
Italie
Italie : Rome... Antique !
Bon, la Saint Valentin est passée (ouf !). Les horribles cœurs en plastique rouge qui pendouillaient dans les vitrines sont rangés jusqu’à l’année prochaine. La moitié de la population a bonne conscience pour les 365 jours à venir, tandis que l’autre moitié roucoule de contentement… Tout le monde peut se rendormir sur ses lauriers. Tout le monde, non ! Il reste un petit paquet d’irréductibles romantiques (gaulois ou pas !) pour qui l’Amour s’inscrit tous les jours au calendrier. En fait, ceux là, ils ont même barré le 14 février de leur calendrier par honnêteté. C’est vrai, quoi ! Un bouquet de pivoine en septembre (impossible à trouver !) ou une énorme boite de chocolat en mars c’est quand même plus émouvant que les deux le 14 février, le même jour que toutes les copines ! Remarquez, ceux qui résistent encore et toujours à la Saint-Valentin sont des Superman parce qu’avec le marketing qui accompagne l’événement, faut être drôlement fort pour éviter les pièges… Oui, mais c’est justement que ces hommes là, ceux en fait dont on rêve toutes, sont des héros ! Et pour eux, nous avons concocté une petite escapade à offrir pour séduire …
Parcours du cœur dans la ville éternelle
Rome, c’est la ville rome-antique (oh ! le mauvais jeu de mot… je ne pouvais pas m’en empêcher !) par excellence… Les ruelles étroites vous « obligent » à vous rapprocher l’un de l’autre, la lumière à la fois douce et mordante fait rayonner la vie, les femmes y sont belles, les hommes sexy en diable, même leurs statues vous font battre le cœur avec leurs désirs de pierre, partout à Rome « love is in the air ».
Autant laisser la conquête des musées et monuments de cette ville pour un autre voyage… (les noces de bronze, de béton ou autres matériaux très résistants… !) et venir simplement flâner dans la ville. Comme il s’agit d’une escapade romantique et pas d’un marathon, on recommande, au lieu de parcourir la ville en tous sens à pied et en bus (moyens classiques), de louer une Vespa pour la sillonner, cheveux au vent et très serré l’un contre l’autre…
Il faut faire escale le matin au Campo de’ Fiori pour se régaler des bruits et des couleurs du marché. Quel bonheur que ces paniers débordants de tomates et de brocolis qui attendent le minestrone de midi ! Quelle cacophonie joyeuse que ces mamas qui débattent en riant de la couleur de leurs salades ! Et côté pantomimes… On dirait qu’ils se caricaturent eux-même ! Remarquez, vous aussi vous finirez par faire beaucoup de gestes pour vous faire comprendre. Qui dit que vous ne tomberez pas à ses genoux pour lui dire que vous l’aimez dans le plus pur style italien ! Graine de Roméo ou pas, n’oubliez pas d’offrir un énorme bouquet de tournesols à la femme de vos rêves avant de quitter cet endroit.
Traversez le Tibre et allez paresser sur la Piazza di Santa Maria en plein cœur du Trastevere, quartier bohème et populaire. Il y a quelque chose de divin à se laisser rafraîchir par les gouttes d’eau que le vent s’amuse à voler à la fontaine. Cette immense vasque bordée de têtes de loups par lesquelles l’eau tombe en arc de cercle offre un « perchoir » idéal pour « roucouler » ! La petite terrasse du café d’en face, plantée de lauriers et de grands parasols blancs est l’étape parfaite pour siroter un Campari à l’heure de l’apéritif en regardant les pigeons parader devant leur belle sous l’œil vigilant des vierges de mosaïques qui courent le long du fronton de l’église Santa Maria. A l’heure du déjeuner on se glissera au coin de la place dans le vicolo del Piede dont l’étroitesse est envahie par les tables de restaurant.
