
Inde
INDE: Escale Indienne, Jammu et Cachemire
Shrinagar: à bord du Jamaïqa
Une bombe vient d’exploser dans la ville il y a trois jours et les militaires sont postés le long de la route qui mène à Shrinagar. Des différends politico-religieux éloignent les touristes depuis plusieurs années de cette région magnifique :
le Jammu et Cachemire.
Vallée mythique que cette vallée du Cachemire au climat presque méditerranéen où se côtoient temples et mosquées….On circule sur des routes à travers des montagnes aux essences de pins, des forêts de bois de bouleaux, de saules, de cèdres, de noyers, des champs de safran (le safran très étonnement est une fleur bleue au pistil jaune et rouge, récolté en septembre et qui peut être vendu jusqu’à 60 roupies le gramme). Les villages, aux maisons faites de briques et de bois, sont installés près des rivières…au bord de la route, on croise des échoppes de vendeur de miel et …de battes de cricket multicolores !
Nous sommes encore à l’intérieur du bus quand un rabatteur nous aperçoit, il monte et presque en pleurant va nous convaincre de rester quelques jours à bord du « Jamaïqa » , le plus sympathique des bateaux du lac…le voyageur est si rare !
Il nous confie à un batelier qui nous conduira à bord.
Nous montons dans sa « shikaras » les gondoles du Chachemire. Elles sont toutes capitonnées de matelas douillets et peintes de fleurs jaunes et rouges, elles dansent sur l’eau, les unes à côté des autres, celles très chics narguent les plus modestes et robustes barques qui transportent quotidiennement gens et marchandises.
Il nous confie à un batelier qui nous conduira à bord.
Nous montons dans sa « shikaras » les gondoles du Chachemire. Elles sont toutes capitonnées de matelas douillets et peintes de fleurs jaunes et rouges, elles dansent sur l’eau, les unes à côté des autres, celles très chics narguent les plus modestes et robustes barques qui transportent quotidiennement gens et marchandises.
Shrinagar est la Venise de l’Inde. Elle est installée nonchalement au bord de son immense lac composé de trois lacs : le lac Dal, le Nagin lac et le Golden lac qui sont entièrement recouverts d’un tapis de lotus roses et blancs et animés du chant des oiseaux. Ces lacs sont entourés de montagnes de pins qui veillent sur ses « houses- boat » .
Le batelier musulman aux yeux vert-bleu, couleur du lac, à le visage à la fois lisse et buriné, il parle un anglais très élégant comme s’il faisait glisser les mots . En souriant, il raconte qu’aujourd’hui il y a près de 1500 maisons sur l’eau contre 4O à l’époque des anglais qui avaient, de cette manière, habilement détournés l’interdiction de construire sur le sol indien. Les plus anciens bateaux datent du milieu du 19ème siècle et peuvent avoir jusqu’à 7 pièces et 5 salles de bains…
Ils sont alignés les uns près des autres, certains entretenus avec difficultés, d’autres abandonnés, ils attendent avec impatience le retour des riches heures d’un tourisme généreux ! Les plus grands comme les plus modestes sont tous décorés dans le plus pur style cachemiri : vérandas en bois manifiquement ciselées d’oiseaux et de fleurs, salon à l’ameublement lourd et imposant, de larges lits, de grands lustres de cristal..
La balade sur ces lacs immenses révèlent toute une force de vie au fil de l’eau. Nous glissons sur des routes d’eau ombragées à travers les maisons de bois et leurs jardins, remplis de haricots, de tomates, de concombres, sont posés sur des îlots d’algues et de vase.
Nous faisons halte à la grande mosquée du village pour acheter les ingrédients pour le thé que le batelier nous prépare et que nous dégustons à l’intérieur de la « shikaras ». Autour de la mosquée, les préparatifs d’un mariage s’installent..
De simples barques servent de rendez-vous amoureux, de lieu de rencontre pour discuter, de boutiques et parfois même de salon de coiffure...
Les boutiques-barques, telles des voyageuses de commerce, sont les plus nombreuses: marchands de tissus, épiciers, bouchers, tailleurs, bijoutiers ; toutes la journée elles accostent près des « houses-boats » et visitent les villages sur l’eau pour proposer leurs marchandises.
Nous arrivons doucement près du « Jamaïqa » niché au fond du Nagin lac avec quelques autres bateaux joyeusement égarés entre les lotus près des village. Le propriètaire nous accueille chaleureusement, si content de nous voir ! Il nous installe sous la véranda ciselée et recouverte d’une douce et large banquette puis nous apporte le thé cardamone-citron-cannelle, délicieux et si raffiné.
Le soir venu, il insiste pour que nous venions partager le repas familial pour avoir l’occasion de bavarder un peu. Toute la famille vit sur une barque en bien mauvais état juste derrière l’élégant « house boat » réservé aux voyageurs !
Le vendredi, c’est le jour où l’on entretien les routes de montagne, aucun bus ni aucune jeep ne circulent ; c’est aussi le jour où l’on peut voir se promener les familles au bord du lac, on y parle arabe, persan, cachemiri et hindi... Quelques hommes descendus des montagnes forment un groupe et discutent, ils portent des burnous et de grands châles autour du cou, ils ont les cheveux et la barbe teints au henné, les femmes au teint très clair portent le large pendjabi avec de longs foulards noués derrière la tête à la façon des femmes d’asie centrale. Il y a aussi de jeunes étudiants en jeans et tee shirt : ils viennent des hautes vallées du Nord et descendent étudier à Shrinagar ou à Jammu, berceaux de nombreuses universités (sciences, médecine, chimie) et de nombreux collèges.
Le soir tombe sur le « Jamaïqa » et la brume descend des montagnes qui étalent leur luxe de couleurs : des violets d’iris pour les bases, des roses de pivoines pour les cîmes. Au petit matin, la brume les redécouvre…
Le jour se lève. Les barques, les unes derrières les autres, guidées par les femmes glissent doucement avec un léger clapotis ; ce sont les ramasseuses de feuilles de lotus, de bois ou de légumes, elles partent livrer leur chargement jusqu’à la ville.
Que de rencontres attachantes, de gens curieux, instruits, attentifs, au sourire et à l’humour tranquilles, avec qui nous avons longuement bavardés sans pouvoir donner de réponse à leur désarroi.





