
Egypte
Egypte : Paradise at Soma Bay
Deux côtes, deux univers touristiques différents
A 4h30 de Paris par vol charter direct, la région d’Hurghada peut s’avérer idéale pour un séjour balnéaire avec soleil et fonds marins sublimes garantis. Si, localement, le paradis en couleur étalé dans les brochures touristiques ne tient pas toujours ses promesses, il existe cependant quelques « oasis ». L'une d'elles se nomme Soma Bay.
En quinze ans, l’Egypte a su développer deux très grands pôles de tourisme balnéaire en mer Rouge : la pointe du désert du Sinaï (de Sharm el Sheikh à Taba) et la côte longeant les déserts de l’est du pays, au nord du Soudan, au départ de la ville militaire et portuaire d’Hurghada. Une myriade d’hôtels se partagent aujourd’hui un vaste marché composé de touristes à la recherche d’un soleil « garanti » et de plongeurs avides de grands frissons…
Pour ceux qui ne connaissent pas encore ces régions, il est bon de savoir que quelques grandes particularités les différencient. La pointe du Sinaï se distingue essentiellement autour de ces trois points : l’accessibilité de son splendide désert (trek et safari 4x4), quelques hauts lieux du tourisme historique et religieux (dont le monastère Sainte Catherine dominé par le Mont Moïse) et une côte bordée le plus souvent de « tombants » coralliens plutôt que de plages de sable fin. Il est donc fort probable que votre hôtel sur place (notamment à Sharm El Sheikh) ne vous propose qu’une plage fabriquée de toute pièce ou des pontons bordant directement des sites de plongée, parfois un peu inquiétants pour les moins bons nageurs d’entre nous (et les enfants).
Sur l’autre rive de la mer Rouge, la côte n’est qu’une infinie suite de baies sablonneuses en bordure du désert. L’intérieur des terres (un désert montagneux en tout point similaire à celui du Sinaï) est moins accessible et dépourvu de sites touristiques majeurs (si ce n’est Louxor, à 250 km de là environ). Ces centaines de kilomètres de plages naturelles sous un ciel bleu permanent (il n’a pas plu depuis 6 ans à Hurghada) ont bien entendu incité les promoteurs à construire un long chapelet d’hôtels, tous plus vastes les uns que les autres…
Attention aux « usines à touristes »
A proximité d’Hurghada, les hôtels 3 et 4 étoiles sont essentiellement fréquentés par les plongeurs de tous pays, plus regardant sur le tarif des séjours que sur la qualité des infrastructures. Les hôtels dits « 5 étoiles normes locales », réservés aux séjours de détente balnéaires, méritent que l’on s’attarde chez son agent de voyage avant d’effectuer son choix. Et attention aux « étiquettes » et aux « super promos » ! Sous couvert (parfois) de la réputation d’une grande « marque » hôtelière, certains 5 étoiles normes locales se révèlent en fait, malgré leurs équipements, des structures dotées de plusieurs centaines de chambres qualitativement sur évaluées (exemple : le Méridien Makady Bay ou le Golden Five). Et qui dit centaines de chambres dit 1000 à 2000 clients se partageant la plage sur une dizaine de rangs de parasols avec, à contrario du doux bruit du flux et reflux de la mer un flot répété et assourdissant de musique ambiance « fête foraine » pour rythmer parties de volley ball, de pétanque, de gym aquatique, de danse du ventre… et ainsi de suite jusque pas d’heure… Vous ne serez toutefois pas déçus si cette « rythmique » est la vôtre et si l’objectif de votre séjour était d’enfiler masque, palmes et tuba pour rendre visite aux poissons « à prix plancher ».
A Makady bay (20 minutes au sud d’Hurghada), chaque hôtel dispose de ses « patates » de corail à moins de 30 mètres du bord de plage, sans perdre pied. Et là… si un touriste russe ou allemand ne vous flanque pas un coup de palme en pleine trombine (car bien entendu, c’est le rush autour de ces petites merveilles !), vous aurez toutes les chances d’observer coraux vivants et poissons multicolores : de la raie pastenague à la murène géante, du poisson perroquet aux pétillants petits poissons clown. Je n’ai, à titre personnel, pas compté moins d’une trentaine d’espèces différentes sur une surface de 100 m². C’est tout simplement splendide !
