Perou : « The Bachelor » version Taquile

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Perou : « The Bachelor » version Taquile

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Réjane Ereau | 18.11.2003 | 500 visites | 0Favoris |
Réjane Ereau

Perou : « The Bachelor » version TaquileDepuis déjà belle lurette, la petite île de Taquile attire jusqu’à elle les voyageurs avertis, intrigués par ses charmes singuliers : sa situation à près de 4.000 mètres d’altitude, par exemple, perdue au milieu du Lac Titicaca à quelques 3 heures de bateau du port péruvien de Puno. Ou les 500 marches à gravir pour arriver au village, perché au sommet (bonjour le dénivelé). Ou encore son esprit communautaire qui rejète en bloc le développement d’infrastructures hôtelières et préfère s’en tenir à l’organisation équitable d’un logement, certes spartiate mais authentique, chez l’habitant (chaque famille se relayant pour accueillir le chaland). Sans oublier ses bonnets péruviens tout ce qu’il y a de plus typiques (format bonnet de nuit, les oreilles et les motifs « lamas » en plus) mais qui, dit-on, sont confectionnés par les hommes… Et un homme qui tricote, c’est suffisamment rare dans nos contrées pour être remarqué ! Surtout qu’à Taquile, ces messieurs semblent vraiment tricoter à longueur de journée, seuls ou entre copains, assis à l’ombre ou debout sur les chemins.

Perou : « The Bachelor » version TaquileMais lors de notre passage à Taquile, c’est une autre tradition qui a retenu notre attention : l’étrange cérémonial auquel se livrent depuis des lustres les filles et les garçons pour se séduire, se plaire, se choisir. De quoi donner des idées à tous les jeunes urbains débordés contraints au speed dating !

Première étape : le flirt

Perou : « The Bachelor » version TaquileA Taquile, tout commence par « le coup du caillou ». Avis donc à la population : si sur l’île, les gens vous jettent des pierres, ce n'est pas forcément mauvais signe ! En effet, quand un garçon aperçoit une fille qui lui plaît, il ramasse un caillou et le lance vers la donzelle (gentiment s'entend, s'agit pas de lui crever un œil). Réaction ? Si le garçon est à son goût, elle lui jette à son tour une petite pierre, avec regard complice et sourire enjôleur de circonstance. Sinon, elle peut toujours se saisir d’une grosse caillasse et la lui balancer, indignée : « c'est pas des manières ça, tout de même » ! Une fois par an, les jeunes de 18 à 20 ans se réunissent également sur la place du village pour une grande séance de « faisons plus ample connaissance ». Pour l’occasion, les garçons sortent leur plus beau bonnet à pompon, qu'ils ont eux-mêmes tricoté - la taille du pompon pouvant, paraît-il, en dire long sur leur virilité… Le challenge pour les filles, c'est alors de s'emparer de " leur bonnet préféré " et de le ramener dare-dare à la maison pour le remplir d'eau : si le liquide ne s'écoule pas vite, c'est que la maille est bien serrée ; donc que le garçon est un bon tisseur ; donc qu’il saura transmettre son savoir-faire à sa descendance ; donc qu’il a du potentiel… Super bueno ! Satisfaite de sa pêche, la fille garde le bonnet et s’en va faire plus ample connaissance ; si au bout de quelques jours, tout roule (ou plutôt tout roucoule), ni une, ni deux, le couple se met en ménage sans attendre davantage.

Deuxième étape : concubinage et mariage

Perou : « The Bachelor » version TaquileCatholiques mais pas fous, les gens de Taquile ont également conservé la coutume inca du sirvinacuy (orthographe approximative), c’est-à-dire la possibilité de vivre ensemble pendant un ou deux ans avant de se marier. Si ça marche, on s'épouse ; sinon, on se sépare gentiment… et on se remet alors à lancer des pierres et à tâter du pompon. Mais attention, pendant cette période, pas question d’avoir des enfants ! Là-dessus, pas de secret : plantes médicinales, préservatifs, pilule et le tour est joué (car ce n’est pas parce qu’on habite une île paumée qu’on ne sait pas se protéger).

