
Chine
Chine : Balade nocturne dans Pékin
18 heures : une joyeuse pagaille
Pékin, 18 heures. Les rues et les avenues sont envahies par les piétons et les cyclistes, encore rois du macadam, mais pour combien de temps, défendant leur espace de liberté contre l'envahissement progressif des voitures. Circuler dans Beijing sur des avenues larges comme les Champs-Élysées vaut le spectacle ; c'est une joyeuse pagaille. Vélos, voitures, taxis, cyclo-pousses, camions, bus et piétons n'en font qu'à leur tête et semblent tout ignorer du code de la route. Peu de clignotants, chacun passe d'un côté à l'autre de la route sans précaution particulière, d'où ces frissons quel que soit le moyen de transport utilisé. Traverser à pied une avenue est une expédition à risque, c¹est un peu le sauve qui peut. Coup d'oeil à gauche et l'on s'élance, arrêt au milieu, coup d'oeil à droite et course vers le trottoir. Ouf ! Même la logique des sens giratoires et des feux rouges échappe à un regard occidental.
Pékin change de visage
De chantiers gigantesques dessinent la ville de demain Cette frénésie de construction transforme son image, mais dire que tout le passé disparaît, c¹est aller un peu vite en besogne. Car s'il faut un an pour construire une tour, il en faudra beaucoup plus pour changer les mentalités et les habitudes de vie. Vous n'aimez pas trop la ville moderne ; choisissez de vivre la nuit car c'est à ce moment-là que Pékin retrouve ses aises ; les embouteillages ont disparu, la température devient supportable, surtout en août et les buildings, qui ne sont plus que des ombres Chinoises, se font presque oublier. Seuls les panneaux publicitaires s'agitent dans une profusion de néons.
Se promener à pied, pourquoi pas
Précaution de base pour surmonter la lecture hasardeuse des caractères chinois qui empêche de communiquer ; se munir de la carte de l'hôtel, avec son adresse et acheter un plan bilingue, on en trouve facilement auprès de petit vendeur. Après la ville est à vous. Comme on dîne de bonne heure en Chine, les soirées sont longues, c¹est une aubaine pour les curieux qui acceptent de traîner dans la ville. Choisir un restaurant à Pékin ne pose pas de problème et vous aurez l'embarras du choix. Prudence quand même, à cause de l'hygiène, dans les petites gargotes populaires qui servent sur le trottoir. Avoir sa paire de baguettes avec soi est fortement recommandé pour éviter les problèmes. Ce soir nous avons choisi le restaurant Quianmen Quanjude, l¹un des plus ancien, célèbre pour son canard laqué (voir recette) situé près de la place Tien An Men. La préparation est faite du jour, découpée devant vous sur une table et accompagnement de crêpes de blé. Portion modeste mais succulente.
Nocturne à Beijing
L'estomac léger, ce qui est rare en Chine, nous sommes prêts pour la promenade des « cent pas » (digestive). Une vieille tradition chinoise que nous avons testée avec bonheur. Direction le petit marché de Nuit dans le centre de Pékin (environ 1,5 kms). Pour les moins courageux prendre le métro (tout neuf) et descendre à la station Wang Fujing . Haut lieu de la vie nocturne, ce marché est établi autour de deux ruelles qui donnent dans la grande rue piétonne et très commerçante Wangfuging agie près de la Cité Interdite. Illuminés comme pour la fête, les restaurants côtoient de petites échoppes et débitent des soupes, des bols de riz et des brochettes de poulet, de pieuvre et de scorpions ... Laissez-vous tenter ... par curiosité. Ils sont Chinois du Nord ou du Sud, Mongols ou Ouïgours. Ces derniers se repèrent vite avec leur physique moyen-oriental, les inscriptions en arabe et leurs spécialités ; des brochettes de moutons bons marchés,5 pour 5 yuans... . Ne pas être affamé car les portions de viande sont plutôt maigres. Assis, debout on mange comme on l'entend.
D'autres échoppes proposent des d'objets pour touristes chinois venus en famille (ils sont de plus en plus nombreux), à la recherche de souvenirs et babioles qui font fureur : coiffes en fausses perles de toutes les couleurs, chaussettes rose fluo ou vert pomme, bouddhas assis ou couchés, lampions rouges pour chasser les mauvais esprits. Sur un balcon au milieu de la place, un spectacle d¹opéra chinois est joué par trois acteurs qui s'époumonent pour couvrir le brouhaha général. Rassurez vous ce n'est pas une version de série B mais un retour à la source de cette forme théâtrale ancestrale.
