Namibie : Trek au kaokoland, un voyage hors du temps !

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Namibie : Trek au kaokoland, un voyage hors du temps !

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Stéphane Rossard | 30.09.2004 | 870 visites | 0Favoris |
Stéphane Rossard

Durant cinq jours, nous avons marche au cœur du Kaokoland, situé au nord-ouest de la Namibie, une des dernières régions sauvages d’Afrique. Un trek qui vous projette dans un paysage à la beauté époustouflante, qui vous conduit au cœur du pays des Himbas, une des dernières ethnies nomades et des éléphants du désert. Sans oublier zèbres, antilopes, autruches, girafes… qui croisent inévitablement vos pas ! Ce trek est une opportunité fabuleuse de nouer un contact intime avec cette region reculée. Et à la nature encore intacte, immaculée. Pendant ces cinq jours vous vivrez une véritable immersion hors du temps...

Un décor qui respire la genèse de notre planète

Namibie : Trek au kaokoland, un voyage hors du temps !Une coupe de champagne à la main, du haut d’un surplomb qui domine la vallée d’Hoasebib, on comtemple en silence. Un paysage d’une beauté époustouflante qui vous laisse sans voix. On admire. Tout simplement. Un décor qui respire la genèse de notre planète. Comme si elle était en effet à ses premiers jours. Un décor sorti tout droit de la « nuit des temps ». Une nature intacte, immaculée. Un paysage qui se suffit à lui-même. Les paroles sont inutiles. En contrebas, un groupe d’éléphants du désert passe et remonte tranquillement le cours sinueux de la rivière asséchée. Les dernières pluies importantes remontent à plus de deux ans ! Rivière au lit sableux et bordée par endroit de nombreux Macalani, palmiers hauts et fins. Palmiers dont la noix des fruits est gravé pour faire de jolis pendentifs. Que demander de mieux ! Cette vallée est une véritable invitation à la marche. Le simple fait de la regarder vous donne immédiatement des fourmis dans les jambes ! Demain, c’est le jour du départ, nos premiers kilomètres de trek pour cinq jours au cœur même du Kaokoland, une des dernières régions sauvages d’Afrique. Le Kaokoland, au nord-ouest de la Namibie, est le pays des Himbas, un des derniers peuples nomades à l’instar des Touragegs. Le pays aussi des éléphants du désert. Un territoire enfin ou zèbres, oryx, antilopes, hyènes, autruches, girafes… évoluent en toute liberté. Et en toute sérénité. Un « eden » miraculeusement préservé . On a hâte, terriblement hate de partir à la découverte de cette région qui vous projette, sans prévenir, hors du temps.

Les éléphants traversent le camp dans la nuit !

Namibie : Trek au kaokoland, un voyage hors du temps !Toutefois, le Kaokoland se mérite ! Pour rejoindre Puros, village d’himbas composé d’huttes éparses établi à l’entrée de la vallée Houasebib et qui se fond dans la poussière, on emprunte une piste rocailleuse, au terrain difficile par endroits. 4X4 obligatoire ! 3 heures de piste qui vous conduit doucement mais sûrement en plein Kaokoland, délaissant derrière vous tout signe de civilisation et de modernité. Dès le lendemain de notre arrivée, après avoir chargé les ânes, accompagné de nos deux guides himbas, on quitte au petit matin le camps de Puros, traversé régulièrement par les éléphants. Eléphants qui d’ailleurs sont passés dans la nuit. Incroyable sensation, dans sa tente, d’entendre les branches arrachées et les pas qui font légèrement trembler la terre et les arbres autour de vous. Incroyable aussi car les éléphants se déplacent parmi toutes ces tentes comme dans un magasin de porcelaine ! Au matin, à voir le camps intact, leur passage relève du rêve ! Notre première étape nous emmène au bout de la vallée. On longe le lit de la rivière en gardant nos distances afin de ne pas tomber nez à nez avec un éléphant. Très belle journée de marche. Notre cadre : la rivière Houaesib sinueuse, bordé d’acacias qui font les délices des girafes, nichée entre, d’un côté d’immenses plaines désertiques aux pentes immenses et qui dévalent en douceur vers elle et de l’autre, des montagnes au flancs rocailleux. On parvient à notre premier campement juste avant la tombée de la nuit. Délicieux moments autour du feu. Délicieux aussi ces récits de nos deux himbas sur la vie de leurs villages. Rires au menu. Une complicité s’instaure. Des échanges inoubliables, ancrés pour toujours dans votre mémoire. Quelle magie de dormir dans ce lieux ou le silence est maître. Un silence à peine troublé, parfois, par les rafales sporadiques du vent. Magie aussi d’avoir pour toit ce ciel étoilé extraordinaire. Ciel ou l’on y distingue nettement la croix du sud et nombre de constellations. Nous sommes stupéfaits par la luminosité de la voie lactée. Sans exagération, autant que le soleil en plein jour ! Nos yeux ne parviennent pas à s’en défaire ! Réveil à la fraiche à l’aube. Aux premières lueurs du soleil qui illuminent timidement le paysage. Puis, le paysage se colorie progressivement. Et, soudain, c’est l’éclat. La vallée est baignée par ses chauds rayons. Quelle pureté dans les couleurs. Lors de notre deuxième journée, changement de décor : fin des vastes plaines car on entre dans l’étroit canyon. La prudence est de mise. Une rencontre avec les éléphants peut intervenir a tout moment : derrière un bosquet, au cours d’un virage, en traversant la rivière… bref, ils peuvent surgir sans prévenir. Cependant sécurité assurée avec nos guides himbas et leurs ânes qui marchent en éclaireurs ! On remonte le cours de la rivière jusqu’à notre camp, établi à proximité d’un ancien village himba. Nous sommes sur les hauteurs. En contrebas, la rivière que l’on scrute avec attention car les éléphants sont proches.

