Avignon

Que faire à Avignon pendant un week-end ?

par Marc

Le centre historique d’Avignon tient dans 1,48 km² intra-muros. Soit 148 hectares ceinturés par 4,3 kilomètres de remparts. Le centre historique est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995. Belle densité. La ville a été Capitale européenne de la culture en 2000. Je l’ai vue se transformer ces dernières années. Plus piétonne, plus dense en visiteurs, mais le mistral et la lumière n’ont pas changé. Vous y restez deux jours pour les monuments, trois pour respirer la ville, quatre si vous tombez en plein festival. J’ai cadré ce guide à partir de mes propres notes de terrain et des chiffres que pratiquent les acteurs locaux. Pas de discours promotionnel ici, je vous préviens. Vous y trouverez plutôt des ordres de grandeur, des conseils d’usage, et quelques avis tranchés.

Le Palais des Papes, où tout commence

Le Palais des Papes écrase tout, je vous le dis tout de suite. L’un des plus grands palais gothiques médiévaux d’Europe. Une masse de pierre dont le volume équivaut à plusieurs cathédrales. Vous le voyez arriver de loin. Et de près, l’effet est encore plus brutal, je vous le garantis. Vous restez bouche bée.

Vous savez peut-être que la papauté s’installe à Avignon en 1309. Les papes d’Avignon s’y succèdent durant le XIVe siècle. La construction démarre en 1335, sous Benoît XII pour le Palais Vieux, puis sous Clément VI pour le Palais Neuf. La papauté regagne Rome en 1377, sous Grégoire XI. Le Grand Schisme prend ensuite le relais, et des antipapes occupent encore Avignon : Benoît XIII s’y maintient jusqu’en 1403. Rome a fini par reprendre la main. Avignon a gardé les murs, et je trouve que c’est l’essentiel.

Vous entrez. Première impression : le vide est presque sculptural. Les fresques de Matteo Giovannetti tiennent encore, je trouve, malgré les siècles. Vous y reconnaîtrez la chapelle Saint-Jean signée du maître italien. Je l’ai vue trois fois. Lui aussi a peint la chapelle Saint-Martial, où s’illustre la vie du saint limousin. Et il a supervisé les décors profanes de la Chambre du Cerf, plus intimes, plus surprenants. La Cour d’honneur accueille près de 2 000 spectateurs chaque été en festival. Hors juillet, vous la trouverez vide. C’est presque mieux à mon goût.

La visite dure environ deux heures. L’Histopad, tablette de réalité augmentée incluse dans le billet, vous reconstitue les espaces disparus du parcours. Je préfère ce dispositif aux audioguides classiques. C’est plus parlant pour vos enfants. Combien ? 12 € en plein tarif, 10 € en réduit (tarifs à vérifier au moment de votre visite). Un combiné Palais + Pont vous fait gagner quelques euros si vous comptez faire les deux. Je le prends à chaque visite.

Mon conseil : arrivez à 9 h pile. La file d’attente s’allonge dès 10 h en été. Dès 11 h, vous y perdez 30 à 45 minutes. La réservation en ligne s’impose en juillet, sans quoi votre créneau peut vous échapper.

Infos pratiques — Palais des Papes
Adresse : Place du Palais, 84000 Avignon Tarif : à partir de 12 € environ, combiné Pont avantageux (à vérifier avant la visite) Durée : 1 h 30 à 2 h avec l’Histopad Horaires : amplitude plus large en été qu’en hiver (vérifier les horaires du jour)

Le pont Saint-Bénézet, ce qu’il en reste

Quatre arches. Voilà. Voilà ce que vous verrez. Quatre arches sur les vingt-deux d’origine, suspendues au-dessus du Rhône, sur un ouvrage qui s’est effondré au fil des siècles. Vous pouvez retenir ceci : le pont Saint-Bénézet fait partie du site d’Avignon inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995. Et il continue de me surprendre à chaque visite. Je le trouve plus émouvant en photo que pieds dessus. Mais l’arrêt vaut quand même le coup à mes yeux.