L’après-midi, on longe la rivière pour remonter jusqu’à la Farnesina, villa du tout début de la Renaissance, isolée dans le calme de son jardin. Si ce nom n’est pas familier, la frimousse de ses petits angelots rieurs qui, le menton appuyé dans leurs mains, vous surveillent du haut de leur fresque a, quant à elle, parcouru la planète. Des chérubins grassouillets aidant Roxane à se parer pour son mariage aux Trois Grâces peintes par Raphaël… ce petit palais, loin des grands axes est le royaume du calme et de la volupté.
Après cette ballade au milieu des volumes généreux cher au XVIème siècle, on a envie d‘aller laisser le temps filer sous les frondaisons du jardin Botanique à deux pas de là. Une fois encore, c’est le calme de cette colline verdoyante qui séduira les amoureux, tout à fait seuls au bout du monde ! Les séquoias, les palmiers, les orchidées, en tout 7.000 espèces différentes pour le plaisir des sens. Et toujours des fontaines qui donnent vraiment envie de vivre d’amour et d’eau fraîche !
Le soir, on cherche une pizzeria dans le Trastevere et l’on s’attable devant une carafe de vin blanc très frais que l’on sirote en grignotant una bruschetta (pain aux tomates et à l’ail) pour attendre la suite : beignets de fleurs de courgette, cannellinis (haricots à l’huile) et calzone.
Vertiges de Pierre…
Le second matin on va garer sa vespa Piazza della Rotonda, au pied du Panthéon.
On attrape debout au comptoir de la Tazza d’Oro ce qui doit être le meilleur expresso de Rome. Puis on fait une halte à l’intérieur du Panthéon pour se laisser prendre par le vertige des proportions : une rotonde parfaite de 43m de haut et de circonférence, un plafond à caissons comme une ruche géante, un sol de marbres tel un puzzle géométrique…
Avant que la chaleur ne soit trop forte et ne vous pousse dans l’antre d’un glacier… il faut monter tout en haut de la basilique Saint Pierre pour se dire, les cheveux au vent, que l’on s’aime et que c’est pour toujours. Accessoirement, on admirera la vue à couper le souffle sur la ville et sur la piazza San Pietro qu’on ne connaît en général que vue d’en bas. La colonnade aux ellipses parfaites de Bernini, l’obélisque dressé vers le ciel, la via della Conciliazione qui part droit devant… Si ça ce n’est pas un dessin érotique… c’est italiens sont des farceurs ! Blague à part, ce petit bout d’architecture urbaine vue d’en haut est un must à ne pas manquer.
Les guides sérieux vous diront ce qu’il « faut voir » en bas. Moi je veux vous dire ce qu’il faut « toucher »… Dans la basilique, il faut plonger sa main dans les grands bénitiers, coquillages immenses aux lignes voluptueuses, effleurer les colonnes de marbre froid, aller caresser respectueusement, comme des milliards de pèlerins depuis des siècles, le pied de bronze de Saint-Pierre, tout poli à force de foi.
Il faut aller s’arrêter devant la Piéta de Michel-Ange et imaginer que l’on plonge sa tête dans les plis plus vrais que nature de la robe de marbre de Marie et qu’avec elle on pleure le Christ. Puis on va s’agenouiller avec la Charité, la Justice, la Vérité et la Prudence (!) aux pieds du pape Alexandre VII sur un velours de marbre aux plis épais. Partout les volumes de ces « tissus de pierre », les éclats d’or des tableaux, la lumière des bougies offrent à l’œil une volupté chaste et grandiose.
Avancez vers le centre de la basilique et levez la tête, ici encore les proportions sont sublimes. C’est un vertige inversé qui vous tombe sur les épaules tant la voûte est immense, une intense sensation de vide, de trop plein, de tournis !
