Nicarague : Ometepe, l'île aux volcans

Nicaragua
Nicarague : Ometepe, l'île aux volcans

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Emmanuel Elluin et Antoine Chazal | 18.11.2003 | 673 visites | 0Favoris |
 Emmanuel Elluin et Antoine Chazal

Après un périple de découverte au Nicaragua, pourquoi ne pas envisager une pause sur la plus grande île lacustre du monde : l’île d’Ometepe ? Plantée au beau milieu du troisième plus grand lac d’Amérique latine, cette île volcanique renferme un véritable trésor écologique…

Deux cônes flottant au dessus des eaux du lac Nica

Nicarague : Ometepe, l'île aux volcansGranada est la plus ancienne cité espagnole du pays. C’est de cette ville, située sur les bords du lac Nicaragua, que nous avons choisi d'embarquer vers l’île d’Ometepe. Départ prévu à 10h00. Le soleil cogne déjà très fort. 14h, le vieux caboteur prend enfin le large. Les horaires affichés ne sont pas souvent respectés. Qu’importe, ici on part lorsque le bateau a fait son plein de passagers… Il faut quatre heures d’une traversée au fil de l’eau (parfois agitée !) pour rejoindre l’île. En fin d’après-midi, c’est un spectacle grandiose qui s’offrira à vous : un coucher de soleil sur le volcan Conception dont le sommet culmine à près de 1610 mètres d’altitude... Si vous parvenez sur l’île, au départ de Granada, c’est à Altagracia que vous passerez votre première nuit. Altagracia est en quelque sorte le « camp de base » des voyageurs désireux de s’aventurer sur les pentes abruptes du volcan Conception. Accompagné d’un guide, vous pourrez atteindre le cratère de ce volcan encore en activité dont la dernière éruption majeure remonte à 1957. Chaleur, taux d’humidité avoisinant les 80 %, l’ascension du volcan Conception nécessite une très bonne condition physique. Mais la vue impressionnante sur le cratère récompense tous les efforts. Au cours de la randonnée, vous croiserez d’antiques statues pré-colombiennes taillées à même la roche volcanique. Toutes différentes, elles représentent des hommes, des animaux ou des oiseaux…

Nicarague : Ometepe, l'île aux volcansDe l’autre côté de l’île, le volcan Madera attire aventuriers et curieux. Culminant à près de 1394 m, l’ascension, tout de même moins longue que celle du volcan Conception, est pourtant tout aussi difficile. A partir de 500 m d’altitude, les versants de la montagne se couvrent d’une forêt primaire difficile d’accès abritant une abondante vie sauvage. 5 heures, c’est en moyenne le temps nécessaire pour atteindre le sommet. Les singes hurleurs et les perroquets verts rythmeront votre ascension. Avec un peu de chance, peut-être croiserez-vous un boa ! Une fois au sommet, votre guide vous aidera à descendre dans le cratère, à l’aide de cordes. Et si le temps le permet, vous pourrez contempler la lagune. Il s’agit en réalité du lac, formé dans le cratère du volcan. Celui-ci alimente une partie de l’île en eau potable. Le spectacle, hélas, peut être gâché par un malheureux gros nuage, accroché au sommet du volcan. Dans ce cas… impossible de distinguer quoi que ce soit à plus de 2 mètres.

Requins d’eau douce

Nicarague : Ometepe, l'île aux volcansMais il n’y a pas que les volcans à Ometepe ! Il y a aussi cette masse d’eau qui s’étend à perte de vue : le lac du Nicaragua, surnommé par les locaux « Cocibolca » ou « mer douce ». Avec ses 8624 km², le lac du Nicaragua a tout d’une mer intérieure : ses vagues, ses tempêtes, et son archipel au sud d’Ometepe composé d’une trentaine d’îles. Site unique, c’est l’un des seuls lacs au monde où vivent des requins d’eau douce. D’après les scientifiques, cette étrange vie aquatique serait issue d’un brusque mouvement des plaques tectoniques. A l’origine, le lac du Nicaragua était une baie ouverte sur l’Océan Pacifique. Mais cette baie se serait refermée suite au soulèvement de la croûte terrestre dans la région. Le lac ainsi formé, l’eau aurait progressivement perdu de sa salinité pour devenir totalement douce. La faune et la flore aquatiques, pris au piége, se seraient adaptés avec le temps. Il est possible de naviguer de la côte Caraïbes jusqu’au lac du Nicaragua. Le Rio San Juan, relie le lac en traversant la jungle. C’est par cette voie que les conquistadors espagnols, venus fonder la ville de Granada, pénétrèrent dans le pays. C’est par cette même voie fluviale qu’avait été projeté la construction d’un canal interocéanique. L’idée n’avait rien d’une utopie puisque les rives du lac d’Ometepe se situaient à 15 km de la côte Pacifique. Mais le projet ne vit pas le jour et c’est au Panama que fut creusé le fameux canal… La végétation luxuriante de l’île rend inaccessible, par voie terrestre, l’accès à de nombreuses merveilles. Afin de tirer parti des richesses naturelles de la région, certaines « fincas » (auberges locales) louent, depuis peu, des kayaks. Pratique et confortable, ce petit moyen de transport fluvial permet de partir à la découverte des marais, à l’embouchure de certaines rivières. Véritables sanctuaires pour de nombreuses espèces animales, ces marais se révèlent être aussi des aires de repos pour plusieurs espèces d’oiseaux migrateurs, lors de leurs périples sur le continent américain. Peu avant notre arrivée, une équipe du National Geographic réalisait un documentaire sur ce site, véritable trésor naturel. Comme eux, comme nous, vous aurez peut-être, l’occasion de croiser des pêcheurs d’écrevisses. Tout habillés, avec de l’eau jusqu’aux épaules, ils pêchent (chassent ?) dans un silence quasi-religieux, à l’aide d’une simple lance… Et puis, il y a ces plages de sable blanc ! Certaines s’étendent sur des kilomètres. Elles enchantent les voyageurs lors de la saison sèche, quand la chaleur se fait trop intense…

