
Martinique
Martinique, polémique autour d'un pitt...
On l’ignore la plupart du temps, et pourtant ! Ce sont bel et bien les Espagnols qui sont à l’origine de l’une des traditions les plus profondément ancrées dans le patrimoine culturel et folklorique… antillais ! On connaît l’attrait parfois malsain qu’éprouvent bon nombre d’Espagnols pour certaines traditions d’une violence et d’une inutilité extrêmes. Pour certains « loisirs » sanglants qui ne font certes rien pour rehausser l’image de ce peuple ibérique. Le spectacle – ô combien lamentable – des corridas en est incontestablement l’un des exemples les plus frappants et il reste, malheureusement, toujours d’actualité. Par contre, ce que l’on sait généralement moins, c’est que ce « goût du sang » est loin d’être récent et que ces mêmes Espagnols (ou à tout le moins leurs aïeux…) sont à l’origine d’une activité très controversée qui fait aujourd’hui partie intégrante de la tradition antillaise : les combats de coqs !
Une France insulaire et exotique
Cap sur la Martinique !
A environ 7 000 kilomètres de la Métropole, la petite île antillaise étend avec une certaine nonchalance ses 1 100 kilomètres carrés au large de l’Amérique centrale (les côtes du Venezuela ne sont qu’à 800 kilomètres), au cœur de la Mer des Caraïbes.
Au Nord, on découvre un riche collier de petites perles insulaires qui ont tour à tour pour nom Marie-Galante, Les Saintes, Saint-Martin, la Guadeloupe, Antigua, Saint-Barthelemy,…
Au Sud, s’égrènent une poignée d’autres paradisiaques petits bouts de terre qui émergent tout juste des flots : Saint-Lucie et Saint-Vincent, mais aussi Moustique ou les Iles Grenadines.
Vues du ciel, toutes ces îles ressemblent à s’y méprendre à de minuscules cailloux qu’un Petit Poucet géant aurait jetés dans le bleu de la mer depuis le bleu du ciel.
Vue d’un peu plus près, la Martinique semble offrir tout ce que le visiteur étranger est en droit d’attendre d’un petit bout de France exotique : une mer turquoise et limpide, de très beaux récifs coralliens, de longues plages de sable blanc frangées de cocotiers, des cases d’une simplicité parfois déconcertante mais souvent pleines de bonne humeur et de joie de vivre, des petits ports de pêche au long desquels se balancent mollement quelques barques colorées, des marchés chatoyants et pleins d’ambiance, un climat perpétuellement chaud, de vastes plantations de bananiers, quelques distilleries (dont plusieurs de renom…) qui perpétuent une longue tradition de fabrication du rhum, ainsi qu’une cuisine aussi savoureuse qu’épicée qui fait la part belle aux acras, au « féroce » (un plat extrêmement pimenté réalisé à base de morue), au « matoutou » (une sorte de fricassée de crabes de terre), au « blaff » (une préparation de poisson) ou autre « colombo » (une sauce au safran particulièrement relevée).
Bref, en un mot comme en cent, la Martinique fait souvent office de star au milieu des îles antillaises. Et ce n’est peut-être pas pour rien qu’on affirme qu’elle reste l’ambassadrice d’un certain art de vivre typiquement créole. Et ce n’est pas pour rien non plus que l’on prétend aussi qu’elle a inventé la biguine, le rhum et les cocotiers...
Une île qui se cherche
Ceci étant établi, il n’en reste pas moins vrai que, derrière ces images de carte postale au demeurant bien réelles, se cache une autre réalité. Moins insouciante. Car il ne faut pas se voiler la face : la Martinique du XXIe siècle ne s’est pas encore tout à fait trouvée. Certes, elle constitue depuis 1946 un département français d’outre-mer (DOM), mais elle continue à avoir un peu de mal à se définir exactement. Du point de vue politique ou socio-culturel, elle est bien sûr étroitement liée à la France et à l’Europe. Mais elle se souvient aussi de l’Afrique à laquelle elle reste historiquement attachée. Et elle n’oublie jamais qu’elle est proche de l’Amérique. Une île certes, mais une île un rien déracinée, ballottée entre les cultures et ses origines, qui éprouve toujours certaines difficultés à préciser son identité.
