
Seychelles
Seychelles : La Digue, comme un goût de paradis...
Des barques..., des pêcheurs... des Créoles candides
Et mille oiseaux d'amour sur les bancs de corail
Des enfants aux pieds nus coiffés de fleurs splendides
Sous les hauts cocotiers ouverts en éventail"
Marie Guenard, in "Autour de l'exilé"
Vous vous souvenez probablement de cette pub un tantinet racoleuse qui, il y a un certain temps, a envahi nos écrans télé et nous vantait les pseudo-délices d'une friandise 100 %
industrielle. En essayant de nous faire gober qu'elle avait "un goût de paradis"... Laissez-la donc tomber sans aucun regret ! Nous avons mieux - nous avons même beaucoup mieux ! - à vous proposer !..
Voici donc un endroit où la chair de noix de coco n'est pas triturée, malaxée et malmenée au fil d'immenses machines industrielles, mais où les cocotiers poussent naturellement à profusion.
Voici toujours un endroit où les décors stéréotypés en contreplaqué utilisés dans les publicités sont battus en brèche par d'authentiques décors naturels de toute beauté.
Voici encore un endroit où la faune extraordinairement diversifiée, la flore exotique, les extraordinaires plages, les fonds marins sublimes, les petits hameaux pleins d'une douce et nonchalante vie insulaire, ainsi que l'accueillante population locale donnent véritablement l'impression de faire partie intégrante du paradis tel que nous avons souvent plaisir à le rêver.
Voici, enfin, un endroit qui a probablement beaucoup du paradis. Mieux même : voici à coup sûr une île - la quatrième plus grande île de l'archipel des Seychelles - qui possède énormément du paradis !
Bienvenue à La Digue !
Tous les sens sont touchés
La Digue fait indéniablement partie de ces rares endroits du monde, de ces quelques trop rares îles d'exception, dont on rêve sans même les avoir jamais connues ou aperçues. Il faut dire que les charmes insulaires et exotiques de cette petite perle insulaire ont la particularité de toucher tous les sens du visiteur. Car non contente de nous offrir un décor naturel plein de couleurs, de parfums et d'impressions, elle nous fait aussi découvrir une population qui, malgré le développement touristique, a réussi à conserver son authenticité, son rythme de vie et son âme.
Certes, La Digue nous offre des plages éblouissantes de blancheur, des rochers de granit sur lesquels jouent des reflets de rose et d'argent, des palmiers aux courbes envoûtantes, des eaux tour à tour transparentes ou turquoises, des vieilles cases et quelques jolies maisons typiquement créoles au bois patiné par les ans et les embruns,...
Mais là n'est peut-être pas le plus important. La véritable richesse de La Digue, c'est sa population. À l'instar de leur petit bout de terre qui émerge de l'Océan Indien, les Diguois sont épanouis comme tous ceux qui vivent en-dehors de la frénésie citadine. Ils sont sages comme ceux qui ne doivent pas affronter les colères du temps. Ils sont sereins comme ceux qui ne cherchent pas à rattraper le temps perdu. Et pourtant ! Pourtant, à La Digue, chaque moment est important. Car chaque moment est avant tout un véritable moment de bonheur !..
Mais ne brûlons pas les étapes et prenons les choses dans le bon ordre. En réalité, tout commence à Praslin, deuxième plus importante île de l'archipel des Seychelles...
Cap sur La Passe
l est encore relativement tôt et Praslin n'est pas encore tout à fait réveillée, mais le soleil éclatant augure déjà d'une nouvelle superbe journée. Sur la jetée qui semble prolonger le splendide rivage de Baie Sainte-Anne, il y a de l'animation. En tout cas une relative animation, comme il sied à une population qui a compris qu'il faut prendre le temps de vivre. Et qui applique à la lettre ce beau principe...
