
Namibie
Namibie : De Cap Cross à Etosha
S’il est possible de parcourir la totalité des merveilles « touristiques » de la Namibie en un seul voyage, le Nord du pays mérite, à lui seul, une dizaine de jours d’exploration. En groupe, ou bien en individuel, le voyage s’effectue en boucle de Windoeck à Windoeck en véhicule tout terrain (préférable, surtout pour la réserve d’Etosha). Pour ceux qui envisageraient la découverte du nord de cette très spectaculaire contrée, voici le meilleur du parcours que j’ai vécu et que je ne peux que vous recommander.
Vers Swakopmund et le parc du Namib
Après une nuit et peut-être une journée à Windoeck, la capitale du pays, l’appel du 4x4 se fait vite sentir et c’est avec enthousiasme et curiosité que vous quitterez la ville en direction de Swakopmund. La piste traverse un spectaculaire canyon creusé par la rivière Kuiseb. Absorbée par un sol désespérément aride, aspirée par les ardeurs d’un soleil sans pitié, la rivière se meurt dans un lit sablonneux et sec presque toute l’année. L’eau qui y coule un ou deux mois par an, n’atteindra jamais la mer. Cette rare humidité fait le bonheur des éléphants du désert qui creusent pour faire ressurgir des sables cette eau devenue « invisible ». Coquette petite cité balnéaire à l’allure germanique, Swakopmund est une première étape rafraîchissante dotée de nombreux hôtels confortables. Sa promenade maritime, agrémentée de plantes tropicales et de cactées est bordée de restaurants, les pieds dans l’eau, proposant poissons et crustacés.
L’étonnant spectacle des otaries à fourrure de Cap
Quittant Swakopmund par le nord et la piste C34, on pénètre bientôt dans la réserve de Cape Cross (128 km). Celle-ci est ouverte toute l’année.
Alors que l’on s’approche de l’océan, on perçoit soudain une énorme masse noire et mouvante sur le rivage, puis un vacarme de grognements et de cris rauques. Une forte odeur saisit sur l’instant mais s’oublie assez vite. Bientôt s’étale, à perte de vue, la colonie des 80 000 otaries de Cape Cross.
En janvier, les mâles sont peu nombreux. A la recherche de nourriture dans l’océan, ils abandonnent momentanément sur le sable les femelles et leurs bébés. Ils ont environ un mois, tous nés en décembre, petites boules de poils noirs, les yeux un peu fermés, miaulant pour appeler leur mère partie pêcher. Gesticulant, grimpant l’un sur l’autre dans le brouillard de leur regard, ils sont tout simplement craquants ! ! Des otaries, il y en a partout, l’océan argenté est piqueté de leurs têtes noires, le sable est couvert de ces longs corps bruns, moustaches dressées et petit œil vif. Ici, somnole un grand mâle, énorme et majestueux, le cou recouvert d’une épaisse fourrure. Là, une femelle donne la tétée à un goulu qui ferme les yeux de plaisir... Une autre s’en va, suscitant mille appels. Une troisième retrouve, avec force démonstration son petit, délaissé quelques temps pour une pêche miraculeuse… Exit les images des « docu animaliers » qui peuplaient vos esprits, cette fois, vous aurez la sensation d’avoir « traversé l’écran » !
Plus au nord encore, les dunes du Namib tombent dans l’océan. La sécheresse du désert fait place ici à un brouillard quotidien et salvateur, autant pour la faune que pour la flore locale. C’est ici que pousse la Welwitchia Mirabilis une plante fossile rescapée de la préhistoire. Certains spécimens ont plus de 1000 ans et produisent, tout au long de leur vie, près de 200 m de feuilles déchiquetées par le vent. La Welwitchia vit (ou survit) depuis toujours sur ce sol aride et se nourrit du brouillard venu du large. A l’ouest de la barrière de dune, une longue plage mystérieuse s’étend à l’infini. Véritable cimetière marin, celle-ci est surnommée « la côte des squelettes ». Nombre de carcasses de navires y reposent sur le flanc, progressivement dévorés par les sables et les tempêtes… Ce spectacle est des plus étranges. Si vos moyens vous le permettent, n’hésitez pas à l’observer à bord d’un petit avion de tourisme local.
