
Espagne
Espagne : Lanzarote, l'île artiste
" Il FAUT que je m’organise un break ! " ? Oui, mais où partir pour combiner le soleil, la mer, le calme, le sport, l’originalité et un réveil significatif des papilles ? Nous avons peut-être une solution pour vous...
Arrecife.
Ce pourrait être le Brésil, pourtant le vol n’a pas duré plus de deux heures... La température extérieure est de 28° (ne pas croire les brochures qui ne signalent qu’une moyenne de 22 !), le ciel est d’un bleu pur et l’air, tout parfumé des senteurs salées de l’océan tout proche. Le hall de l’aéroport est un ravissant jardin tropical et la Fiat Uno, qui m’attend dehors, m’est facturée à peine 140 € la semaine... je viens d’arriver à Lanzarote !
Située à quelques 100 km des côtes marocaines, Lanzarote, déclarée " Réserve de la Biosphère " par l’UNESCO, s’étend sur 60 km du nord au sud et 20 km d’est en ouest avec une population d’un peu plus de 100 000 habitants... Contrairement à ses consœurs de l’archipel des Canaries, l’île est limitée depuis plus de 10 ans par un potentiel maximum de 8000 lits (hôtels et locations). Ses 900 km carrés sont donc à peine effleurés par l’urbanisation touristique : un vrai miracle !
Lanzarote pourrait être comparée à un jardin japonais de la taille d’un petit département français... Son territoire, volcanique de bout en bout, s’harmonise autour d’un camaïeux de bruns, de rouges carmins et de noirs. Son pourtour se partage entre d’impressionnantes falaises de plusieurs centaines de mètres de hauteur et des plages, d’un sable blanc farineux, ourlées de coulées de laves solidifiées.
Ses villages, qu’ils soient sur la côte ou bien à l’intérieur des terres, s’harmonisent autour d’un style architectural unique : de petites maisons blanchies à la chaux, dotées de toits terrasses, de volets et de portes vert sombre ou bleu dur et de petits jardinets de lave noire, ratissés et plantés de palmiers cernés de bouquets d’énormes cactus. Aucun habitant ne peut déroger à cette tradition du blanc du bleu ou du vert... Il est interdit en cette île de construire la moindre habitation non conforme aux traditions séculaires de ses habitants. Le résultat est étonnant : chaque village est si parfaitement " pur " que l’on douterait qu’il soit habité. Cette sensation est d’autant plus forte que l’habitant de Lanzarote est essentiellement pêcheur ou agriculteur et qu’il abandonne son village pour la journée... Passez en plein midi et tout " pueblo " vous laissera l’impression d’un décor d’opérette en l’attente de sa troupe de comédiens...
Autre particularité unique en son genre, l’île vit aux couleurs d’un artiste local, disparu il y a quelques années : César Manrique. Cet architecte et sculpteur, dont on pourrait rapprocher le style de ceux de Le Corbusier et de Tinguely, s’est " emparé " des beautés naturelles de Lanzarote pour composer, du nord au sud de l’île, un ensemble d’aménagements architecturaux et d’œuvres sculpturales plus étonnants les uns que les autres.
En route pour un petit tour de l’île...
Au nord, la Haria, se distingue avec trois attraits majeurs. Tout d’abord le village d’Orzola, où il est indispensable de déjeuner pour trois fois rien d’un fabuleux repas de poissons frais sur une terrasse en face du port (à ne manquer sous aucun prétexte !). Puis le Mirador del Rio, œuvre architecturale de Manrique, qui domine, au sommet d’une vertigineuse falaise, l’un des plus beaux panoramas qu’il soit donné de découvrir sur l’océan et l’île voisine (quasi déserte) de la Graciosa (à découvrir en bateau à partir d’Orzola). Enfin la plaine de la Famara que je vous conseille d’aborder par la piste (tout à fait carrossable) qui longe la bordure sud du Mirador. Pour les plus sportifs, sachez que le versant Est du Mirador del Rio, est utilisé comme aire de décollage, tout au long de l’année, par les amateurs de parapente et d’aile delta. En outre, quelques pêcheurs professionnels d’Orzola proposent de belles journées de pêche au gros à bord de différents navires en excellent état.
Au nord est, la région de Teguise est la plus culturelle de l’île. Teguise, elle-même, est la capitale historique de Lanzarote. Bâtie durant la deuxième moitié du XVème siècle, la ville (un gros bourg tout au plus) s’étend, paisible, au cœur des champs de lave. Ses ruelles pavées, ses petites bodegas, ses splendides maisons nobles traditionnelles, ses couvents et petits musées font d’elle un vrai bonheur pour une promenade de fin d’après-midi dans la douceur des lumières du couchant. Ici point de foule, point de boutiques de souvenirs... la pollution touristique est bannie !
