
République Tchèque
REPUBLIQUE TCHEQUE: Prague ou l'incarnation de la vie de Bohême
Au carrefour des diverses cultes européennes, Prague est une ville qui respire encore les splendeurs de l'empire austro-hongrois. Prague est l'âme de la République thèque, la Bohême le coeur.
A la simple évocation du nom de Prague, l'imagination fait son chemin...
Prague, c'est la culture, et les musiques d'Anton Dvorak. Mais Prague ne serait rien sans sa vieille ville et sa rivière Vltava qui coule à ses pieds.
Prague est une de ses capitales européennes où la modernité côtoie les vestiges du passé. Les rails des tramways sont comme autant de lignes qui
serpentent entre ces témoins de la vie praguoise, passée, présente et future. Ce balancement entre les époques se produit lorsque l'on emprunte le funiculaire qui permet d'accéder à la colline de Petrinska, Là, on se retrouve dans des jardins où poussent mille et unes plantes aux senteurs les plus perçantes. Puis, une fois que l'oil s'est aiguisé à l'environnement,laissent les vestiges du temps jadis poindre.
Les murs d'enceinte de la cité médiévale se dessinent. Les images de l'histoire de la ville sont ainsi renvoyées, des images du temps où Charles IV, empereur du Saint Empire Romain Germanique, donnait à cette partie de la ville les lustres des grandes cours d'Europe.
Sur ce promontoire que constitue la colline Petrinska, se dresse un belvédère éponyme. Sous des airs de « petite Tour Eiffel », cette tour est très prisée pour la vue qu'elle offre sur la ville.
Légèrement en contrebas, les premières architectures font leurs apparitions.
Et la place où se dresse le ministère des affaires étrangères est un exemple criant. Les façades d'église de type baroques scintillent comme autant de bijoux. Les dorures des toits brillent de mille feux dans le ciel d'été. En face, les maisons d'habitations recèlent des passages mis en valeur par les ogives qui captent l'ombre et rafraîchissent l'atmosphère.
Dans les rues pavées, certaines minuscules, l'évocation de l'histoire du pays saute aux yeux du voyageur. Les façades aux couleursflamboyantes sont comme autant de témoins de la richesse passée. Les ocres, les jaunes, les blancs claquent sous la lumière. Le Baroque est roi !
De cette colline, le regard du voyageur se porte, au loin, sur la Vieille Ville. La rivière Vtlava coule inexorablement à ses pieds. Juste au dessus, le célèbre pont Charles, achevé en 1357, trône et ses arches enjambent les flots. Des lots séculaires... Ce pont, aux couleurs sombres, est en fait le plus vieux pont de la cité pragoise. Les statues qui décorent les piliers datent pour la plus part de l'époque du baroque.
Il est le symbole de la puissance et de la richesse de la ville médiévale.
Le pont est orné de statues de saints réalisées par les sculpteurs Braun et Brokoff. De part et d'autre, deux immenses tours étaient les garantes de la sécurité des habitants. De véritables tours « forteresses », comme autant de symbole du pouvoir de l'époque.
Aujourd'hui, le pont est le rendez-vous de promeneurs qui aiment y déambuler. Ne pas aller sur le pont Charles, c'est comme être à Paris et ne pas faire les Champs Elysées. C'est aussi le rendez-vous des artistes qui croquent le portrait de qui voudra bien se laisser peindre.
C'est en pénétrant au cour de la ville que l'âme de Prague perce. Au détour de rues plus petites et plus tortueuses les unes que les autres, la place de la Vieille Ville apparaît. Là, l'histoire s'entrechoquent !
C'est un véritable festival d'architecture. Les bâtiments de style Renaissance flamboyants éclaire de leur beauté la place. Accolée, une maison de style gothique s'impose comme un anachronisme. Mais l'ensemble se marie pour donner à la place une certaine unicité.
La place est le coeur de la ville.
L'effervescence y est incessante. Les terrasses de cafés sont gorgées de badauds, et il suffit de tendre l'oreille pour entendre le monde entier.
Toutes les langues s'y mêlent. Le moment le plus intense se situe lorsque l'horloge de la place de la Vieille Ville. Cadran lunaire, cadran solaire se mêlent pour mettre en évidence la danse de figurines, représentants des symboles de la religion. Les aiguilles s'animent, les figurines bougent, et quelques mètres plus bas, les passants sont figés comme pour mieux profiter du spectacle. Mais les symboles chrétiens ne sont pas les seuls qui donnent à Prague son image de haut lieu chrétien.
Proche de là, la découverte de l'ancien ghetto juif constitue une immersion dans la riche histoire de la ville. Du quartier, dont le nom est Josefov. Il ne reste que six synagogues et le vieux cimetière renfermant quelques milliers de tombeaux. La synagogue Vieille-Nouvelle, principal lieu de prières de la communauté juive de Prague, est la plus ancienne synagogue d'Europe. Mais que serait Prague et la vie qui l'entoure, sans la place Venceslas. Cette place de forme oblongue, baptisée d'après le saint patron du pays, le prince Saint Venceslas, a sa statue sur cette place centrale de la capitale. Haut lieu culturel, elle est aussi le cadre d'un commerce florissant. Prague sans la place Venceslas ne serait pas Prague. Mais, malgré les immenses efforts réalisés depuis l'entrée du pays dans l'Union européenne, les traces de l'emprise soviétique, durant une cinquantaine d'années, ont marqué nombre d'endroits de la ville. Dans les esprits, les images du Printemps de Prague de 1968 font parfois surface. Personne n'a oublié le geste de l'étudiant Jan Palac qui s'était immolé par le feu pour protester contre l'occupation russe. Depuis la scission avec la Slovaquie, et l'indépendance en 1993, conjuguée avec l'entrée dans l'Union européenne, il est clair que les aides financières ont aidés à la restauration et à la préservation du patrimoine architectural. Un trésor pour l'Europe entière !
Lorsque l'on pénètre les alentours de Prague, c'est toute la Bohême centrale qui se dévoile. Le tumulte de la grande ville laisse la place à des paysages vallonnés, où les couleurs changent au gré des routes. Dans la région minière de Pribram, au milieu des puits, à travers lesquels, nombre de mineurs ont extrait du minerai d'argent, les forêts s'étalent. Les villages
traversés donnent encore une image d'authenticité.
Mais vu du ciel, la Bohême centrale se révèle comme un endroit où les marques de l'histoire de l'Europe sont encore très présentes. Des Châteaux
de Karlstejn, héritage de Charles IV, en passant par celui de Konospiste, forteresse gothique qui a vécu au rythme des dernières années de l'archiduc François Ferdinand, ou encore le château Sternberk...
La Bohême centrale et Prague, c'est une alchimie, un riche mélange entre un passé toujours présent et un présent tourné vers le futur. Ne dit-on pas que le centre de gravité de l'Europe s'est déplacé vers l'Est. Prague et la Bohême centrale en sont certainement une incarnation.