Une population souriante et chaleureuse

Nicarague : Ometepe, l'île aux volcansPour tous ceux qui apprécient la tranquillité et le calme, Ometepe se révèle être un vrai paradis. Préservée du tourisme de masse, elle incite le voyageur à réellement prolonger sa halte. Avec ses 35 000 habitants, l’île vit au rythme de la pêche et de la culture. Le sol volcanique, très fertile, permet à la population de cultiver du maïs, des haricots, des bananes ainsi qu’un grand nombre d’agrumes. Quoi de mieux, pour partir à la rencontre de cette population, qu’un cheval ou un vélo ? Attention tout de même, l’île est suffisamment étendue pour finir par s’y perdre… Les habitants, toujours souriant, offriront aux égarés un verre d’eau ou un jus de fruit avant de les remettre sur le bon chemin. Vos promenades vous mèneront vers de nombreux petits villages aux pieds des deux volcans. Ometepe s’y dévoilera sous la forme de pistes poussiéreuses, parfois au croisement d’un bus scolaire assurant les liaisons entre les différents villages.

Nicarague : Ometepe, l'île aux volcansPour les moins sportifs, la marche à pied demeure un excellent moyen pour pénétrer les sites moins accessibles. Au sud de l’île, à moins de deux heures du village de San Ramon, jaillit une chute d’eau magnifique. L’eau bondit d’une hauteur de 120 mètres dans un bruit assourdissant. Celle-ci provient directement du cratère du volcan Madera. C’est à l’ombre d’une végétation dense et très humide, que vous croiserez sûrement les célèbres « mariposas », ces magnifiques papillons bleus, dont l’espèce est très répandue en Amérique latine.

Une île belle et paisible… mais en sursis

Nicarague : Ometepe, l'île aux volcansAprès avoir parcouru les pistes de l’île ou les chemins escarpés des volcans, quoi de meilleur que de se laisser bercer lentement dans un hamac et attendre cet instant magique : l’embrasement du lac vers 18h00 lorsque le soleil se couche. Un spectacle dont personne ne se lasse. « Ici, la nature te fait découvrir quelque chose tous les jours. C’est un endroit magique, on en prend plein les yeux » nous confie Daniel, québécois et étudiant en biologie. Mais cet écosystème est fragile. Le Nicaragua, comme la plupart des autres pays d’Amérique Centrale possède un incroyable patrimoine naturel. Cette richesse est en danger. Pollution, sécheresse, entraînent une détérioration de l’environnement. Les lacs et leurs écosystèmes ne sont pas épargnés… Ainsi le lac de Managua, distant d’à peine 20 km du lac du Nicaragua, est aujourd’hui l’un des lacs les plus pollués du monde… Le développement économique et industriel de Managua, capitale du Nicaragua, a provoqué une accumulation de déchets. Déversés dans le lac, ils ont rendu l’eau impropre à toute utilisation. Cette pollution aggravée de façon chronique par des sécheresses du type El Nino menace sérieusement la faune et la flore de ces sites, mais pas seulement. Depuis quelques années, les populations en contact avec ces étendues d’eau contaminées sont touchées par des maladies. La dysenterie, par exemple, provoque d’importants ravages notamment chez les enfants. Le développement de Granada et de Rivas situées sur les bords du lac du Nicaragua pourrait avoir les mêmes conséquences. La destruction de l’écosystème du lac et de l’île serait un désastre écologique… Nous nous étions donnés 3 jours pour nous reposer au calme, nous en sommes finalement restés 8 ! Et c’est avec un peu de regret que nous quittons cet endroit magnifique pour continuer notre route à travers l’Amérique Centrale…

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Comment se rendre sur l’île d’Ometepe : ferry au départ de Granada vers Altagracia trois fois par semaine : le lundi, le jeudi et le samedi. Retour le mardi, le vendredi et le dimanche. Attention, étant donné la fréquence des navettes, il vaut mieux acheter un ticket avant le départ.

