
Sénégal
Sénégal : Les Bassari, fils du Caméléon
Sur les contreforts du Fouta Djalon, aux confins du Sénégal oriental et de la Guinée, vivent les Bassari, un des peuples les plus mystérieux d’Afrique de l’Ouest. A l’image de leur totem, le caméléon, les Bassari ont appris l’art de la dissimulation. Les montagnes leur ont longtemps servi de refuge, face aux terribles envahisseurs peuls et mandingues qui ravageaient la région jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle. Ethnie minoritaire maints fois menacée, quelques milliers de Bassari tentent de conserver l’essence de leur société. Chaque année depuis des siècles, ils célèbrent de grandes fêtes animistes, les rites d’initiation, piliers de leurs traditions et de leur identité. La résistance est aujourd’hui culturelle.
En route avec les Bassari
« Le coq ! Le coq ! Il faut retourner au village », prenant sa tête entre ses mains, Kaali vient de réaliser son oubli ! Vincent freine brutalement. « Incroyable », lâche-t-il « Comment est-ce possible ? Oublier le plus important… ». Marche arrière immédiate.
Le coq, émissaire des esprits… Seul son sacrifice répondra à la question essentielle : Thomas, le neveu de Kaali, sera-t-il initié aujourd’hui ? Il appartient à l’oncle de lire dans les entrailles du coq. Blanches, le duel contre le Masque aura bien lieu, rite incontournable de l’initiation. Noires, c’est le signe d’un danger. Thomas ne subira pas l’épreuve du combat. Et restera un néophyte.
Le coq n’aura pas échappé longtemps à son funeste destin… Rattrapée la précieuse volaille, le flot des candidats au départ ne cesse de gonfler, comme un torrent à la saison des pluies. Grappes d’enfants, femmes encombrées d’un arsenal de vaisselle, de marmites, de sacs de riz, chèvre et cochon, nattes et matelas, caisses de bière, … « Car les Bassari ne voyagent pas, ils déménagent ! », ironise Vincent. Il y a bien longtemps, Vincent est tombé sous le charme de cette rude savane et de ses habitants. Au point d’épouser une femme bassari, l’art de vivre, et … son joyeux désordre.
En véritable chef de clan, Vincent tente de réorganiser le chaos et de charger le pick up au mieux.. Sans perdre son sourire et son flegme. « Et surtout, on ne touche pas à la glacière ! Par 46°, la glace est aussi précieuse que de l’or. » Que ne donnerait-on pas pour une Gazelle, une bière bien fraîche ! Impossible d’embarquer tout le monde. Le pick-up déborde. Bon prince, Vincent abdique… « Quitte pour un autre voyage ! »
Nous quittons Salémata et ses cases en banco, gros village montagnard - 400 mètres d’altitude ! - endormi au creux des collines boisées. La piste ressemble à un torrent desséché. Chaque saison des pluies la creuse de profondes ravines. Rocs, nids de poule (« nids d’autruche ! » corrigent les Bassari), ornières, ponts détériorés, Vincent négocie les dangers de la route avec la dextérité d’un pilote chevronné. La voiture patine se cabre et rugit. Secoués par les ruades du 4x4, à la manière de cow boys en plein rodéo, nos poings se serrent, agrippés aux cordes tendues à l’arrière du pick up. Dans son sillage, le nuage de poussière avale la foule de villageois qui va « son pied la route » sous la chaleur accablante. D’autres courageux chevauchent de vieux vélos rouillés. Tant pis si manquent parfois une pédale, la selle ou des freins…
Après un passage coriace, la piste se déroule comme un serpent alangui dans la plaine. Le soleil couchant embrase la forêt et vient se glisser entre deux falaises, point rougeoyant sur le long trait de latérite tendu vers l’horizon.. La silhouette torturée du Fouta Djalon se découpe dans ses dernières lueurs pourpres. Images d’Afrique mythique, d’Afrique éternelle.
Couverts de poussière ocre comme des statues d’argile, ivres de chaleur, de vitesse et de vent, un sentiment de plénitude nous envahit. « C’est beau, hein », murmure Kaali, comme s’il découvrait pour la première fois la beauté de ce pays de rocaille et de savane.
Un peuple mystérieux
Etablis depuis le 12ème siècle dans le Fouta Djalon, les Bassari seraient parmi les plus anciens habitants du Sénégal. Mais d’où viennent-ils ? Chasseurs-cueilleurs, ils seraient apparentés aux Xhoisan d’Afrique du Sud, dont les coutumes, l’apparence et le mode de vie sont proches. Selon certains chercheurs, tel Cheikh Anta Diop, ils se rattachent à la prestigieuse famille bantou dont l’expansion a couvert une grande partie de l’Afrique à partir du golfe de Guinée. Des hypothèses, mais l’énigme demeure.
