Malaisie : Pulau Penang

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Malaisie : Pulau Penang

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Philippe Chavanne | 26.04.2004 | 1140 visites | 0Favoris |
Philippe Chavanne

Malaisie : Pulau PenangPenang... A lui seul, le nom de cette petite île flirtant avec les rivages occidentaux de la Malaisie monte à la tête comme du vin de palme. Jouant sans fausse pudeur de la séduction des mille sourires sensuels et sans suite qu'elle réserve à ses visiteurs, Penang - la "Perle de l'Orient" - offre à celles et ceux qui succombent à ses charmes insulaires une multitude d'ambiances, de sensations et d'images à l'exotisme superbement ensoleillé... Certes, en s'arrimant au continent par un très moderne pont (à péage, merci pour le budget du touriste !..) long de 13 km, l'île a perdu de son attachante insularité. Elle a sacrifié son isolement pour s'ouvrir aux touristes, aux promoteurs immobiliers et aux puissants groupes hôteliers qui n'ont pas manqué d'essaimer leurs hôtels de luxe, résidences locatives et autres hôtels-clubs au long de superbes plages frangées de hauts palmiers. C'est dommage... Car contrairement à ce qui se passe sur le continent, il devient de plus en plus difficile à Penang de dénicher un petit bout de plage isolé où arrêter son mobilhome pour la nuit. Histoire d'admirer tranquillement le ciel étoilé, couché sur le sable encore chaud. Tant pis ! Mais tout n'est pas perdu pour autant : au-delà de ses clichés balnéaires classiques, la "Perle de l'Orient" mérite toujours la découverte. Pour celui qui sait ouvrir ses yeux et son coeur, l'île recèle une multitude de facettes enivrantes, excitantes, attachantes, surprenantes ou, tout simplement, agréablement dépaysantes.

Peace and Love

Malaisie : Pulau PenangAu nord-ouest de la Malaisie, à quelques encablures de la frontière thaïlandaise, là où l'océan Indien donne un rendez-vous intime au Détroit de Malacca en un fantastique carrefour maritime, surgissent quelques-unes des plus belles îles tropicales du Sud-est asiatique. La plus réputée d'entre elles, Pulau Penang (l'île de Penang, en malais) bénéficie depuis longtemps d'une renommée bien plus grande que sa modeste superficie : à peine 24 km de long pour une petite quinzaine de large. Pendant les "Golden Sixties", Penang se profile comme une escale de choix pour les hippies américains et européens sur le chemin parfois tortueux vers l'Inde grouillante ou les joints de Katmandou... Considérée comme un paradisiaque havre de paix sur une route émaillée de péripéties, Pulau Penang offre aux adeptes du "Peace and Love" la douceur de son climat, la quiétude de ses plages et d'innombrables opportunités d'appliquer à la lettre le fameux "Sea, Sex and Sun" qui a motivé et inspiré toute une génération...

Le caillou et le canon

Penang n'a cependant pas toujours été un point de rencontre pour les hippies venus du monde entier. Bien avant l'arrivée des cheveux longs et des barbes fleuries, l'île préférée du tourmenté écrivain français Romain Gary n'est qu'un simple petit caillou envahi par la jungle. Enfin... pas tout à fait ! Car ce caillou a priori insignifiant posséde un atout de taille : à l'entrée du Détroit de Malacca, il bénéficie d'une position géostratégique de première importance, vite comprise par les Anglais dont les navires chargés de feuilles de thé et d'opium ne peuvent assurer la liaison Chine - Angleterre sans faire escale. L'histoire - ou la légende - locale raconte que, voici un peu plus de deux siècles, Francis Light, "fondateur" de Penang, fait relâcher ses navires le long des rivages de l'île. Il charge ses canons de pièces d'or et d'argent, puis bombarde la jungle avec ce petit trésor. Il n'en faut guère plus aux autochtones pour les décider à quitter l'abri de leurs habitations, accueillir les Anglais en véritables seigneurs et les aider à défricher une grande partie de l'île. C'est ainsi, paraît-il que la colonie de Penang voit le jour.