Et si les Antillais d’aujourd’hui revendiquent - parfois de manière exacerbée - le droit à la terre au nom d’un nationalisme qui prend parfois des tournures fort dérangeantes, ils sont aussi, pour nombre d’entre eux, les descendants des esclaves transportés par navires entiers depuis les côtes africaines. Des esclaves qui ont jadis été « importés » sur une terre qui leur était totalement étrangère et qu’ils n’avaient pas véritablement choisie, c’est le moins que l’on puisse dire... Historiquement, les discours des nationalistes antillais les plus virulents ne tiennent donc pas très bien la route. D’un point de vue culturel, voire moral, c’est peut-être un peu différend et le débat reste ouvert. Il continue en tout cas à alimenter les discours politiques et les discussions de bistrot. Il continue aussi à attiser certaines vieilles rancoeurs que les descendants des esclaves éprouvent toujours vis-à-vis des « Béké » censés représenter - aujourd’hui encore et sans la moindre nuance - les descendants directs des colonisateurs et autres esclavagistes.
Influence espagnole
C’est le Gênois Christophe Colomb qui, lors de son quatrième voyage vers les Amériques pour le compte de la Cour d’Espagne, découvre la Martinique. Il y débarque au Carbet, sur la côte occidentale, aujourd’hui entre Saint-Pierre et Port-Louis. Nous sommes alors en 1502, soit seulement une dizaine d’années après qu’il ait débarqué à la Guadeloupe. A cette époque, l’île est habitée par une peuplade qui est bien loin de la quiétude antillaise et de la nonchalance créole : les Caraïbes - puisque c’est bien d’eux qu’il s’agit - sont de race indienne. Mais ils sont surtout de redoutables guerriers anthropophages. Il ne fait donc pas bon tomber entre leurs mains. De plus, leur réputation semble les devancer : pour s’emparer de l’île, ils n’ont en effet pas hésité à massacrer les occupants précédents (les Arawaks, originaires de l’actuel Venezuela) et réduire les femmes ennemies à l’esclavage.
Assez vite, les Espagnols se lassent des conflits incessants avec les Caraïbes. Aux yeux des navigateurs, commerçants et conquérants espagnols, l’île n’a pas alors une valeur économique ou stratégique suffisante que pour perpétuellement risquer la vie de compatriotes, fussent-ils aventuriers, mercenaires ou soldats. Ils abandonnent donc la Martinique à leurs rivaux de l’époque : les Français et les Anglais.
Les Espagnols laissent cependant deux traces indélébiles de leur passage en ces terres lointaines. A commencer par le nom l’île qu’ils appelaient à l’époque « Martinio ». Autrement dit : l’Ile aux Femmes, tellement celles-ci étaient nombreuses sur ce petit bout de terre exotique. Mais, de manière nettement moins poétique, ils laisseront également une autre coutume, toujours vivace aujourd’hui et parfaitement intégrée au patrimoine local : les fameux combats de coqs...
Un dimanche comme les autres
C’est dimanche et les rites sont immuables…
A l’exception de ceux qui sont expressément réservés aux touristes, tous les commerces ont baissé leurs volets. Les fonctionnaires ont mis la clef sous le paillasson. Et les quelques industries ont fermé leurs portes pour le week-end. L’île tourne au ralenti.
Ce matin, hommes et femmes ont revêtu leurs plus beaux atours. En fin de matinée, ils ont mis le cap sur l’église la plus proche pour assister à l’office. Puis, dès que retentissent les derniers coups de cloche, tout ce petit monde s’éparpille.
En papotant à qui mieux mieux, la plupart des femmes rentrent sagement chez elles pour préparer le repas dominical, s’occuper de leur maison et surveiller les enfants. D’autres prennent leur mari ou leur fiancé par la main. Equipées de paniers de pique-nique bien remplis, elles se dirigent vers la plage la plus proche pour une après-midi de détente. Une cuisse de poulet grignotée, un petit verre de rhum ou une bouteille de bière pour étancher la soif, quelques fruits juteux qui ne demandent qu’à être dévorés, une petite sieste sur le sable chaud, peut-être même une petite baignade si l’eau n’est pas trop froide,… Pour quelques heures, elles oublient leur quotidien et profitent à leur tour des attraits de l’île. De leur île.