L’écriture des Bushimans
Il faut longer la côte des squelettes pendant près de 150 km puis bifurquer à droite sur la piste 3214 (elle se termine en cul de sac) pour parvenir sur le site de Twyfelfontein (Damaraland). Ce vaste cirque montagneux est dominé par un chaos de roches ocres, presque rouges, lisses, penchées vers le vide ou sculptées par le temps. Grottes mi ombre mi lumière, arches tournées vers un ciel bleu intense, le spectacle est magnifique. Des squelettes blancs d’arbres sans feuilles dressent vers la lumière leurs branches exsangues. Cactus du désert, racines accrochées dans la pierre, le paysage est tellement beau que vous en oublierez pour un instant ce, qu’en tant que visiteur, vous étiez venu découvrir en ces lieux : les peintures rupestres des bushimans du néolithique. Sur ces grands livres de pierre, sculptures et peintures sont demeurées intactes depuis plus de 5000 ans. Le site est plongé dans un silence minéral. On imagine alors ce petit peuple qui a su survivre, se nourrir et apprendre, en symbiose avec les éléments, luttant chaque jour, simplement pour qu’il y ait un lendemain au cœur de cette nature si esthétique et pourtant tellement impitoyable.
Délices d’un safari dans la réserve d’Etosha…
Après des kilomètres de pistes et de sable en direction du nord-est, la végétation se fait plus dense, les flaques de verdure plus nombreuses, la pierre du bord de route se couvre d’herbes, de buissons et puis soudain, d’arbres. Ici, les pluies sont encore régulières. La grande réserve animalière d’Etosha n’est plus très loin…
Etosha, c’est le clou du voyage, la cerise sur le gâteau. Bien sûr, le désert est riche, lui aussi, d’une faune extraordinaire : la moindre rosée attire des myriades d’oiseaux et quantité de rongeurs, une simple flaque d’eau et un groupe de springbocks débarque de nulle part… Mais Etosha est l’une des plus grandes réserves d’Afrique (22 270 km2), plus sauvage que ses cousines d’Afrique de l’Est. Depuis 1907, date à laquelle elle a été programmée officiellement « réserve naturelle - Game reserve » par le Gouverneur Allemand de l’époque, plusieurs générations d’animaux ont appris à y vivre sereins, sans la crainte viscérale de l’homme justifiée par des siècles de chasse.
A bord du 4x4, la délicieuse promenade peut débuter…. Pas un murmure au cœur de la voiture. Tous les participants attentifs, respiration haletante, guettent les bosquets, le fond des chemins. Là-bas, à l’horizon, ne serait-ce pas le cou d’une girafe ? Mais si, s’en est une et deux et trois et sept ! Un girafon apprend à se pencher, fesses en arrière, pour se désaltérer. Un couple, peu pudique, est en pleine parade nuptiale : caresses énergiques de cous, frôlements de nuques, cela peut durer plusieurs heures … Un troupeau de koudous traverse la piste, robe grise rayée sur l’échine. Le mâle a des bois magnifiques et comme presque toujours, il est entouré de plusieurs femelles. Toute la faune se regroupe aux points d’eau, source de vie dans cette grande étendue sauvage. Prédateurs et herbivores s’y côtoient, pour une courte trêve, les plus fragiles toujours aux abois sachant qu’un seul souffle peut ébranler à tout instant cette quiétude apparente. Des troupeaux entiers se désaltèrent : gnous, oryx, gazelles, hyènes. Canards, oies d’Egypte et autres oiseaux aquatiques partagent aussi ce moment de fraîcheur et puis un éléphant solitaire, au pas pesant, se dirige à son tour vers l’eau. Le paysage prend alors des allures d’Arche de Noé…
Le soir, après un somptueux coucher de soleil, c’est près du point d’eau de l’Okaukuejo Rest Camp que vous vivrez peut-être vos plus belles émotions nocturnes. Les rhinocéros viennent y boire tard dans la nuit, hésitants malgré leur imposante stature, inquiets du cri de la hyène dans le lointain. Ils sont habitués à la clarté artificielle du point d’eau et l’odeur humaine leur est familière. Sous les étoiles, l’air est encore moite de la chaleur du jour. Des milliers d’insectes bruissent de concert. Un craquement se fait entendre de temps en temps et c’est un gnou ou un éléphant qui sort de l’ombre pour se désaltérer à son tour…
Le bonheur d’un safari c’est avant tout la surprise, chaque fois le spectacle peut être complètement différent ! ! Chaque nouvelle journée annonce son lot d’espoirs et d’incertitudes.
Aux premières lueurs de l’aube, près du point d’eau, deux grands ducs chassent encore. Le ciel jaune, devient rose puis c’est l’éclatement rougeoyant de l’astre, les lumières et les couleurs sont prises au piège des nuages qui deviennent à leur tour violets et cramoisis. Un nouveau jour se lève sur la réserve…
Pas plus réveillés que vous ne l’êtes encore, les animaux semblent se dissimuler derrière chaque buisson. Quand brusquement, presque au bord du chemin, trois lions mâles à l’épaisse crinière, se redressent calmement et entreprennent de traverser la piste à deux pas des véhicules. Ils ne cherchent pas à se cacher, ils n’ont peur de rien ni de personne. Dans la douce lumière du jour, ils vous ignorent. Plus loin, un groupe de vautours termine le festin inachevé de quelque fauve ; là, deux jeunes mâles springbocks choquent vigoureusement leurs bois pour obtenir le cœur d’une belle (ou de plusieurs) car elles sont nombreuses à attendre le dénouement du combat. Grands yeux craintifs bordés de noir, échine frémissant au moindre souffle, muscles prêts à bondir, elles broutent jamais vraiment tranquilles, humant l’air de leurs naseaux fébriles. Leurs petits sont nés aux premières pluies de décembre. Plusieurs d’entre elles ont, caché sous leur ventre, la réplique d’elles mêmes : d’adorables bambis encore très vulnérables.
