MAROC : Casablanca, les contrastes de la ville blanche

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MAROC : Casablanca, les contrastes de la ville blanche

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Jean Saint Martin | 11.08.2009 | 1977 visites | 2Favoris |
Jean Saint Martin

MAROC : Casablanca, les contrastes de la ville blancheCertes, Casablanca n’est pas une ville impériale et cela lui vaut d’être souvent mise à l’écart des circuits touristiques classiques. C’est dommage ! Car la principale ville économique du royaume chérifien n’est pas dénuée d’intérêts pour le voyageur curieux qui saura, en la parcourant, apprécier ses charmes mais aussi ses nombreux contrastes. Que d’ambiances opposées dans cette agglomération du Maghreb ! Foule grouillante dans la médina et atmosphère de recueillement dans l’imposante mosquée Hassan II. Agitation bruyante du centre ville et calme apaisant des parcs verdoyants ou des bords de mer le long des plages … Le contraste concerne également les teintes de la cité : des murs blancs des immeubles au bleu du ciel et de l’océan sans oublier la riche palette des couleurs chatoyantes des djellabas des casablancais.

L'incontournable médina et ses souks très animés

MAROC : Casablanca, les contrastes de la ville blancheLa tour de l’Horloge la domine, des remparts l’entourent et la monumentale Bab el Marsa en marque l’entrée principale. Après, la médina n’est qu’un dédale d’étroites ruelles, d’impasses et de constructions cubiques construites de bric et de broc … enfin reconstruite, toujours de façon quelque peu anarchique, après le terrible tremblement de terre de 1940 qui l’avait mise … à terre ! Un univers animé, coloré et dédié au marchandage typique des souks maghrébins. Près de l’entrée ce sont les chichas qui sont en vedettes, étalées sur des dizaines de mètres, elles sont présentées dans toutes les tailles et tous les coloris imaginables, les touristes en sont, semble-t-il, très friands ces derniers temps. La mode vestimentaire n’est pas en reste avec un amoncellement de vêtements de grandes marques … style contrefaçon, bien entendu ! Pénétrer dans une des ruelles, c’est se retrouver tout de suite happé par un flot ininterrompu de passants déambulant lentement entre une imposante haie de boutiques. Ensuite on se faufile comme on peut parmi des étalages en tout genre : des djellabas aux babouches, des ceintures aux sacs en cuir, des objets d’artisanat … j’arrête là l’énumération dont la lecture vous paraîtrez sans doute fastidieuse ! Cette sympathique bousculade est bercée par une cacophonie de mélodies arabisantes (chaque commerçant tenant à diffuser ses propres musiques) qui ne couvrent que partiellement le lot d’exclamations de cette foule en mouvement. Au détour d’une ruelle, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la précédente, me voilà arrivé au milieu du marché des fruits et légumes : d’appétissants monticules de fraises et d’oranges, des pyramides de tomates et de poivrons .... A côté, quelques personnes s’agglutinent autour d’un vendeur ambulant proposant ses friandises aux graines de sésames, d’autres avalent à pleines gorgées une fumante soupe de coquillages cuisinée ici, sur place. Dans ce type de lieu, c’est toujours la même ritournelle, on a beau bien observer son chemin et s’attacher à quelques repères … on se retrouve très vite un peu perdu ! Il faut reconnaître qu’un tel labyrinthe a de quoi dérouter le visiteur étranger à la médina. Et c’est là qu’apparaît votre sauveur. Un habitant du quartier qui vous observe depuis un petit moment et vous propose gentiment de vous guider vers la sortie du souk … avec passage obligé par les boutiques du cousin, du frère, de l’oncle, de l’ami et du meilleur artisan qui se trouve bien sûr être toujours le moins cher de toute la médina ! Quelle chance !