Amis(es) des grands espaces : quittez Hurghada pou
« Hurghada » commence à peine à signifier quelque chose pour les touristes français (alors qu’allemands, italiens et russes fréquentent cette côte depuis ses débuts). Cette « ville nouvelle » du tourisme est considérée par les égyptiens comme une sorte de Las Vegas local. Sans vouloir être méchante, le terme est quelque peu présomptueux. Vous y trouverez certes moult boutiques sous forme de galeries ouvertes 24h sur 24 (aucun intérêt majeur), de très nombreuses discothèques (très prisées des ados), des kilomètres de building en construction et l’un des plus grands pôles de plongée sous-marine du monde (agences spécialisées et vaste flotte de navires). Mais la ville déjà, semble usée par le tourisme et la pollution engendrée par celui-ci sur les fonds marins. Du coup, les amateurs de soleil et de flots bleus migrent vers le sud. Aujourd’hui, la majorité des séjours qui vous seront proposés par vos agents de voyage vous mèneront donc plutôt vers Makady Bay, Soma Bay, Safaga, et Marsa Alam (la nouvelle Mecque des plongeurs en Mer Rouge). Plus vous descendrez vers le sud (ne vous inquiétez pas à propos des distances, les transferts sont rapides), plus les fonds seront préservés et plus les hôtels seront de taille raisonnable. Les amateurs de snorkeling et de farniente tout comme les plongeurs passionnés ont donc en ces lieux toutes les chances de revenir ravis.
Romantisme et plénitude au Sheraton Soma Bay
40 minutes de transfert séparent l’aéroport d’Hurghada du site de Soma Bay. Cette vaste baie en forme de U est dominée au nord par une péninsule désertique et se termine au sud, par la petite ville portuaire de Safaga. Entre les deux : 15 bons kilomètres de désert et de plages sauvages réputées comme parmi les plus belles de la mer Rouge. En fond de ce paysage, une frange de montagnes aux allures de mâchoires de dinosaure géant, domine des contreforts composés de dunes de sables tassées par les vents.
C’est au nord, sur la péninsule de Soma Bay que la chaîne Sheraton a ouvert, en 1998, ce que l’on peut aisément considérer comme l’un des plus beaux hôtels de la côte sud. Contrairement à la majorité de ses confrères, l’hôtel offre deux particularités notoires : il n’est pas cerné de près par d’autres structures et il est construit sur un site en pente douce offrant ainsi à ses hôtes le privilège une vue maritime quelque soit le lieu où l’on se situe.
Son architecture « pharaonique » est remarquable. Alors que l’on s’étonne déjà, dans l’allée principale, d’être accueillis par une bordée de sphinx, c’est ensuite l’ébahissement lorsque l’on pénètre le lobby composé d’une double rangée de colonnes péristyles surmontées d’une immense verrière illuminant de soleil les sols de marbre. Plus loin, un grand escalier double s’engage vers une autre verrière ouvrant sur une fontaine pyramidale et une piscine, tout simplement hollywoodienne. En portant le regard un peu plus loin, toujours dans la même « droite » au départ du grand hall de réception, s’étend alors la plage et son superbe lagon turquoise. Même les plus blasés ne pourront demeurer insensibles à ces premiers pas dans l’hôtel.
Le bâtiment central loge deux restaurants très agréables (vue piscine et océan), une petite discothèque, une salle de fitness avec baies vitrées donnant sur la piscine, une salle de massage et de soins, un bar intérieur particulièrement chic (avec terrasse panoramique), plusieurs salons, un espace internet et bien entendu, plusieurs salles de conférence (dont une de 500 sièges).
Les 300 chambres se répartissent en deux ailes de bâtiments, chacun de deux étages et tout deux face à la mer. Fraîches, romantiques, confortables, les chambres sont du meilleur standing : salle de bain en marbre (parfaitement finalisée), fauteuils moelleux, meubles en bois cérusé, déco stylisée, literie de qualité et vaste terrasse… Un vrai cocon pour une lune de miel ! Si vos moyens vous le permettent, n'hésitez pas à réserver l'une des suites "villa". 100 m² environ de luxe et de fraîcheur, avec terrasse sur jardin, parking et piscine privée (pour l'ensemble des "locataires"). Un "must" particulièrement prisé par les riches cairotes en week-end sur la côte...
S’il ressemble à s’y méprendre au temple de Karnak revisité par des architectes du 21ème siècle, le Sheraton Soma Bay ne séduit pas simplement par la beauté de ses bâtiments principaux et l’extrême soin porté à sa décoration intérieure. Si vous êtes à la recherche de plages superbes, de tranquillité et de sports (parfois extrêmes), cet hôtel répondra à toutes vos attentes.