Le drapeau britannique planté sur un tas d'opium

Nous sommes donc le 11 août 1786 et, au nom de la toute-puissante Compagnie des Indes, Francis Light plante le drapeau britannique au sommet de l'île. Erreur ! Grossière erreur diplomatique ! Car ce faisant, il néglige la souveraineté du sultan du Kedah et bafoue son autorité. Ce qui devait arriver arriva : des troubles éclatent et de longues négociations sont nécessaires pour ramener la quiétude sur l'île, apaiser la fureur du sultan et permettre aux Anglais de s'installer comme ils l'entendent sur l'île. Leur priorité est d'ouvrir le port au commerce international, d'installer une zone franche et de s'adonner au florissant trafic de l'opium et au commerce du thé. Déclaré "port franc", Penang attire assez vite des ouvriers venus d'horizons lointains : Chinois, Indonésiens, Arabes, Indiens,... qui importent leur main-d'oeuvre, mais aussi leurs croyances, leurs coutumes, leurs gastronomies, leurs modes de vie,... Parallèlement, les Anglais intégrent l'île aux "Straits Settlements" et en font un lieu de cure et de repos pour les fonctionnaires coloniaux et leurs familles. Il faut attendre 1963 et l'indépendance du pays pour que Penang devienne le 13e Etat de la fédération de Malaisie. • George III et Rudyard Kipling C'est Francis Light - toujours lui ! - qui donne son nom à la capitale insulaire, en l'honneur du roi George III : Georgetown. Dès que l'on quitte enfin ce fastidieux pont qui relie le continent à l'île et qu'on arrive en ville, la première impression est qu'elle tente de se donner des allures de cité moderne tout en refusant - avec raison ! - l'agitation débridée, le stress, la cohue et le bruit des autres grandes villes du pays, Kuala Lumpur en tête. Symbole le plus marquant (mais pas le plus heureux...) de cette volonté de modernisme : une énorme tour de verre et de béton domine aujourd'hui le centre-ville. Malgré cela, la ville n'a pas encore tout à fait perdu son cachet et son authenticité. Les amateurs d'ambiances "typiques" y trouveront encore leur plaisir. Aujourd'hui plus chinoise que purement malaise, la ville conserve aussi des traces de son passé colonial britannique. Et même si, dans un souci de "décolonisation culturelle", les noms de rues en anglais ont cédé la place à des noms malais, voire à des inscriptions en vieux malais, les Anglais sont encore bien présents. L'une des traces les plus marquantes de leur passage reste l'"Eastern and Oriental Hotel" que les initiés appellent tout simplement "E & O". Ici, nonchalamment installé dans les fauteuils un peu décolorés et usés du bar, on en apprend mille fois plus sur l'île, son histoire et ses habitants que si l'on reste avachi sous un parasol multicolore au bord d'une piscine d'hôtel. Le manège incessant du personnel, des clients et des visiteurs de passage qui s'y arrêtent le temps d'un drink a parfois des petits relents d'étude sociologique. Ici, une vieille Anglaise se croit encore au temps des colonies. Là, un couple de touristes autraliens, bermudas chamarés en bataille, se lance avec une pointe de gêne et d'hésitation, à la découverte du lobby de cet établissement mythique. Plus loin, des grooms malais se livrent à quelques discrets commentaires sur le client de la 322 qui est revenu dans un état, hier soir... Rares sont cependant ceux qui se rendent compte que l'ombre de Rudyard Kipling et de Somerset Maughan flotte encore dans l'air. L'auteur du "Livre de la Jungle" aimait venir s'installer au bar "1889" et celui du "Fil du Rasoir" venait se détendre dans une suite au rez-de-chaussée...

Un pied par an...

Malaisie : Pulau PenangChangement de décor. Au carrefour de Lebuh Light et de Lebuh Beach ("lebuh" signifie grand-rue en malais) se dresse la "Tour de l'Horloge". Un édifice georgien, don d'un millionnaire chinois à l'occasion du 60e anniversaire de l'accession au trône de la reine d'Angleterre. Enfin... la reine Victoria puisque c'était en 1897. Petite anecdote : cette tour mesure 18 m de haut. Autrement dit : 60 pieds. Soit un pied par année de règne de Sa Gracieuse Majesté... Même style architectural pour la St George's Church bâtie en 1818 le long de Lebuh Farquhar. Coup de coeur pour ce petit bijou considéré comme l'une des plus belles constructions classiques de toute l'Asie du Sud-Est. C'est dans le cimetière attenant, à l'ombre de superbes frangipaniers, que se trouve la tombe de Francis Light, mort de la malaria seulement 8 ans après la déclaration de rattachement de Penang à la Couronne britannique, le 21 octobre 1794. C'est pas croyable ! Les Occidentaux sont partout sur l'île... Voici maintenant le très coloré Government Building et le Fort Cornwallis. Initialement construit en bois par les Anglais, celui-ci fut ensuite consolidé par des forçats. Une excellente chose à signaler : ses canons n'ont jamais été utilisés ! Aujourd'hui, forçats et militaires ont cédé la place aux femmes stériles qui, traditionnellement, y apportent des fleurs. Perpétuant ainsi une ancienne croyance que l'on a bien du mal à s'expliquer...

