Inde : Balade à Pondichéry

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Cécile Drévillon | 27.04.2006 | 1151 visites | 0Favoris |
Cécile Drévillon

Balade à Pondichéry

Inde : Balade à PondichéryQuelques semaines auparavant, j’avais fait une courte étape à Pondichéry. Mais j’avais du repartir après une nuit seulement, avec un peu d’amertume car en quelques heures seulement, cet ancien comptoir français m’avait déjà charmée. Aussi, lorsque mes pas m’ont ramenée à Mahabalipuram, petite ville touristique à environ 130 kilomètres de Pondichéry, et que j’avais en plus quelques jours de liberté devant moi, je me suis décidée sans hésitation à y retourner pour vérifier cette première impression. <b>L’Express de Madras</b> La veille, je m’étais rendue à la station de bus du village pour avoir quelques renseignements. Je n’avais pas retenu tous les détails, mais avais vaguement compris que le bus ECR – Express Coast Road - de Madras à destination de « Pondi » passait environ toutes les demi-heures et que le trajet mettait deux heures environ, grâce à l’autoroute qui suit la côte. Le lendemain matin, retour à la station et début de l’attente. D’après le tableau extérieur, le prochain bus devrait être là dans un quart d’heure et de toutes façons a priori dans une demie heure maximum. Finalement, le temps s’écoule, des bus arrivent à intervalle régulier dans un nuage de poussière, bariolés, colorés, klaxonnant pour se frayer un passage entre les piétons et les vaches (sacrées bien sur). A chaque fois, je jette un coup d’œil interrogatif au chef de station, et me lève quand je pense que c’est le bon. A chaque fois pourtant, d’un petit geste de la main, il me montre que je peux me rasseoir…je dois sembler bien impatiente ! Finalement, le voila au bout d’une heure et demie environ. L’Express a pris son temps ! Mais la bonne nouvelle, c’est que ce bus n’est pas plein, et je peux donc tranquillement m’asseoir sur une des banquettes de skaï.

Inde : Balade à PondichéryA l’intérieur, il y a quelques touristes, mais ce sont surtout des indiens. Nous repartons comme il était arrivé ; sous les coups de klaxons. D’ailleurs, sur la route, tous les prétextes sont bons également pour klaxonner, et notamment dès qu’il veut doubler. A l’intérieur, il fait plutôt frais, grâce à la climatisation naturelle ; ce courant d’air créé par les fenêtres qui n’ont pas de vitres. Un heure plus loin, arrêt technique d’une dizaine de minutes, sur le parking d’un restaurant. Quelques en-cas à grignoter, et des toilettes recouvertes de peintures murales superbes. Nous arrivons à Pondichéry une heure plus tard à la station centrale de bus qui est située à l’est du centre-ville. Première urgence : changer ce billet de 500 roupies. C’est la seule monnaie que j’ai, et le chauffeur du rickshaw qui m’emmènera au centre ville n’aura sans doute aucune monnaie. Je demande au rickshaw de m’emmener au carrefour que j’avais repéré lors de mon premier passage ; le croisement de M.G Road (pour Mahatma Gandhi) et Nehru Street, à deux pas du marché central, que je n’avais pas eu le temps de découvrir.

Eveil des sens au marché central

Inde : Balade à PondichéryLe marché en cette fin de matinée est en pleine activité. Dans le coin des fleurs, les femmes vendent des œillets et du jasmin fraîchement coupés. C’est un festival de couleurs et d’odeurs. Un peu plus loin, des hommes fabriquent des colliers de fleurs de jasmin. Avec une incroyable dextérité, ils piquent les queues des fleurs entre trois brins de ficelle qu’ils tressent. Ce sont ces mêmes guirlandes de fleurs, porte -bonheurs du quotidien, que l’on retrouve un peu partout ; dans les tresses des femmes, en offrande dans les temples, ou accrochées au dessus du tableau de bord des bus. En s’enfonçant un peu plus vers le fond du marché, d’autres stands variés se succèdent ; les vendeurs de bijoux fantaisie attirent l’œil des jeunes indiennes coquettes, les vendeurs d’ustensiles de cuisine et de gamelles ceux des ménagères. Je m’arrête devant un de ces étals, qui semble être quelque chose comme un bazar ou une droguerie, et où sont suspendus des petits sacs en tissu. Ce sont des sacs publicitaires que l’on voit partout aux mains des indiens, et que je trouve beaucoup plus élégants que les vulgaires sacs en plastique. Me hissant sur la pointe des pieds pour les regarder de plus près, je découvre qu’effectivement la plupart vantent les mérites de bijouteries ou de magasins de vêtements. Mais ceux qui me plaisent le plus sont en fait des sacs de fiançailles et de mariage ; les noms du couple et la date de l’évènement sont imprimés sur chaque face du sac. Je ne résiste pas et je repars avec quelques exemplaires. Un peu plus loin encore, les marchands d’épices et leurs étals multicolores réveillent mon odorat; Les odeurs emplissent l’air et font un curieux mélange. Je reconnais parmi les tas la cardamone, l’anis étoilé, le poivre et le safran. Au dessus des épices, des guirlandes de dosettes individuelles très colorées s’agitent et bruissent sous l’effet d’un léger courant d’air. Je sors finalement du marché, non sans avoir acheté quelques friandises; ces graines d’anis recouvertes de sucre, excellentes à la fin du repas et idéales dit-on pour la digestion.

