Fidji
Fidji : Bateau stoppeuse dans le Pacifique Sud
Les 320 îles de Fidji sont réparties dans un rectangle de 518 000 km2 d’océan Pacifique. Ses voisins les plus proches, sont à l’Est les îles Tonga et à l’Ouest le Vanuatu. Le groupe d’îles est situé à 1 600 km au Nord d’Auckland (Nouvelle Zélande) et à 2 720 km au Nord Est de Sydney (Australie). La population de Fidji est d’environ 797 000 habitants dont la moitié est composée d’indiens. Compte tenu de cet intéressant mélange ethnique, Fidji est un pays de religions multiples, la principale étant le Christianisme, ensuite viens l’Hindouisme et l’Islam. L’Anglais est la langue officielle, mais le Fidjien et l’hindoustani sont largement parlées.
Un peu d’Histoire… Fidji s’est peuplé approximativement il y a 3 500 ans, quand les Mélanésiens et ensuite les Micronésiens ont débarqué sur les îles du Nord de l’archipel avant de descendre plus au sud. Le 1er Européen à découvrir les îles était l’explorateur hollandais Abel Tasman qui a baptisé Fidji en 1643. Plus de 130 ans plus tard, en 1755, le capitaine James Cook y accosta. En 1789, le capitaine William Bligh naviguait en direction des îles après la fameuse mutinerie du Bounty, sans aucun doute à la recherche de vivres. En 1970, Fidji se détachait de la grande Bretagne et gagnait son indépendance avant d’être déclaré République en 1987. Cependant on peut encore voir sur le dollar Fidjien l’effigie de la reine d’Angleterre. Fidji est connu pour ses plages et ses eaux cristallines, mais le pays est aussi montagneux avec d’anciens cratères et des sommets de 122 m et plus, ainsi que des rivières s’étirant sur plusieurs kilomètres.
Arrivée par la mer…
Le lieu de mon départ était la Nouvelle Zélande. Vous pouvez en faire autant si vous vous trouvez aux bonnes périodes dans cette région du monde (voir conseils en bas de page).
En plein océan pacifique, comme seul au monde dans un désert d’eau, d’immensité bleue, la masse impressionnante vous porte et vous apaise… Vous vous laissez réchauffer par les rayons du soleil, n’écoutant que le vent qui souffle dans les voiles et l’écume qui caresse la coque. Soudain un claquement attire votre attention. La ligne de pêche qui traîne à l’arrière du bateau vient de se tendre. Nous venons de pêcher un Maï-maï, très beau poisson coloré aux nuances de bleu, jaune, vert, que l’on ne trouve que dans les eaux chaudes. On se sent presque coupable de pêcher un Maï maï…dès l’instant ou il meurt, il perd en quelques secondes sa belle robe colorée pour n’être qu’un long poisson livide. Ce soir au menu : poisson frais, et pour une fois ce ne sera pas du thon ! Une semaine de mer déjà. La douce chaleur des tropiques se rapproche. Le contraste entre un voyage en avion et un voyage en voilier est incroyable ! Dans le premier, vous parcourez des milliers de kilomètres en un temps record sans même ressentir les changements de températures, de lumière, les fuseaux horaires qui défilent… Dans le deuxième, vous parcourez 200 km en 24h dans le meilleur des cas, sentez de façon très progressive les changements de températures d’air, d’eau, vous observez le soleil qui se lève de plus en plus tôt… Il y a 4 jours, le levé de soleil s’était produit à 7h10, ce matin, c’est à 6h40 que nous avons observé ses premières lueurs ! Si on pouvait faire Nouvelle Zélande - Fidji en voiture, on mettrait environ 14 heures ! Nous allons mettre plus de 11 jours !
Terre ! Terre ! Ce matin 8h00, terre en vue !!! C’est une petite île. Pour la première fois depuis 10 jours, quelque chose se dresse sur l’horizon ! Incroyable excitation et satisfaction que d’apercevoir la terre ! La présence des îles et des hommes se font déjà sentir, nous croisons un gros bateau de pêche, un tronc d’arbre et un papier de gâteau qui flottent … et oui, la terre, les hommes… C’est une merveilleuse journée qui se poursuit, le soleil brille et la mer est calme. Le petit bout de terre est devenu un grand groupe d’îles, nous nous rapprochons. A 4h12 du matin, les lumières, la lune, d’autres bateaux… la ville toute proche…Le bateau ne bouge plus, les voiles sont affalées, le pilote automatique est rangé. Nous avons mouillé l’ancre dans la baie de Suva. Sensation étrange… c’est un peu comme si le bateau avait rendu l’âme. Pour la première fois depuis onze jours il a cessé de bouger ! Plus d’excitation… le silence, le spectacle est terminé… On ne sais pas où trouver les mots pour décrire des heures comme celles qui viennent de s’écouler. Nous avons senti la terre ! Une heure avant d’arriver, au milieu de la nuit, l’odeur puissante du bois, de la forêt et de la verdure a gagné le bateau !