La plage tout d’abord, s’étend sur un bon kilomètre en bordure d’une eau paisible dont les tons varient du vert émeraude au bleu nuit. Un grand pont de bois permet de rejoindre une île déserte privée bordée au nord de massifs coralliens. C’est un vrai bonheur que de s’y promener alors que de l’autre côté de la baie, le soleil disparaît derrière les montagnes dans un feu d’artifice de rouges flamboyants.
Un peu plus loin, une promenade maritime mène au centre de plongée Padi, puis au point de départ d’un ponton de bois (« marina »). Un ponton oui… Mais pas n’importe lequel… celui-ci doit bien mesurer 400 ou 500 mètres de long, planté au dessus des coraux et des poissons. Aux trois quarts de sa longueur, un « bras » s’engage vers une piscine naturelle. Là… il ne vous reste qu’à descendre trois marches pour voyager dans l’eau translucide du « monde du silence ». Tout au bout du dit ponton : un autre escalier et un « tombant ». Cette haute muraille de corail est fréquentée par les petits requins et les bancs de barracudas… Cette escale est à ne manquer sous aucun prétexte de jour comme de nuit... Les plus romantiques d'entre vous en profiteront les nuits de pleine lune lorsque l'astre darde ses reflets d'argent sur la mer, illuminant de mystère ce "trait" de bois filant vers l'horizon...
Lassé(e) de la plongée ou du snorkeling ? Rendez-vous alors sur le golf (un 18 trous dessiné par Gary Player Design), sur le terrain de squash, les tennis ou bien au centre nautique. Grâce à votre « Silver pass », vous pourrez pratiquer la planche à voile ou le sky surf… mais attention aux vents. Ils soufflent au ras de l’eau et propulsent à des vitesses vertigineuses les amateurs de ces sports de glisse. Un petit creux ou une petite soif ? 3 bars vous attendent entre la piscine et la plage. Ici pas de « techno de bazar » mais de bons mix lounge diffusés juste comme il faut pour ne pas déranger les dévoreurs de polars sur la plage.
Bien évidemment, l’hôtel parfait est rare et celui-ci, malgré son très grand charme, a bien entendu ses petits défauts. Le premier concerne l’animation nocturne. On se passerait volontiers de « la soirée cabaret » et de « l’élection de Miss Sheraton » au profit d’un bon orchestre jazzy et de danses langoureuses sous le faisceau lunaire. D'après nos dernières infos, ce "hic" devrait disparaître dès l'été 2003. Enfin, si les plages de ce Sheraton sont sublimes, elles n’abritent pas directement de « patates de corail ». Il faut donc se diriger vers les piscines naturelles de la marina (jamais seul !) pour profiter de la faune sous-marine. Pour les amateurs de plongée, l’hôtel organise des baptêmes et des formations sur place et bien entendu des sorties à la journée au départ de Safaga.
Pour amateurs de désert et de mer uniquement…
Si plage dorée doit obligatoirement rimer pour vous avec « cocotiers », il se peut fort que vous vous sentiez un peu perdu de ce côté-ci de la mer Rouge. Mais si vous faites partie de ceux qui en ont assez de devoir supporter 22 h de vol A/R pour une semaine de détente balnéaire « chic » dans l’Océan Indien…. Alors vous troquerez facilement votre semaine « à la Pirogue » pour une semaine au « Sheraton Soma Bay ». A raison d’un prix moyen de 1150 € la semaine en DP aérien inclus… On peut y réfléchir.
info plus
Meilleures périodes : octobre, novembre, avril, mai. En décembre, janvier, température extérieure de 25°, 18° dans l’eau. Des demi combinaisons de plongées sont fournies par l’hôtel. La piscine est chauffée.
Particularités non spécifiées dans l’article : le Sheraton Soma Bay est fréquenté par une clientèle internationale. Les langues pratiquées par le personnel sont l’anglais et l’allemand. Un « No mummy’s club » s’occupe de vos bambins durant la journée (ils disposent même leur propre piscine). Comptez 90 cts d’euros pour un soda et 9 € maxi pour un plat de grillades au restaurant de la plage.
Dès l’automne 2003 : ouverture, derrière l’hôtel et en bordure du terrain de golf, d’un complexe de thalassothérapie de grand luxe géré par les “Thermes de Saint Malo”
Excursions / animations : navettes quotidiennes vers Hurghada et Safaga, journée à Louxor (7h de bus pour l’A/R), balades en bateau à fond de verre (navire de l’hôtel), excursion “snorkeling”, dîner barbecue dans le désert, safari 4x4 d’une demi-journée à 3 jours (à réserver dans l’hôtel), pêche au gros.
Toutes les infos à propos du Golf de Soma Bay :
Site officiel de la baie :