Quant aux hommes… A peine rentrés chez eux, ils se débarrassent rapidement de leurs « habits du dimanche » qui les serrent, dans lesquels ils se sentent raides. Engoncés. Ils s’empressent d’enfiler blue-jean et tee-shirt. Se vissent un vieux chapeau ou une casquette américaine sur le crâne. Le repas à peine terminé, ils s’affalent devant la télévision, une cannette de bière à portée de main. Ils regardent le sport, les émissions de variétés. Ils font défiler le temps sans même vraiment s’en rendre compte. Zappent les minutes et les heures au même rythme que les images télé.
Certains autres filent vers le café le plus proche. Ils ont rendez-vous avec leurs partenaires de dominos. Toute l’après-midi, ils taperont les pièces du jeu. Paieront des tournées. En paieront encore d’autres, beaucoup d’autres. S’interpelleront d’une table à l’autre. Commenteront leurs stratégies mutuelles. Invariablement, la conversation glissera vers la politique. Ils parleront de tout, de rien. Et rentreront chez eux en début de soirée, avec moins d’argent dans les poches mais plus d’alcool dans le sang…
Enfin, beaucoup d’autres quittent la table dominicale dès la dernière bouchée avalée. Ils s’empressent de prendre de l’argent dans le tiroir du buffet, de monter dans leur voiture et de filer vite fait vers le « pitt » le plus proche. Car pour eux, le dimanche n’est pas une journée que l’on passe en famille. Plus que tout, le dimanche est le jour - tant attendu ! - des combats de coqs. Une affaire d’hommes, disent-ils…
Incontournable rendez-vous dominical
Depuis la lointaine colonisation espagnole, les combats de coqs font partie du quotidien des Martiniquais. Ou, à tout le moins, d’une frange populaire de la société martiniquaise… Les colons anglais ou français qui ont succédé aux Espagnols ne sont pas parvenus - et, à vrai dire, n’ont pas franchement voulu - mettre fin à cette pratique jugée aujourd’hui tour à tour comme l’un des fondements de la tradition antillaise et martiniquaise, ou comme une pratique barbare qui n’a plus droit de cité dans une société moderne et civilisée. Soyons clairs : les animaux sont plus petits, mais le débat qui les entoure est au moins aussi passionné et exalté que celui qui se rapporte aux corridas…
Chaque dimanche, les combats de coqs rassemblent tous les hommes d’un village. Tous les ouvriers d’une usine. Tous les voisins d’un même quartier. Dans tous les cas, cependant, l’atmosphère est la même : on dirait que le sang qui coule attise l’agressivité des parieurs et des spectateurs. Que les paris et l’alcool exacerbent leurs instincts les plus primaires.
Plusieurs dizaines de « pitts » sont officiellement recensés en Martinique. Leur nombre est cependant bien plus élevé car il n’est pas rare qu’une arrière-boutique ou une remise planquée derrière un bistrot abrite un « pitt » plus ou moins clandestin. Certains d’entre eux se sont même ouverts aux touristes. Mais d tous les cas, les premiers rangs des gradins sont réservés aux « mordus » de la discipline. Aux parieurs invétérés. Aux propriétaires des bêtes qui, dans quelques instants, vont entrer en lisse sans vraiment savoir ce qui les attend.
Un cérémonial immuable
Plus touristique ou franchement clandestin, peu importe : le cérémonial précédant les combats est toujours le même.
Dans un premier temps, le directeur du « pitt » désigne un juge-arbitre et un comité de trois membres. Ceux-ci vont exclure les coqs jugés trop « décolletés » (comprenez : trop déplumés à la hauteur du cou), trop sales ou simplement… tannés. En cas de doute, de contestation ou de litige, l’arbitre flanqué de ses trois compères reste le seul juge et sa décision est irrévocable. Même si elle est souvent précédée de force gesticulations, discussions et autres coups de gueule…
Dans une deuxième phase, les bêtes sont pesées au centre de l’arène et les mesures sont inscrites sur un grand tableau noir. Un peu comme en boxe, cela permettra de classer les combattants par catégories de poids, mais aussi en fonction de la longueur de l’éperon. En principe, pendant le pesage, aucun spectateur n’est autorisé à descendre au centre du « pitt ». Ca, c’est la version officielle. Celle du règlement. Dans les faits, il en va autrement et, pour les néophytes, il semble régner une intense pagaille autour des coqs, de la balance et du tableau noir.
