Québec : Splendeurs sauvages des monts Torngat

Québec
Québec : Splendeurs sauvages des monts Torngat

biae ungava
labrador
lac miriam
monts
québec
torngat
Partager
Bernard Brando | 18.11.2003 | 517 visites | 0Favoris |
Bernard Brando

Entre la baie d'Ungava et la mer du Labrador...

Si la plupart des voyageurs connaissent le Canada et le Québec en particulier, peu se sont aventurés dans le Grand Nord, terre d’aventures par excellence, vierge de pollution et de tourisme de masse. Située entre la Baie d’Ungava et la mer du Labrador, cette spectaculaire région arctique recèle un potentiel touristique non exploité. Quelques pourvoiries (camps de pêche ou de chasse) proposent des circuits hors des sentiers battus... pour ne pas dire introuvables dans les agences de voyages traditionnelles. Les Monts Torngat, situés à la pointe nord est du Québec, forment une frontière entre le Québec et le Labrador. Leurs sommets culminent à plus de 1600 mètres dans un décor unique de cirques de moraines aux arêtes impressionnantes, de vallées tapissées de toundra et de glaciers. De nombreuses cascades se jettent dans la mer du Labrador dans un vacarme assourdissant, au coeur de profonds fjords. Certaines chutes dépassent les 100 mètres de hauteur. Les plus hautes montagnes de l’est du continent, les fjords, les glaciers millénaires et une faune abondante font des Torngat un endroit idéal pour un voyage de découverte et d'aventure... Pour y accéder, un avion de ligne part tous les jours de Montréal à destination de Kujjuuaq (Fort Chimo pour les blancs), porte d’entrée du Grand Nord. De là, un hydravion vous mène à Kangisualujjaq. L’avion survole bon nombre de rivières qui porteraient chez nous allègrement le nom de fleuves. La toundra s’étend à perte de vue, sans une habitation. Seules quelques cabanes rappellent que c’est ici que les pêcheurs nord américains viennent faire leur " quota "... entendez par là quelques dizaines de saumons ou ombles arctiques dont le poids descend rarement en dessous de 7 kilos. Après 1h30 d’un vol qui restera gravé dans votre mémoire, vous serez accueilli au camp de base. Une nuit reposante sous la tente, avec les aurores boréales pour couverture, précédera votre départ vers la côte du Labrador.... peut-être en ma compagnie !

Suivez-moi, je vous emmène...