Pâtisseries indiennes

Inde : Balade à PondichéryMe revoici au carrefour névralgique des rues Nehru/ Gandhi, mon regard est attiré par les superbes vitrines colorées d’une pâtisserie située juste en face, de l’autre côté de la rue. Je traverse au milieu de la circulation dense mélangeant 2 roues avec ou sans moteur, mais toujours avec klaxon, vaches et quelques rares voitures, et m’approche pour voir cela de plus près. Vert pomme, jaune vif, rouge, orange...il y a ici encore tant de couleurs que je me délecte déjà rien qu’à regarder ces pâtisseries, bien alignées dans la vitrine. Forcément, un petit échantillon varié s’impose, mais le choix s’avère difficile. La variété des couleurs ne se retrouve pas vraiment au niveau du goût ; ils sont tous au lait, très sucrés, très denses, mais plutôt bons. Moins sûr que ce soit bon pour la ligne ! Pendant que je déguste en buvant un jus de mangue frais, les vendeurs me font la causette. Plus exactement, ils me bombardent de questions et veulent savoir d’où je viens, si j’aime l’inde et surtout si je suis mariée. Quand je leur réponds que je n’ai pas trouvé encore de mari, ils me disent qu’ils peuvent s’en occuper. Il faut que je revienne vite, et ils s’occuperont de tout…Rassasiée, je reprends mon chemin en répondant que je vais réfléchir à cette offre très tentante…

Contrastes dans la ville blanche

Inde : Balade à PondichéryJe continue mon chemin en remontant vers le nord, puis bifurque vers l’Est. Dans cette ville où les rues sont coupées au cordeau, l’orientation est assez facile. En plus, un canal coupe la ville en deux du nord au sud, délimitant ainsi la ville noire de la ville blanche, la ville européenne. La traversée du canal, étroit et asséché est effectivement une frontière discrète mais efficace, et à peine franchi, le contraste est saisissant : Après l’agitation de la ville noire, ici, tout est calme et paisible ; les demeures coloniales ont une belle architecture et sont souvent restaurées. Elles ont fière allure dans ces rues agréables bordées d’arbres. A chaque coin de rue, les plaques émaillées plus ou moins abîmées par le temps égrènent à la fois en français et en tamoul ces noms qui témoignent du long passé français de la ville ; rue de la Marine, rue Dumas, rue Saint-Louis ou rue Romain Rolland… Je passe devant toutes les institutions héritées de cette époque où Pondichéry était un petit bout de France et qui sont toujours en activité; l’Ecole d’Extrême Orient, le lycée français, le consulat de France, l’Alliance Française. Le quartier semble un peu endormi, alangui, jusqu’à ce que j’arrive à hauteur d’une école primaire, justement à l’heure de sortie.

Inde : Balade à PondichéryTout à coup, c’est à nouveau l’effervescence ; les rickshaws tonitruants viennent chercher les écoliers pour les ramener à la maison. Les enfants, en uniformes bleus et blancs s’entassent dans une ambiance joyeuse à 5 ou 6 sur l’étroite banquette de moleskine, là où nous, adultes occidentaux, tenons au maximum à 2. A quelques rues de là, un autre endroit détonne dans ce quartier si tranquille : un peu caché dans une étroite rue transversale, c’est dans le temple hindouiste de Manakula Vinayagar que semble se concentrer toute l’animation du quartier. En cette fin d’après-midi, les abords de ce temple dédié à Ganesh sont déjà très animés ; les marchands à l’entrée proposent des kits pour les offrandes, ainsi que toute sorte de souvenirs pour les pèlerins et les touristes ; des médailles, des statuettes ou du henné. Une fois déchaussée comme le veut la religion, je pénètre dans le temple enfumé. Au centre, les hindous font la queue pour recevoir la bénédiction du brahmane, qui en échange d’une offrande énonce quelques phrases sacrées et dessine un trait de poudre blanche sur le front des fidèles. Mais attention, le recueillement est court, et une fois la bénédiction reçue, le service d’ordre pousse les fidèles vers la sortie pour libérer la place…. Des haut-parleurs diffuse un bruit de fond fait de mantras, ces textes sacrés dits sur un rythme lancinant. Je ressors par une autre porte après avoir fait le tour de temple, juste aux pieds de l’éléphant, immense et orné de ses plus beaux habits. Autour de lui les gens se pressent, et les enfants s’amusent à lui donner des offrandes et des fruits sous l’œil vigilant du cornac.