Phacochères, chacals, autruches, drôles de caméléons et bien d’autres animaux pimenteront d’émotions votre safari. Mais vivrez-vous comme moi cet épisode ? … Les ombres commençaient à s’allonger sur le sol, l’or du soleil couchant habillait déjà de lumière l’échine des gazelles, quand soudain survint une agitation : un troupeau d’éléphants surgit des taillis. 25 , 30, non plus encore ! Des petits, des énormes, des femelles, des grands mâles revenant du point d’eau. Les voitures ne les ont pas dérangés lorsqu’ils ont décidé de traverser, les uns devant, les autres derrière. Lentement, ils s’en sont allés de l’autre côté. Le sol a tremblé encore un peu, un ou deux barrissements déjà assourdis, ils s’étaient éloignés…
Les hululements de la nuit entameront leur concert lorsque vous serez de retour dans votre lodge, des rêves plein la tête pensant que demain matin encore…peut être … juste avant de reprendre la grande route vers Windhoek…
Les immensités désertiques de Namibie vous laisserons l’impression d’y être seul au monde. La vie y a créé un spectacle sans cesse renouvelé dont Etosha en est probablement le plus bel exemple. Ce pays est une « autre Afrique » mais à lui seul, il a le charme du continent tout entier.
info plus
Important : au départ de Windoeck, différentes routes et pistes mènent vers Swakopmund, en bordure de l’océan, au cœur du parc du Namib. Attention, seules les pistes principales C28 et C14 ne nécessitent aucun permis. En revanche, pour circuler sur toutes les pistes annexes, notez qu’un droit d’entrée doit être acquitté au bureau du tourisme de Windoeck, de Swakopmund, ou de Sesriem.
Pour les gravures rupestres de TWYFELFONTEIN
Juste avant d’arriver à la montagne brûlée sur la piste de gravier 3254 prendre sur la droite la piste 3214 qui se termine en cul de sac à 5 km, on paie un droit d’entrée et un guide vous conduit pour la découverte des peintures, promenade un peu sportive parfois mais absolument splendide à ne pas manquer .
Autres curiosités de la région : la forêt pétrifiée, les tuyaux d’orgue, le Vingerklip.
Pour la colonie d’otaries de CAPE CROSS
Par la piste C34 à 128 km au nord de Swakopmund la réserve est ouverte toute l’année entre 10 h et
Tout prêt : la côte des squelettes.
La réserve d’ETOSHA
Deux entrées sont possibles : entrée Est Namutoni 533 km de Windhoek, entrée Sud Okaukuajo (435 km de Windhoek) Le permis d’entrée peut être obtenu au bureau de tourisme du Parc ou à celui de Windhoek.
La période conseillée pour visiter la Namibie est la saison sèche de l’hiver Austral juillet, Août et Septembre. Les mois de Décembre et Janvier sont plus chauds et les pluies inexistantes ou presque dans le désert. Seul ETOSHA peut subir les inconvénients de pluies plus importantes et de pistes plus difficilement praticables, en revanche tous les bébés naissent aux premières pluies de Décembre . C’est la « basse saison » et les touristes sont moins nombreux.
Les lodges :
TWYFELFONTEIN LODGE – DAMARALAND
Tél 00 264 061 250 377 – Fax 00 264 061 246 428
OKAUKUEJO REST CAMP – ETOSHA NATIONAL PARK
Tél 00 264 067 22 9800 – Fax 00 264 067 22 9852
MOKUTI LODGE – ETOSHA à 500 m à l’extérieur du parc
Tél 00 264 067 22 9084 – Fax 00 264 067 22 9091- Grand confort, beaucoup de charme également dans cet hôtel, accueil très chaleureux, grandes chambres et barbecue à l’extérieur.
EPAKO GAME LODGE – OMARURU
Tél : 00 264 057 0551 - Fax 00 264 057 0553
ETOSHAGARTEN HOTEL
Gudrun and Wilfried Sudweischer
OUTJO – NAMIBIA
e-mail
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A SWAKOPMUND
EBERWEIN Hôtel
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