Invasions mandingues et djihad des armées peules jusqu’au dix-neuvième siècle, des vagues d’envahisseurs les ont contraints à se réfugier dans ces hauteurs, parfois jusqu’à se cacher au cœur des grottes.
Dans la brousse figée entre chaleur et rocs éclatés, les Bassari ont trouvé un refuge, des forêts giboyeuses, et l’une des régions les plus arrosées du Sénégal. « De l’eau ici, il y en a en pagaille ! », s’exclame Kaali. « C’est le château d’eau du Sahel ! » Manière imagée de rappeler que le Fouta Djalon donne naissance aux grands fleuves de l’ouest africain. A l’approche de l’hivernage, les forêts arides se métamorphosent. Les pluies diluviennes succèdent au souffle brûlant du vent, jetant alors un manteau d’émeraude sur les collines déchiquetées Il y a quelque chose de profondément émouvant dans ces paysages accidentés. Non par la démesure de ses montagnes – elles culminent à … 500 mètres. Ils jouent sur un autre registre : le bleu intense du ciel, la violence de la terre rouge, et ces petites touches de vert qui s’entêtent à adoucir les couleurs fauves. Humblement se peint un tableau parfait, tout en harmonie, saisissant de justesse.
De minuscules cases aux épais murs de rocs sombres coiffés d’un toit de chaume pointu s’éparpillent sous les grands arbres. Ethiolo, Oubadji, Ebarakh, Sibikiling…, hameaux invisibles qui se fondent dans le paysage. Mimétisme des villages, discrétion des hommes refusant toute assimilation. Sans doute les périodes sombres de leur histoire ont appris aux Bassari les vertus de la prudence.
Le prosélytisme guerrier s’est éteint mais les villages bassari restent perchés sur les hauteurs, comme pour surveiller du coin de l’œil ceux des vallées. Car même s’ils ont donné leur nom à la région, les Bassari sont en minorité et cohabitent avec une multitude d’ethnies : Bédiks et Coniaguis, peuples autochtones très proches des Bassari, mais aussi Peuls et Mandingues, les ennemis d’hier.
Hydromel, palabres et mouton grillé
Depuis hier, le petit village d’Ebarakh s’est transformé en immense campement. Des abris de fortune en feuilles de palmiers ont poussé entre les cases de blocs de latérite et de chaume. Au printemps, les Bassari affluent de tout le Sénégal pour participer aux fêtes coutumières. Danses interminables, combats et secrets ancestraux vont permettre à tout une génération d’accéder au statut prestigieux d’initié. Thomas est l’un d’eux. Lui est venu de Dakar. Cela fait déjà quelques années qu’il a quitté la brousse. Mais à 14 ans, il était temps pour lui d’entrer dans les Bois sacrés, de devenir un vrai Bassari.
La société bassari s’organise en classes d’âge. Le passage de l’une à l’autre dure six ans. A chaque cycle de vie correspond des rites spécifiques, créant des liens particulièrement forts entre les membres d’une même génération. Un système d’organisation sociale qui assure la cohésion du petit peuple Bassari.
La fête attire tous les peuples de la région. Beaucoup, aussi bien bassari, baïnouks que coniaguis, ont traversé la frontière - virtuelle, la douane sénégalaise est à plus de quatre heures de route – pour installer un joyeux marché sous les arbres et vendre les produits guinéens de contrebande. Peuls et Mandingues aussi sont venus saluer leurs voisins bassari.
« Hey toubab, kaï, kaï ! », un vieil homme, un antique fusil de chasse en bandoulière, me somme d’entrer dans sa case. Je me faufile par l’entrée exigüe. Le toit est tellement bas que je ne peux me redresser. Une poignée d’hommes et de femmes - la case est pleine à craquer - me tend un curieux breuvage dans un essaim d’abeilles. « Il faut boire, c’est de l’hydromiel. » Habiles apiculteurs, les Bassari sont les spécialistes de cet alcool de miel fermenté. On en prépare des tonneaux, une centaine de litres par famille. Demain, il ne restera plus une goutte dans les canaris de terre cuite. Et suprême privilège, les familles des initiés brassent la rare bière de mil, plus forte et subtile.
La douce boisson passe de lèvres en lèvres, entretenant une jovialité aimable. L’essentiel de l’événement se passe en libations partagées et en longues discussions. A chaque occasion, on se salue comme si c’était le premier bonjour. « Alors, comment ça va ? Et la fête, ça se passe bien ? Une belle fête hein ? Bon, mais est-ce que ça va ? ». Je n’ai jamais donné autant de poignées de mains. Enièmes salutations, échanges de noms : toujours des Bonang, Boubane, Bidiar Bianquich… Les 2500 Bassari ne se partagent que sept noms de familles. Initiales B, forcément. Les prénoms sont dictés par le rang de naissance. L’aîné s’appellera Thiara, le second toujours Taana, jusqu’au neuvième Mouki. Kaali est quant à lui le troisième garçon de sa famille.
