Mauritanie :Géologie de l'Adrar

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Jean Finore | 16.12.2003 | 613 visites | 0Favoris |
Jean Finore

Le cratère des Richat...

Il se situe au NE de Ouadane, sur l’axe de El Beyyed. Il s’agit là d’un accident tectonique circulaire, en boutonnière, de 45 km de diamètre et non d’un cratère de météorite. Cette dernière hypothèse, souvent citée, vient du fait de la trouvaille par un capitaine français, d’une météorite dans ce site (année 20). Cette hypothèse a été démentie unanimement par les scientifiques et en particulier par Théodore Monod. En fait, cette structure rarissime s’est fermée consécutivement à une intrusion magmatique d’assez faible profondeur. Celle-ci aurait provoqué la formation d’un dôme affectant les couches sédimentaires précambriennes et primaires. Cette intrusion a provoqué une poussée verticale sur les couches stratifiées du plateau gréseux du Dhar Chinguetti. Les strates inclinées, tour à tour dures et tendres ont plus ou moins résisté à l’érosion éolienne. Les strates de roche dures sont alors devenues proéminentes et constituent les quatre structures circulaires. " Richat " en assanya signifie " bras de plumes d’oiseau ". En effet, le guelb (cœur du cratère) a cette forme. On y trouve de très belles pierres de roche filoniennes (dolérite).

Le cratère d’impact du guelb Aouelloul...

Il se trouve au sud ouest de Chinguetti, à 35 km d’Atar (à vol d’oiseau). Cet astroblème marque, en zone rocheuse, la chute d’une énorme météorite. Le type, en forme de cercle croissanté, est assez exceptionnel. On trouve d’autres cratères circulaires à Tenoumer et Timichate, dans la dorsale Reguibat. Ils ont donné lieu à des températures et surtout des pressions considérables (ondes de choc). Dans le cas particulier d’Aouelloul, le verre des impactites provient de la fusion des grès primaires du lieu de chute. A côté des transformations minérales, on observe des déformations structurales (formations de cratères, cônes de choc, fractures...). On n’a pas trouvé de météorite sur le cratère d’Aouelloul : il s’est probablement désintégré à son arrivée. C’est l’onde de choc générée par la traversée de l’atmosphère qui a provoqué ces transformations et déformations. Le croissant qui caractérise ce cratère indique un impact avec un angle d’incidence plutôt faible. Les pierres noires que l’on y trouve sont spécifiques de ce type de cratère. Ce sont des impactites, fragments vitreux formés par le choc et la chaleur.

Les champs récifaux de stomatolites...

Ces champs sont présents dans la région d’Atar (bassin de Taoudéni). Bien que n’étant pas un cas unique (il en existe aux USA, en Australie et au Qatar), ceux-ci n’ont pas d’équivalent sur une telle superficie. C’est un calcaire dolomite fossilifère, sous forme de roches brunes ou bleues, constitué d’unités concentriques. Ces stomatolites sont présentes sur toutes les roches, de façon dense, en cercles quasi adjacents. Elles sont le fait de l’activité d’algues bleues en milieu marin. Cette activité a généré des minéraux, par fixation de particules minérales piégées par excrétions et précipitations consécutives à la photosynthèse des algues. Ces minéraux, en s’incrustant, en ont dessiné la forme en ajoutant des cercles extérieurs, à mesure de leur croissance. Ces algues, êtres vivants il y a 500 millions d’années, sont parmi les plantes qui, les premières, ont participé à l’élaboration de l’atmosphère en transformant l’acide carbonique et en libérant l’oxygène, permettant aux plantes terrestres de prendre le relais (fougères arborescentes).

Les fulgurites dunaires...

Métamorphisme de surface, ceux-ci résultent de la fusion du sable siliceux sous l’action de l’arc électrique naturel qu’est la foudre. La plupart des fulgurites se sont formées au " tchadien ", époque où le climat chaud et humide favorisait le développement des orages. Ils matérialisent le passage de la foudre dans le sable. L’arc élève la température du sable à un tel point que celui-ci fond, se refroidit et se solidifie rapidement en donnant naissance à de curieuses concrétions tubulaires, vitreuses et friables. Le tube central provient en grande partie de la pression causée par la surchauffe des fluides (eau, air) occupant les volumes situés entre les grains du sable originel. Par la suite, les parois molles et vitrifiées du tube ont subi l’action du sable environnant. Elles se sont plissotées et il s’est créé des crêtes, typiques des fulgurites. Elles peuvent mesurer plusieurs mètres de long avec de nombreuses extensions latérales. On en trouve fréquemment des morceaux d’une dizaine de centimètres ou des pointes émergentes, dans certaines dunes anciennes...

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