Après tant de magnificence on a envie de ciel bleu, de places et de ruelles… C’est le moment d’aller à la recherche des œuvres du Bernin disséminées dans la ville. D’un coup de vespa on passe sur le Pont des Anges. On s’arrête un moment pour les admirer : visages parfaits, tuniques de marbre gonflés de vent, geste des mains qui s’envolent vers les cieux, ils sont « divins »… On va ensuite déguster un gellato Piazza Navona sous le regard sévère des géants de la fontaine des quatre fleuves. Cette fois l’angelisme a disparu. C’est la force, la virilité que le Bernin a insufflé dans ces hommes titanesques… Si on arrive à s’arracher au charme de la place Navone, on continue vers la Piazza de Spagna au centre de laquelle, non sans humour, le Bernin a sculpté, faute de pression pour envoyer en l’air un jet d’eau, une fontaine en forme de vieille barcasse qui prend l’eau ! En s’éloignant du centre ville, on grimpe la colline qui mène au musée Borghese, un must see pour les amoureux de la sculpture. Des courbes, des courbes, encore de courbes : Hermaphrodite endormie sur son lit de marbre, Daphné se transformant en arbre pour échapper à Apollon, Pauline Borghese posant en Vénus… Le Bernin, Canova, David.. le bonheur !
Toujours dans ce quartier et pour changer de la pizzeria de la veille ( !) on suggère une escale de grand charme dans l’unique Relais & Châteaux de Rome, au Jardin dell’Hotel Lord Byron. En dépit de son nom trilingue, on y goûte une délicieuse cuisine traditionnelle.
Le troisième matin est placé sous le signe du Romantisme, façon XIXème siècle.
Il faut aller errer très tôt dans le forum romain en commençant la promenade derrière le Capitole pour avoir une vue d’ensemble sur le site avec au fond, se détachant sur le ciel clair du petit jour, le mur gigantesque du Colisée qui contraste avec la blancheur de l’église Sainte Françoise romaine… Puis on descend dans le forum pour le traverser d’ouest en est, de l’arc de Septime Sévère à l’arc de Titus… On peut aimer cet endroit sans avoir véritablement étudié « ses classiques », il faut tout au moins un bon degré d’imagination pour faire revivre cette ville endormie par le temps.
A l’heure de midi, on va d’un coup de vespa jusqu’à la plus charmante des petites fontaines de Rome : la fontaine aux tortues, piazza Mattei. On attrape un délicieux bout de « pâte a pizza » truffée d’olives ou de lard qu’on grignote en paressant sur cette petite place. La vie est belle !
Dans l’après-midi, on repasse devant le Forum et le Colisée pour aller découvrir sur sa colline le plus bel homme de Rome. Sa tête puissante vous ignore, perdu dans ses pensées, il regarde de côte. Sa barbe épaisse comme un écheveau de laine descend très bas le long de son buste. Chaque muscle de ses bras semble rassembler toute la force du monde. Ses veines battent au rythme de son cœur de marbre sous la peau fine de ses mains… Si l’on peut tomber amoureux d ‘une statue, le Moïse de Michel-Ange dans l’église Saint-Pierre aux Liens, est l’Eros parfait !
Dans la soirée, entre juin et septembre, il faut aller voir un spectacle en plein-air autant pour le spectacle lui même que bien souvent pour l’endroit dans lequel il se déroule. Beaucoup d’églises offrent des concerts de musique classique: du plus grandiose à Saint-Pierre au plus intime dans le cloître de Santa Maria della Pace. Les pièces sortent de leur théâtres pour descendre dans la rue. Si on aime le jazz, il faut aller en écouter dans les somptueux jardins de la Villa Doria Pamphilij . Il y a aussi une multitude de festivals qui éclosent dans la ville ; des évènements d’envergure internationale comme le Roma Europa ou des fêtes religieuses plus modestes comme la .Festa de Noantri au cœur du Trastevere ou encore la Festa dell’Unità, leur fête de l’Huma… Tout est prétexte à rire, chanter et boire, être heureux…
Mais pour vraiment faire comme les romains, pour être le séducteur parfait, le Don Juan inégalé, l’homme de ses rêves secrets, il faut le soir, tout simplement l’emmener par la main pour "una passegiata" sur la via del Corso…
A vos amours !
info plus
Pour une galerie de photos : http://www.photoroma.com/
Site officiel de l’office du tourisme : http://www.enit.it/
Office National Italien de Tourisme :
23, rue de la Paix - 75002 Paris
Tél : 01 42 66 03 96
Infos : 01 42 66 66 68
Fax : 01 47 42 19 74





