
Pendant des siècles, entre deux contes et trois légendes, les plus fameux griots d’Afrique murmurèrent un nom légendaire : Dzimbabwe.
Celui d’une ville fabuleuse érigée dans un endroit mystérieux au sud du Sahara et des savanes Sahéliennes, bien au delà des royaumes Ashanti d’Afrique de l’ouest, des peuples Dogons et des tribus du centre du continent. Une cité monumentale en pierre, édifiée au cœur d’une Afrique de cases en terre battue et branchages !
L’histoire semble aussi folle et légendaire que celle des mines du roi Salomon, un conte pour charlatans illuminés ou griots sûrs de leurs sources.
Au XVIème siècle, des marchands portugais rentrent en Europe après un très long périple depuis l’océan indien. Outre leurs incroyables aventures maritimes, ils confirment l’existence d’un fabuleux royaume isolé au cœur de l’Afrique des ténèbres.
Ils racontent une capitale entièrement construite en pierre, ceinte de remparts qui " tutoient " les nuages, où l’on s’égare entre allées et coursives labyrinthiques, où le bétail et la nourriture abondent, où l’or et les métaux précieux se ramassent à la pelle... C’est encore Dzimbabwe !
Mais ce n’est qu’en 1868 que les Européens découvrent les ruines de la ville mythique sur les hauts plateaux de Rhodésie, entre les fleuves Zambèze et Limpopo.
En pleine brousse et au creux d’une vallée verdoyante, ils s’émerveillent devant ces murailles et ces donjons à l’architecture sophistiquée, ces constructions de pierres sèches finement jointes, ces fondations profondes et intégrées au terrain...
Ils ont enfin redécouvert Dzimbabwe " la maison de pierre " en langue Shona, le peuple dépositaire des lieux.
Malgré ces preuves matérielles, le site va demeurer un sujet d’incrédulité pendant des dizaines d’années, alternant passions et controverses virulentes.
On s’interroge devant de telles constructions.
On doute qu’elles puissent être l’œuvre d’une civilisation africaine " noire et primitive ".
On évoque l’œuvre de tribus sémites, de peuplades pharaoniques, d’extra-terrestres...
Pourtant, Dzimbabwe n’est ni un canular, ni une escroquerie !
C’est l’ancienne capitale d’un puissant empire qui s’étendait du Zimbabwe oriental au Botswana et du Mozambique à l’Afrique du Sud. C’était aussi le centre économique et religieux du peuple shona qui domina le commerce et la vie culturelle du sud de l’Afrique entre le XIIème et le XVIème siècle.
Au milieu des années 60, l’ancienne colonie de Rhodésie se sépare de l’Angleterre et s’autoproclame indépendante et blanche avec Lan Smith, avant de finalement devenir le Zimbabwe sous Mugabe. Aujourd’hui, Great Zimbabwe est le site archéologique le plus fascinant au sud du Sahara.
La première chose que l’on aperçoit en arrivant est l’imposante colline fortifiée qui surplombe la plaine d’une centaine de mètres : l’Acropole.
Les fortifications s’y confondent avec les falaises de granit, se glissent entre d’énormes monolithes caparaçonnés de lichens, serpentent à même les flancs de la montagne, épousent les moindres accidents de terrain.
En contrebas, de nombreuses ruines parsèment la vallée. La plus extraordinaire, le Grand Enclos d’Imbahuru, justifie à elle seule un voyage au Zimbabwe.
Imaginez une enceinte elliptique de 600 mètres de circonférence, une dizaine de mètres de hauteur et 5 mètres d’épaisseur où plus d’un million de blocs de pierre s’imbriquent de façon parfaite, sans mortier, en des courbes harmonieuses qui ondulent entre terrasses ouvertes et lumineuses et passages fermés et sombres. On avance en terrain découvert ou l’on se faufile dans des souricières aussi étroites qu’un placard.
Aujourd’hui, le site n’est plus habité que par d’imposants cynocéphales lymphatiques et des vervets en bande qui écument les recoins les plus secrets, en quête d’une rapine ou d’une bonne blague...
Dans le ciel bleu azur, des rapaces dérivent en cercles menaçants...
On flâne entre les hautes herbes mordorées, on zigzague au milieu des aloes inquiétants, des acacias rabougris et des euphorbes altiers.
On foule des buissons de poinsettas et de jacarandas, on se courbe sous les flamboyers et des jasmins sauvages...
On baigne dans un voluptueux pot-pourri de senteurs suaves et sucrées.
On rêve dns la quiétude des lieux et le silence de la brousse, essayant d’imaginer l’Histoire et les Hommes de Dzimbabwe.
On est presque dans la légende...
info plus
Great Zimbabwe se situe au Zimbabwe, à 260 km au sud de la capitale Harare, près de la ville de Masvingo.
Formalités : passeport en cours de validité valable au moins 6 mois après retour. Pas de visa.
Ambassade du Zimbabwe : 5 rue de Tilsit 75008 Paris. Tel. 01 47 63 48 31, Fax 01 44 09 05 36.
Climat : situé sur un haut plateau à 900 mètre d’altitude moyenne, le pays subit plusieurs climats : chaud et moite dans la vallée du Zambèze, frais et humide à l’est, tempéré au centre.
La meilleure saison : l’hiver, de mai à octobre, ensoleillé et chaud. La saison des pluies s’étend de novembre à avril.
Sur le web :
Vous trouverez d’excellentes illustrations sur le site du canadien voyageur Bernard Cloutier : http://berclo.net/page95/95fr-zimbabwe-1.html
Gorp, l’un des sites américains leaders dans le domaine de l’out-door propose une portail page à propos de Great Zimbabwe : http://www.gorp.com/gorp/location/africa/yahoo/greatzim.htm