Avec les trafiquants birmans

Malaisie : Pulau PenangL'un des endroits les plus insolites de l'île est le "Clan Piers". Le Quai des Clans à la réputation sulfureuse... Un curieux village sur pilotis qui rassemble, depuis plusieurs générations, 7 clans de pêcheurs. Au total, on estime que ce sont plus ou moins 2 000 personnes qui vivent ici. Farouchement attachées à ce site protégé des catastrophes naturelles par les divinités qui y sont vénérées. Même si cela n'a pas toujours l'air fort engageant, il ne faut pas hésiter à se lancer sur les étroits pontons de bois, faits de planches mal ajustées, qui mènent aux maisonnettes sur pilotis. Tant que vous ne faites pas partie d'un clan étranger, il n'y a aucun risque; les habitants jouant plutôt la carte de l'indifférence. Par contre, si vous vous engagez sur le territoire d'un clan auquel vous n'appartenez pas, il y a de fortes chances pour que vous vous retrouviez à la flotte... Ceci dit, la vie est généralement calme et nonchalante. Même si tout le monde se connaît au sein de cette microsociété qui vit repliée sur elle-même, chacun s'occupe de ses petites affaires et évite de faire attention à ce qui se passe chez les voisins. A marée basse, les petites barques de pêche et les jonques des trafiquants birmans qui - profitant de la myopie habituelle des policiers locaux - ne manquent jamais de venir accoster dans les parages, semblent tristement échouées dans les eaux boueuses du petit port...

Une forte communauté chinoise

Malaisie : Pulau PenangAttiré par les effluves de bois de santal ou les fragrances d'encens qui s'échappent de 1001 petits temples, le voyageur se dirige alors vers le centre-ville. Vers le quartier chinois qui se présente comme un incroyable enchevêtrement de rues, ruelles et passages enjolivés par les idéogrammes traditionnels. Pas de doute : les Chinois sont bel et bien devenus les maîtres de l'île et y tiennent quasiment tout le commerce. Leurs boutiques regorgent des marchandises les plus diverses importées - parfois de manière un rien détournée, il est vrai - depuis leur terre natale. C'est à pied ou - plus original et reposant - en trishaw que l'on peut partir à la découverte de ce quartier pittoresque et haut en couleurs, en senteurs et en ambiances. Passant devant d'innombrables lieux de culte qui ont trouvé place entre maisons et boutiques. Notamment le "Kuan Yin Temple" construit en 1800 sur Lebuh Pitt : le plus ancien temple de l'île. Son toit, surmonté par deux imposants dragons qui jouent les cerbères, est constamment recouvert par des centaines de pigeons. Dans Cannon Square, c'est le "Kho Kongsi" qui tient la vedette : la plus ancienne maison de clan chinoise. Un "kongsi" est le siège d'un clan au sein duquel les Chinois portent tous le même nom. En l'occurrence : Kho. A la fois temple et lieu de rencontre, cet endroit hors du commun bénéficie d'une décoration simple et pourtant superbe. Le toit sculpté, les poutres richement travaillées, ... valent vraiment le coup d'oeil.

