Honduras : Utila, perle de la baie

Honduras
Honduras : Utila, perle de la baie

baie
honduras
plongée
sous-marine
utila
Partager
Michel Julien | 22.12.2003 | 1305 visites | 0Favoris |
Michel Julien

Honduras : Utila, perle de la baieSoleil, brise marine, clapotis… Vous avez envie de farniente au soleil ? J’ai découvert pour vous une destination originale et à petit budget : l'île d'Utila au Honduras. La ville de La Ceiba, située sur la côte caribéenne du Honduras, est le tremplin idéal pour se rendre sur l’une des îles de la Baie juste en face, à une cinquantaine de kilomètres au large. De La Ceiba, pour arriver à Utila, on peut prendre un bateau ou bien, si l'on est pressé, l'avion (à peine plus cher !) Le vol, avec un coucou de 15 places, ne dure que 15 minutes. Si tôt posées les roues sur l'aérodrome d'Utila, on est surpris par sa petitesse et sa simplicité : la piste n’est guère plus longue qu’un terrain de foot et apparaît comme un simple chemin caillouteux un peu large, avec, à chacune de ses extrémités, la mer. Pour tout édifice il n'y a qu'une case en tôle ondulée où une mamie vend des boissons. Elle n'ouvre que quand il y a des avions. Il fait 26-28 C° et une agréable brise bien tiède souffle en permanence… au cas où les cocotiers, bananiers et autres bougainvilliers auraient échappé à votre attention : ici on est sur une île tropicale. L'île est petite : seulement 13 kilomètres sur 4 et il n'existe qu'un seul village avec à peine quelques centaines d'habitants. Les autochtones parlent le créole "de las Bahias", un curieux mélange chantant d'espagnol et d'anglais. Le dosage de l'une ou de l'autre des langues de base est une affaire individuelle. Cela dépend de l'humeur du moment et du vécu de ceux qui parlent. On aime bien prendre le temps ici pour bavarder un peu, un petit verre dans la main, le regard vissé vers les passants. Pour arriver au village rien de plus facile : l'aérodrome est à l'entrée de l'agglomération. Inutile de louer l’une de ces rares voitures qui existent tout de même ici. A moins que vous soyez chargés de nombreux bagages… Le chemin en dur est bordé de sympathiques maisons sur pilotis aux couleurs pastel. A l’ombre des vérandas, des habitants se balancent doucement dans leur hamac sans manquer le spectacle des nouveaux arrivants sur l'île. Il y a beaucoup de piétons dans les petites rues du village. Les oiseaux piaillent de toute part... Le temps semble arrêté. Enfin... Presque ! Quel dommage que motos et autres engins de transport pétaradant passent si souvent, et si vite ! Le fait qu'il n'existe qu'une petite portion de route bétonnée (dépêchez vous !) pourrait donner l'espoir à certains, écœurés des décibels de nos villes, de s'évader du bruit

Honduras : Utila, perle de la baieErreur …! : quelques habitants possèdent des quads – ce sont des espèces d'hybrides de mi tracteur mi tondeuse à gazon prévus pour transporter en principe une personne. Sont ils fiers de les montrer, ou peut-être n'aiment ils pas marcher ? Quoi qu’il en soit, ils roulent toute la journée avec ces engins ultra bruyants. Aller et retour … des dizaines de fois, sur toute la longueur du seul chemin en dur sur l'île, long de … 1 kilomètre ! Au centre du village règne une joyeuse cacophonie, surtout en fin d'après-midi : le reggae, le raga et la salsa fusent de la plupart des maisons. Dans certaines, on n’hésite pas à diffuser deux sources de musiques différentes simultanément. A fond, bien sûr ! Ambiance caribéenne garantie ! Mis à part les nuisances d'origine sonore, la vie est comme au ralenti. Les habitants sont adorables. Après une petite marche, c'est le moment de trouver une chambre. Chose pas très facile quand on arrive tard dans la journée! Pourtant il existe toute une variété d'hôtels. Bien souvent ce ne sont que des bungalows individuels avec des structures en bois et sur pilotis, près ou au dessus de la mer. Mais l'île est victime de son succès : parfois tous les hôtels sont pris d'assaut. Il faut chercher alors des chambres indépendantes directement chez l'habitant. Le soir venu, les gens du village s'affichent devant leurs maisons, ou déambulent nonchalamment. Des marchands ambulants pressent des oranges et ouvrent des cocos pour en extraire et vendre le jus. L'endroit préféré de beaucoup, pour bavarder, est la croisée des chemins, devant la boutique " chez Morgan's ". On dit de Morgan qu'il est le descendant du pirate du même nom et que le trésor de celui-ci se trouverait toujours caché quelque part dans l'île... 18 heures, c'est l'heure joyeuse, ou comme on dit ici "the happy hour". En clair, c’est l’heure de l'apéro ! Tous les voyageurs de l'île semblent s'être donné rendez-vous au "Coco Loco", un de ces bars sur pilotis. C'est de là que j'admire mon premier coucher de soleil sur Utila. Puis le second et les suivants… Musique, boissons et tchatche. Des villageois se mélangent aux voyageurs, tout le monde échange sans complexe. Un peu avant 23 heures, les lieux se vident : c'est l'heure à laquelle on coupe l'électricité sur toute l'île ! Plus de musique, plus de lumière !