Depuis les années 70, les prénoms chrétiens ont fait leur apparition, avec les missionnaires. Dans un Sénégal à 95 % musulman, les Bassari ont largement rejeté l’Islam alors que le christianisme s’est implanté doucement. Mais ils restent profondément attachés à leur spiritualité traditionnelle.
Aux abords du village, des hommes s’activent à dépecer des moutons. Des dizaines de bêtes sont sacrifiées, offrandes aux vivants sans lesquelles nulle fête ne serait digne. Des pelotes de lainage baignent dans le sang et les entrailles, piquetant les bois de tâches rouge et blanc.
Depuis l’aube, je me suis contenté de délicieuses mangues. La fumée des feux de cuisson où rôtissent moutons et cochons aiguisent mon appétit. La Teranga, l’hospitalité des Sénégalais, n’est pas une légende : on ne tarde pas à m’inviter à partager un plat de tieb longuement mijoté. Assis en cercle, chacun plonge la main dans l’énorme marmite, formant prestement une boulette de riz et de viande entre ses doigts. Exercice délicat, et brûlant...
Bien plus tard dans la soirée, je goûterai l’humour bassari. « Et toi, le toubab ! Je vais te repeindre ! Oui, tout noir, je vais te faire ! » tempête un gaillard éméché. Et de souligner sa résolution en pointant sa cravache de jonc vers mes bras nus. De plus en plus menaçant, il frappe la poussière. « Bouge pas, je vais chercher la peinture ! ». Ses provocations s’envolent dans un grand éclat de rire et les vapeurs d’alcool. (puis il repart titubant, riant aux larmes de son mauvais tour)
La furie des Masques
« Ils arrivent ! Voilà les masques ! » Des hurlements percent la forêt. Des détonations claquent, soulevant des mouvements de panique. L’ odeur de poudre des fusils flotte dans l’air surchauffé. Une troupe vociférante dévale la colline et se rue sur le village, comme une horde jaillie de la nuit des temps. Le visage cerclé d’un disque de raphia, le corps couvert de boue rouge et de feuillages, les Masques semblent traquer un ennemi invisible.
Enluminés de baudriers de perles, de larges ceintures métalliques, ils entament une danse guerrière, martelant le sol d’un pas lourd. Les grelots fixés à leurs chevilles tintent dans des tourbillons de poussière. Au son magique des fluttes d’argile, des sifflets stridents et des cris sauvages, le chef des Masques, masse végétale furieuse, guide l’effrayante procession jusqu’au village. Emanation de l’imaginaire et des croyances bassari, les Masques donnent à voir l’invisible. Ils sont l’incarnation des esprits, sortis des bois sacrés pour initier les jeunes Bassari aux mystères de leur peuple.
Assises au pied d’un fromager sacré, trois nonnes, raides comme un cierge contemplent la scène, sous les coqs exhibés viscères à l’air. Tout près d’elles, des oncles déplument fébrilement la volaille, dans l’attente du verdict des esprits. L’heure approche.
Pour Thomas, les augures sont favorables. Kaali est maintenant paré d’un magnifique fourreau écarlate en bandoulière, l’arme symbolique des Bassari glissée dans le précieux velours. C’est avec cette épée de bois que les néophytes combattront bientôt. Cheveux tressés vers l’arrière, les adolescents sont vêtus de leurs plus belles parures, tee-shirts de foot et ornements traditionnels, arc à l’épaule, bien résolus à affronter avec bravoure ces Masques qui les dépassent de 3 têtes et 30 kilos.
Eloignez les femmes et les enfants…
Le grand moment s’annonce. Une foule d’hommes forme un large cercle sur un champs : l’arène. D’un côté, les jeunes et leurs oncles s’impatientent. En face, les Masques s’alignent comme une armée de diables furieux. L’adrénaline monte, le mercure aussi. Les femmes et les enfants sont tenus à l’écart du rite guerrier. « Pourquoi les femmes sont exclues ? Elles sont trop sensibles. Imagine une mère qui voit son fils prendre des coups… ». Kaali n’a pas le temps de me livrer d’autre explication.
Un Masque sort du rang, colosse de feuilles, de boue et de muscles fouettant l’air d’une trique de bois souple et brandissant dans sa main gauche une petite massue. Son adversaire s’avance d’un pas hésitant : un gamin d’à peine douze ans. Pour seules armes, un fragile arc de fibres dont on use comme d’un bouclier, une épée de bois, et son courage. Gesticulant et hurlant, le Masque le provoque, l’aiguillone, prêt à le cingler de sa trique. La tige tournoie un instant dans l’air, et vient brusquement claquer contre l’arc. Trop heureux d’avoir paré le coup, le garçon se précipite au corps à corps. Mais ses bras chétifs ne peuvent enserrer la taille corpulente du Masque. La lutte est trop inégale. Le colosse le soulève comme une plume et le projète à terre.
