
Maroc
Maroc : Essaouira, cité océane aux mille facettes
Ville cosmopolite, Essaouira, ne ressemble à aucune autre cité du royaume marocain. Derrière les hautes murailles de la Médina battues par les vagues, la ville blanche, apparaît comme un étonnant mélange d'architectures portugaise et marocaine. Perchée une presqu’île rocheuse où le vent souffle en permanence, elle surgit des eaux comme un rêve de pierre sur lequel le temps n'aurait pas prise...
Maroc : Essaouira, cité océane
Cité portuaire offerte à l’océan et aux embruns marins, ancienne Mogador portugaise au XVI ème siècle, le site d’Essaouira était connu depuis l’Antiquité. Son nom actuel lui a été donné par le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah, qui a décidé la fondation de son port en 1764. Il a confié la réalisation du plan d’un nouvelle ville à un architecte français, Théodore Cornus. As-Sawiram signifie la bien dessinée et c’est vrai que la ville avec sa conception architecturale européenne, est magnifique.
Pour accéder au port, il faut franchir la porte marine à proximité de la forteresse : la sqala du port à laquelle on accède par un escalier. Du haut de la forteresse qui surplombe l’océan, la vue embrasse tout le port et la ville blanche enceinte dans ses murailles rosées. A droite de la Porte de la Marine, on aperçoit ce qui reste aujourd'hui du château royal : les douves et une tour en forme de rotonde. Au sein de cet ensemble architectural, la sqala du Port, bastion crénelé construit pour protéger le port et la ville, est formée de deux ailes fortifiées. Elles sont dominées à leurs extrémités est et ouest par deux tours carrées, flanquées chacune de quatre tourelles. Sous l'aile Nord Sud, une série de locaux servant auparavant à abriter les soldats, les munitions et les réserves d'eau, abrite aujourd'hui les magasins du port.
Maroc : Le port
Un temps, appelé le « port de Tombouctou », lorsqu'elle servait à relier l'Afrique Noire à l'Europe et à l'Amérique, Essaouira est aujourd'hui le troisième port sardinier du Maroc. La vie y est intense. A l’heure de la criée en fin de matinée, l’agitation est à son comble. Sardines et crustacés sont vendus à grand renfort de vociférations. Le spectacle du commerce est haut en couleur et en odeurs. Devant les bassins encombrés d’embarcations, les pêcheurs réparent les filets bleus ou brun rouge, les couleurs dominantes du port. D'autres préparent leurs appâts, accrochant des sardines aux hameçons. En milieu de journée, les filets entassés servent de matelas de fortune aux marins, alors que d’autres dégustent de la sardine grillée en plein air, avant de rêver à de futures campagnes en scrutant l’horizon. Au-dessus d’eux planent des centaines de goélands, qui guettent les restices de poissons vidés par les pêcheurs.
Sur les quais, les charpentiers construisent de lourdes embarcations de bois selon des méthodes ancestrales. Même si l'activité du chantier naval diminue, on bâtit et on répare les bateaux de pêche selon les techniques et avec le matériel des anciens charpentiers de marine.
Maroc : La kasbah
En quittant le port vers la médina, on traverse la place Moulay Hassan, vaste esplanade accueillante qui abrite de nombreuses terrasses de café, où il est bienvenu de déguster jus d’orange, thé à la menthe ou un délicieux café au lait.
A l’ouest, vers l’océan, on découvre la kasbah, quartier fortifié que l'on appelle aussi « le quartier du Roi ». Construit pour loger tous ceux qui géraient et exploitaient le port, il était entouré de remparts, aux fondations ancrées dans le rocher, dont certains sont encore intacts. En longeant les remparts, on arrive à la sqala de la kasbah. Ce monument militaire de style Vauban, conçu en 1765 pour repousser les attaques maritimes, est constitué d'une plate-forme à deux niveaux et d'une série de pièces, destinées autrefois au stockage des munitions et des armes. Sur la partie supérieure, s'alignent les célèbres canons espagnols d'Essaouira. Surgi du passé, cet endroit a été choisi par Orson Welles pour tourner les décors extérieurs de son film Othello.
Le long des remparts, au pied de la sqala, des dizaines d’ébénistes travaillent le bois parfumé de thuya dans des senteurs enivrantes. Les artisans en marqueterie quant à eux font des incrustations de citronnier, de nacre et d’argent dans le bois de thuya. Leurs travaux sont renommés dans le monde entier.
Maroc : La Medina
Les ruelles de la médina sont calmes au début de la matinée. Le soleil inonde lentement les placettes que quelques hommes en djellabas de cotonnades brun traversent tels des apparitions. La médina aux artères tortueuses, se révèle être un labyrinthe de maisons blanches aux portes bleues. On y accède par la porte Bab Doukkala au nord ou la place Moulay Hassan au sud. De construction plus récente que le port, elle est bâtie autour de deux grands axes : l'un, de direction nord-sud, rejoint le port, l'autre, allant d'est en ouest, relie la ville à l'océan. Tout au long du premier, qui sert de grande rue marchande, de nombreux commerces sont installés sous les arcades : marchands de tissus, grossistes en denrées alimentaires, bouchers, marchands de légumes… de chaque côté de l’artère, on peut découvrir les petits marchés intérieurs.