Ce matin - comme quasiment tous les matins d'ailleurs -, un "schooner" va mettre le cap sur La Digue. Aujourd'hui, c'est le "Lady Mary". Demain ce sera peut-être "La Silhouette", qui sait ? Quoiqu'il en soit, les marchandises ont déjà été embarquées : des victuailles que l'on ne trouve pas facilement sur l'île, l'une ou l'autre pièce de rechange pour les rares véhicules qui circulent sur les pistes locales, quelques autres ballots et colis disparates,... Il ne reste plus aux passagers qu'à embarquer à leur tour. Pour l'essentiel, ce sont des Seychellois. Des habitants de Praslin ou de Mahé qui vont rendre visite à des amis ou à des parents qui habitent à La Digue. Et une poignée de touristes qui ont compris que la plus belle manière d'aborder une île, c'est toujours la voie maritime. D'ailleurs, ils n'ont pas vraiment le choix : La Digue ne possède pas d'aéroport, tout juste un petit héliport. Mais les transferts en hélico sont tellement onéreux aux Seychelles qu'ils ne sont réservés qu'à une certaine clientèle particulièrement aisée... ou invitée, à l'instar de quelques vedettes de cinéma... Qui plus est, le vol en hélicoptère n'est pas forcément plus agréable qu'une petite traversée en voilier.
Le moment est maitenant venu de larguer les amarres ! Lentement, le voilier s'écarte de la jetée de Baie Sainte-Anne. Au moteur, le bateau s'éloigne du rivage, longe Anse La Farine, passe au large de l'Ile Ronde et met le cap au large. La Vallée de Mai et les superbes plages pralisnoises s'estompent peu à peu à l'horizon. Profitant d'une petite brise opportune, le capitaine décide de couper le moteur et de naviguer à la voile. Tant mieux ! Pendant toute la traversée jusqu'à l'approche de La Digue, la navigation sera rythmée par le claquement des voiles blanches dans le vent et par le clapotis des vaguelettes contre la coque. En invités de dernière minute, quelques sternes et autres mouettes ont décidé de se joindre aux passagers. Perchés sur le bastingage en bois, ils profitent d'une traversée reposante et ne prendront leur envol qu'à la vue des côtes de La Digue.
Un petit mot d'histoire
D'abord surnommée "Ile Rouge" par Lazare Picault qui l'a découvrit en 1744, l'île ne prit son nom actuel et définitif qu'en 1768, en l'honneur du nom du navire commandé par Duchaussy qui... redécouvrit l'île.
Accostage à La Passe
En fonction des vents et des courants, il ne faut guère plus de 30 à 40 minutes de navigation pour franchir la demi-douzaine de kilomètres qui séparent les deux îles et voir déjà voir se dresser à l'horizon le relief - particulièrement modéré, il est vrai - de La Digue. Renouvelant une routine éprouvée, le capitaine affale les voiles et entame une approche au moteur. C'est bien plus sûr pour se jouer des pièges du récif qui entoure l'île. Comme celle-ci ne possède pas de port naturel, le bateau se dirige tout doucement vers la jetée de La Passe. Sur fond de végétation verdoyante et luxuriante, quelques voiliers et une poignée de barques de pêche multicolores se laissent mollement aller au gré des vagues le long du rivage.
Vélo ou char à boeufs ?
À peine le voilier a-t-il accosté, à peine les premiers passagers ont-ils posé le pied à terre, qu'une nuée de petits gosses souriants se ruent vers les nouveaux venus. C'est à celui qui saura le mieux attirer les touristes vers les chars à bœufs. C'est à celui qui saura le mieux louer ses vélos pour de belles promenades autour de l'île. Pour y arriver, ils redoublent de sourires et de baratin, mélangeant parfois leur créole avec quelques mots d'anglais et de français.
Jusqu'il y a peu, aucun véhicule à moteur n'avait violé la quiétude les lieux. Les habitants y circulaient surtout à pied. Prenant le temps de s'arrêter pour bavarder avec telle ou telle connaissance. Prenant le temps de saluer un voisin ou de prendre des nouvelles d'un parent. Prenant le temps de rire avec un ami. Ou bien ils enfourchaient un vélo. Ou alors ils s'installaient sur les rudes bancs de bois d'un char à bœufs qui faisait office de transports en commun. Aujourd'hui encore, ceux-ci viennent attendre les visiteurs étrangers à leur descente de bateau, pour les emmener au fil de pistes en terre battue à la découverte de mille et un visages exotiques de cette île grande d'à peine 15 kilomètres carrés.
Aujourd'hui, La Digue a perdu une partie de sa quiétude. Une petite poignée de véhicules privés, quelques rares véhicules d'intervention d'urgence et l'un ou l'autre minibus ont amené le pseudo-"confort moderne" et la soi-disante "civilisation" auprès d'une population qui n'en demandait pourtant pas tant...
Un jour, une semaine, un mois...