Un deuxième petit lutteur entre dans l’arène, gonflé par les exhortations de son oncle. Plein de fougue et d’énergie, il fond sur son adversaire, l’empoignant sans attendre. Malgré la différence de poids et de force, son ardeur fait vaciller le Masque. Les mains cherchent une prise, les pieds dérapent dans la poussière. Les corps tendus par l’effort s’agrippent, tirent, poussent. Les deux lutteurs semblent un instant pétrifiés. Le public retient son souffle, suspendu. Mouvement nerveux du jeune initié. Le match bascule : le géant est à terre, terrassé par l’adolescent ! La foule éclate de joie, les applaudissements fusent, sa famille exulte. Sur près de cinquante combats, seuls deux Masques seront battus. Les petits vainqueurs entrent dans la légende. Mais pour les néophytes défaits, nulle honte. Ils n’ont pas reculé devant le danger, les coups. Leur bravoure les élève déjà au statut honoré d’initié.
Pour les jeunes héros, la cérémonie ne fait que commencer. Des heures durant, Masques et initiés continuent à danser, à crier, folle parade exigeant son tribut d’hydromiel devant chaque case. Ni l’alcool, ni la fatigue, ni la chaleur n’auront raison de leur ferveur.
Deux jours déjà qu’Ebarakh ne dort plus, à peine quelques heures furtives emportée dans ce tourbillon de vie. Au-delà des traditions séculaires, c’est l’humain que l’on fête, le plaisir d’être ensemble. Célébration des esprits, de la vie plus encore.
Les secrets du caméléon
Thomas est fier. Il n’a pas mordu la poussière face aux assauts du Masque, arrachant par deux fois le « match nul ». Sa chevelure témoigne de l’honneur partagée par toute la famille : des liasses de billets s’accumulent, épinglés sur ses tresses par ses admirateurs. Même les anciens le félicitent avec respect. Thomas va quitter sa vie d’enfant. Le Bombolong martèle un rythme lourd et hypnotique. D’entre les racines géantes du kapokier séculaire, s’élèvent les sons graves de ce grand tambour de guerre. C’est l’appel des Bois sacrés. Bientôt, les initiés vont gagner le lieu interdit, ultime épreuve de leur apprentissage et étape essentielle de transmission du savoir ancestral. Des semaines hors du monde, les jeunes Bassari plongent dans les mystères de leur peuple. La forêt, la chasse, les coutumes, les mythes et les croyances religieuses… Tous ces secrets révélés par le Caméléon fétiche il y a si longtemps. Ils ne seront plus les mêmes. « Après qu’ils aient bu un breuvage connu des seuls anciens, le Dieu Caméléon avale les initiés et les régurgite ? Adultes » ai-je lu dans un vieux livre. Mythe ou réalité ? Seuls les initiés sont maîtres des arcanes du Bois sacré.
Entre traditions et modernité
Depuis 1992 une belle route relie Kédougou à Dakar. Le Sénégal oriental est désormais rattaché au nord du pays. Les villages bassari sortent doucement de leur enclavement. Et s’ouvrent au tourisme. De plus en plus d’Européens découvrent les fabuleuses randonnées sur ces 1200 km² de canyons, crêtes et forêts, points de vue superbes(« Jusqu’à Dakar ! » m’a-t-on affirmé), les chutes de Dindefelo hautes de 80 m (la seule cascade du Sénégal !).
Les Bassari délaissent la chasse aux phacochères et antilopes pour la culture du mil et du maïs. D’autres tentent leur chance en ville. Les Bassari s’adaptent aux évolutions de la société, sans perdre l’essentiel : le sens des rites ancestraux, sa spiritualité originale, sa force de cohésion sociale. Les coutumes ne sont pas des images sépia d’une Afrique fantasmée, mais un événement social d’un peuple qui refuse l’assimilation, sans se replier sur lui-même.
Les rites ne sont pas figées dans le folklore. Au prix d’une petite révolution, les jeunes ont réussi à imposer des concessions au monde moderne. « Nous ne pouvions aller en ville sans être couvert de honte. Nous étions la risée de nos copains, à cause de l’étui pénien en rônier ! », cite Kaali. « Après d’âpres palabres avec les anciens, on a eu gain de cause : le short remplace désormais l’objet délicat dans la parure traditionnelle ». Le costume évolue, le plastique remplace l’écorce, les peaux de singe sont synthétiques, et les chaussures de sport peu esthétiques ont la faveur des Bassari d’aujourd’hui.
Comme le Caméléon, les Bassari avancent, un œil vers le passé, l’autre tourné vers le futur.
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