Au départ de Moyogalpa, le ferry effectue trois rotations journalières vers Rivas – 06 H 45 ; 12 H 30 ; 16 H 00 – Le voyage en sens inverse à lieu environ une heure plus tard…

Se loger : les hôtels, nombreux sur l’île, sont de bonne qualité. Certains d’entre eux vous offriront une vue imprenable sur les plages ou sur l’un des deux volcans. Il faut compter entre 3 et 10 € pour une chambre simple et entre 6 et 25 € pour une chambre double. Il est également possible de louer des bungalows climatisés pour 40 €. Notre coup de cœur s’est porté sur la « finca Mérida ». A deux pas de San Ramon, au pied du volcan Maderas et au bord de l’eau cet hôtel est très agréable. Pour un tarif intéressant, vous y trouverez une ambiance sympa ! Possibilité de louer des vélos, des kayaks, des chevaux et de grimper le volcan accompagné d’un guide…

La station biologique d’Ometepe : près du village de San Ramon se trouve un centre moderne de recherche en environnement tropical. Cette station accueille régulièrement des groupes d’étudiants venus du monde entier pour étudier les richesses naturelles de l’île. La station propose des hébergements, avec toutes les commodités, pour les voyageurs. Au bord du lac, le centre bénéficie d’un superbe emplacement. Il se situe exactement sur le chemin qui mène aux chutes d’eau de la cascade de San Ramon. Tel/fax : 227 1130 – //';l[1]='a';l[2]='/';l[3]='<';l[4]='|105';l[5]='|110';l[6]='|46';l[7]='|109';l[8]='|111';l[9]='|99';l[10]='|46';l[11]='|119';l[12]='|98';l[13]='|105';l[14]='|64';l[15]='|101';l[16]='|112';l[17]='|101';l[18]='|116';l[19]='|101';l[20]='|109';l[21]='|111';l[22]='>';l[23]='"';l[24]='|105';l[25]='|110';l[26]='|46';l[27]='|109';l[28]='|111';l[29]='|99';l[30]='|46';l[31]='|119';l[32]='|98';l[33]='|105';l[34]='|64';l[35]='|101';l[36]='|112';l[37]='|101';l[38]='|116';l[39]='|101';l[40]='|109';l[41]='|111';l[42]=':';l[43]='o';l[44]='t';l[45]='l';l[46]='i';l[47]='a';l[48]='m';l[49]='"';l[50]='=';l[51]='f';l[52]='e';l[53]='r';l[54]='h';l[55]=' ';l[56]='a';l[57]='<'; for (var i = l.length-1; i >= 0; i=i-1){ if (l[i].substring(0, 1) == '|') document.write("&#"+unescape(l[i].substring(1))+";"); else document.write(unescape(l[i]));} //]]> ">

Transports sur l’île : l’île bénéficie d’une bonne desserte de bus. Entre Moyogalpa et Altagracia, le service de bus est fréquent. Un départ toutes les heures de 5h00 du matin jusqu’à 18h00. Le trajet dure une quarantaine de minutes et vous coûtera environ 0,50 €. Un service de taxi existe par ailleurs et les prix sont relativement bon marché. Explorer l’île, au volant d’un 4x4 de location vous coûtera minimum 35 € la journée (2003).

Plages : évoquer une île, c’est tout de suite imaginer la plage… Ometepe ne déroge pas à la règle. Elle offre de nombreuses plages de sable blanc aux noms enchanteurs : Playa Venecia ou Santo Domingo.

Volcans : l’attraction principale de l’île, ce sont ses volcans. La plupart des hôtels de l’île vous proposeront, pour environ 15 €, un guide expérimenté qui vous mènera jusqu’au sommet et répondra volontiers à toutes vos questions.

Musées : en savoir plus sur l’art pré-colombien et l’artisanat local, c’est possible. Le musée de Moyogalpa propose une modeste collection de pièces qui vous renseignera sur l’histoire des indiens d’Amérique Centrale… Le Musée d’Ometepe à Altagracia offre, quant à lui, un assortiment de l’archéologie, de la géologie et de la culture de l’île. Mais le plus intéressant est cette peinture décrivant la légende de Chico Largo… (ouvert tous les jours de 9h00 à 17h00).

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