Ontario : Le parc de la Pointe Pelée

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Ontario : Le parc de la Pointe Pelée

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Michel Julien | 22.12.2003 | 600 visites | 0Favoris |
Michel Julien

Le parc de la Pointe Pelée : la mecque des observa

Ontario : Le parc de la Pointe PeléeIl est 5h30 ce frisquet matin de mai et déjà des centaines de personnes envahissent les sentiers. Dans quelques heures, ils seront des milliers avec leurs jumelles, leurs téléscopes et leurs livres d'identification. Cette curieuse migration annuelle vers le point le plus méridional du Canada regroupe des pélerins de partout dans le monde : des canadiens et des américains surtout, mais aussi des britaniques, des français et des japonais. Ils sont ici pour observer les oiseaux. Ici c'est la Mecque de l'observation d'oiseaux; il n'y a pas un endroit au Canada qui attire plus d'ornithologues amateurs que ce parc du sud de l'Ontario. Le Parc national de la pointe Pelée, avec ses 3 500 acres de superficie, est l'un des plus petits parcs nationaux Canadien, mais aussi l'un des plus visité avec au delà d'un demi-million de visiteurs par année.

CENT ESPECES D'OISEAUX PAR JOUR

Ontario : Le parc de la Pointe PeléeSituée au confluent de deux des principales routes de migration, la pointe Pelée reçoit chaque printemps et automne, des milliers d'oiseaux qui y séjournent. La migration printanière est particulièrement spectaculaire; au plus fort de la saison, un observateur avisé peut repérer plus d'une centaine d'espèces d'oiseaux en une seule journée. Quant on pense qu'à la pointe Pelée un total de 332 espèces d'oiseaux ont été observées, dont 319 durant la migration printanière, on comprend que les ornithologues amateurs affluent. C'est surtout à la fin mai que l'on visite la pointe Pelée. À cette période, de nombreuses espèces de petits passereaux migrateurs arrivent par vagues intermittentes en provenance d'Amérique centrale ou d'Amérique du Sud. Après avoir traversé le lac Erié, la première terre qu'ils aperçoivent est la Pointe Pelée, étroite péninsule d'une dizaine de kilomètres de long. Les oiseaux, portés par un front chaud venant du sud s'y posent alors pour reprendre des forces. A l'occasion d'un brusque changement climatique, des centaines, voire des milliers de représentants d'une même espèce seront obligés d'atterrir à l'extrémité sud de la pointe. C'était le cas les 9 et 10 mai 1952 où l'apparition d'un front froid força 1 000 parulines noir et blanc et 20 000 bruants à gorge blanche à se poser. Bien que ce genre d'arrivées record ne soit pas courante, une visite matinale à la pointe permet toujours de découvrir bon nombre de nouveaux arrivants dont peut-être certaines espèces rares. Au centre d'interprétation du parc, un tableau indique les espèces d'oiseaux observées au fil des jours et chaque ornithologue peut y aller de ses ajouts suivant ses découvertes de la journée. Un coup d'oeil à ce tableau suffit à déterminer l'état de la migration en cours. De plus, les naturalistes en poste au centre se font un plaisir de diriger les visiteurs vers les meilleurs coins du parc.

PLUS QUE DES OISEAUX

Il n'y a pas que des oiseaux à la pointe Pelée ! Le randonneur à tout intérêt à regarder ailleurs que dans le haut des arbres s'il veut apercevoir quelques-unes des nombreuses espèces de reptiles et de mammifères présentes dans le parc. Des lapins à queue blanche, des ratons-laveurs et des coyotes peuplent les forêts alors que des visons, des rats-musqués et toutes sortes de tortues et couleuvres se rencontrent dans les marais. Le parc de la pointe Pelée est aussi reconnu pour sa population de cerfs de Virginie. Autrefois timides et fuyants, les cerfs de Virginie sont aujourd'hui confiants et omniprésents. Habitués au va-et-vient des visiteurs, ils se laissent approcher au point que c'est l'être humain qui en est gêné. Sans prédateur, la population de cerfs s'est accrue au point de menacer le fragile écosystème du parc; plusieurs espèces de plantes étaient sur le point de disparaître si rien n'était entrepris. Conscient du problème, les biologistes du parc on dû se résoudre à régler le problème en sacrifiant quelques bêtes. En quelques années, des plantes qui ne poussaient plus à la Pointe Pelée depuis des décennies on repris leur place dans l'écosystème du parc. La viande des animaux sacrifiés a été donnée aux pauvres de la région.