A quelques kilomètres de Teguise, en bord de mer, deux des œuvres majeures, du toujours présent Manrique, sont inmanquablement à découvrir : le Jardin des Cactus et Jameos del Agua. L’île est presque dépourvue de verdure. Seuls palmiers, vignes, pommes de terre et cactus résistent sur ce territoire lunaire... Rendant hommage à ce dernier, doté de capacités de survie étonnantes, Manrique a composé le plus original des jardins tropicaux : un dédale de sable noir et de roches brunes planté de centaines de variétés de cactus. Poilues, rondes comme des billes, rampante comme des tarentules ou fleuries comme par miracle, pas une de ces plantes ne laisse indifférent...
Jameos del Agua est l’ancienne demeure de Manrique, aujourd’hui transformée en musée et galerie d’art. Construite à l’intérieur d’une bulle de lave figée dans une coulée de plusieurs hectares, la demeure est un labyrinthe de pièces rondes, de bassins aux eaux turquoises et de couloirs tubulaires blanchis à la chaux. La déco intérieure, voué à la détente et à la réception n’est pas sans rappeler le style du couturier Courrèges et la tendance psychédélique de la fin des années 60.
A quelques centaines de mètre de Jameos, un autre site mérite le détour : la Cueva de los Verdes. Ce tunnel, long de 7 km, déversait autrefois la lave brûlante, d’un volcan tout proche, directement dans l’océan.... La cavité est aujourd’hui aménagée et permet une passionnante balade " au centre de la terre ". Un bureau d’études sismiques y surveille en permanence l’activité volcanique souterraine de l’île. L’entrée de la Cuava jouxte une autre bulle de lave abritant un lac souterrain peuplé de petits crabes albinos. Le surplomb du lac est aménagé (toujours par Manrique !) en un très agréable café. Quelques mètres plus loin, une splendide salle de concert souterraine, construite à même la lave, complète cet espace original. Un festival international de musique acoustique s’y déroule chaque année en octobre (musiciens intéressés, me contacter !)
Le sud est et le sud ouest de l’île réservent d’autres surprises... Imaginez un paysage noir de jais sur des kilomètres à la ronde.... Des volcans, encore des volcans et rien que des volcans. Puis au ras du sol, comme si celui-ci avait été bombardé par une pluie de météorites, des milliers de petits cratères, à perte de vue... et dans chacun de ces cratères : un pied de vigne ! Pour finaliser ce tableau d’un autre monde, parsemez-le de quelques haciendas et bodegas blanches sur fond de ciel bleu... et sautez dans le premier avion pour découvrir cet hallucinant paysage ! C’est la région de la Géria.
De l’autre côté de ces vignes étonnantes, le parc national de Timanfaya. Passée la frontière du parc, interdiction de sortir de votre véhicule ! On comprend vite pourquoi, lorsque, comme moi, l’on s’amuse à caresser le sol : ça brûle ! Le paysage laisse pantois : des dizaines de cônes volcaniques et des kilomètres de coulées de lave pétrifiées se succèdent dans une harmonie parfaite de surfaces et de couleurs. Plus fort encore que certains paysages d’Islande... La partie " active " du parc ne se visite qu’en autocar. Ne faites pas la tête... C’est le seul moyen d’éviter les accidents et de préserver le site. Surtout, ne quittez pas l’île sans découvrir ce qui demeure, à ce jour, l’un des plus spectaculaires espaces volcaniques du monde.
Enfin toujours plein sud, je vous conseille à titre personnel de faire un détour par El Golfo, impressionnant cratère d’explosion empli d’une eau émeraude et de musarder à Playa Blanca en évitant d’emprunter avec un véhicule non 4x4 la piste menant vers ses plages désertes de sable blanc (argh ! Galère assurée !).
Pour clôturer cette évocation de cette île, j’ajouterais qu’il s’y déroule régulièrement des compétitions " d’Iron Man " (triathlons infernaux !), que vous pouvez y pratiquer la plongée, la pêche, le vélo, la rando, le quad, la spéléo, le surf, la planche à voile, des croisières à bord de vieux gréements et du golf... Pour les fêtards, sachez qu’à Arrecife, Costa Teguise et Playa Blanca, les nuits sont très animées. Enfin, pensez au carnaval de l’île (mars), c’est l’un des plus colorés de l’archipel !
info plus
En ce qui concenre l’hébergement sur place, je vous suggère, en fonction de votre profil, les hôtels 4* ultramodernes de Costa Teguise, les petits hôtels familiaux de Playa Blanca, les villas rénovées par des architectes locaux, dignes représentants de Manrique, vers Los Vallés (460 € environ la semaine pour 6 personnes, avec piscine), et les appartements à louer sur la côte Nord Est, à proximité d’Orzola. Personnellement, ce sont eux que je préfère : calme et pieds dans l’eau. Pour vous rendre sur place : choisissez un vol charter, il en existe toute l’année (274 à 300 €). Louez une voiture sur place, logez une première nuit à Arrecife, contactez une agence locale qui vous conseillera un hébergement ou partez à l’aventure après avoir passé un moment à l’office de tourisme. Attention : conseils valables uniquement pour l’automne, l’hiver (hors vacances scolaires) et printemps (hors vacances scolaires aussi). N’oubliez pas… 8000 lits seulement. Tout est complet en haute saison !