Perou : « The Bachelor » version TaquileBons pour le mariage ? L’heure venue, les deux jeunes gens grimpent au temple de la Pachamama (vieilles ruines perdues quelque part dans la montagne) pour remercier les dieux et déposer quelques offrandes : feuilles de coca, plantes, eau colorée, vin, pisco… Faut bien ça ! Puis il s’agit de se faire beau pour les noces : côté garçon, chemise blanche en laine, petit gilet, épais pantalon noir, grosse ceinture tissée, tatanes ou – concession à la modernité – bonnes baskets des familles ; et surtout « the » bonnet, tout rouge, tissé spécialement pour l’occasion par le marié. Côté fille, une liquette en gros coton brodée, deux gros jupons en laine aux couleurs vives (osons le rouge ou l’orange, osons), une large ceinture multicolore serrée sous la poitrine, des sandalettes portées avec de grosses chaussettes (pas top sexy, mais n’oublions pas que nous sommes à 4.000 mètres), sans oublier la grosse « manta » aux pompons châtoyants jetée sur les épaules. S’ensuivent trois jours de fête, orchestrés de main de maître par le témoin principal… chargé, entre autres, de « momifier » les mariés sous d’innombrables couvertures pour qu’ils ne puissent pas bouger le petit doigt ! Rituel sadique ? Non, tradition plutôt poétique : le mariage représentant le début d'une nouvelle vie, les fiancés sont tenus comme des fœtus en attendant l'heure de leur « renaissance » (et puis tout de même, concède une grand-mère, ça les empêche de fricoter !).

Et après ?

Perou : « The Bachelor » version TaquileAprès, c'est fini, c'est pour la vie (le divorce n'est pas admis). Encore deux ou trois détails et leur nouveau statut sera définitivement établi : la jeune mariée doit se couper les cheveux et s'en servir pour confectionner une ceinture à son mari, censée soulager ses reins des lourds fardeaux… Joli geste, mais pourvu qu'elle n'y perde pas ses forces, comme Samson ! Elle doit aussi laisser tomber les jupes vives et les châles richement décorés pour des vêtements de couleur sombre. Ben pourquoi, c'est un mariage, pas un enterrement ! Le jeune marié, lui, a désormais le droit de porter la « chuspa », bourse spéciale « feuilles de coca ». Pourquoi faire, pour oublier que les jeux sont faits ? Fini les petites pierres, fini les gros pompons, le « bachelor » de Taquile a trouvé sa moitié. Mais nul doute que sur la petite île, loin là-bas sur les eaux du Lac Titicaca, le manège des bonnets péruviens n’a pas fini de tourner… et les hommes de tricoter !

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info plusinfo plus

Depuis Puno (Pérou) :  départ des bateaux entre 7h et 9h, retour en fin d’après-midi.

A voir également : Isla Amantani (encore moins touristique et moins chère que Taquile)

Conseil : passer au moins une nuit sur les îles - Logement et repas simples en famille. Penser emmener des vêtements chauds et une lampe de poche.

Forfait de 10 € par personne pour un circuit de 2 jours / 1 nuit comprenant le voyage en le voyage en bateau Puno / Los Uros / Amantani / Taquile / Puno, une nuit en famille et trois repas (déjeuner, dîner et petit déjeuner) à Amantani – Possibilité de rester une ou plusieurs nuits supplémentaires sur Amantanti et/ou Taquile (si vous avez le temps, ne vous en privez pas !) : seulement 3,4 € par personne pour une nuit supplémentaire à Amantani (avec 3 repas inclus).

Contact :  Cusi Travel - Jr Theodoro Valcarcel 138, Puno – Tel. 369072 - //';l[1]='a';l[2]='/';l[3]='<';l[4]='|109';l[5]='|111';l[6]='|99';l[7]='|46';l[8]='|108';l[9]='|105';l[10]='|97';l[11]='|109';l[12]='|116';l[13]='|111';l[14]='|104';l[15]='|64';l[16]='|108';l[17]='|101';l[18]='|118';l[19]='|97';l[20]='|114';l[21]='|116';l[22]='|105';l[23]='|115';l[24]='|117';l[25]='|99';l[26]='>';l[27]='"';l[28]='|109';l[29]='|111';l[30]='|99';l[31]='|46';l[32]='|108';l[33]='|105';l[34]='|97';l[35]='|109';l[36]='|116';l[37]='|111';l[38]='|104';l[39]='|64';l[40]='|108';l[41]='|101';l[42]='|118';l[43]='|97';l[44]='|114';l[45]='|116';l[46]='|105';l[47]='|115';l[48]='|117';l[49]='|99';l[50]=':';l[51]='o';l[52]='t';l[53]='l';l[54]='i';l[55]='a';l[56]='m';l[57]='"';l[58]='=';l[59]='f';l[60]='e';l[61]='r';l[62]='h';l[63]=' ';l[64]='a';l[65]='<'; for (var i = l.length-1; i >= 0; i=i-1){ if (l[i].substring(0, 1) == '|') document.write("&#"+unescape(l[i].substring(1))+";"); else document.write(unescape(l[i]));} //]]> ">

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