Retour dans l'avenue où c'est la fête des néons sur les toutes les façades. Plus loin la lumière sautillante suffit aux adeptes du skate board et du vélo acrobatique pour s'élancer sur le parvis d'une église catholique, oui il y en a, qui bien involontairement sert de terrain de jeu à ces acrobaties très occidentales et qui commence à s'imposer. Le public est là, jeune, vieux, simples curieux, venus en famille. Toujours impossible d'échanger un mot mais un sourire, dans bien des cas, suffit.
Toujours quelque choses à voir
La nuit, se promener est sans risque. Rarement seuls, sur les avenues il y a toujours quelque chose à voir; sur un banc des groupes de jeunes en pagaille, affichent leurs tees shirt remontés sous la poitrine, une mode curieusement mal vue de la police. Des chantiers partout, les ouvriers, qui travaillent jour et nuit. Une palissade (les travaux du métro) oblige à faire un détour par une rue sombre, pas un chat à l'horizon .... , seulement un chien qui traverse devant nous, c'est le premier que nous voyons. Trois cyclistes sans feu remontent l'avenue, les vélos loin d'être neufs affichent quelques kilomètres au compteur. Un taxi s'arrête, « merci on marche », il n'insiste pas. Grand carrefour et nouvelle avenue éclairée, Il fait chaud,, autour de boutiques des groupes discutent, jouent aux cartes, aux échecs. Une épicerie dans un mouchoir de poche propose de tout, bref marchandage pour des cigarettes et un soda. Vu les prix c'est presque dérisoire pour nous, pour les chinois, c'est différent.
Les fameux hutongs
Arrivée à l'hôtel, une superbe maison de mandarins restaurée et plantée au milieu d'un quartier populaire :les fameux hutongs, l'envie de promenade nous reprend. Au hasard nous empruntons la première des ruelles. Un chinois, torse nu, assis dans l'ombre lance un « bonjour, comment allez -vous, ah ! Paris » ; il n'en dira pas beaucoup plus ; les reste d'une scolarité lointaine. Des gens dorment dehors car il fait étouffant ou bien ils n'ont pas de toits.
Au loin entre les restaurants et les boutiques, les salons de coiffures se succèdent, installés dans 10 mètres carrés, une ampoule de 100 watts pour seul éclairage, tous tenus par des jeunes femmes. Le bruit court qu'elles ne font pas que des mises en plis ou des shampoings !!!. Sales rumeurs de personnes médisantes. Je tente ma chance ..... Pour une photo, ça marche. La voisine s'est jointe à nous, elle vend des bouteilles thermos de toutes les tailles et veut aussi son portrait ; déception quand elles comprennent que ce n'est pas un polaroid. Je garde pour moi leur souvenir. Soudain un bruit d'enfer envahit les rues, les têtes se tournent ; juste un ouvrier qui rentre chez lui, juché sur son rouleau compresseur : pourquoi pas !
Pour cette nuit, le compte est bon, mais notre curiosité est telle que nous décidons de revenir tôt ce matin pour découvrir l¹autre face de ce quartier si vivant, si chinois. Au petit matin les ruelles reprennent des couleurs, longs murs de briques peints en gris bordés d'arbres... À côté des anciennes maisons de Mandarins, repérables à leur porche flanqué de deux bornes en pierre caractéristiques et de leur toit en pagode s'ouvre un dédale de ruelles invisibles de la rue, formant un labyrinthe de maisons aux intérieurs pauvres et sans conforts. Note de gaîté dans ce décor, quelques bonzaïs et une cage à oiseaux ; rappel de cette passion de la nature qui anime les chinois. Le premier à parcourir les rues encore désertes c'est l'homme chargé de récupérer les pots de chambre, de nettoyer les WC publics (les logements n'en ont pas), il est suivi par les éboueurs qui circulent en tricycle.
Au fond d'une ruelle un vieillard fait sa gymnastique, une femme entame une lessive, trois policiers passent nonchalants, des maçons s'activent au premier étage d'une maison qui n'existait pas la veille, on rêve, pas du tout, ils ont travaillé jour et nuit ; renversant. Des gens bien mis qui partent au travail à pied, en vélos antiques, modernes ou électriques, la dernière mode et c'est très vite la cohue. Pékin change à nouveau de rythme.
Décidément la nuit ne ressemble pas au jour et pour se remettre de nos émotions nous allons déguster un petit-déjeuner chinois : lait de soja, beignet, nouilles de riz, oeufs, et petits pains sucrés, salés, fourrées au sésame, à la viande et soupe de boulettes de riz.
