Inde : Le Rajasthan à dos de cheval !

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Inde : Le Rajasthan à dos de cheval !

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Jérôme Bellaize | 20.09.2005 | 648 visites | 0Favoris |
Jérôme Bellaize

"Namasté ! Namasté !». L’accueil est chaleureux, bon enfant. Les paroles de bienvenues et de salutations à chaque village, au coin du chemin surprennent l’européen habitué à plus de retenue. Les enfants espiègles et curieux accourent auprès des chevaux et lancent de multiples "Hello" à l’encontre du cavalier. Et se moquent peut être gentiment de son allure et de son visage rougi par le soleil. Les mamans au loin, drapées de saris chatoyants jaunes, roses, rouges nous regardent et répondent à nos salutations d’un large sourire. Leurs dents blanches illuminent alors leur visage sombre. L’image est saisissante.

Sur un cheval de légende, le Marwari...

Découvrir le Rajasthan au-delà des centres touristiques se mérite. Et pourtant il suffit de peu. La randonnée à cheval le permet de façon respectueuse et tout en douceur. S’enfoncer au cœur des campagnes vierges et souriantes, là où le bus et la voiture ne passent pas. Dinesh notre guide est un amoureux du cheval. Sa ferme compte une huitaine de chevaux, des Marwaris pour la plupart. Cette race locale originaire du Marwar, région située autour de Jodhpur et d’Udaipur, est une excellente monture de randonnée. Ce cheval étonne par ses oreilles très mobiles qui se rejoignent et se touchent à leur extrémité. Résistant et fiable, il est particulièrement bien adapté à cet environnement chaud et sec. Bien implanté dans la région, Dinesh loue aussi ses chevaux à l’occasion des mariages traditionnels. En effet il est de coutume pour les mariés de traverser leur village à cheval pendant la cérémonie. La tradition est d’importance, durant quelques heures les mariés richement vêtus auront l’impression de vivre tel un maharajah.

Attention aux buffles...

Le départ de la ferme, située à quelques kilomètres d'Udaipur, est agréable et prometteur. A la joie de monter à cheval s’ajoute le sentiment d’aller au-delà des sentiers battus, à la rencontre d’une nature intacte et préservée. Très vite nous quittons les abords d’une route très peu fréquentée, pour prendre un chemin de terre et de caillasse, le long de champs cultivés. Le blé est la principale culture, pour le fourrage et le foin. Quelques plantations de bambou aussi. De nombreux paysans vivent des troupeaux de chèvres et de buffles, animaux très craintifs. A la vue des chevaux ils s’écartent du chemin, regardent avec méfiance, s’agitent et s’enfuient le plus vite et loin possible. Il va de soi qu’il faut éviter tout geste brusque. La conduite de ces troupeaux est en général à la charge des femmes et des enfants. Les hommes se consacrent aux travaux des champs plus durs physiquement. Certains sont employés à la réfection des routes et à la construction de murets le long des champs, routes et collines. Ces murets délimitent et protègent ainsi les habitations et cultures des animaux sauvages tels que hyènes, antilopes et semble-t-il léopards.

Des puits et des cruches

Dinesh nous explique le système de récupération des eaux, grâce aux puits construits à intervalles réguliers. Essentiels à tous, ils viennent en complément des lits de rivières et des conduits cimentés à même le sol qui recueillent les pluies de mousson. Au détour d'un chemin, des femmes assises à l'indienne, c'est-à-dire accroupies de façon stable sur la plante des pieds, attendent visiblement quelque chose. Souriantes, elles nous regardent étonnées et amusées. Devant elles, sont posées de nombreuses cruches brillantes en cuivre, qui reflètent par un jeu de miroir et de réverbération, les couleurs chatoyantes des saris. Le rajasthan envoûte. En raison de pluie de mousson faible, le gouvernement approvisionne en eau chaque jour, par camion citerne, les villages qui en ont le plus besoin. L'occasion aussi pour ces femmes de se retrouver entre elles et de perpétuer les traditions orales de transmission des nouvelles quotidiennes.

Un chaï !

Nous faisons une halte aux abords d’un village. Nous prenons un thé à l’indienne, un chaï au lait sucré et parfumé de cardamome et d’épices. Un régal pour le palais ! Les chevaux soufflent aussi et s’abreuvent à un point d’eau. Eux aussi ont droit de se désaltérer. L’ambiance est détendue, quelques échanges s’instaurent. Des rires, bien compréhensibles, saluent la mise en selle difficile.

Nous reprenons notre chemin à travers un village de quelques maisons. Beaucoup de chiens, comme partout en Inde, se prélassent au soleil au milieu des rues. L’organisation des villages reste quasiment inchangée. Au centre les castes dites dominantes vivent dans de belles habitations près du temple. Autour et en périphérie se trouvent les castes de rang et de pureté inférieurs. En principe les intouchables logent en marge du village. Pourtant les temps changent et certaines réussites financières permettent aux familles des castes inférieures la construction de véritables palais en miniature.