D'une religion à l'autre

Malaisie : Pulau PenangPatchwork de communautés, de modes de vie et de cultures, Penang est aussi un point de rencontre religieux. En témoignent les nombreux lieux de culte qui - mosquées, temples ou églises - cohabitent de manière assez harmonieuse. Musulmans, bouddhistes, hindous, ... sont présents en nombre sur l'île et ont construit leurs lieux de culte. Certains sont remarquables. Notamment le "Wat Chayamang Kalaram" : un temple thaï qui abrite un Bouddha couché long de 33 m, considéré comme le 3e plus grand du monde. Ou, juste en face, ce très beau temple birman dont l'entrée est gardée par deux majestueux éléphants blancs sculptés dans la pierre. Dans Lebuh Pitt, il faut admirer la "Kapitan Kling Mosque" : une grande bâtisse jaunâtre qui passe pour être l'une des plus grandes mosquées du pays. Autre mosquée et autre style : la "Malay Mosque" est dominée par un surprenant minaret de style égyptien. Enfin, pour clôturer cette petite promenade mystique, voici le "Sri Mariammam Temple" (dans Lebuh Queen) dont le "gopuram" est incroyable : une grande tour pyramidale, ornée de sculptures de déesses et de dieux multicolores. Etonnant ! Par contre, à l'intérieur de l'île, évitez le "Snake Temple" recommandé par tous les guides touristiques. C'est bien là son drame ! Même les milliers de vipères qui y vivent sont complètement blasées et ne se retournent plus au passage des cohortes de touristes asiatiques ou australiens qui viennent s'offrir un petit frisson à bon marché. Initialement, ce temple (aussi appelé "Temple du Nuage d'Azur") a été construit en 1850 en l'honneur de la divinité taoïste Chor Soon Kong. On peut espérer que cette chère divinité a trouvé refuge en d'autres lieux. Car le temple est devenu une attraction touristique au sens le plus péjoratif du terme. Même les vipères, gavées d'oeufs déposés en offrande par les fidèles et complètement "shootées" par les vapeurs soporifiques de l'encens, ne trouvent plus aucun plaisir à s'enrouler autour du cou des touristes en quête de "la" photo-souvenir... • Le coeur de l'île Puisqu'on vient de quitter Georgetown, autant en profiter pour visiter le coeur de l'île. Si vous appréciez les découvertes naturelles, les "Waterfall Gardens" sont faits pour vous : un jardin botanique de 30 ha qui s'étend au pied de Penang Hill. Plantes, fleurs, cascades d'eau, singes facétieux,... agrémentent la promenade. Très agréable aussi est la balade vers Penang Hill accessible grâce au seul funiculaire de l'île. Du sommet de cette colline (et uniquement par temps clair), le panorama qui embrasse tout Penang et s'étend jusqu'à Butterworth, sur le continent, est magnifique. Et encore plus extraordinaire lorsqu'il est baigné par les couleurs du soleil couchant. Vraiment magique !

Riz, nouilles, poulet ou crevettes ?

Malaisie : Pulau PenangCette petite escapade au coeur de l'île a souvent le don d'aiguiser les appétits. Alors, à vos baguettes ! Un conseil: il faut résolument tourner le dos aux sempiternels buffets des hôtels qui servent des préparations internationales (que l'on retrouve malheureusement, quasiment identiques, en Turquie, en Tunisie, en Thaïlande, en Espagne,...) ou des préparations soi-disant locales mais tellement aseptisées qu'elles ne ressemblent plus à rien. Si l'on apprécie les cuisines asiatiques, les préparations authentiquement savoureuses et les additions ridiculement basses, il faut mettre le cap sur les "food stails" : des petites échoppes souvent fort bariolées d'où s'échappent 1001 parfums gourmands. Ici, tout est chaud, délicieux et de première fraîcheur : qu'il s'agisse des plats à base de "mee" (nouilles) ou de "nasi" (riz). A commencer par les classiques "nasi goreng" et "mee goreng". Pour continuer - gourmandise quand tu nous tiens !.. - par de succulentes "satay" (brochettes marinées), une "penang laksa" (soupe parfumée à la fleur de gingembre, spécialité locale), un "nasi padang" (riz à la vapeur, servi avec viande ou poisson et accompagné de légumes et d'une sauce très épicée). Pour accompagner tout cela, quelques jus de fruits frais feront merveille. Plus classiques mais quasiment aussi bon marché, il faut aussi recommander certains petits restos de Batu Farringhi (la plage la plus renommée de Penang), Tanjung Tokong ou Tanjung Bunga (un ravissant petit village de pêcheurs abrité dans une très jolie crique). Au menu : poissons, crevettes aigres ou douces, crabes, homards,... qui justifient encore un peu plus le flatteur surnom de Pulau Penang : la "Perle de l'Orient" ! Selamat Jalan ! (Bon voyage !)

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- Office du Tourisme de Malaisie

rue des Pyramides 29, 75001 Paris

Tél : +33-1-42 97 41 71  -  Fax : +33-1-42 97 41 69

- Eastern and Oriental Hotel

Charme colonial authentique pour l’hôtel le plus renommé de l’île

Lebuh Farquhar 10, 10200 Pulau Penang

Tél : +60-4-375 322

- Ambassade de France

Jalan Ampang 192, Kuala Lumpur

Tél : +60-3-984 9011

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