Rencontre pleine d’émotions avec les Himbas

Namibie : Trek au kaokoland, un voyage hors du temps !Le lendemain, journée plus courte de marche pour resdecendre sur la vallée de la kumeb. On installe notre camp en bord de rivière au lit asséché. Dans cette région, les dernières pluies remontent à deux ans. D’où cette aridité. Pour y arriver, on a contourné par sa base une haute montagne dominant le paysage et, ensuite, traversé une vaste plaine désertique, qui s’étend aussi loin que peut porter notre regard. On atteint le camp vers 12h00. Après-midi en effet de repos. Et surtout consacrée à la visite d’un village himba situé sur les collines. Les Himbas constituent un des derniers peuples nomades d’Afrique. Ce sont des pasteurs. Ils vivent de leurs troupeaux. Ils se déplacent donc en fonction des pâturages. La pluie peut être capricieuse dans le Kaokoland. Leur histoire est à l’image de leur environnement : rude ! Victimes de guerres interethniques à la fin du XIXème siècle, appartenant à la communauté Héréro, ils fuient pour se réfugier en Angola, de l’autre côté de la frontière définie par le fleuve Kunene au Nord de la Namibie. Le nom d’Himba leur a été donné par les tribus locales et signifie « mendiants ». Privés de leurs troupeaux, ils n’avaient en effet plus que la solution terriblement humiliante de demander l’aumône. Cependant, en 1920, ils retrouvent leur honneur perdu : ils retournent sur leur terre et reconstituent leurs cheptels. Cependant, à nouveau l’histoire n’est pas tendre : avec la guerre en Angola, les Himbas se retrouvent directement en première ligne. L’armée sud-africaine, contre promesse d’argent importante, enrôle les Himbas en tant qu’éclaireurs. Sans compter l’activisme de la SWAPO (South West African People Organisation), l’organisation politique de libération de la Namibie qui recrute activement pour faire tomber le régime de l’apartheid en vigueur. Si à l’arrêt définitif des combats en 1994, la région retrouve son calme, la guerre a laissé de profondes cicatrices. Une partie de la population a pris goût au modernisme. Piégée par sa dépendance. Des dommages irréparables ont donc été commis. Les Himbas, à l’instar de tant d’autres en Afrique, est un peuple en survie, à l’avenir en pointillé.

