
Nouvelle Zélande
Nouvelle-Zélande : Déambulations citadines
Nouvelle-Zélande. A la simple évocation du nom de ce lointain pays, vous verrez les yeux des amoureux de randonnées pédestres et de nature sauvage s'illuminer du feu de leur passion.
L'arrivée tardive des colons britanniques - du fait de la position excentrée des îles néo-zélandaises à la surface du globe - a en effet permis au pays de vivre de manière moins importante et moins précoce le phénomène d'anthropisation que la majeure partie des terres émergées de la planète a connu. La Nouvelle-Zélande a ainsi conservé un reliquat relativement important de forêt primaire, où la notion anglo-saxonne de wilderness prend tout son sens.
Le pays est en revanche moins connu pour ses villes, celles-ci étant généralement considérées comme dénuées de charme. Leur construction récente a en effet pour corolaires l'absence de centre ancien, et souvent un urbanisme réalisé selon des schémas très américains. Les ruelles piétonnes où il fait bon flâner et prendre un verre, telles qu'on les connaît en Europe, sont ici remplacées par les grosses artères caractéristiques des plans en damier adaptés au schéma du tout-automobile.
Pourtant, les villes néo-zélandaises recèlent parfois de curiosités architecturales fort intéressantes pour le visiteur de passage. Au-delà de leur simple beauté esthétique, ils sont souvent porteurs de symboles et d'histoires peu banales.
C'est donc à la rencontre de ces villes et de certains de leurs monuments exceptionnels que nous allons voyager.
Auckland et ses gratte-ciels
A la descente de l'avion en provenance de France, Auckland est souvent la première ville que l'on découvre. Le spectacle est bien loin de l'idée idyllique que l'on se fait souvent de la Nouvelle-Zélande. Avec ses vastes artères rectilignes soumises au vacarme incessant des voitures, surplombées par les tours vitrées rutilantes, Auckland constitue l'archétype de la ville moderne. L'automobile règne en maître sur Queen Street, jusqu'à ce qu'un son strident se fasse entendre : il s'agit du signal sonore accompagnant les feux qui autorisent les piétons à traverser. Alors ceux-ci envahissent la chaussée, arrivant de tous côtés pour franchir le carrefour maintenant interdit aux voitures. Un curieux spectacle s'offre ainsi aux yeux de l'européen fraîchement débarqué, la circulation alternée n'étant ici pas la règle.
Un bref coup d'œil à la carte, afin de se repérer dans cette grande ville abritant 1,3 millions d'habitants, nous donnera la direction à suivre pour se rendre à la SkyTower. Ses 328 mètres de hauteur en font la plus haute tour de l’hémisphère Sud. Elle compte en son sein de multiples boutiques, restaurants, bars et autres casinos. Du sommet, la vue est grisante sur la capitale économique du pays.
Wellington, la ville du pouvoir
La Nouvelle-Zélande a ceci de particulier que la capitale du pays n'est pas Auckland, ville la plus peuplée, mais Wellington, une autre ville de taille plus modeste – environ 350 000 habitants – et de position plus centrale.
Si les colons anglais ont initialement installé leur capitale à Auckland, le siège du pouvoir politique a ensuite été déplacé vers Wellington par mesure de commodité, la Nouvelle-Zélande étant constituée de deux îles principales, peu larges mais très allongées. Située à l'extrême Sud de l'Ile du Nord, Wellington constitue en effet le point de passage obligé pour transiter en ferry d'une île à l'autre.
Ses hautes fonctions politiques sont ainsi visibles dans le paysage urbain à travers les bâtiments nécessaires à toute capitale. La Beehive, probablement l'édifice le plus connu de la ville, abrite les bureaux du Parlement national. Ce bâtiment, ainsi nommé en raison de sa ressemblance aux alvéoles constitutives d'une ruche d'abeilles, est plutôt comparable selon certains à un chariot de diapositives... A ses côtés, le Parliament Building constitue le véritable siège de l'Assemblée, tandis que la bibliothèque parlementaire se drape dans une architecture de style très gothique.
Après cette visite du coeur politique de la ville, il est maintenant temps de traverser la cité. On déambule donc au milieu des immeubles modernes de Lambton, le centre des affaires, avant de traverser Cuba Street, le quartier bobo.
Enfin, vous arriverez en bas du Mont Victoria, d'où une courte ascension vous permettra d'admirer la capitale depuis ses hauteurs. Les maisons victoriennes qui s'accrochent aux pentes de la colline alignent leurs façades colorées le long de ruelles fort sinueuses.
Si elle est pleine de charmes et de ressources, la capitale compte aussi ses quelques désagréments : ainsi vous comprendrez vite en arpentant ses rues un jour où la brise marine souffle, l'origine de son surnom de Windy Wellington.
Napier, le séisme Art-Déco
Un peu plus au nord, Napier n'est pas la moins originale des cités néo-zélandaises. En effet, la ville fut complètement détruite le 3 février 1931 lorsqu'un séisme de 7,9 sur l'échelle de Richter plongea pendant plus de deux minutes la région dans le chaos.
Si cet événement fut dramatique et meurtrier, il fut en revanche à l'origine d'une reconstruction qui offre encore aujourd'hui à la ville une manne touristique importante. En effet, la cité réduite à un tas de décombres par le tremblement de terre fut reconstruite selon l'une des modes architecturales de l'époque : le style Art-Déco.
Chaque année pendant un week-end, la ville célèbre donc ce style qui a fait sa notoriété, à l'occasion d'une fête haut-en-couleurs.
