Suisse : Le Valais, un verger au pied des montagnes

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Suisse : Le Valais, un verger au pied des montagnes

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Jean Saint Martin | 14.01.2008 | 711 visites | 0Favoris |
Jean Saint Martin

Le Valais, un verger au pied des montagnes

Suisse : Le Valais, un verger au pied des montagnesDes champs d’abricotiers, des étendues de poiriers, des pruniers et des cerisiers … ajoutez-y un immense vignoble et vous aurez une idée des paysages de cette région. Ces terres arboricoles dignes d’une région méditerranéenne sont pourtant situées dans une vallée valaisanne, celle de Martigny. Seule la vue des sommets dominant des vignes cultivées en terrasses sur des versants pentus rappellent que nous sommes dans un pays bien plus connu pour ses montagnes alpines. La découverte de ce verger suisse a de quoi émoustiller les papilles, c’est une vraie balade gourmande agrémentée par le plaisir des yeux : les panoramas y sont partout superbes !

En parcourant le chemin du vignoble

Suisse : Le Valais, un verger au pied des montagnesUne petite route sinueuse permet de quitter le centre ville et d’accéder rapidement au hameau de Plan-Cerisier. Un nom imagé qui ne doit rien aux arbres fruitiers mais viendrait plutôt de la déformation de l’ancienne appellation du lieu : Excellusier … Ici, on est vigneron et fier de sauvegarder le patrimoine. Une association dynamique fait vivre ces mazots (chalets) aux jolis toits recouverts d’ardoises. Ce sont des constructions traditionnelles en bois et aux plafonds bas dont les dépendances servent à stocker vin et bûches pour le chauffage hivernal. Malgré l’enchevêtrement des toitures, des ruelles étroites laissent apercevoir d’agréables terrasses ombragées par des treilles d’où la vue est imprenable sur toute la vallée, c’est la « cerise sur le gâteau » de ce lieu plein de charme. La balade pédestre se poursuit en empruntant un sympathique chemin de terre qui serpente à flanc de colline entre les parcelles de vigne. La pente est impressionnante et l’on imagine la difficulté qu’éprouvent les vignerons pour travailler ce vignoble. Cultivées en terrasses ces pièces de vigne sont séparées par des murets de pierres qui dessinent le paysage. Un panorama fait de courbes et de lignes rectilignes formées par les rangs et aussi ponctué de guérites traditionnelles, des abris où les viticulteurs entreposent leur matériel. Ce patchwork aux teintes vertes prend par endroit d’étranges couleurs bleutées ou jaunes. Etonnant ? En fait, ce sont des filets ou des rubans de protection disposés sur les vignes afin de protéger les raisins des prédateurs volants … les viticulteurs tiennent à préserver leur précieuse récolte, nous sommes en septembre et les vendanges approchent. Aucun ouvrier vigneron n’est présent ce matin au milieu de ce terroir, ils ont laissé la place au généreux soleil afin qu’il peaufine lentement la maturation des grappes.

Suisse : Le Valais, un verger au pied des montagnesLa promenade permet d’admirer l’ensemble du vignoble mais aussi de belles et lourdes grappes de raisins rouges ou blancs. Les chasselas blancs sont les plus cultivés dans le Valais ; ici, ils sont appelés Fendant car ils ont la particularité lorsque les raisins sont parfaitement mûrs de se fendre facilement sous une pression très légère des doigts. L’imposante silhouette du Château de la Bâtiaz (1620) se profile à l’horizon, depuis le Moyen-âge il domine la vallée et sera pour nous le terme de cette balade bucolique. Mais avant d’admirer la vue panoramique sur toute la région du haut de son donjon, il est temps de s’attabler dans le restaurant médiéval du château pour un repas arrosé d’un vin de la région, ce sera un rouge : un gouleyant pinot noir.

Pain « à l’ancienne » et vieux moulin

Suisse : Le Valais, un verger au pied des montagnesRetour dans la vallée à Martigny, passé les quartiers les plus récents et leurs résidences sans grand caractère, c’est dans le Vieux Bourg que je poursuis ma découverte valaisanne. Une rue bordée de petits commerces débouche sur une place pittoresque. Une fresque exécutée en 1910 décore la jolie tourelle de l’Hôtel des Trois-Couronnes (XVIIIème siècle), le principal immeuble de cette paisible place ombragée par des lauriers. Dans ce quartier historique de la petite ville, les façades et les volets des maisons apportent quelques notes de couleurs allant du bleu au vert en passant par des tons jaunes. Plus loin, un détail étonnant du clocher de la Chapelle St Michel attire le regard des visiteurs. La raison n’en est pas son architecture, somme toute banale, mais la présence d’arbres poussant à la base de sa flèche octogonale. Un mélèze y a pris racine vers 1820 puis un bouleau plus tard … original ! Un début de bosquet, décidément le climat de la région est propice à toutes sortes de cultures, même les plus inattendues !

