
Inde
Inde : Les cavaliers des cîmes du Zanskar
L'hiver est rude au Zanskar. Coupé du monde l'hiver par une neige abondante et une température de l'ordre de -10 degrès, ce playeau himalayen d'altitude moyenne de 3000 à 4000 mètres, s'éveille à nouveau l'été sous un soleil ardent et salutaire. Les Zanskaris peuvent alors reprendre un rythme de vie normal et se réapprovisionner en nourriture et ustensiles divers au chef-lieu, Padum ou aux villages distants pour les plus éloignés de 4 à 5 jours de marche. En plaine il ne pousse pas de fruits et légumes, sinon quelques oignons, petits pois et des sortes d'épinards. La seule céréale, l'orge ne suffit pas à nourrir de façon correcte et suffisante une population d'environ 8500 habitants.
Dans cette région aride et sauvage, le cheval accompagne encore le paysan, le moine dans leurs moindres déplacements. Il est indispensable à la vie de tous les jours. Les Zanskaris s'attachent moins à son pedigree qu'à son utilité et courage. Le Zaniskanie pony par exemple, solide sur patte est un petit cheval particulièrement bien adapté à ces altitudes et à ce climat.
Le ravitaillement, les déplacements s'effectuent le long d'uniques chemins muletiers. La configuration du paysage rend le voyage malaisé, parfois dangereux, à même un sol de terre, de rocailles et de poussière, souvent escarpé, à flanc de montagnes, surplombant une rivière ou une crevasse... Le Bum-bu, petit âne, supporte bien ces conditions éprouvantes. Robuste, il est capable de transporter jusqu'à 80 kg de marchandises. Il est néanmoins difficile à contrôler et nécessite une attention continue. Il vaut mieux le suivre pour l'empécher de s'arrêter brouter, en lui criant "Shaà fhaà" et oublier autant que possible son aérophagie chronique et nauséabonde, dans une région où les animaux sont nourris d'orge. Il fait aussi veiller avec soin à l'équilibre des sacoches et ce n'est pas une mince affaire. En trottant le Bum-bu les fait glisser d'un coté ou de l'autre. Parfois tout se retourne sous le ventre de la bête ! La position idéale est alors question d'expérience, de patience et de... feeling. Il vaut mieux être doté d'un minimum de sens pratique.
Le cheval remplit d'autres fonctions. Il permet notamment à de nombreuses familles de se rendre au monastère à l'occasion d'une fête religieuse ou d'un pélerinage. Par ailleurs, à la saison des moissons, ânes et chevaux sont utilisés au même titre que le dzo, hybride de la vache et du yak, au foulage du grain. Harnachés autour d'un axe de bois, ils tournent lentement, régulièrement pour séparer l'écorce du grain d'orge. D'autre part, le crottin sert de combustible d'appoint mais aussi à isoler les murs et les toits de beaucoup de maisons.
Pour ces montagnards, il est une source d'amusement et de surprise : ces autres caravanes, longues parfois de 10 à 15 chevaux, loués par l'organisateur d'un trekking touristique. Alors que leurs déplacements restent utilitaires, ils sont encore surpris du plaisir éprouvé par le voyageur qui se fait violence à cette altitude. La rencontre de ces deux mondes en haut d'un col à plus de 5000 mètres d'altitude me frappe : le moine et le riche paysan effectuent un lent trajet à cheval pour améliorer leur quotidien, pour se déplacer, le cavalier-marcheur lui, n'a que le souci de transporter son bien-être. Paysans et non porteurs de métiers, les Zanskaris connaissent pourtant tous les chemins. L'hiver, dans des conditions de marches et d'avancées très éprouvantes, le long du fleuve Zanskar, gelé par les tempétures extrèmes, hommes et chevaux peinent a progresser. Ce sont pourtant les seuls modes de déplacemnts possibles. Longtemps la famille a maintenu la tradition de la caravane, que commence maintenant à remplacer le convoyange de touristes. Un certain nombre de treks à cheval et à pieds sont proposés, du "familial" au plus éprouvant. Ils nécessitent réellement une bonne maîtrise de la monte. Plusieurs jours de marche permettent de réaliser un vieux rêve, associer l'effort au plaisir, à la rencontre d'hommes et de femmes aux visages marqués et souriants, dans un paysage encore quasiment vierge. Et passer des cols à 5000 mètres. Prenons soin tout de même à ne pas perturber par nos comportements, un équilibre humain fragile mais adapté à son environnement.
L'ascension pour pénible qu'elle soit, ne doit pas faire oublier qu'ici au royaume des Dieux, elle est une récompense et non un dû. Le Zanskari bouddhiste de religion, l'a depuis longtemps compris et tout là-haut, les drapeaux de prière ou "cheval de vent", nous rappellent sa foi et sa bienveillance.
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A savoir :
- Bonne condition physique indispensable, des dénivellés importants, passage de cols à plus de 5000 mètres.
- Des étapes parfois longues de 6 à 7 heures de marches.
- Pour ceux qui prévoient des étapes à cheval : Nécessite une réelle aptitude à la monte, les chevaux sont rugeux, parfois fougueux. Quelques parties de parcours sont délicates à négocier ( cols, ravins..).
Climat : Accessible principalement l’été, de juin à septembre : Température élevé le jour et fraiche la nuit. Le reste de l’année, des conditions très difficiles: froid, neige, gel.
Qu’emporter ? Tee-shirts ( manches longues ), pantalon de coton léger, crème solaire haute protection, lunettes de soleil, chapeau et gourde. Laine polaire pour le soir et prévoir un sac de couchage performant pour les fraiches nuits d’été.
Niveau de confort : - Bivouacs et tentes pour les groupes. Possibilités de dormir chez l’habitant pour les individuels.
- A Leh, point de départ de nombreux treks, quelques hôtels de bonne facture.
Formalités : - Passeport en cours de validité et visa.
- Ambassade de l’ Inde / service consulaire : 20- 22, rue alberic Magnard, 75016 Paris. Tel : 01 40 50 71 71.
Pas de vaccin obligatoire, traitement antipaludien et protection contre les moustiques conseillés.
Infos et coordonnées
- Office du tourisme de l’Inde : 13, bd Hausmann, 75009 Paris. Tél : 01 45 23 30 45.
www.india- tourism.com
-Pour les individuels : A Leh, possibilités de louer ( voire d’acheter ) des chevaux, auprès notamment de l’office de tourisme, d’agences de treking et de paysans.
Notre avis
- Malgrè la relative difficulté des parcours, on se laisse vite gagner par la beauté grandiose et variée des paysages, la rencontre des villageois et de monastères parfois nichés à même les flancs de montagnes. Ne pas oublier de bonnes chaussures de marches