Comme la plupart des touristes venus en excursion depuis Praslin, on peut se contenter de passer une seule journée à La Digue. D'en survoler (trop...) rapidement les principaux attraits, en faisant toutefois une halte dans l'un des petits restos du coin. Le temps de déguster un steak créole, une "salade du milliardaire", un "kat-kat" (un plat assez populaire composé de bananes vertes bouillies et de thon servis dans du lait de coco assaisonné de sel et de poivre), un "mazavarou" (mélange relevée de piment rouge, ail, gingembre et huile bouillante), un "gros mangeur" (des patates douces assaisonnées d'une sauce douce, servies avec le poisson, la garniture de riz et les légumes), un bourgeois grillé au feu de bois ou de fantastiques "zourites".
On peut aussi décider d'y passer une semaine. Logeant dans le meilleur hôtel de l'île (La Digue Island Lodge) ou dans l'une des nombreuses pensions. Avec un coup de cœur pour le Château Saint-Cloud qui fait partie intégrante de l'histoire locale.
Enfin, pris par l'ambiance et les charmes de l'endroit, on peut encore décider de prolonger son séjour. Laisser passer 15 jours, un mois, peut-être plus. Pour s'imprégner pleinement de toute la quiétude et de tout ce véritable art de vivre "à la diguoise"... Attention ! Le retour à la vie européenne n'en sera que plus dur !..
Une découverte au gré de sa fantaisie
l n'existe pas à franchement parler de circuit-type de découverte de La Digue. Le mieux est de se laisser guider par sa curiosité, par les rencontres que l'on ne manque jamais de faire en cours de route, par les coups de pédales et par le bruit du ressac qui n'est jamais bien éloigné.
Point de départ obligatoire, le petit village de La Passe s'étire avec une insolente nonchalance. Ses vieilles maisons au rez-de-chaussée desquelles on trouve une multitude de commerces et encore quelques authentiques "bazars" dans le sens le plus pur du terme, ne parviennent (heureusement...) pas à transformer le hameau en un centre de commerce touristique comme on en découvre dans d'innombrables destinations de masse.
En partant vers la droite, on se dirige vers La Digue Island Lodge et la célèbre Maison Jaune. Voici le centre de toute la vie locale : on y trouve (presque) tout : un bureau de poste, un poste de police, un poste d'essence, quelque coquets petits commerces, deux agences bancaires,... Face à l'hôtel et à une charmante petite église, s'ouvre l'Union Plantation Reserve. Un modeste prix d'entrée donne le droit de se promener à pied ou à vélo entre lianes de vanille et cocotiers, dans une ambiance d'ancienne plantation. Ici, on s'aperçoit que le "coprah" est et reste l'une des principales ressources locales. Les techniques utilisées, foncièrement artisanales, n'ont guère évolué depuis des lustres. Mais le résultat est à la hauteur du soin apporté à toutes les étapes de production et le produit est réputé bien au-delà des principales îles seychelloises.
La plage la plus photographiée du monde
Traversant l'Union Plantation Reserve, on arrive par un petit sentier à Anse Source d'Argent. Cette plage a la réputation d'être la plus photographiée du monde et, avec un peu de chance (mais oui messieurs !..), vous apercevrez peut-être certains mannequins en pleine séance de poses.
La réputation des lieux n'est franchement pas usurpée : les rochers de granit tombés de la montagne sur la plage constituent un décor naturel d'une extraordinaire beauté. Ce sont d'énormes blocs, entassés les uns sur les autres, qui sont tellement lisses qu'ils en ont parfois l'air artificiel. De là, abandonnez votre vélo et partez à pied vers les petites baies environnantes. La balade en vaut largement la peine : vous découvrirez des vues superbes sur Grand'Anse et Petite Anse. Voir sur Anse Coco qui est quand même à quelques minutes de marche des précédentes
Le "film sexuel" et le président
Tout près de là se dresse une somptueuse demeure coloniale, flanquée aujourd'hui du drapeau seychellois. Une maison de toute beauté certes, mais pas n'importe quelle maison : c'est la Maison d'Emmanuelle. Là où fut tourné en son temps celui que l'on appelle ici le "film sexuel"...
Est-ce un hasard ? Pas vraiment ! Toujours est-il que l'omniprésent président France-Albert René - arrivé au pouvoir après un coup d'état et depuis lors constamment réélu par une population seychelloise bon enfant qui rigole de ses frasques et se moque des surprenantes "disparitions" de devises à répétition - s'est gentiment offert cette demeure et y a organisé son dernier mariage en date. Pour se donner du cœur à l'ouvrage ?..