Epuisé par cette nuit écourtée mais ravis d¹avoir surpris quelques moments de la vie intime des pékinois nous courons vers une douche énergique avant de repartir à la découverte de cette mégalopole grouillante de vie et de ses palais somptueux, jardins enchantés ou tout simplement de son art de vivre oriental. Pékin quand tu nous tiens ...
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Gastronomie
La recette du canard laqué
Spécialité de Pékin, le canard élevé dans la région de Shanghai, est engraissé au grain de soja. Avant la cuisson on perce un petit trou sous l¹aile et l¹on insuffle de l¹air entre la peau et la chair pour la séparer. Le canard est plongé dans l¹eau chaude avant d¹être badigeonné d¹une sauce au miel coupée de vin de riz, de soja et d¹eau. Il est ensuite rempli d¹eau bouillante avant d’être rôti. Résultat, la peau est saisie par la chaleur du feu pendant que la chair est cuite dans son bain de vapeur. Le choix du bois ne doit rien au hasard car selon les essences, les saveurs seront différentes. Présenté entier, il est ensuite découpé en fines lamelles, accompagné de sa peau croustillante
Les bas morceaux se mangent en entrée froide. Quant à la peau et aux lamelles de viande, elles se dégustent enroulées dans une crêpe et arrosées d¹une sauce de soja sucrée. Pour ne rien perdre de ce délice un bouillon de canard termine ce repas.
Les cent façons de déguster les oeufs.
Mets très apprécié des chinois : les oeufs, ceux de la canne sont les plus recherchés. Il existe une quantité infinie de recettes que l¹on déguste lorsque que l’on est reçu dans une famille.
Les oeufs de « cent ans » : conservés dans un mélange de paille hachée et de chaux vive pendant deux mois, l’oeuf devient transparent, le jaune et le blanc étant mêlé, il présente une couleur verdâtre.
Les oeufs au thé: Trempés dans le thé pendant un mois, ils prennent une couleur brunâtre. À déguster absolument.
Métro à Pékin:
Le meilleur moyen, le plus économique, le plus facile pour se déplacer car la lecture des stations est plus aisée que dans les bus. Il existe deux lignes, l¹une ligne circulaire et l¹autre traverse la ville de part en part.
Autre curiosité nocturne.
La rue des Ouïgours , (descendre à la station de métro Chegongzhuang), est le centre de la vie de cette minorité musulmane d¹Asie centrale. Petits restaurants, avec la télé qui hurlent, films arabes, le mouton est à l¹honneur sur toutes les tables, quartier assez pauvre dans l¹ensemble.
Le jour
Ne craignez pas d’être bousculé par les touristes occidentaux, ils sont peu nombreux en réalité en Chine ( 800 000 par an). Dans l’ensemble, tous les lieux publics sont ideaux pour regarder les chinois vivrent.
La Colline de Charbon (Meishan) est le grand lieu de détente ou l’on vient en famille pour pique-niquer, jouer aux échecs, jouer de la musique, s’entraîner à dessiner des idéogrammes géants sur le sol. Gare aux papiers jetés par terre, c’est 40 yuans d’amende. Ambiance garantie.
Le Temple du Ciel(Tiantan) à l’ambiance toujours très familial est incontournable pour comprendre la cosmogonie chinoise: le ciel est rond et la terre est carré, l’importance du chiffre 9 . Bref on touche aux sources de cette culture millénaire.
La Place Tiananmen et la Cité Interdite.
Rassurez vous, ces lieux ont gardé toute leur magie et leur pouvoir de séduction. La foule est massive et une bonne journée n’est pas de trop pour admirer et se perdre dans le dédale des dizaines de bâtiments et palais . On sent ici la puissance et le pouvoir de la Chine centralisée depuis des siècles.
La cérémonie du thé
Pour ceux qui l’apprécient une halte dans une maison de thé est un moment plein de charme qui nécessite malgré tout une heure pour vivre l’événement . Purple vine tea house Xicheng qunan chang jie n°2 à coté de la porte ouest de la Cité interdite.
Le bus
Plus agréable pour découvrir Pékin mais la lecture des arrêts est une épreuve.
Les gares
Allez y faire un tour le matin de bonne heure, ils sont des dizaines endormis par terre à attendre leur train avec une montagne de baluchons et les provisions pour le trajet. Ca grouille de monde et pour vous amuser essayez de trouver le train qui va à Xian : bonne chance.