Vous connaissez la chanson. Vous connaissez peut-être moins le berger Bénézet, dont la légende circule depuis le XIIe siècle. Selon le récit, il aurait soulevé à mains nues un bloc de pierre que trente hommes n’auraient pu bouger. Pour fonder la première pile. Je laisse aux médiévistes le soin d’en juger. La construction de l’ouvrage médiéval remonte au XIIe siècle. Il est détruit en partie en 1226 lors du siège de Louis VIII, puis reconstruit. Largeur originelle ? Vous comptez environ 4 mètres. Pas de quoi croiser deux chariots sans risque, je vous l’accorde. On déplaçait les marchandises lourdes presque toujours par bacs fluviaux. Les crues répétées du Rhône ont emporté les arches les unes après les autres, jusqu’à l’abandon de l’ouvrage au XVIIe siècle.

Côté visite, je vous suggère 45 minutes à une heure avec le centre d’interprétation. Un parcours multimédia raconte les crues et les guerres. Je l’ai trouvé bien fait. On y comprend pourquoi le pont s’est effondré. Vous y verrez la chapelle Saint-Nicolas, perchée sur l’une des piles restantes. La vue depuis l’extrémité du pont est l’une des plus belles d’Avignon, je vous le dis franchement. Le Palais vous fait face. Les remparts l’encadrent. Pour les photos, je vous conseille la lumière dorée du matin ou de fin de journée, qui vaut largement la chaleur de midi.

Côté pratique : ouverture en journée, avec une amplitude plus large en été qu’en hiver (horaires à vérifier sur place). En été, des croisières fluviales passent sous les arches. Angle de vue inédit. C’est probablement la plus belle façon d’aborder le monument à mon avis. Je vous la recommande au coucher du soleil. J’y reviens chaque été.

La vieille ville à pied, ruelle par ruelle

Le centre se parcourt à pied. Une demi-journée vous suffit pour les artères principales. Mais je vous conseille d’y revenir le soir. L’ambiance est complètement différente. On ne reconnaît pas les façades ocre et les volets colorés à 11 h et à 19 h, quand la lumière du soir réchauffe la pierre et vide les ruelles. Je vous laisse juge. Allez-y, vraiment.

La place de l’Horloge occupe le cœur historique de la cité, là où la vie publique se concentre depuis longtemps. Vous foulez aujourd’hui le cœur social. Cafés alignés. Terrasses pleines dès les premiers rayons. Artistes de rue qui s’installent en juillet. L’hôtel de ville, rebâti au XIXe siècle, intègre la vieille tour gothique du Jacquemart. Le mécanisme à automates date de la fin du Moyen Âge, je tiens à le préciser. Deux personnages, Jacquemart et Jacquemarde, frappent la cloche aux heures. C’est ce qui a donné son nom au lieu. Le soir, les façades s’illuminent. Vous tomberez probablement dessus en sortant d’un dîner, je vous le souhaite.

La rue des Teinturiers reste mon coin préféré du centre. Vous voulez mon avis ? Allez-y. Je l’aime. Pavée en calade traditionnelle, elle longe le canal de Vaucluse alimenté par la Sorgue. Quatre roues à aubes tournent encore, j’ai vérifié l’an dernier. Vestiges de l’industrie des indiennes, ces tissus imprimés du XIVe au XIXe siècle. Et des moulins à garance. Vous y trouverez restaurants, cafés ombragés, ateliers d’artisans qui bordent le canal. L’été, la rue se transforme en scène de théâtre à ciel ouvert pendant le Off. Vous y croisez des comédiens en costume qui filent entre deux représentations, le long du canal et sous les platanes. C’est totalement irréel, je vous laisse imaginer.

La rue de la République relie la gare centre au cœur historique. C’est l’artère commerçante, je dirais même la moins typique. Une percée haussmannienne ouverte de 1856 à 1867. Vous y croiserez enseignes nationales et boutiques locales. Elle vous mène tout droit place de l’Horloge. Je vous suggère de la traverser sans vous attarder.