La pesée terminée, vient le moment du lavage. Chaque coq doit y passer, le règlement précisant même que « …tout pitteur doit avoir du citron, de la liqueur de Van Siveton (ndla : un désinfectant) et de l’alcool à 90°… ». Cette étape du lavage n’est pas innocente : il n’est pas rare que certains propriétaires de coqs enduisent le plumage de leur bête de… poison ! Dès que l’adversaire les pique du bec, il s’empoisonne, perd immanquablement le combat et, si la dose de poison est mal dosée, meurt aussitôt. C’est pour cela aussi que l’on fait avaler de force à chaque coq quelques gouttes de sa propre eau de lavage. Comme s’il ne valait pas mieux en faire boire une bonne goulée aux propriétaires…
Tout comme le poison, les dopants sont formellement interdits. On se croirait dans une compétition sportive : les dopants sont interdits, mais comme les contrôles sont inexistants ou qu’il est facile de passer au travers des mailles du filet, tout le monde les utilise...
● L’argent passe de mains en mains
Pendant que les propriétaires s’occupent de leurs animaux, pendant que le juge-arbitre et ses adjoints du jour procèdent à toutes les vérifications, la fièvre commence déjà à monter. Les liasses de billets sortent des poches. L’argent circule. Passe de mains en mains. Les premiers paris sont faits, chacun étant sûr de son coup. « Faites vos jeux !.. ». Les « books » refilent leurs tuyaux, conseillent, chuchotent leurs petits secrets. Imperturbablement, les pitteurs encaissent les mises et entassent les billets dans une vieille petite boîte posée sur une table bancale. Ici, pas de notes. Pas de billets de paris. Pas de reçus. Comme l’explique l’un des spectateurs qui vient de déposer sa mise : « …Tout se passe en confiance. On connaît tout le monde et tout le monde nous connaît. Ce ne sont pas des inconnus qui viennent parier. C’est le voisin, le collègue, le parent ou l’ami. On part du principe qu’il ne trichera pas lorsqu’il viendra réclamer son dû à la fin du combat. Et même s’il triche, cela finira bien par se savoir. Alors… tant pis pour sa réputation dans le « pitt », mais aussi dans son quartier ou sur son lieu de travail : l’étiquette « tricheur » va lui coller à la peau... ».
Le premier combat commence !..
Le premier combat va commencer !
Les premiers coqs sont emmenés dans l’arène par leurs propriétaires. Chaque éleveur y va de son petit rituel destiné à conjurer le « quimbois » (mauvais sort) éventuel. Les coqs s’observent quelques secondes, puis commencent à se voler dans les plumes. Ce ne sont plus que sauts, coups de griffes et d’éperon (chaque coq voit ses ergots couverts d’éperons en verre ou en fer), coups de bec,… Cela vole dans tous les sens. Les animaux se sautent à la gorge. Ce n’est pas le « mangé bec » (une « prise de bec ») qui est le plus décisif, mais le « coup d’blanc » porté au pectoral par un coq « bec douvan ». Cela peut faire mal, très mal à l’adversaire.
Dans les gradins, les propriétaires ne sont pas toujours les plus excités. Les parieurs s’y mettent aussi. Encouragent leur poulain. Scandent son nom. Crient. Hurlent même. Les cris d’enthousiasme se mêlent en une incroyable cacophonie aux exclamations de dépit et de rage. L’ambiance est électrique et n’a plus rien à voir avec une certaine douceur insulaire ou une relative indolence créole. L’agressivité des coqs semble déteindre sur la plupart des spectateurs. A moins que ce ne soit le contraire…
Un peu perdus au milieu de cette foule surchauffée et surexcitée, les quelques touristes semblent ne pas en croire leurs yeux. Le spectacle est au cœur de l’arène. Il est peut-être encore plus incroyable dans les gradins.
