
Mauritanie
Mauritanie : Nomades de l'Adrar
Nomades de l'Adrar et pâturages
Aux yeux de bon nombre de Maures, même devenus citadins, la vie nomade reste l'idéal. Boire, sous la khaïma, le "zrig" (boisson à base de petit-lait de chèvre ou de chamelle coupé d'eau et sucré), en offrant aux visiteurs les traditionnels trois verres de thé à la menthe "etay bi nahna", demeure à leurs yeux le charme de l'existence....
Dans les régions blanches, les arbres sont presque inexistants et les hautes plantes communes "sbat, hab", par leur sècheresse jaunâtre ou vert-jaune, se détachent à peine sur l'aveuglante blancheur de l'ensemble. C'est, par excellence, le domaine des nomades qui forment la grosse masse des habitants de l'Adrar.
Toute leur existence est subordonnée aux paturages, donc aux pluies; l'époque des tornades est attendue avec impatience.Troupeaux de moutons et de chameaux sont donc tenus de rechercher le paturage sur des zônes de parcours nomade généralement très vastes. La vie dans les khaïma suit un rythme immuable. A la pointe du jour, on traie les chamelles et les brebis au milieu des bêlements et des branissements du troupeau. Au lever du soleil, tout le troupeau s'ébranle vers le paturage, poussé par un ou deux bergers. Un troupeau compte souvent 60 à 80 têtes. Au coucher du soleil, c'est le retour, l'attache des jeunes animaux à une corde. Le lait, accompagné de couscous de mil, est la base de l'alimentation.
En dehors des oasis, presque toute la végétation de l'Adrar représente les paturages. Hormis quelques euphorbes, les autres végétaux, arbres, hauts ou petits, sont consommés; les uns par les chameaux, les autres par les moutons et les chèvres. Les paturages sont permanents ou éphémères. Les premiers subsistent grâce aux plantes vivaces dont les pieds sont alternativement verts ou secs, selon qu'ils ont reçu ou pas , une pluie,récemment; leurs structures leur permettant de subsister même en période d'extrême sècheresse. Les seconds, annuels, constituent le ' vert '. Les principales plantes sont le "sbat" et le "had" pour les paturages de dunes; " l'askaf " pour les paturages de "reg azrag" (reg mêlé de plaques sablonneuses; le " markouba " pour les paturages d'oued. Les arbres, répandus en tous terrains, mais principalement sur le reg ou dans les oueds sont le " talah ", le "tamat ", " l'eg'ni ", le " titarite ", " l'awarach ". Le vert, qui pousse après la pluie, réunit les plantes suivantes :"echoué ", " teijao ", " saadane ", " télibout ", qui sont les plus courantes. Le chameau, outre le vert, choisit de préférence :
- le had, dans les paturages salés de toutes saisons, pourvu qu'il ait été arrosé pendant l'année (les vents chauds après la pluie lui sont favorables). Il oblige à de fréquents abreuvages.
- l'askaf, en période de tornades, à très forte teneur en sel nécessite également des abreuvages journaliers.
- le sbat, est recherché en mars-avril, période où il verdit et sort ses fleurs. Illij, askaf, markouba et sbat fournissent des pâturages de paille lorsqu'ils sont secs. Le vert, très exigeant, craint les vents chauds. Dans le meilleur des cas, il persiste rarement plus de deux mois. Le had, au contraire, peut durer indéfiniment s'il n'est pas rogné jusqu'au bois et si on laisse reposer une partie en nomadisant entre-temps dans l'autre.
Le rythme du nomadisme, surtout en Adrar, se compose de deux courants : l'un vers le sud, à la fin de l'hiver et au printemps; l'autre vers le nord, en été et en automne.
Guerriers et maraboutiques sont par excellence éleveurs de moutons et de chameaux. En général, les troupeaux de moutons descendent en début de la saison humide vers la zône sahélienne jusqu'au Tagant et l'Assaba (ce qui ne va pas sans provoquer des frictions avec les tribus locales).
Les troupeaux recherchent alors le had ou le vert. Après les pluies d'automne, les troupeaux se déplacent vers la Maqteïr, l'Amsaga, le Tiris; où les pâturages restent verts assez longtemps grâce à une température plus fraîche. Pendant cette période, les nomades se ruent sur une région à " daya ", du "bathen" et de " l'oumarouaba " où ils savent trouver du vert et de l'askaf.
Au nord et à l'est de l'Adrar, le territoire n'est pas régulièrement arrosé, mais, localement, lorsqu' un bon orage tombe comme une bénédiction, les nomades s'efforcent d'en profiter au plus vite, l'aubaine demeurant au premier occupant. En respectant ce rythme saisonnier imposé par le climat, les nomades ne se déplacent pas au hasard ou en suivant leurs caprices, comme on pourrait le croire en observant leurs mouvements apparemment erratiques.
Traditionnellement, chaque tribu ou fraction, nomadise dans une zône déterminée, sur les lieux de parcours où elle a priorité, tant pour le pâturage que pour les points d'eau. Elle a son séjour de saison humide et son séjour de saison sèche.