Une culture inattendue : la culture indienne
Quelle excitation que de découvrir le peuple et le pays qui a hanté notre imaginaire durant ces 11 jours de mer. Poser les pieds à terre, marcher jusqu’à la ville et ouvrir grand les yeux… Suva est une grande ville, très agitée, très peuplée où domine la culture indienne. Les odeurs, les musiques et les couleurs se mêlent… riz au curry et noix de coco… saari (robe indienne traditionnelle) et sulu (nom Fidjien du paréo). Le cœur de la ville bat au rythme du marché. Tarot, bananes, ananas, papayes, cocos… sont exposés en quantités impressionnantes… On y croise aussi des étalages colorés d’épices, tenus par des indiens…
Des hommes, venus tout spécialement des villages et îles parfois situées à plusieurs jours de bateaux, dorment dans des brouettes au milieu de l’agitation générale. Je ne sais pas où sont les touristes… On ne voit pas beaucoup de « blancs » en ville…(je comprendrai plus tard que la plupart se nichent dans les hôtels de la côte où les contacts avec la population locale ne se font qu’à travers les membres du personnel hôtelier). Les Fidjiens nous identifient immédiatement comme étant des étrangers, ils nous sourient et nous saluent d’un : « Bula ! » (prononcer « boula ») ce qui signifie bonjour et bienvenue en langue Fidjienne.
A la découverte du peuple des îles : Kadavu group
L’accueil et la sympathie de la population sont des plus chaleureux… Ce qui ne fait qu’accroître mon envie de rencontrer les populations isolées et de découvrir cette culture des îles du pacifique.
Après avoir posé une annonce pour un embarquement au port de Suva et passée plusieurs soirées au bar de ce même endroit à me fondre avec les différents équipages, je trouve enfin ma place pour l’aventure… J’embarque à bord d’un voilier et rejoint un équipage de trois Anglais. Les conditions pour mon embarquement sont simples, je dois participer aux frais de nourriture (qui s’élèvent à 10 $NZD, soit environ 5 € par jour) et comme le reste des équipiers, au nettoyage et à la cuisine. Nous faisons donc ensemble le ravitaillement au marché avant de partir pour les îles, sans oublier d’acheter du kava. Le kava est une racine que les populations mélanésiennes écrasent avant de la mélanger à l’eau pour produire une boisson traditionnelle. Celle-ci se consomme quotidiennement et tient une place importante dans la culture Fidjienne.
Avant toute visite de village sur l’une des nombreuses îles de l’archipel, la coutume du « savu savu » veut que nous offrions un pied de Kava au chef local. Celui-ci nous permettra, après la cérémonie, de nous promener dans son village, de rencontrer les habitants, de ramasser des coquillages, de nous baigner… Nous achetons donc au marché 3 kilos de Kava en prévision de ces rencontres.
Deux jours de navigation, un ancrage pour la nuit et un plongeon près d’un îlot désert (le temps de croiser quelques dauphins) et nous voici arrivés près de « kadavu group island ». Un pied de kava à la main, nous embarquons à bord de notre petit Zodiac puis accostons sur la plage. Une demi-heure de marche dans la mangrove, puis dans la forêt avant d’être cernés par les cocotiers. Le paysage est superbe… Nous parvenons aux portes du village. Toute la population stoppe brusquement ses activités pour observer notre passage et nous saluer : « Bula ! Bula ! ». Les enfants accourent vers les maisons dont ils font sortir leurs parents qui nous saluent à leur tour d’un air étonné et impressionné… Je comprend qu’ils ne doivent pas croiser tous les jours des étrangers… Une famille vient à notre rencontre, les présentations se font, c’est ainsi que nous rencontrons Iskelly, fils du maître d’école, qui décide de nous accompagner jusqu’au chef du village.