Pendant toute l’après-midi, combat après combat, la frénésie des spectateurs ne cessera de monter. Ils sont excités par le sang qui a déjà coulé. Par les sommes d’argent qu’ils ont perdues ou gagnées. Par l’alcool aussi. Car au cœur du « pitt », le goût du sang se mêle toujours à de forts relents d’alcool : les bouteilles de bière circulent, s’entrechoquent. Pensant à sa recette, le « pitteur » s’empresse de vendre des bouteilles d’un mauvais rhum. Une, puis une autre. Et encore une autre, beaucoup d’autres. De temps en temps, un parieur quitte précipitamment le « pitt », le temps de vomir à l’extérieur, dans un coin. Puis il revient, recommande une bouteille, relance les paris, encourage son favori, hurle, tape des poings sur le bord du « pitt »…
Contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays, les combats ne sont en principe pas mortels en Martinique. Officiellement, ils s’arrêtent dès que l’une des bêtes « se couche » ou s’enfuit en criant. « …Mais si le coq ne crie pas, le doute existe et les coqs sont alors confrontés bec à bec… ». Et les protagonistes ne sont séparés qu’après un « coup d’cérébral » (un coup de tête) décisif ou une violente estocade à l’argot recouvert d’acier. Voilà pour la théorie. Quant à la pratique… Chacun trouvant son compte dans les paris, les combats semblent parfois s’éterniser alors qu’il est clair que telle ou telle bête est déjà grièvement blessée. Qu’elle boîte. Qu’elle n’arrive plus à sauter ou à se défendre. Qu’elle tente désespérément de se réfugier dans un coin, à l’abri des coups portés par son adversaire et des injures crachées par des spectateurs ivres de rage, de haine et d’alcool. En réalité, il ne faut pas se voiler la face : le combat ne stoppe qu’au moment où les paris semblent suffisants et où tout le monde a eu son compte de violence, de sang et de blessure. A commencer par le coq vaincu emporté sans ménagement par son propriétaire…
L’heure des comptes
Ce soir, chacun rentrera à la maison. Retrouvera sa femme, sa famille. Son quotidien. Avec quelques coqs blessés et, souvent, beaucoup moins d’argent en poche. Tant pis : toute la famille devra faire très attention aux dépenses jusqu’à la prochaine paye. Mais on a bien bu. On s’est défoulé d’une semaine entière de frustrations. On y a cru. On s’est retrouvé entre hommes pour un sport d’hommes.
Quant au « pitteur », il fera ses comptes et, certainement, se frottera les mains. Comme tous les dimanches soirs. Car non seulement il perçoit le prix des entrées, mais il gagne aussi sur la vente de mauvaise gnôle et possède souvent ses propres coqs de combat. Bref, il a trouvé « le » filon pour rentabiliser ses installations qui, en fin de compte, ne sont jamais que des vilaines tôles ondulées plus ou moins bien assemblées et quelques vulgaires gradins en bois brut.
Avant cela, cependant, il faut que l’après-midi s’achève...
Le dernier combat de coqs prend fin. Comme d’autres touristes, nous nous empressons de quitter les lieux, dégoûtés. Révoltés aussi par cette cruauté et cette agressivité inutiles camouflées sous le label de la tradition.
En franchissant la porte, le « pitteur » nous interpelle : « … Vous partez déjà ? Ce n’est pas fini vous savez. On va commencer les combats entre les serpents et les mangoustes… ». La boucherie n’est pas terminée !
info plus
- Office du Tourisme de la Martinique
rue des Moulins 2, 75001 Paris - Tél : 1 44 77 86 00
- Office départemental du Tourisme de la Martinique
rue Ernest Déproge 2, 97200 Fort-de-Fance – Tél : 05 96 63 79 60
- Agence régionale pour le Développement touristique de la Martinique
anse Gouraud, 97233 Schoelcher – Tél : 05 96 61 61 77
- Maison du Tourisme vert
boulevard général de Gaulle 9, 97205 Fort-de-France – Tél : 05 96 63 18 54
- Le Pitt Cléry, le plus célèbre « pitt » de Martinique, se trouve à Rivière-Pilote. Les combats de coqs se déroulent en principe chaque dimanche après-midi, dès 14h