Les souks se répartissent des deux côtés de l’avenue de l’Istiqlal et de la rue Mohammed Zerktouni. Les commerces sont répartis par catégorie : épices, poissons, légumes, fruits, babouches… Le souk des bijoutiers, qui comprend de nombreuses petites boutiques offre un grand choix de bijoux en or ou en argent. On trouve à sa proximité de nombreuses poteries dont celles de Safi, en céramique polychrome, émaillée et très colorée (jaune vif, bleu foncé ou vert émeraude).
Le haut de la médina est resté très populaire. Il laisse apparaître de minuscules boutiques d’artisans : couturiers, épiciers, coiffeurs, qui évoluent dans des espaces confinés. Devant les habitations, c’est la cohue, les ruelles sont pleines de monde. Les garçons jouent au football, plus loin des fillettes s’amusent à sauter au-dessus d’un élastique, ailleurs des femmes devisent devant la fontaine. Ici, les habitations sont de taille modeste. Plusieurs familles occupent une maison, souvent de trois étages, dans des appartements qu’elles se partagent.
En décembre 2001, l’UNESCO, a inscrit la médina d’Essaouira dans la liste prestigieuse des sites qui font partie du patrimoine de l’humanité. Avec ses ruelles étroites de style maroco-portugais (d’une superficie de 31 ha), entourée ses majestueux remparts, ses sqalas et ses bastions, elle est désormais sous protection internationale en tant qu’héritage universel, consécration qui honore le passé et le présent de la ville et qui ouvre des horizons prometteurs pour son avenir.
Maroc :La cité des Gnaouas
Le nom Gnaoua désigne les Afro-marocains et musiciens guérisseurs descendants d’esclaves noirs. Ils disposent à Essaouira d’un lieu de culte consacré à Sidna Bilal, esclave abyssin convertit à l’Islam et affranchi par Mahomet pour avoir guérit sa fille par la musique. Dans la cité, on rencontre des Gnaouas des villes et des campagnes. Les premiers célèbrent des rites de possession avec le guenbri, alors que les gnaouas berbères se servent de crotales (castagnettes en fer) et de tambours appelés gangas.
Les gnaouas jouent pendant longtemps. Leurs pratiques cérémonielles rituelles thérapeutiques se déroulent en trois étapes : le sacrifice d’un animal, le repas cérémonial et le rite de la possession, qui dure toute la nuit. Les musiciens entrent en transe au rythme de la musique, ils chantent et psalmodient dans une fièvre collective enivrante.
Au cœur de la kasbah, le Musée des Arts et Traditions Populaires est le miroir et la mémoire collective de la province d'Essaouira. On y découvre les instruments de musique rituelle ou profane des gnaouas.
Une ville cosmopolite
Des gens de différents horizons ont élu domicile à Essaouira : peintres, musiciens et écrivains ont trouvé le lieu idéal pour la création dans cette ville qui est un véritable musée à ciel ouvert. D’autres l’ont choisi pour diriger des riads qu’ils ont restauré avec goût et finesse, donnant ainsi à leurs visiteurs l’occasion de profiter des moments de quiétude et de convivialité dans une atmosphère incomparable. Essaouira, la perle bleue de l’Atlantique, où les femmes emmitouflées dans des haïks de cotonnades blanches sont traditionnellement voilées de noir, réuni tous les éléments qui font d’elle une destination de charme. Son activité culturelle riche et variée, son calme, ses plages, ses îles (qui abritent une réserve de faucons rares), la gentillesse, l’hospitalité et le mode de vie incomparable de ses habitants jouent en sa faveur. Son arrière pays regorge d’atouts naturels tels que l’arganier, un arbre unique au monde qui s’adapte aux conditions climatiques locales et qui donne un fruit à base duquel on fabrique l’huile d’argan connue pour ses bienfaits diététiques et cosmétiques. En 1999, l’UNESCO, a classé cet arbre comme patrimoine universel qu’il faut préserver et sauvegarder. Cette reconnaissance mondiale n’est pas uniquement le fait des aspects architecturaux et historiques de la ville, mais aussi à un ensemble de pratiques et de modes de vie spécifiques à Essaouira. La ville demeure en effet un lieu exceptionnel de coexistence pacifique entre religions et cultures (musulmans, juifs, chrétiens…), un havre de paix et de tolérance entre des hommes partageant des valeurs humanistes que cette ville cosmopolite a su cultiver à travers toute son histoire.
info plus
Où manger ?
Les grillages de poissons sur le port. Le poisson frais arrive directement des bateaux, c’est délicieux !
Où dormir ?
Hôtel de Grand Large
2 rue Oum-Errabii. Tél : 044-47-28-66
A FAIRE
Chaque année au mois de juin un festival gnaoua se déroule à Essaouira.