Iskelly parle un bon anglais avec un fort accent Fidjien. Une rivière longe et traverse le village, des femmes, assises dans l’eau, lessivent le linge familial. Chacun vaque à nouveau à ses occupations en ce lieu si calme, au cœur de la nature. C’est une vision presque sortie d’un rêve ou du récit d’un lointain explorateur. Les jeunes enfants participent aussi aux tâches quotidiennes, des bouts de chou d’à peine 3-4 ans utilisent des machettes aussi grandes que leurs bras… Iskelly nous conduit jusque la demeure du chef, plus grande et plus haute que toutes les autres. Le chef nous rejoint, nous nous asseyons tous en cercle et offrons le pied de Kava. Après avoir demandé d’où nous venions et où nous allions, il débute très solennellement, une sorte de prière à laquelle nous ne comprenons pas un traître mot. Puis il nous questionne à propos de ce que nous désirons faire sur ses terres. Nous demandons la permission de prendre des photos, de nous balader, de visiter les plantations…
En soirée, nous sommes conviés à partager le Kava dans l’une des maisons du village. Un cercle d’hommes est réuni autour d’un grand bol en bois. Le plus vieil homme de l’assemblée est servi en premier. Nous frappons tous une fois dans nos mains avant qu’il ne trempe ses lèvres dans son bol, une moitié de noix coco polie, puis nous frappons à nouveau 5 fois dans nos mains, comme le veut la coutume. Nous reproduirons ces gestes chaque fois que quelqu’un sera servi… Un clap avant, 5 claps après… je commence à prendre le coup, c’est au moins notre 5ème bol à tous ! L’aspect ancestral de la situation me donne la sensation d’être aux côtés de Stephan Peyron lors de l’un de ses documentaires sur les peuples primitifs…
Le lendemain, nous retrouvons Iskelly pour une balade dans le « bush » et les plantations qui surplombent le village. Bananiers, cocotiers, champs de kava, de tarot, de tabac, papayers, ananas… s’entremêlent et font courir leurs immenses feuilles et branches. Nous traversons champs, plantations, forêts… nous frayant un passage au coeur de cette végétation luxuriante.
Ces quelques jours d’immersion auprès d’une population vivant en harmonie totale avec la nature resteront inoubliables… Je souhaite à tous les voyageurs de vivre pareille expérience…
info plus
« Bateau Stop » et traversée dans le pacifique :
Partir à la découverte des petites îles perdues :
1e méthode :
Le « bateau stop » est très pratiqué dans tous les ports. Il existe un tableau d’annonces, en général situé dans les capitaineries, où l’on trouve aussi bien des offres que des demandes d’équipiers.
En Anglais les annonces sont intitulées en général : « CREW POSITION WANTED » (position d’équipier recherchée), précisez votre âge, nationalité, votre destination souhaitée et montrez que vous êtes motivé. Si vous avez des expériences de navigation précisez-le, mais si ce n’est pas le cas, ce n’est pas un critère de sélection, les capitaines cherchent surtout des personnes sympathiques et motivées. Donnez un contact, une adresse e-mail ou un numéro. « CREW WANTED » (équipier recherché) est l’intitulé des annonces faites par les capitaines qui cherchent des personnes responsables prêtes à participer à la vie à bord (cuisine, nettoyage, quarts de nuit…).
2e méthode :
Qui reste la meilleure et la plus efficace, même s’il ne faut pas négliger la 1ère… Il s’agit de se faire connaître de tous les bateaux du port en parlant avec tout le monde, vous présenter et expliquer votre recherche. En général, on vous invite à bord boire un coup et discuter. S’ils ne sont pas intéressés, ils vous aideront dans votre recherche en parlant avec les autres bateaux. N’oubliez pas de leur laisser vos noms et contacts pour qu’ils puissent les transmettre.
La bonne saison :
Du mois de mai au mois de novembre (décembre à avril étant la période dite des cyclones).
Les bons endroits :
Pour une traversée :
Au départ de la nouvelle Zélande : Les ports d’Auckland, Whangarei et Opua.
Au départ de la nouvelle Calédonie : l’unique port, port Moselle.
Pour un départ d’une autre île cherchez le port le plus important de l’île.
Pour les petites îles de Fidji, au départ de Fidji : Le port de Suva, le port de « vuda point » au nord de Nadi, le port de l’île « Savu savu ».
Administratif :
Visas : en général au-dessous de 3 mois passés dans le pays vous n’avez pas besoin d’un visa, au-delà, effectuer une demande auprès des bureaux concernés.
Sur le net : le site de l’office de tourisme http://www.bulafiji.com/language/french.shtml