Suisse : Le Valais, un verger au pied des montagnesUn autre lieu chargé d’histoire et qui fleure bon les saveurs traditionnelles de la région : le moulin Samblanet. Situé en ville dans une maison très ancienne et classé monument historique, il est l’un des derniers du Valais encore en activité de nos jours. Entièrement restauré dans les années 90, il mérite la visite. C’est Robert qui nous guide dans ce vieux moulin en nous vantant avec son accent aux intonations traînantes les mérites de l’imposante machinerie. Le cours d’eau, la Dranse, passe sous le moulin, son énergie est captée par une roue à godets. Puis un système sophistiqué d’engrenages et de poulies reliées par des courroies permet de mobiliser la lourde meule et de moudre le grain. Et lorsqu’ autrefois le débit de la Dranse était trop faible lors des sécheresses, c’était à mains d’homme que la meule était manœuvrée ! Couvrant par moments les explications de notre sympathique guide, le lieu est inondé par une superposition de bruits : celui régulier des poulies qui tournent, celui plus doux de l’eau qui coule, sans oublier les craquements occasionnés par les pas sur les anciens planchers en bois. Et comme dans toute bonne visite guidée, le discours maintes fois répété est émaillé d’anecdotes et de plaisanteries. Et voilà Robert d’interroger ses visiteurs : « Savez-vous pourquoi la farine ne fait aucun bruit lorsqu’on la laisse tomber ? Parce que l’on a enlevé le son ….» Une blague suisse, bien sûr ! La fin de la présentation est constituée par la visite du grand four à pain, un four qui permet de cuire une fournée de « nonente » pains nous confie Robert. Des pains traditionnels régulièrement préparés ici, à l’ancienne comme tous ces pains complets ou de seigle … histoire de nous mettre en appétit.

Le pays des courageux chiens du Saint-Bernard

Suisse : Le Valais, un verger au pied des montagnesSon image est si souvent associée à cette région de Suisse qu’il est naturel de trouver à Martigny un musée qui lui est consacré. En visitant le musée des Chiens du Saint-Bernard, on en apprend beaucoup sur leur caractère endurant et courageux qui leur vaut cette reconnaissance de secouristes légendaires des Alpes. Ils auraient, paraît-il, sauvé depuis 300 ans près de 2000 vies humaines. L’histoire fait part de la présence de ces chiens dès 1709 à l’Hospice du Col du Grand-Saint-Bernard (à 2469 m) où les moines aidaient les pèlerins et voyageurs à traverser les montagnes, le col se trouvant sur le célèbre axe Canterburry-Rome. A l’extérieur du musée, se trouve un chenil et dans la salle du 1er étage on peut voir de beaux chiens naturalisés ou statufiés comme celui qui trône au milieu de la salle, un pelage dense de couleur beige et blanc et un regard doux et aimable. L’image de cette race de chiens valeureux et affectueux a été régulièrement utilisée dans les films ou en publicité comme on le constate sur les panneaux du musée. Tout le monde connaît le bon chien Saint-Bernard figurant sur les emballages des fameux chocolats suisses Suchard … L’imagerie populaire représente toujours ces chiens avec un tonnelet attaché à leur cou sensé contenir de l’alcool destiné à revigorer le voyageur égaré en montagne. A Martigny, cet alcool ne peut être qu’une des spécialités locales de la Distillerie Morand située au centre de la ville. Les arbres fruitiers du Valais, grâce au micro climat local, produisent de fondantes et succulentes poires Williams ainsi que de moelleux abricots riches en arômes. Certains de ces fruits sont destinés à l’élaboration de la fameuse Williamine et de la non moins délicieuse Abricotine produite par la famille Morand depuis 1889. Dégustées en petite gorgée en guise de digestif ou en accompagnement de desserts glacés leurs parfums subtils s’avèrent savoureusement plaisants au palais, je peux en témoigner !

