
multi-destinations
Sahara... (deuxième partie)
A la rubrique fourre-tout : la méharée
Milieu des années 80, le tourisme " d’aventure ", dopé par la médiatisation du Paris-Dakar et les efforts de tours opérateurs précurseurs comme Terre d’Aventures, Explorator ou Déserts, s’ouvre largement sur le Sahara. Outre la variété des parcours, vient alors s’ajouter la variété des moyens de découverte : trek, 4x4, méharées...
L’image du fier touareg sur son splendide méhari ou celle de la caravane traversant un cordon de dune dans la lueur orangée du soleil couchant fait alors le tour des brochures... Comment ne pas s’imaginer, nous aussi, traversant cet univers minéral harmonieux, sur le dos de ces superbes montures à l’allure altière ?
Problème... le méhari (dromadaire de monte) n’est pas présent dans toutes les régions sahariennes. Le dromadaire le plus commun est le dromadaire de bât, destiné au portage des marchandises. Qu’importe pour certains, toute zone facilement accessible et disposant de dromadaires deviendra le lieu idéal de commercialisation de " méharées ".
Si la méharée (et vous auriez oh combien raison !) est le mode de découverte que vous désirez utiliser pour découvrir les sensations du désert, voici ce qu’il vous faut savoir avant d’acheter votre séjour :
1/ Une vraie méharée se compose d’une caravane de dromadaires de monte et de dromadaires de bas (et/ou parfois, de véhicules 4x4 d’accompagnement pour la logistique). Les dromadaires de monte doivent être de véritables méharis (plus grands et plus fins que leurs cousins de bât) et équipés de selles " maures " (attention, celles-ci sont peu confortables puisque bâties pour la physiologie d’un homme grand et longiligne : le targui). Le temps passé sur le dos de la monture pourra être de l’ordre des deux tiers de la durée de votre parcours. L’initiation est simple, les dromadaires suivent le leader de la caravane. Pas de mal de mer... mais quelques courbatures à prévoir les deux premiers jours (musculature intérieure de la cuisse notamment).
2/ Une fausse méharée est une randonnée chamelière et doit bien être spécifiée comme telle par votre agent de voyage. Ces randonnées, organisées là ou l’élevage et le dressage du dromadaire de monte sont absents (Maroc, Tunisie, Egypte principalement), consistent en un trek accompagné de dromadaires de bas. Dans 90 % des cas, ces animaux transportent votre matériel de bivouac, la nourriture, l’eau, vos bagages... et accessoirement, vous soulagent de votre fatigue en vous acceptant juché acrobatiquement sur leur dos.
Les ambiances et les lieux de pratique de ces deux types de voyages sont complètement différents. La méharée ne se pratique que dans le centre et le sud du Sahara sur un territoire souple et sablonneux. Les participants intériorisent leur vécu dans le courant de la journée... Le silence et la délectation face aux paysages sont indissociables du " véhicule " et de l’indépendance qu’il procure ou impose (tout dépend de votre point de vue personnel).
Dans le cadre d’une " rando chamelière ", la discussion va bon train tout au long de la marche et l’isolement est soit moins recherché soit moins facile à obtenir (là encore, tout dépend de votre point de vue).
Les notions de temps et de distances entre chaque
Le problème de la longueur des étapes ne se pose pas dans le cadre d’une méharée ou d’une randonnée chamelière. Celles-ci sont bien évidemment calculées pour être supportées par des voyageurs de tous types, pour peu qu’ils soient en bonne forme physique.
Certains séjours de découverte en 4x4 peuvent par contre s’avérer de véritables galères... Encore une fois, le désert se savoure au ralenti. Le bien être qu’il procure ne peut être ressenti qu’en disposant du temps nécessaire pour s’imprégner de sa chaleur, de la douceur de ses sols, de l’immensité de ses horizons, de son silence absolu... A moins, bien sûr, de n’avoir pour seule motivation que l’envie de rouler à bord d’un 4x4.
Avant d’acheter un séjour 4x4 dans le désert (si votre objectif est de le savourer et non pas de le traverser), prenez donc soin d’exiger de la part de votre agent de voyage un détail précis des étapes et de leur longueur. Outre cela, celui-ci doit pouvoir vous indiquer les étapes sur route, sur piste (avec le degré de qualité de la piste) et hors piste. Sur route, comptez une moyenne de 70 km/heure, sur piste " roulante " une moyenne de 60 km/heure, sur piste " caillouteuse " une moyenne de 30 km/heure et hors piste ... pas de moyenne du tout... sauf lors de la traversée d’un ténéré (surface plane totalement désertique).