La route s'élève...

Nous continuons par une petite route qui s’élève et serpente paresseusement le long d’une colline. Au loin une caravane de chameaux se dirige dans notre direction. Le chamelier nous fait signe et nous salue. Les modes de déplacement sont décidément variés. La pente se fait plus raide. La végétation plus rare reste verdoyante aux endroits approvisionnés en eau. Dinesh nous a prévu une surprise en haut de la colline. Le bout de terre sur lequel nous nous trouvons à présent relève en effet une vue panoramique fantastique et grandiose de la région. Et lui, ravi, de nous montrer du doigt quelques chemins empruntés pour venir jusqu’ici. Le soleil se couche, le bivouac se fera ce soir dans une petite auberge tenue par des agents des Eaux et Forêts du Rajasthan. Les chevaux sont massés, brossés et délestés des selles. Du fourrage en abondance et un régime alimentaire à base de céréales et d’eau vient en complément. La nuit est douce, fraîche, agréable pour le repos.

Attroupement d'écoliers !

Au matin nous nous arrêtons dans un village. Une foule d’enfants accourent et nous entourent. Dix, vingt, trente peut être. A ma surprise de les voir vêtus d’uniformes bleus, Dinesh explique que c’est l’habit des écoliers, chemisettes et pantalons pour les garçons, jupettes pour les filles. Ils sont joyeux et souriants. Je descends de cheval et doit serrer la main de chacun d’entre eux. Les femmes au loin rassemblent le blé en tas et le ficelle. Curieuses elles s’arrêtent et observent ce curieux attroupement. Je leur fais de grands signes auxquels elles répondent volontiers. Gestes ancestraux communs à tous les peuples et dénués ici de toutes attentes et quémandes. Il est courant d'ailleurs de rencontrer en chemin, au milieu de nulle part, un groupe d'écoliers se rendant à pied à leur école. L'institutrice d'une petite école de plusieurs villages, nous accueille un peu plus loin. Elle interroge Deepak, un élève sur des problèmes de calcul. Visiblement, me chuchote Dinesh, il s'en sort plutôt bien !

Au coeur de l'Inde

Les étapes se poursuivent paisiblement à travers villages et campagnes cultivées, lits de rivières et des parties plus désertiques, sèches. A raison de 5 à 6 heures de randonnée nous parcourons 20 à 25 kilomètres par jour, agrémenté de pauses et de repos. Le Rajasthan à dos de cheval nous donne une occasion unique et réelle de rencontres inattendues, loin du tumulte bruyant des villes touristiques. Les regards, les gestes sont simples et humains. Le cheval facilite le contact et permet alors d’aller au cœur des terres indiennes, colorées et vivantes.

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Infos Pratiques :

 

 

Ø Formalités : Passeport en cours de validité et visa.

Consulat / Service des visas : 20-22, rue Alberic-Magnard, 75016 Paris.

Tél : 01 40 50 71 71.

Pas de vaccin obligatoire mais traitement antipaludéen et protection contre les moustiques conseillés.

 

Office du Tourisme de l’Inde : 13, bd Haussmann 75009 PARIS. Tél : 01 45 23 30 45.

www.india-tourism.com

 

Ø Dinesh Jain organise des randonnées tout au long de l’année, à partir des environs d’Udaipur.

Tarifs selon la formule choisit et dégressif : 45 / 50 dollars par jour et nuitée, par personne, tout compris. Bivouacs et nuits en auberges.

Meilleur période : octobre à début avril.

Parle très bien l’anglais, sa femme est hollandaise.

 

Adresse : Kumbha Palace, Dinesh et Francine JAIN, 104, Bhatiyani Chohatta, Udaipur 313001, Rajhasthan, India.

Tel : ( 00-91 ) 0294 422702. Fax : (00-91) 0294 412160.

Site du Ranch et des prestations : http://www.krishnaranch.da.ru

 

Ø Quelques rendez-vous à ne pas manquer en 2004, au Rajasthan :

            - Foire du Teej à Jaipur : 19/20 août.

            - Foire de Pushkar : 23-26 novembre.

 

Ø A voir absolument LAGAAN (de Ashutosh Gowariker, 2001), un film magnifique sur la non-violence et la survie d’un groupe de paysans. Avec en toile de fond l’Inde profonde et rurale.

 

Ø A lire : Des évocations à la fois poétiques et populaires de la culture indienne, pour se familiariser progressivement avec cet immense pays.

 - Un des pionniers de la littérature indienne R.K. Narayan, et sa ville imaginaire de Malgudi :” Swami et ses amis”, “Le licencié es lettres” et “Le professeur d’Anglais”. Editions Acropole.

- Kiran Desai, “Le gourou sur la branche”.

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