Honduras : Utila, perle de la baieL'île est avant tout une destination dédiée aux amoureux de la plongée sous marine. Il existe de nombreux clubs, la plupart proposent d’ailleurs des formules "cours de plongée + logement". Cette formule d’hébergement, dans une maison située directement au dessus de l'eau et à deux pas du club, ne coûte que quelques $ par personne et par jour !!! Inutile de vous dire qu’à ce tarif, l’île est le point de passage obligé de tous les "bacpackers". Et plus précisément de ceux qui préfèrent remplacer leur sac à dos par une bouteille de plongée pour un sacré bout de temps ! Les plongeurs certifiés sont eux aussi satisfaits : nulle part ailleurs dans le monde vous ne trouverez des prix aussi bas pour plonger ! Le récif corallien, bien que chahuté par le cyclone Mitch il y a deux ans, est riche en vie. Grottes sous marines et épaves agrémentent les plaisirs sous l'eau. Les plus belles plongées sont à prévoir au nord de l'île. Les tombants y sont impressionnants, avec une belle faune abondante. Des rencontres sont fréquentes avec des requins dormeurs, des raies et bien souvent des tortues. Hélas, je n'ai pas eu la chance d'en croiser la moindre lors de mes plongées! La norme des plongées est celle de l'enseignement PADI, mais les affiliations CMAS et NAUI sont reconnues également. Attention tout de même à la qualité de la prestation offerte par les clubs : vu la petitesse des prix, il est fréquent de constater des abus sur la qualité des prestations ! A vous de faire le tour des divers clubs avant de vous engager. Il y a peu de plages à Utila, la bordure côtière est plutôt rocheuse. Pour profiter de belles plages il faut se rendre, en bateau hors bord, sur l’un des îlots situés à l'extrémité ouest d'Utila. Des opérateurs proposent des formules à la journée avec repas compris. On peut parcourir les sentiers de l'île à pied ou bien louer des vélos. Il n'y a qu'une colline d'une centaine de mètres d'altitude et les chemins de terre sont plats et faciles. Dès que l'on sort du village, vers l'ouest, on est immédiatement surpris par le calme et les chants des oiseaux, vivant à proximité des lagunes. Des pêcheurs proposent d'ailleurs une promenade sur ses eaux calmes. Je n'ai pas eu cette chance lors de mon passage : les piroguiers faisaient peut-être leur sieste…? Si vous avez de la chance vous apercevrez peut-être, un de ces iguanes noirs, endémique d'Utila. Ils sont difficiles à observer car très peureux. Ils s'enfuient au moindre bruit. A moins de deux kilomètres du village, la lagune coupe la route. Il est impossible de continuer vers l'ouest sans bateau. On peut profiter de l'arrêt au bout du chemin où il y a un bar. Ici on peut louer un hamac pour un prix symbolique et l'accrocher entre deux cocotiers au bord de l'eau. Quel bonheur de pouvoir passer quelques heures à l'ombre des cocotiers, à se balancer au gré de la brise…! Autre passe temps pour vacanciers : la pêche au gros. Avec un peu de chance, on peut ici attraper un "kingfish" de plus de cent kilos. Côté gastronomie il y a ce qu’il faut, pour tous les goûts…. ou presque. Comme vous vous en doutez, poissons et fruits de mer tiennent le haut du panier. Mais ils sont garantis frais ! Pour les amateurs de déco, voici une curiosité : le restaurant – bar "Jade Seahorse". La gérante, Julia, vous fera faire le tour de ce lieu magique : c'est un véritable musée d'art moderne ! La déco et l'architecture ont été imaginées et réalisées par un professeur d'arts plastiques en la personne de l'époux de Julia. Le bar est situé sur le pont d'un bateau, lui-même construit au dessus du jardin, des bananiers et autres plantes, toutes bruissantes de colibris qui butinent de fleur en fleur. Non seulement le lieu est unique, mais en plus on y mange et boit très bien. Si vous disposez d’un peu de temps sur l’île, assistez à l'arrivée ou au départ de l’un des navires de ravitaillement. C'est toujours un spectacle amusant et riche en couleurs. L'île est petite, vraiment petite. Certains s’y rendent le temps d'un cours de plongée, tout au plus parfois pour une semaine ou deux de farniente. D'autres y débarquent pour quelques jours et finalement s’y installent pour plusieurs mois, voire plusieurs années. Un italien, rencontré un soir au Coco Loco, m'a raconté ceci : …"Quand t'es là depuis une semaine t'as l'impression d'être arrivé seulement hier. Tu racontes aux nouveaux venus que t'es ici depuis quelques semaines, mais on te rappelle que cela fait déjà trois mois depuis ton premier jour. C'est seulement quand tes meilleurs amis, connus sur place, s'en vont que tu te rends compte qu'en fait, ça fait déjà un an que t'as jeté l'ancre sur cette île….! C'est ça la magie d’Utila !"… Alors... rendez-vous à Utila pour changer d'air ? Je suis sûr que vous apprécierez son ambiance, sa douceur de vivre, ses habitants qui savent rendre le sourire avec le bénéfice de la sincérité venant tout droit du cœur…