Emotion esthétique à Emosson

Suisse : Le Valais, un verger au pied des montagnesCap vers les montagnes, direction le lac d’Emosson, altitude 1961mètres. Pour atteindre ce lac de retenue et son barrage, deux options s’offrent au visiteur. Soit emprunter depuis le Châtelard (1129m) une route en lacets ou bien et c’est encore plus attrayant, prendre deux funiculaires ainsi qu’un petit train panoramique. Prenons place dans cet historique funiculaire à crémaillère construit en 1920. Pas avare de superlatifs, les Suisses vous font remarquer que c’est le plus raide du monde avec sa pente à 87%. Pour un peu on se croirait dans un ascenseur tellement l’inclinaison paraît tutoyer la verticale. La montée est accompagnée de bizarres bruits métalliques provenant des engrenages et histoire d’inquiéter encore plus les peureux sujets aux vertiges, à mi-parcours, le funiculaire fait une halte. Le temps que le wagon ballast fasse contrepoids … et nous voilà repartis avec des à-coups pas vraiment rassurants ! Après, la balade se poursuit avec le train panoramique. Petite gare, train miniature et ses wagons étroits, tout rappelle à chacun des souvenirs de jeux d’enfance. Le petit convoi est tracté par une traditionnelle locomotive à vapeur … teuf ! teuf ! teuf ! Amusant mais aussi suffoquant lorsqu’une fumée âcre vous prend à la gorge lors des passages de tunnels. On retrouve vite le bon oxygène alpin mais le souffle reste coupé, façon de parler, en découvrant sur la gauche la vue majestueuse du Massif du Mont Blanc, étincelant avec ses neiges éternelles illuminées par les rayons d’un franc soleil. Ensuite, c’est une muraille qui apparaît devant nous, celle du barrage voûte d’Emosson, très impressionnante avec ses 180 mètres de haut. Troisième et dernière étape pour arriver au lac, le trajet en mini funiculaire, encore un dénivelé de 140 mètres et enfin, on peut profiter pleinement du panorama de l’ensemble barrage-lac.

Suisse : Le Valais, un verger au pied des montagnesIl y a là de vrais sportifs amateurs de randonnées en altitude avec tout leur équipement mais également des familles en promenade avec enfants turbulents. Des bambins qui donnent quelques émotions supplémentaires à leur mère lorsqu’ils s’approchent tout près du vertigineux à-pic ! Les oiseaux, comme ces dizaines de martinets accrochés au mur du barrage n’ont eux pas peur du vide, au contraire. Ils s’élancent pour d’enivrants vols afin de profiter des courants d’air léchant l’immense mur de béton. Deux pêcheurs, lignes en mains, sont en train de taquiner les truites. Il est toujours facile d’engager la conversation avec des pêcheurs en leur demandant banalement si … « Ça mort ? » : « Pas vraiment ! » me répond l’un d’entre eux et voici qu’il me parle d’une prise miraculeuse effectuée ici il y a quelques semaines par un pêcheur très chanceux : « … une truite cristivomer de 98cm de long pesant 8,610kg précisément ! Vous vous rendez compte ? Ça, c’est un vrai record ! » En observant ce lac on a du mal à imaginer son volume, près de 25 millions de mètres cubes pour une superficie de 327 hectares et une eau qui en passant dans les turbines du barrage fournit de l’électricité à une grande partie de la région. Mais c’est plus le côté esthétique de ce site grandiose qui marque le visiteur. Un écrin de pics montagneux constellés de névés, des eaux au lumineux bleu turquoise et une végétation d’alpage où les myrtilliers apportent des tons rouges du plus effet. Je le reconnais, je suis sous le charme de cette harmonie de couleurs valorisée par la belle luminosité d’une fin d’été.

Suisse : Le Valais, un verger au pied des montagnesRevenus dans la vallée de Martigny, nous voilà maintenant installés sur la terrasse panoramique d’un restaurant de Plan-Cerisier. La beauté de la vue tend à disparaître progressivement à mesure que la nuit tombe. Les montagnes s’estompant derrière un voile bleuté alors que des milliers de lumières scintillantes illuminent la ville. Mais le plaisir des yeux fait place à d’autres agréables sensations. D’abord olfactives avec une odeur de fromage fondu qui annonce une des spécialités locales : une raclette accompagnée de pommes de terre, de jambon et de petits oignons … Un plaisir gustatif qui est complété par un vin très fruité, un Fendant valaisan, évidemment.

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