MAROC : Casablanca, les contrastes de la ville blancheEnfin, quelques minutes plus tard (et une paire de babouches pour souvenir !) je profite maintenant d’un havre de tranquillité situé toujours dans l’enceinte de la médina. Mais que l’ambiance est différente ! Ici, sur la petite place Sidi Bousmara, il n’y a plus de cohue ni de foule ni même d’étalages débordants de pacotilles mais de charmants arbres verdoyants à l’ombre desquels palabrent quelques hommes. La vue de la terrasse d’un café résonne comme une invitation à la pause après cette trépidante visite des souks. Idéal pour déguster un café ou le traditionnel thé à la menthe. Vivre ce contraste d’ambiance est un doux plaisir qui vous donne l’envie de poursuivre la visite de cette vieille ville et de découvrir un autre endroit paisible à souhait, une autre place très colorée où les teintes des feuillages tranchent avec ces murets peints en jaune et en bleu … les couleurs de la ville blanche !

Au coeur de la ville

MAROC : Casablanca, les contrastes de la ville blancheIl existe un autre lieu très paisible dans Casablanca, bien plus vaste que les placettes de la médina. Le poumon vert au cœur de la ville blanche que constitue le grand Parc de la Ligue Arabe offre une superbe perspective aux visiteurs. Ses allées de majestueux palmiers royaux s’étendent à perte de vue … enfin presque ! Des pergolas et des pelouses aux tons verts soutenus complètent l’apaisante vision. Des teintes éclatantes qui s’opposent à l’aspect terne et poussiéreux que l’on retrouve dans le reste de la ville. Il fait bon se balader dans cet espace fleuri et bien entretenu par des jardiniers consciencieux qui officient ce matin. Ici on plante quelques fleurs pour agrémenter un massif, là on arrose copieusement la pelouse. Entre deux palmiers dattiers, on aperçoit la silhouette blanche de l’église du Sacré Cœur, elle semble émerger d’une oasis de végétation. Une église édifiée en 1930 et qui aujourd’hui est utilisée comme hall pour des expositions culturelles. Cette église blanche est un des nombreux témoignages architecturaux du passé de Casablanca celui de l’époque du protectorat français. Pour voir d’autres exemples d’immeubles construits pendant cette période florissante, il faut quitter l’agréable quiétude du parc et se diriger vers le centre ville de Casa. Passer ensuite la Place des Nations Unies et son intense trafic où se côtoient vélomoteurs, taxis, bus et voitures … et faire attention, car ici, les passages pour piétons ne sont pas toujours synonymes de passages protégés !

MAROC : Casablanca, les contrastes de la ville blancheOublions la circulation, le bruit des moteurs pétaradants et le concert de klaxons des embouteillages et levons les yeux pour apprécier les façades du long boulevard Mohammed V, une des artères les plus animée de la ville. Même si beaucoup d’immeubles sont un peu décrépis et auraient besoin de rénovation on peut admirer de belles ornementations : petits balcons, coupoles, colonnades, ferronneries, frises, stucs et un superbe dôme couvert de zelliges, ces fameux carreaux de terre cuite toujours joliment colorés. Le mélange très hétéroclite des styles architecturaux peut surprendre : façades art déco, néo mauresque ou néo classique …à l’époque, les architectes du Maghreb s’inspiraient des plus beaux immeubles européens comme ceux que l’on trouvait sur la Côte d’Azur, sans oublier d’y ajouter leur touche personnelle. C’était le temps où le maréchal Lyautey dirigeait la région en ayant comme but de faire de Casablanca la ville la plus moderne du Maroc. L’homme à l’origine du dynamisme économique de la ville et de la construction du grand port de commerce est toujours présent dans sa ville … mais en statue ! Port altier sur son cheval sur fond de drapeau français, on peut voir cette sculpture (à travers des grilles), elle est située en plein centre dans l’enceinte du consulat de France.

