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France : Montorgueil à la tombée du soir
Avez-vous remarqué comme nous avons tous tendance, où que nous allions dans une grande ville, à rechercher les quartiers réputés pour leur ambiance de village ? Ceci est tout aussi valable à New York qu’à Hong Kong, à Prague ou à Paris. De toute évidence, nous ressentons un réel besoin d’authenticité, de convivialité, d’histoire et d’architecture à taille humaine... Le " lutécien 2001 " œuvre activement pour composer ses " vrais-faux quartiers de campagne ". C’est le cas du quartier Montorgueil qui s’agence autour d’une longue rue commerçante semi-pietonne, à cheval entre les 1er et 2ème arrondissements de Paris. Un univers haut en couleurs, à découvrir en toute saison et tout particulièrement à la nuit tombante...
Aux pieds de l’ancien coeur marchand de Paris...
C’est en 1851 que Baltard se voit confier, par Napoléon III, la construction de bâtiments en fer et en fonte devant abriter les halles centrales de Paris dans le 1er arrondissement. Cet ensemble d’origine sera complété de nouvelles constructions, en 1936 (toujours selon les plans de Baltard) autour de la bourse au blé, actuelle Bourse du Commerce. En 1963, ce centre marchand de la capitale étouffe littéralement sous le trafic et le Conseil de Paris prend la décision de faire migrer les Halles vers Rungis. En 67, nombre de parisiens se rendent à l’Hôtel de Ville pour découvrir les premiers projets architecturaux de réaménagement du quartier... C’est à cette époque que naquit véritablement l’engouement pour la conservation de "l’ambiance de village" de ce cœur battant de la capitale.... Après moulte tergiversations et plusieurs années de no man’s land autour du fameux "trou des Halles", la construction de ce qui sera " le Forum des Halles " débutera dans les années 70 pour ce terminer au début des années 80, aux pieds du quartier Montorgueil.
Ici les maraîchers côtoient les créateurs...
Le quartier Montorgueil ne sera réellement rénové et rendu partiellement piétonnier qu’à la fin des 80. Ce n’est qu’au fil des années 90 que disparurent, presque complètement, les derniers ateliers de confection du sentier sud pour laisser place aux boutiques des créateurs, aux bars, restaurants et cafés à la mode qui se comptent par dizaines entre l’église Sainte Eustache et la rue Réaumur, en louvoyant par les rues Tiquetonne, Greneta ou Marie-Stuart. A ce jour, extrêmement prisé par les jeunes, les créateurs et les artistes, le quartier Montorgueil est devenu l’un des plus onéreux au mètre carré. Le petit studio mansardé que l’on refusait il y a 20 ans est aujourd’hui loué pas moins de 760 euros... Il faut dire qu’il y a de quoi " craquer " lorsque l’on se balade au fil des rues animées...
Passé le grand porche de la rue des Petits Carreaux, on se plaît à errer doucement sur les pavés (en marbre de Carrare !). Les cafés, aux intérieurs chaudement éclairés, diffusent des tonalités de jaune et d’orange qui invitent à la convivialité. Empiétant sur la rue, maraîchers, boulangers, pâtissiers ou fromagers exposent toutes les saveurs de ces villages lointains que l’on tente de retrouver en ces lieux. Le glissement des pas de la foule, les motos qui circulent au ralentis, le cliquetis des verres et des tasses, le phrasé hâbleur des maraîchers... tout ces sons composent un brouhaha unique, la signature vivante du quartier.
Ici les commerçants s’associent aux créateurs (mode, déco...) pour composer régulièrement des animations thématiques. C’est alors l’occasion de découvrir des vitrines étonnantes où les couleurs vives sont toujours de mise. A Noël, la rue se pare de lumières, de musique et de guirlandes et il ne faut en aucun cas manquer les grands marchés des veilles de fête...
Contrairement au quartier de la Bastille, Montorgueil est plutôt " couche-tôt " (au bonheur des riverains !). Que cela ne vous empêche pas de venir y dîner... De la table d’hôte au bistrot parisien, du restaurant chinois au restaurant italien, du japonais au typiquement nordique, du fast-food à la grande table (dont l’Escargot Montorgueil), le choix est vaste et dans toutes les gammes de prix.
Pour preuve, s’il en est, de la réussite du quartier, l’ancien Grand Hôtel de Besançon, au n° 56 de la rue est devenu depuis un an le "Victoire Opéra", un 4 étoiles dont la décoration épurée dans un camaïeux de bruns cacao séduira ceux qui désirent vivre pleinement les charmes de ce quartier (demander de préférence les chambres 501 et 502 - hôtel totalement insonorisé).
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