Québec : Splendeurs sauvages des monts TorngatImaginez notre safari arctique... Nous voici dépistant les ours polaires de cinq cents kilos qui se baladent sur la banquise, observant les caribous qui broutent les lichens sur les flancs des montagnes et espionnant les phoques prenant leur bain de soleil ! Entre les rochers vous observez une multitude de fleurs sauvages tout en profitant des 20 heures d’ensoleillement. Le long des rivages, vous faites la découverte de cairns, de caches de nourriture, de cercles de tente et à l’occasion, de ruines de maisons souterraines faites d’os, de pierres et de terre (ces vestiges, qui datent de plusieurs milliers d’années, sont des exemples bien concrets de la civilisation Thulé disparue depuis plusieurs siècles). Après avoir gravi les montagnes avoisinantes, nous voici profitant d’une vue incomparable sur l’Atlantique Nord. De gigantesques icebergs au bleu profond flottent à l'horizon et vos jumelles vous offrent la chance d'apercevoir des baleines qui migrent le long de la côte. Après 3 jours d’exploration et d’observation de la faune sur un périmètre de 10 km, nous laissons notre camp de base derrière nous. Nous nous dirigons alors vers l’extrémité sud du Lac Miriam où nous marchons à l’intérieur d’une ancienne vallée glaciaire. Nous suivons des ruisseaux alimentés par la fonte des glaces pour rejoindre le Boxl Glacier où nous passons deux jours en exploration. A proximité, des sommets en pointes de flèches et aux couleurs charbons atteignent par endroits 1600 mètres d'altitude. A l’occasion, on aperçoit des caribous qui broutent sur la rare verdure qui subsiste à l’intérieur des canyons. Le Boxl Glacier est l’un des plus impressionnants glaciers des MontsTorngat. En progressant sur sa surface, vielle de 12000 ans, nous découvrons des cavernes glaciaires, des fissures et des moraines gigantesques. Pour ceux qui sont particulièrement habiles en escalade, les sommets en aiguilles leur réservent une vue incomparable sur les Monts Torngat et les paysages uniques de la côte du Labrador. Si l'aventure vous tente "pour de vrai" sachez que notre guide est un inuk (inuit au pluriel). Né dans cette partie du Canada, il en connaît tous les pièges et saura vous prémunir contre les accidents. Il saura aussi vous faire découvrir les trésors de son pays encore cachés dans l’immensité du Grand Nord. Pour un panorama plus large de la région, je conseille aux plus fortunés d’entre vous de décoller à bord d’un hydravion pour survoler, durant 4 heures, les plus étonnantes merveilles de ce territoire : 1/ les fjords du Labrador et du Québec Les côtes montagneuses du Québec et du Labrador sont entaillées par des fjords profonds qui pénètrent au cœur des Torngat. Le vol en hydravion entre ces gigantesques murailles aux parois rocheuses qui atteignent 1500 mètres vous permet d’observer de spectaculaires chutes, cascades et aiguilles rocheuses. 2/ les icebergs C’est en longeant la côte de l’Ungava et du Labrador que vous aurez la chance d’observer ces montagnes de glace flottantes dont un dixième seulement apparaît à la surface de l’océan. Ouvrez bien les yeux : les baleines et les ours polaires sont souvent aperçus à proximité des icebergs. 3/ les glaciers millénaires Le glacier Minaret et le Twin Bowl Glacier en sont des exemples impressionnants. 4/ le Mont d’Iberville C’est le point culminant du Québec. Il chevauche la frontière du Labrador. C’est aussi le plus haut mont de l’est du Canada. Dans les Monts Torngat la zone arctique descend plus bas au sud que partout ailleurs au Canada. 5/ Les hautes chutes du Nachvack Fjord Le Nachvack Fjord est alimenté par de nombreuses rivières formant de spectaculaires chutes dont certaines sont véritablement projetées hors de la montagne. Parmi ces chutes, quelques unes atteignent plus de 300 mètres de hauteur. 6/ La migration des caribous Le troupeau de caribous de la Rivière George compte 1 000 000 ( un million) de bêtes. C’est au début du mois de juillet que des milliers de caribous peuvent être facilement observés dans la région de Rapid Lake. Après avoir mis bas vers le mois d’avril, plus bas vers le sud, les hardes remontent vers le nord à la recherche de pâturages. Ce n’est que vers la mi août qu’il redescendront vers le sud passer le redoutable hiver canadien. Cette région grande comme la France n’en est encore qu’à ses balbutiements touristiques. Les privilégiés devront se soumettre aux caprices du temps et se contenter du confort spartiate des tentes. Toutefois votre voyage, si vous choisissez un jour de rejoindre cette terre, demeurera à jamais gravé dans votre mémoire. Il est même probable que certains deviendront, comme moi, des passionnés de l’arctique et de tout ce qui touche à la découverte d’un monde encore inconnu, même des scientifiques.

Partager
Bernard Brando | 18.11.2003 | 517 visites | 0Favoris |
1
photo associée
Québec : Splendeurs sauvages des monts Torngat
0
commentaires à ce reportage
Souhaitez-vous faire un nouveau commentaire ? Cliquer ici
Créer un compte

Aujourd’hui voyageur,
demain rédacteur...

Une sélection de 3 articles sera mise en avant chaque mois

Créer un compte
Envoi d'un site thématique

Thématiques : farfouillez avec nous !

Si vous connaissez l'adresse d'une "pépite du net", n'hésitez pas à la partager avec nous !

Envoi d'un site thématique
Envoi d'un site utile

Développons ensemble l'annuaire des sites utiles

Vous connaissez un site utile pour les voyageurs ? Indexez-le dans notre annuaire.

Envoi d'un site utile