L'architecture Art-Déco ne plaira assurément pas à tout le monde, mais force est de constater que celle-ci donne à Napier une touche différente, une originalité qui fait tant défaut dans les villes néo-zélandaises. A défaut de tomber sous le charme, vous serez pour le moins intrigué par les tons bariolés que revêtent les façades. En effet la ville foisonne de couleurs : une arche de teinte saumon côtoie ainsi un bâtiment dont la blancheur tranche avec le vert de la coupole qui le coiffe. Le tout donne la furieuse impression que Napier est faite de toc. Surprenant!
Christchurch, la cité jardin
Rendons nous maintenant à Christchurch, première étape de notre périple dans l'île du Sud. Christchurch constitue, avec ses plus de 300 000 habitants, la deuxième ville du pays et la plus grande de l'île du Sud. Un décret royal de 1856 fait même d'elle la plus ancienne ville de Nouvelle-Zélande. Au milieu du XIXème siècle, les premiers colons britanniques débarquèrent en effet en ce lieu pour y implanter une cité. Venus sur quatre bateaux, près de 800 émigrés fondèrent Christchurch sur un site auparavant occupé par des chasseurs de baleines.
Cathedral Square constitue le coeur de la ville. Cette place se distingue par sa cathédrale anglicane, aux côtés de laquelle a récemment été érigée une nouvelle statue. Cette dernière célèbre, outre le changement de millénaire, le 150ème anniversaire de la fondation de la cité. La statue, structure conique faite de métal et nommée Chalice, est constituée de 42 feuilles d'arbre, représentant des espèces végétales endémiques de Nouvelle-Zélande.
Christchurch, souvent surnommée « Garden city », la cité jardin, doit ce qualificatif aux nombreux parcs publics qui offrent à ses habitants la possibilité de flâner ou faire leur footing du dimanche en pleine ville.
Dunedin l'écossaise
Si Christchurch porte dans son nom même l'empreinte du christianisme, sa consoeur du Sud, Dunedin, a elle aussi une origine religieuse. Ce sont en effet des membres de l'Eglise Libre d'Ecosse qui jetèrent les bases de ce qui constitue maintenant la cinquième plus grande ville du pays. L'accent écossais résonne d'ailleurs toujours dans certaines bouches, caractéristique des natifs de la cité. En effet, les membre de l'Eglise Libre d'Ecosse apportèrent avec eux leurs traditions et leur culture. Dunedin est d'ailleurs l'ancien nom de la cité d'Edimburgh.
S'il est un bâtiment qu'il faut avoir vu à Dunedin, c'est bien sa gare ferroviaire. Construite au début du 20ème siècle, elle possède une architecture de style Renaissance flamande, avec ses pierres en calcaire d'Oamaru de couleur crème alternant avec celles beaucoup plus sombres qui proviennent de la partie centrale de la région d'Otago. Si l'extérieur du bâtiment est grandiose, l'intérieur n'est pas en reste. Vitraux finement sculptés représentant un train à l'approche, et mosaïque de porcelaine à l'effigie des chemins de fer néo-zélandais en guise de sol, constituent en effet le décor intérieur du prestigieux bâtiment.
Reefton ou la folle épopée de la ruée vers l'or
La petite bourgade de Reefton, située à quelques encablures de la côte Ouest, est connue pour avoir été la première de Nouvelle-Zélande à bénéficier de l'électricité publique. Un curieux graffiti commémore cet événement sur les murs des toilettes!!!
Reefton est en outre réputée pour son architecture fort particulière, rappelant fortement les villages du Far-Ouest américain que l'on trouve dans tous les bons westerns. Et pour cause! Si la ville est elle aussi située à l'ouest de son pays, elle fut également construite dans les années 1870, lorsque la découverte d'or fit miroiter aux esprits aventuriers une rapide fortune contre un peu de chance et de sueur. Les bâtiments témoignent, encore aujourd'hui, de l'engouement suscité par ce métal précieux. Au détour d'une ruelle, trois gaillards locaux font revivre le passé, vous proposant de chercher de l'or dans leur hutte aménagée comme à la grande époque, d'assister à une démonstration de forge ou, pour les esprits plus moqueurs, de siroter un thé en profitant du spectacle!
Havelock, capitale mondiale de la moule à coquille
Il est maintenant temps de retourner à Picton, d'où le ferry nous mènera vers Wellington avant de regagner la France. Mais sur la route, impossible de ne pas s'arrêter à Havelock. Un panneau annonçant fièrement l'entrée de cette petite bourgade attire l'attention de l'automobiliste. En effet, la ville s'est auto-proclamée « Capitale mondiale de la moule à coquille verte »! Kesaco? La moule à coquille verte est en fait une espèce de moule endémique aux eaux côtières néo-zélandaises, et cultivée dans des fermes marines alentours. Le titre de capitale mondiale que s'est octroyée Havelock est donc peu disputé! Mais ici, ce coquillage revêt une importance considérable : nombre des habitants des environs travaillent en effet dans les fermes et usines mytilicoles. Et la ville a bien compris l'intérêt qu'elle pouvait tirer de cette activité si particulière. Il nous faut donc goûter quelques uns de ces coquillages. Pour cela, direction le restaurant qui en a fait sa spécialité. Difficile de le rater le long de la grand route : avec son toit surmonté d'un énorme plat de moules et sa façade décorée de filets de pêche, il ne passe en effet pas inaperçu. Ici, on peut manger la spécialité locale cuisinée de différentes manières, garnie de multiples sauces. La moule à coquille verte tient son nom des curieux reflets verts qui garnissent le coquillage. Contrairement aux moules qu'on connait, celles-ci sont beaucoup plus grosses, mais aussi plus caoutchouteuses...
Cet intermède culinaire marque la fin de notre voyage à la découverte des villes néo-zélandaises. Heureusement, on retrouvera en France la gastronomie qui nous manque tant en voyage! De quoi accepter un peu plus facilement l'idée du retour.