Une monumentale mosquée

MAROC : Casablanca, les contrastes de la ville blancheFuyons maintenant l’agitation et les encombrements du centre urbain pour gagner le bord de l’Océan Atlantique situé à quelques centaines de mètres du cœur de la cité. Lieu de sérénité et de prières, la grande mosquée Hassan II est devenue l’emblème de la ville. Impossible de la rater tellement ses dimensions sont impressionnantes. Jugez plutôt, l’immense minaret s’élève à plus de 200 mètres en direction du ciel. Assurément le plus haut de toute l’Afrique. La célèbre Koutoubia de Marrakech paraîtrait presque minuscule à ses côtés avec seulement ses 77 mètres de haut ! Marrakech, c’est justement la ville d’origine de ce marocain, sourire aux lèvres rehaussées d’une petite moustache, qui entame avec moi une petite conversation. Avec sa silhouette longiligne il flotte dans sa veste un peu élimée. « Elle est un peu a moi cette mosquée ! » m’affirme-t-il alors qu’il poursuit en me racontant qu’il a « donné » presque un mois de son salaire de fonctionnaire pour le financement de ce colossal édifice. En effet, comme beaucoup de marocains, il a participé … dons ou impôts déguisés, peu importe, il semble fier du résultat. A l’évidence la mosquée est une réussite architecturale, ses proportions sont équilibrées et la richesse esthétique de sa décoration complète la vision. Marbre à profusions, plâtres ciselés, stucs, portes sculptées et zelliges traditionnels ornent murs et façades. De nombreux fidèles en djellabas traversent l’immense parvis et convergent vers l’entrée alors que l’appel du muezzin résonne dans l’enceinte, prières répétitives et chants lancinants. Une ambiance sonore dépaysante typique des villes musulmanes.

MAROC : Casablanca, les contrastes de la ville blancheLe volume considérable de la mosquée fait qu’il faut s’en éloigner pour en avoir une vision d’ensemble. Une balade le long de la baie s’avère idéale. A mesure que je m’éloigne le souffle du vent conjugué au bruit des vagues se brisant sur les rochers couvrent peu à peu les prières du muezzin. D’ici, la mosquée surmontée de son minaret et construite sur un cap rocheux s’avançant vers l’océan prend l’aspect d’un phare. Un phare … pour guider les fidèles. D’ailleurs la nuit, un rayon laser d’une portée de 30 km brille depuis le sommet du minaret, sa direction ? La Mecque. A l’autre bout de la baie, sur un promontoire rocheux trône un phare, un vrai ! Mais aux dimensions plus modestes que le haut minaret. Cette balise de El Hank a été construite pour avertir les bateaux, car cette côte escarpée peut s’avérer dangereuse pour les navires lors de l’approche du port de Casa. En tout cas, lorsqu’on arrive comme moi, à pied depuis la terre, la vision du phare est amusante : sa silhouette domine une mer … d’antennes paraboliques, blanches comme l’écume des vagues, mais immobiles et fixées sur des habitations cubiques !

Corniche et plages

MAROC : Casablanca, les contrastes de la ville blancheUne fois la pointe du phare passée, c’est une première plage que l’on surplombe. Quelques rochers disséminés le long de la grève et du sable à la teinte ambrée. Tiens ! J’aurais bien imaginé du sable blanc pour les plages de Casablanca, la ville blanche … Le lieu n’est pas vraiment des plus calmes avec un front de mer en chantier où les engins de terrassement participent bruyamment à la construction de résidences. Cela ne semble pas vraiment déranger ces dizaines de jeunes qui s’adonnent sur la plage à leur sport favori. Tout le long du rivage, sur le sable lissé et durcit par les vagues, une succession de terrains de foot improvisés ont été tracés. Des raquettes ou des sacs marquent les buts … et allez les dribbles, les chandelles, les têtes, les passes et les tirs ! Et la troisième mi-temps ? Elle se résume en une baignade rafraîchissante dans les vagues de l’océan. La Corniche est un haut lieu du tourisme casablancais avec sa forte concentration d’immeubles, ses hôtels perchés sur les rochers, ses piscines dominant la mer, ses restaurants, ses discothèques ... et sa superbe plage d’Aîn Diab, la plus belle du littoral de Casa. Longue étendue de sable ourlée par les vagues océanes, elle s’étend sur près de trois kilomètres. Par endroits quelques petites dunes parsemées de tamaris donnent un côté presque sauvage à cette plage pourtant située si près de la grouillante cité. Qu’il est agréable de se promener tranquillement sur la très longue promenade du front de mer en humant l’air iodé porté par le souffle des vents du large !