Un petit calcul vous permettra alors facilement, en fonction de la saison et de votre latitude (pour la durée du jour), de déterminer le temps passé à bord des voitures et le temps passé à savourer votre Sahara tant rêvé...
Si vous êtes de ceux qui recherchez l’isolement et l’indépendance à travers un séjour dans le désert... faites tout particulièrement attention à ces longs trajets en voiture. Ils se transforment le plus souvent en de longues heures de discussions... Et adieu le calme !
Le plan " excursion dans le désert "
Se décider à partir 8, 10 ou 15 jours dans le désert n’est pas toujours chose facile la première fois. L’aventure commence souvent par une simple excursion lors d’un séjour balnéaire ou un circuit de découverte (Maroc ou Tunisie le plus souvent). Là encore, sans réclamer un minimum de précisions, vous risquez de passer à côté de votre plaisir. Voici quelques conseils pour éviter le ratage. 1/ Exigez de savoir quelle sera la marque du véhicule destiné à l’excursion, demandez de quelle manière il sera configuré et combien de passagers (en plus du chauffeur) y prendront place. En clair, un Suzuki Vitara n’est pas un Toyota Land Cruiser. Certains 4x4 sont aménagés avec des rangées supplémentaires de sièges qui, soit ne permettent que très peu de visibilité fenêtre (sans parler de l’inconfort !) soit vous placent parallèlement à la route, en face à face (torticolis et mal au cœur assurés !). Enfin, très nombreux sont les petits prestataires locaux qui n’hésiteront pas à vous faire voyager à 7 ou 8 dans un 4x4, épaules contre épaules... Cauchemar assuré. 2/ Comme indiqué dans le chapitre précédent, demandez à connaître le parcours exact de votre excursion pour déterminer le temps que vous passerez dans le dit véhicule. Pour éviter toute embrouille, ayez toujours avec vous une carte routière du pays... 3/ Si l’excursion se déroule sur deux jours et une nuit avec bivouac, exigez des précisions sur le lieu du bivouac (est-ce un bivouac fixe ou un lieu de bivouac sauvage), sur l’équipement de ce bivouac (tentes, sacs couchage) et les repas. 4/ Si une " excursion à dos de dromadaire " est prévue, soyez beau joueur, elle ne peut être autrement organisée que comme une balade " promène touriste " (pour rester polie) d’une heure ou deux au coucher du soleil. Surtout... refusez ce type d’animations entre 11h et 15h. " Promène c... " oui, mais évitez l’insolation et profitez au moins de belles lumières...
Les nuits en bivouac
La logistique d’un bivouac dépend du pays où vous vous rendez, de la durée et du mode de votre séjour, des moyens du prestataire de votre agent de voyages et de son état d’esprit. L’échelle de qualité va du plus spartiate au plus luxueux, du bivouac mobile chaque soir au bivouac fixe où déboulent des groupes à longueur d’année... Le paramètre qui nous semble le plus important à maîtriser, avant un départ, est le degré de préservation de l’intimité de chacun. Dormir à 8 ou 10 sous une tente nomade ou une tente maure n’est pas des plus réjouissant... Dormir à deux dans une tente igloo non plus, même en couple. Quitte à payer cher un séjour dans le désert, l’option d’une tente perso est de loin l’un des meilleurs investissements à prévoir lorsque la tente est véritablement nécessaire (période de plein hiver au Maroc ou en Tunisie par exemple). Pour tout autre séjour à partir de mars (sauf zone franchement dunaire pouvant être balayée par les vents de sable) et de septembre à fin octobre, la tente est inutile... Passée la première nuit avec vos camarades de voyage, vous vous évaderez dès la seconde, pour dormir à la belle étoile (un must !). Dans ce cas de figure... prévoyez un bon sac de couchage (-10° avec capuche faisant office d’oreiller sur le sable...). Remarque à l’attention de tous : préservez le Sahara de toute pollution. Mégots, klennex, bouteilles en plastiques marquent trop souvent les lieux de bivouac....