Les remparts ceinturent la vieille ville sur plus de quatre kilomètres, je vous le confirme. Construction au XIVe siècle, sous l’impulsion des papes. À l’origine, plusieurs dizaines de tours et plusieurs portes en jalonnaient le tracé. Mais attention. Leur aspect actuel, créneaux et mâchicoulis, doit beaucoup aux restaurations menées au XIXe siècle. J’insiste sur ce point. Ce que vous voyez n’est pas tout à fait ce qui était là sous les papes. La porte Saint-Lazare, la brèche de l’Oulle et la brèche de la République sont les accès les plus empruntés aujourd’hui. Vous y reviendrez selon l’heure du jour. On y croise des joggeurs le matin, des amoureux le soir. Je préfère la balade en fin d’après-midi, quand les ombres s’allongent. Les points de vue sur le Rhône, sur le Palais, sur les jardins du Rocher des Doms se renouvellent à chaque tour.

Le quartier de la Balance, en bordure du Rocher, a été reconstruit au XXe siècle. On le passe sans trop de regret côté charme. À l’écart, le quartier historique de Saint-Agricol mérite vraiment le détour selon moi. Je l’aime au petit matin. Hôtels particuliers du XVIIIe, façades sobres, cours intérieures. Le Palais du Roure (Rore signifie « Chêne » en provençal) a été acquis en 1469 par la famille de Baroncelli-Javon. Il abrite aujourd’hui un centre culturel dédié à la Provence. Je vous invite à pousser la porte. Vous m’en remercierez. La cour intérieure vaut le coup d’œil même sans entrer dans le musée. Détail que j’apprécie : on y croise des habitants venus consulter la bibliothèque, pas seulement des touristes.

Le Rocher des Doms et la cathédrale

Le Rocher des Doms domine le Rhône de plusieurs dizaines de mètres. Berceau historique de la ville, je le rappelle. Le site est occupé très tôt dans l’histoire de la cité. Cet éperon calcaire urgonien a été aménagé en jardin à l’anglaise au XIXe siècle, après d’importants travaux hydrauliques pour irriguer la roche aride. Aujourd’hui, le panorama vous offre 360°. Vous repérez le Mont Ventoux à l’est, les Alpilles au sud, Villeneuve-lès-Avignon en face et la longue vallée du Rhône qui s’étire en toile de fond jusqu’à l’horizon. On peut entrer librement, sans frais, tous les jours. Difficile de faire mieux à mon avis.

Un plan d’eau accueille canards et cygnes. Bancs ombragés. Buvette historique. Terrasse belvédère. C’est l’endroit idéal après la visite du Palais, je vous le confirme. Deux minutes à pied, vous êtes posés. Je vous recommande la pause de 16 h, quand la lumière se rapproche du sud-ouest. Magique… Vous m’en direz des nouvelles.

La cathédrale Notre-Dame des Doms jouxte le jardin. Édifice roman du XIIe siècle. Coiffée d’une statue en plomb doré de la Vierge Marie, que j’attribue, sous réserve, au sculpteur Jean-Louis Brian. Installée en 1859 sur un clocher renforcé pour en supporter le poids. On la voit depuis tout Avignon. À l’intérieur, le mausolée gothique du pape Jean XXII a été déplacé après les profanations de la Révolution. Je trouve ce détail méconnu. La visite est gratuite. Quinze minutes vous suffisent. Le porche abritait des fresques de Simone Martini, peintre siennois du Trecento. Il en reste des traces, dont une partie a été déposée pour préservation au Palais des Papes. Ce qui reste sur place est sobre. Une nef unique. Je préfère ainsi. Des proportions harmonieuses. Pas grand-chose à voir, je l’avoue, mais la cohérence du site mérite l’arrêt selon moi.

Les musées d’Avignon, une carte cachée

Voilà l’un des secrets les mieux gardés de la ville, je trouve. On y compte cinq musées municipaux gratuits : le Petit Palais, le musée Calvet, le musée Lapidaire, le musée Requien et le Palais du Roure. La plupart ferment le mardi, mais vérifiez les jours d’ouverture de chacun. C’est un avantage rare pour une ville de cette taille, et j’ai mis du temps à comprendre que la plupart des visiteurs passent à côté. Vous, ne faites pas cette erreur.