L'îlot de Sidi Abderrahmane et son marabout

MAROC : Casablanca, les contrastes de la ville blancheTout au bout de la grande plage, la baie se termine par un éperon rocheux qui fait face aux assauts des vagues de l’Atlantique. Un îlot de rochers sombres coiffé de cases blanchies à la chaux, une presqu’île à marée basse … qui devient une véritable île à marée haute. Ce panorama maritime est magnifique d’autant qu’il est bordé par une plage animée. Ici, on est entre marocains, l’ambiance et les tenues, burnous et djellabas en témoignent. En famille ou entre amis les discussions vont bon train : là, on déguste le fameux thé à la menthe, ici on fume une chicha, plus loin plusieurs femmes préparent une soupe de pois chiches au fumet appétissant. Pour égayer l’atmosphère, s’il en était besoin, un groupe de musiciens parcourent la plage au son de tambours traditionnels. Quant aux enfants, ils courent et s’amusent sur le sable, les plus sages ayant droit à une sympathique balade à cheval le long du rivage … En cette fin d’après-midi, la marée est basse, c’est parfait pour traverser le gué qui mène à l’îlot. Observons tout d’abord les habitués du lieu, ils connaissent le passage où l’eau est la moins profonde pour atteindre l’îlot. Ici les rochers acérés sont coupants … comme les quelques morceaux de verre qui par endroits se mêlent au sable, prudence ! Enfin arrivé, à pied et au pied des marches, je peux entamer la découverte de la minuscule île où repose le marabout Sidi Abderrahmane, un guérisseur respecté dont le mausolée aux murs blancs est la principale construction du lieu. L’homme aux pouvoirs surnaturels était connu pour stimuler la fécondité des femmes en mal d’enfants … Mais sur ces rochers, il n’y pas que le souvenir du célèbre marabout. Entre les cases aux murs imbriqués, on rencontre quelques femmes assises devant leur pas de porte. Elles proposent aux passants des petits morceaux de métal biscornus disposés dans des paniers en osier, bizarre ? Ces femmes sont en fait des cartomanciennes et ces minces plaques de plomb font office de porte-bonheur, on peut même pour les personnaliser y faire graver son nom … moyennant quelques dirhams, évidemment ! Voilà que la marée monte ! Il me faut à présent, tant qu’il est encore temps, quitter cet îlot plein de mystères afin de regagner la plage et la route qui dominent le rivage. A mesure que le promontoire rocheux redevient une île, j’observe le soleil couchant qui en s’approchant de l’horizon embrase de ses teintes chaudes le panorama. Une parfaite harmonie émane de cette vue composée d’un superbe décor naturel et animée sur la plage par une ambiance joyeuse et détendue, très couleur locale … Une appréciable atmosphère, calme et paisible, toute en contraste avec celle, étouffante, grouillante et bruyante, qui règne dans le centre de Casa ! Jean Saint-Martin

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INFOS PLUS :
- Casablanca : Dar El-Beida en arabe (maison blanche).
La plus grande ville du Maroc (agglomération : 4 500 000 hbts) Capitale économique du pays, située sur la côte Atlantique à 80 km au sud de la capitale administrative, Rabat.
1/3 environ de la population a moins de 18 ans.
- Mosquée Hassan II … en quelques chiffres :
    Minaret : 210 mètres. Salle de prière : 60 m de haut et 200 de
    long. Peut rassembler 25000 fidèles.
    Construite en 1986 par 35000 ouvriers, 10000 artisans, 90
    architectes et ingénieurs.
    65000 tonnes de   béton armé.  12 hectares gagnés sur la mer.
    … une prouesse architecturale et au total un superbe édifice de
    style arabo andalou. Coût : 500 millions d’Euro.
    La mosquée est ouverte à la visite … sauf le vendredi, jour de  
    prières !
- Médinas : Casablanca possède deux médinas … l’ancienne, 
évoquée dans l’article et la nouvelle, située dans le quartier des Habous. Date de l’époque du protectorat français (années 20 à 40). Intéressante architecture et nombreuses boutiques d’artisanat.
- « Petits Taxis » : Un moyen pour se déplacer (comme pour aller du centre ville à l’îlot Sidi Abderrahmane …) On en trouve partout, ils sillonnent la ville, sont de couleur rouge. Petites voitures, petit confort et petit prix ! Pratique.
- Casablanca sur le Net : deux sites intéressants :
  ° Site officiel du Tourisme de Casablanca :
  http://www.visitcasablanca.ma/
  ° Visite touristique :
  http://www.leguidemaroc.com/casablanca/casablanca.php

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