À l'assaut du Nid d'Aigle
Enfouchant à nouveau votre VTT, mettez ensuite le le cap sur la Montagne du Nid d'Aigle : le point culminant de l'île qui flirte avec les... 300 mètres d'altitude seulement. Elle occupe toute la partie centrale de l'île et pour y arriver, on peut traverser la Réserve de la Veuve Noire. Pas de panique : il n'est pas question ici d'une dangereuse araignée à la sinistre réputation. Il s'agit plutôt d'un rarissime gobe-mouche du paradis qui doit son surnom à la couleur de son plumage et de sa longue queue. La veuve noire des Seychelles apprécie le calme des espaces boisés de l'intérieur des terres. Là où poussent à profusion orchidées, vanillers, bananiers et autres cycas.
Anse Sévère, Anse Patates
Retournant ensuite vers La Passe, il faut pousser au-delà de la jetée et continuer son chemin vers la Pointe Cap Barbi, Anse Sévètre, Anse Patates et Anse Gaulettes. C'est probablement ici que les fonds marins et les plages sont les plus riches en coquillages aux formes parfois étranges et aux couleurs étonnamment variées. Admirez-les. Photographiez-les. Rassasiez-vous de leurs formes et de leurs couleurs. Mais ne les ramassez jamais : c'est strictement interdit et les autorités seychelloises n'ont pas vraiment le sens de l'humour lorsque l'on tente d'exporter une petite partie - même minime - de leur patrimoine naturel ! À bon entendeur...
Que cela ne vous empêche en tout cas pas de profiter de la beauté des lieux. Si Anse Source d'Argent mérite incontestablement la halte et le coup d'œil, il en est de même pour Anse Patates. Les jeux de l'eau, du sable et des rochers sont tout simplement époustouflants de beauté et de majesté.
Un peu au large, on aperçoit quelques pêcheurs. Les bourgeois, zourites et autres roussettes n'ont qu'à bien se planquer, mais ils auront du mal à échapper aux pêcheurs seychellois... et à leurs femmes qui sont souvent des cuisinières d'exception...
Inoubliable clair de lune
La journée avance. Mine de rien, les coups de pédales se sont inlassablement succédés les uns aux autres et, à l'approche de la fin de la journée, les kilomètres se sont peu à peu accumulés. Il est peut-être temps de s'offrir une nouvelle pause... Une petite séance de farniente sur l'une ou l'autre plage de sable fin. Un bain dans les eaux limpides qui viennent lécher les rochers de granit. Un sourire et quelques mots avec un Diguois toujours l'affût d'un brin de conversation. Et puis... Et puis, plus tard, une somptueuse rêverie romantique au coucher de soleil à Pointe d'Argent, ponctuée par une inoubliable promenade sur la plage, au clair de lune...
info plus
- Ambassade de la République des Seychelles et informations touristiques : depuis la fermeture de l’Office du Tourisme des Seychelles, c’est à l’ambassade qu’il faut s’adresser pour obtenir les infos
avenue Mozart 51, 75016 Paris Tél : 01 42 30 02 67
- Seychelles Tourist Information Office
Independance House, P.O. Box 92, Victoria, Mahé, Seychelles
Tél : (248) 22 53 13 - Fax : (248) 22 51 31
- La Digue Island Lodge : probablement le plus grand et le plus célèbre hôtel de l’île. Incontestablement le plus chic, en tout cas. Très bel mplacement et beau bar au milieu de la piscine Anse La Réunion, La Digue, Seychelles
Tél : (248) 23 4232 - Fax : (248) 23 41 00
- Château Saint-Cloud : un hôtel niché dans une ancienne maison de planteur. Une bonne adresse pour ceux qui recherchent l’ambiance d’une pension (la meilleure de l’île) construite… à l’époque napoléonienne. Pas de panique : pas mal de rénovations et modernisations ont été effectuées depuis cette époque… Tél : (248) 23 43 46
- Zerof : un resto sympa pour des préparations authentiques et des prix qui savent rester sages Anse La Réunion, la Digue, Seychelles
Tél : (248) 23 44 39
- Un site à conseiller pour les amoureux de la nature et d s Seychelles : www. sidsnet.org/français.successstories/34.html