Le musée du Petit Palais occupe un ancien palais épiscopal du XIVe siècle, juste en face du Palais des Papes. Il abrite l’une des plus importantes collections de primitifs italiens de France, je vous le rappelle. Plus de 300 tableaux issus du fonds Campana. Je n’ai jamais réussi à tous les voir en une fois. Sublimés par les chefs-d’œuvre de l’École d’Avignon. Vous y trouverez des Botticelli, des Carpaccio, et d’autres signatures qui surprennent. La scénographie est soignée, je l’ai constaté à chaque retour. Une heure vous suffit. C’est probablement l’un des musées les plus sous-cotés de France à mon sens.

Le musée Calvet, rue Joseph Vernet, occupe l’hôtel de Villeneuve-Martignan. Bâti par Jean-Baptiste Franque, joyau de l’architecture classique du XVIIIe siècle. Vous y trouvez beaux-arts et objets d’art. Je l’aime. Je le préfère ouvert tôt, vers 10 h, quand la lumière entre franchement. Le musée Lapidaire, qui lui est rattaché, présente des vestiges grecs, romains et gallo-romains. Le tout dans l’ancienne église du collège des Jésuites. Le musée Requien ravira les naturalistes parmi vous. Fondé autour des collections d’Esprit Requien, il rassemble faune, flore et un herbier d’une richesse remarquable. Je l’ai redécouvert récemment, je l’avais sous-estimé. Le musée Vouland, fondation privée, expose des arts décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles. 6 €.

Pour l’art contemporain, je vous oriente vers la Collection Lambert, installée dans de beaux hôtels particuliers du centre. Vous y verrez Sol LeWitt, Cy Twombly, Anselm Kiefer. Entrée autour de 12 €. Le musée Angladon, plus intime, abrite des œuvres de Cézanne, Degas, Picasso. Et l’un des très rares Van Gogh exposés en permanence en Provence : Wagons de chemin de fer à Arles. Le billet tourne autour de 8 €. Je le mets dans mon top 3 personnel sur la ville. Vous pouvez voir tous les lieux sympas à visiter à Avignon ici.

MuséeSpécialitéTarifDurée
Petit PalaisPrimitifs italiens, École d’AvignonGratuit1 h
Musée CalvetBeaux-arts, objets d’artGratuit1 h
Musée LapidaireVestiges grecs et romainsGratuit30 min
Collection LambertArt contemporain12 €1 h 30
Musée AngladonXIXe-XXe siècle, Van Gogh~8 €45 min
Musée VoulandArts décoratifs XVIIe-XVIIIe6 €45 min

Le festival d’Avignon, machine à théâtre

Chaque juillet, la ville change de visage. Le Festival d’Avignon la transforme en scène à ciel ouvert. Vous savez peut-être que Jean Vilar y a fondé « Une Semaine d’Art en Avignon » du 4 au 10 septembre 1947. J’aime rappeler cette date fondatrice. L’événement a été décalé au mois de juillet dès l’année suivante. Il prend alors le nom de Festival d’Avignon. Le « In » propose aujourd’hui une programmation dense de plusieurs dizaines de spectacles. Cour d’honneur du Palais des Papes. Cloître des Carmes. Cloître des Célestins. Les places pour la Cour d’honneur partent en quelques heures, je l’ai constaté chaque année. Vous devez réserver plusieurs mois à l’avance, sans quoi c’est mort, je vous le dis tout net.

Le « Off » est un autre univers. Initié de manière totalement indépendante en 1966 par André Benedetto et Bertrand Hurault, au Théâtre des Carmes. Plus de 1 500 spectacles s’y jouent chaque été, selon les éditions. Théâtres, caves, cours d’immeubles, et même parfois des camions. On voit les troupes tracter sur chaque trottoir. Les affiches tapissent les murs. La ville vibre du matin jusqu’à tard dans la nuit, je vous laisse imaginer le brassage. Les premiers billets démarrent à une dizaine d’euros. Vous trouverez aussi des spectacles gratuits.

Honnêtement ? Le Off, je le préfère au In. C’est plus brut, plus libre, plus chaotique. On y tombe sur le pire et le meilleur dans la même journée. C’est ce qui fait la beauté de l’exercice à mon avis.