UNE FLORE EXCEPTIONNELLE

Située sur la même latitude que Rome et le nord de la Californie, le parc de la pointe Pelée bénéficie d'un doux climat méridional. Les eaux avoisinantes du lac Erié tempèrent les fluctuations climatiques et favorisent une des plus longues saisons de croissance au Canada. La pousse de la végétation se fait rapidement, déployant une abondance de fleurs jusqu'à la fin juin. En été, des périodes chaudes et sèches amènent les conditions arides qui favorisent la floraison du figuier de Barbarie, variété de cactus poussant à ras de terre. Des vignes grimpantes s'accrochent aux arbustes et même des lianes pendent des arbres. L’extrême sud de la pointe est presque exempte de conifères; c'est la forêt Carolinienne avec ses noyers, caryers, platanes et sassafras. En fait, la pointe Pelée est un des rares endroits où la forêt décidue d'Amérique du Nord existe encore dans son état primitif.

UN LITTORAL EN PERPETUEL CHANGEMENT

Ontario : Le parc de la Pointe PeléeEnviron 22 kilomètres de plages sablonneuses bordent le lac Erié. La baignade y est permise sauf à l'extrémité de la pointe où les courants sont dangereux. Le parc national de la pointe Pelée voit son littoral sans-cesse remodelé par ces courants; les tempêtes occasionnelles sculptent les rivages et déposent des barachois et des ilots en bordure du lac. Souvent, ces ilots se relient progressivement entre eux, rallongeant ainsi la pointe de quelques centaines de mètres. Du jour au lendemain, les courants balaient à nouveau le banc de sable et la pointe reprend son aspect d'origine.

UNE NATURE ACCESSIBLE

Ontario : Le parc de la Pointe PeléeA la pointe Pelée, tout est mis en oeuvre pour rendre la nature accessible à tous. Des dizaines de sentiers aménagés parcourent les bois tandis que les marais sont traversés par de longues passerelles. Il y a aussi des aires de pique-nique, des pistes cyclables et des voies canotables (on peut louer canots et vélos sur place). Par contre, il est impossible de loger sur le territoire du parc. Bien qu'on encourage le camping dans la plupart des parcs nationaux, celui de Pointe Pelée est trop petit et trop fragile pour résister à cet activité. Cependant, deux secteurs sont réservés au camping de groupe. Les groupes organisés y sont bienvenus mais il faut réserver longtemps à l’avance. Hors des limites du parc, dans la région de Leamington, plusieurs terrains de camping et quelques hôtels offrent l'hébergement. Tous venus pour la même raison, les visiteurs échangent leurs observations dans une ambiance de compétition amicale. "Avez-vous vu le milan à la pointe ce matin? Non mais j'ai recensé 190 espèces depuis mon arrivée!". Observateur d'oiseaux chevronné ou simple curieux, personne ne s'ennuie à la pointe Pelée. La présence de tous ces oiseaux offre à chacun la possibilité de jouer à l'explorateur ou au photographe de la nature dans le plus petit des parcs canadiens. Comme photographe, je considère que la deuxième semaine de mai, juste avant la frondaison, est le moment idéal pour observer et photographier les oiseaux. Parfois il y a plus d'oiseaux la semaine suivante, mais quand les feuilles ont poussées, il est beaucoup plus difficile de repérés les volatiles. Comme tous les endroits touristiques courus, le parc de la pointe Pelée est très achalandé le week-end. Il est donc préférable de choisir de s'y rendre la semaine. Aussi, il est nécessaire de réserver sa chambre d'hôtel longtemps à l'avance si vous prévoyez de voyager en mai. La foule vous intimide ? Choisissez les sentiers éloignés de l'extrémité de la pointe; il sont beaucoup moins fréquentés mais ils peuvent vous réserver des surprises. Aussi, une balade en canoë, loin des sentiers, vous permettra d'observer des oiseaux aquatiques tout en vous faisant dorer au soleil. Croyez-moi, le plus petit parc du Canada à beaucoup à offrir.

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