau ou, plus rare, de les traverser sur un fil comme un funambule français l'a fait. Les chutes, inscrites au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, et classées depuis 1885 comme parc naturel par l'Etat de New-York, ne sont pas à l'abri de catastrophes écologiques : le côté canadien des chutes est devenu, au fil des ans, un gigantesque parc d'attraction qui défigure le site. Le côté américain n'est pas en reste : pour cause de présence d'usines chimiques et métallurgiques à proximité du site, la pollution menace. Cependant, à l’époque de l’année où nous avons organisé cette balade, nous ne pouvons pas dire que nous ayons beaucoup souffert de cette défiguration. Le côté canadien est bordé d’un chapelet d’hôtels, la plupart luxueux, de boutiques de souvenirs mais pas de hordes d’autocars, ni de baraques de hot-dogs, ni de foule hurlante. C’était, sommes toutes, bien agréable. Ah, bien sûr, pour ceux qui ont lu mon récit sur la Zambie, ce n’est pas le choc du sauvage des Chutes Victoria sur le Zambèze. Mais, tout de même, je ne regrette pas cette rencontre avec les Chutes du Niagara. Un grand merci à Eric de m’avoir permis cela.

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Les webcams de l’hôtel Sheraton pour vivre les chutes en direct ! Attention au décalage horaire… pour les voir de jour, il faut attendre le début d’après-midi, heure française.http://www.fallsview.com/English/pages/fallscam.shtml

La page portail des chutes avec l’ensemble des informations touristiques indispensables ainsi qu’une galerie d’images. http://www.niagarafalls.worldweb.com/index.html

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