Namibie : Trek au kaokoland, un voyage hors du temps !Et comme si l’histoire s’acharnait, une dernière menace pèse sur eux : le projet de construction d’un barrage dans l’extrême Nord. Aux chutes Epupa exactement situé à la frontière Angolaise. Une réalisation qui conduirait à la disparition, purement et simplement, des meilleurs pâturages. Un ouvrage qui signerait donc définitivement leur arrêt de mort. Une tragédie donc en perspective. Un projet très controversé. L’objectif du gouvernement namibien est d’assurer son autonomie énergétique afin de ne plus dépendre de son voisin l’Afrique du Sud. Mais, les himbas n’ont pas dit leur dernier mot. Ils luttent pour préserver leur mode de vie ancestral. Fiers de leur culture, ils sont décidés à livrer ce dernier combat. Même si cela ressemble à la lutte du pot de terre contre le pot de fer. L’espoir fait vivre tant qu’aucune décision définitive n’a été prise. Même si l’issue, à long terme, ne fait guère de doute. Une détermination à saluer. Superbe. Tout comme ces femmes au corps magnifiques, fascinant du à la couleur ocre éclatante dont elles enduisent leur corps. Mélange de terre, d’hématite (pierre précieuse) et de beurre. Les femmes sont toutes parées de bracelets et colliers qui renseignent sur leur état marital et statut social. Quant aux villages, les « kraals », ils se composent de huttes, faites de branches de mopane recouverte de boue et de bouse, disposées en cercle autour de l’enclos à troupeaux et protégées par une palissade. Au centre, le feu sacré, entretenu en permanence, symbole du lien entre les vivants et les ancêtres disparus. Une rencontre merveilleuse, un échange rare dont seule l’Afrique est en mesure de vous offrir. Un renvoi extraordinaire vers d’autres époques que l’on croit naïvement révolue. Une rencontre simple et attachante. Bouleversante même. Une rencontre véritablement hors du temps.

Un paysage ou le temps n’a pas encore laisse d’emp

Namibie : Trek au kaokoland, un voyage hors du temps !Le quatrième jour est marqué par le passage d’un col, à l’ascension soutenue mais douce. A son sommet, une vue a couper le souffle sur la vallée Hoasreb qui s’étale à vos pieds. Descente progressive qui permet de profiter, d’embrasser pleinement du regard la vallée sinueuse. Au petit matin, on rencontre des antilopes, très courantes dans la région, des oryx, animal majestueux et parfaitement adaptés pour vivre dans les milieux les plus arides, et même des hyènes brunes qui détalent au loin. En fin de journée, on observe, dans le lit de la rivière un groupe de girafes, en train de se nourrir de feuilles d’acacias, leur met favori. Girafes qui s’éloignent instinctivement à notre approche.

Des éléphants « écolos » protégés

Le dernier jour signe le retour à Puros en longeant le cours de la rivière Hoasbib. A nouveau, rencontre d’éléphants que l’on observe en silence. Des éléphants, au poids entre deux et six tonnes pour les plus gros, entièrement adaptés à leur environnement. En effet, l’eau et la nourriture étant rare, ils parcourent de nombreux kilomètres, parfois jusqu’à 80 dans la même journée, pour se ravitailler en eau. Quand celle-ci est absente en surface, ils creusent à l’aide de leurs pattes et de leur trompe des trous pour atteindre celle en profondeur. En ouvrant ces points d’eaux, ils rendent aussi services aux autres animaux. On a même constaté que ces éléphants, contrairement à leurs semblables dans les parcs, ne détruisent pas les arbres mais se servent avec précaution, prennent le strict nécessaire. Bref, des éléphants « écolos » qui préservent leur végétation rare. Des éléphants désormais sous étroite surveillance car leur avenir dépend directement de leur eco-système particulièrement fragile dans le kaokoland. En voie de disparition il y a quelques années, leur population croit maintenant à nouveau. On en compte soixante contre une trentaine il y a à peine quinze ans. Cinq jours qui vous projettent dans un cadre exceptionnel, qui vous précipitent dans un espace-temps ou vous perdez absolument tout repère. Ou vous jouissez, pleinement et simplement, d’un paysage d’une fascinante beauté et saisissante sérénité. A croire que cette vallée est marquée du sceau de l’éternité. Un trek inoubliable, sensationnel au cœur d’une région magnifique, habité par liberté, à la fois celle des Himbas et des animaux. Un cadre authentique. Ou le temps n’a pas encore laissé d’empreinte. On respire à pleins poumons la plénitude qui se dégage de ce paysage. Plénitude enivrante et que l’on regrette déjà. A peine être parti. Plénitude si rare de nos jours. On fait le vœu, que ce décor reste ainsi pour toujours. Que le temps et les éléments naturels (le vent, la pluie, le soleil…) soient pour toujours les seuls artisans de ce paysage fantastique.

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