Partager
Michel Julien | 22.12.2003 | 1305 visites | 0Favoris |
3
photos associées
Honduras : Utila, perle de la baieHonduras : Utila, perle de la baieHonduras : Utila, perle de la baie

info plusinfo plus

Tuyaux … Tuyaux… Tuyaux…

En partant de Paris, environ 9 heures de vol sont nécessaires pour arriver à Tegucigalpa, la capitale. Il existe des vols quotidiens pour se rendre directement sur la côte, mais le choix de la voie terrestre me semble plus intéressant : on peut alors profiter de paysages fantastiques et de la découverte des activités locales de la population. Pour ne rien gâcher, le transport en bus n’est vraiment pas cher.

Toutefois, si vous choisissez ce moyen de transport, n’oubliez pas préciser, lors de l’achat de votre billet, “un directo, por favor” . Si vous ne le signifiez pas, votre bus vous mènera à bon port mais s’arrêtera sans cesse pour prendre ou laisser descendre des passagers. La différence de prix est infime entre les deux typologies de parcours.

Je recommande de partir très tôt le matin. Le bus traverse des paysages montagneux avec des volcans ça et là. C’est un petit pays, le Honduras. Quatre heures de route seulement suffisent pour arriver dans la ville de San Pedro Sula, passage obligé pour continuer plus en avant sur la côte.

Arrivé dans cette ville bruyante, sur polluée et sans aucun attrait touristique, il vaut mieux continuer son chemin directement à La Ceiba à 3 heures de là. Avec un peu de chance on peut prendre le dernier avion ou bateau pour Utila le jour même.

De La Ceiba il y a 3-4 vols quotidiens. Des bateaux effectuent la navette une fois par jour. Attention : les horaires des départs sont aléatoires pour tout de même 1 à 3 heures de traversée et peu d’économie par rapport au prix d’un billet d’avion. Alors … à quoi bon se priver ?

Pratique :

Tout voyageur peut se débrouiller avec un minimum de connaissances en anglais ou en espagnol.

Coût moyen de la vie sur place : avec 20 $ par personne on s’en sort à l’aise, nourriture et logement compris ! Hôtels de 4$ à 100$ selon son porte monnaie. Plongée libre 33 $ pour 2 immersions, ou forfaits meilleur marché encore ! Cours de plongée “Open water” de 4 jours : 150 $. Le voyageur a le choix entre deux banques sur l’île. Il est tout à fait facile de retirer de l’argent avec une carte de crédit de type “Visa”. Il existe même deux agences de voyage avec possibilités de réserver des vols internationaux, d’organiser des excursions aux îlots (cayes) ou bien sur les autres îles de la Baie. Electricité : 110 V, prises plates à l’américaine. Des averses chaudes de courte durée peuvent arroser l’île à tout moment de la journée : prévoir ! Et pour rester branché : deux cybercafés sont installés dans le centre du village ! !

0
commentaires à ce reportage
Souhaitez-vous faire un nouveau commentaire ? Cliquer ici
Créer un compte

Aujourd’hui voyageur,
demain rédacteur...

Une sélection de 3 articles sera mise en avant chaque mois

Créer un compte
Envoi d'un site thématique

Thématiques : farfouillez avec nous !

Si vous connaissez l'adresse d'une "pépite du net", n'hésitez pas à la partager avec nous !

Envoi d'un site thématique
Envoi d'un site utile

Développons ensemble l'annuaire des sites utiles

Vous connaissez un site utile pour les voyageurs ? Indexez-le dans notre annuaire.

Envoi d'un site utile