Inde : Balade à PondichéryMes pas m’emmènent enfin jusqu’au front de mer. Moi qui pensais pouvoir me poser un peu au bord de l’eau, je suis surprise de ne pas trouver de plage. En effet, sur toute la ville, la côte est recouverte d’une digue en galets. Mais comme ce n’est pas dans le mode de vie des Indiens de se baigner ou de s’allonger pendant des heures sur une plage, sans doute que ce n’est frustrant que pour les touristes, qui doivent du coup faire quelques kilomètres à l’extérieur de la ville pour se rafraîchir. Cependant, cette digue a été salvatrice lors du récent tsunami en cassant la vague et l’empêchant ainsi de pénétrer dans la ville. La promenade du front de mer, que je fais en direction du sud est néanmoins très agréable, et le petit air frais et iodé qui souffle est le bienvenu. C’est le lieu de promenade préféré des pondichériens et en cette fin d’après-midi, tandis que la lumière se fait plus douce, et l’air plus frais, les promeneurs commencent à arriver. Je m’apprête à quitter ce quartier et retourne donc vers l’ouest de la ville et la ville noire. A côté du front de mer, au détour d’une rue, je tombe encore sur un spectacle étonnant : des joueurs de pétanque ! Encore un reste du passé français de la ville.

Sur le chemin du retour

Inde : Balade à PondichéryDès que je retraverse le canal, l’animation est de retour. Je passe devant un cinéma au moment de la sortie, ce qui explique l’affluence dans les rues alentours. Les grandes affiches placardées juste au-dessus révèlent que ce n’était sans doute pas un de ces longs films romantiques de bollywood qui était au programme ; ça ressemble plus à un film d’action sans doute plutôt violent. Je remarque davantage de peintures murales dans ce quartier que dans la partie blanche. Ces peintures rajoutent encore des touches de couleur à l’ensemble. Certaines sont à caractère informatif, et vantent par exemple les mérites du planning familial local. D’autres sont purement publicitaires et vantent les mérites d’une marque de vêtements ou la qualité des produits du magasin devant lequel elles sont réalisées.

Inde : Balade à PondichéryAttirée par un temple aux couleurs vives au coin de l’artère principale, ma curiosité est soudain attisée par un doux ronronnement dans une petite ruelle perpendiculaire. C’est un tailleur qui, installé devant sa maison mais presque au milieu de la rue, appuie les pieds nus sur la pédale de sa machine à coudre Kumar, tout en discutant à discuter avec son client. La nuit commence désormais à tomber et les échoppes s’éclairent les unes après les autres. Il est temps de penser au retour, alors je hèle un rickshaw qui me ramène à la station de bus. J’arrive juste au moment où part l’express pour Madras qui s’arrêtera à Mahabalipuram. Je m’assois près d’une fenêtre, un peu fourbue de cette journée passée à marcher, mais complètement sous le charme de cette ville attachante et de ses contrastes de chaque instant.

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Cécile Drévillon | 27.04.2006 | 1151 visites | 0Favoris |
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Avant le voyage :

  • Se renseigner à l’office du Tourisme de l’Inde :

11-13, Boulevard Haussmann
75009 Paris - France
Tel: +33 (1) 45 23 30 45
Fax: +33 (1) 45 23 33 45
 
www.indiatourismparis.com

 

 

  • Aller à Pondichéry :

·         Depuis Chennai (Madras) : En bus, compter 3h environ. Des départs toute la journée. Depuis la station Chennai Mofussil Bus Terminal. En train, moins pratique, 2 changements.

·         Depuis Mahabalipuram : Compter 2 h en bus. Bus toute la journée.

  

 

Sur place :

  • Se régaler au restaurant Satsanga, 30, La Bourdonnais St. (ville blanche). Cuisine franco-indienne dans un cadre verdoyant et paisible
  • Prendre un dessert à la pâtisserie, à l’angle de M.G. Road et Gandhi Street, près du marché central
  • Se promener pour digérer le long du cours Goubert, en fin d’après-midi

 

Pour prolonger un peu :

 

  • A Paris, retrouver l’ambiance en flânant rue du Faubourg Saint-Denis (M. Gare du Nord/ M. La Chapelle) dans les épiceries, les magasins de vidéos où trouver des films « Bollywood » de 3 heures sans sous-titres, et tester les restaurants de la rue Cail.

 

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