La saison culturelle ne se limite pas à juillet, je tiens à vous le rappeler. L’Opéra Grand Avignon, bel édifice du XIXe siècle restauré et rouvert en 2021, programme toute l’année. Je vous y ai vu de belles productions récemment. Le Théâtre du Chêne Noir et le Théâtre du Balcon proposent pièces et concerts. Vous compléterez votre calendrier avec le festival Jazz à Avignon ou la Semaine Professionnelle de la Danse. Je vous recommande ces deux rendez-vous discrets.

Gastronomie et marchés provençaux

Direction la place Pie. On y trouve les Halles d’Avignon, LE rendez-vous gourmand du centre. Vous reconnaissez le marché à sa façade. Un mur végétal. Vrai bijou, signé par le botaniste Patrick Blanc. De nombreux commerçants y vendent fromages, fruits, poissons, charcuteries et spécialités locales. Le samedi matin, un chef y anime une démonstration culinaire ouverte à tous. On vérifie l’horaire sur place. Je vous recommande d’arriver tôt, le créneau se remplit vite. Les Halles ferment en début d’après-midi. La place reprend vie le soir grâce aux bars du quartier, plutôt qu’avec de vrais marchés nocturnes, je vous le dis pour éviter la déception.

La cuisine avignonnaise emprunte au répertoire provençal. La papaline d’Avignon est la confiserie locale par excellence selon moi. Une confiserie mise au point par des pâtissiers du Vaucluse au siècle dernier. Elle associe une liqueur d’origan à de fines couches de chocolat rose. Vous la goûterez dans les épiceries fines du centre. Le papeton d’aubergine, flan de légumes, tirerait son nom du provençal papet, « bouillie » ou « purée ». Je reste sceptique sur la légende d’un moule en forme de tiare papale. Romanesque, mais douteuse historiquement à mon sens. La daube avignonnaise, la ratatouille, l’aïoli du vendredi, les fromages de chèvre du Ventoux complètent le tableau.

Anecdote pour vous fixer les ordres de grandeur. Un ami a dépensé 95 € par personne dans un restaurant gastronomique étoilé du centre l’an dernier. Il en garde un excellent souvenir. Sa cousine, 22 € par personne dans un petit bistrot de la rue Carreterie, parle de l’un des meilleurs aïolis qu’elle ait mangés. Comme quoi, le rapport qualité-prix tient surtout à la maison choisie, pas à l’étoile au-dessus de la porte. J’ai constaté la même chose à Aix et à Marseille, sur d’autres terrasses. Je vous renvoie à votre flair.

Côté terrasses, je vous oriente vers la rue des Teinturiers et la place des Corps-Saints pour le déjeuner. Les restaurants gastronomiques se concentrent autour de la place de l’Horloge et dans le quartier de la Balance. Pour les amateurs de brocante et de chine, vous filerez à l’Isle-sur-la-Sorgue, à 25 minutes en voiture. Je l’aime même hors saison. Le marché y bat son plein le premier dimanche d’août, c’est l’un des grands rendez-vous de l’été en Provence selon moi.

Les spécialités à goûter à Avignon et dans le Vaucluse

La papaline (chocolat rose et liqueur d’origan), le papeton d’aubergine en flan de légumes, la daube avignonnaise mijotée au vin et à l’orange. Et, du côté du Vaucluse voisin, les berlingots de Carpentras, les fromages de chèvre du Ventoux, l’huile d’olive des Alpilles, la tapenade.

La route des vins, autour d’Avignon

Châteauneuf-du-Pape. 20 minutes en voiture, au nord d’Avignon. L’appellation s’étend en réalité sur cinq communes, je vous le précise. Elle produit des rouges puissants et des blancs élégants, sur une mosaïque de terroirs assez complexe. Galets roulés, oui, c’est l’image d’Épinal. Mais on y trouve aussi des grès rouges, des safres (ces sables locaux qui donnent des vins plus fins) et des éclats calcaires disséminés sur les coteaux. L’AOC autorise l’assemblage libre parmi 13 cépages historiques, blancs et rouges confondus. Vous le saviez peut-être : c’est l’une des premières Appellations d’Origine Contrôlée de France, consacrée par le décret du 15 mai 1936 sous l’impulsion du juriste baron Le Roy de Boiseaumarié. Plusieurs domaines accueillent les visiteurs sur réservation. Dégustation gratuite la plupart du temps. Je vous suggère trois noms de référence : Château La Nerthe, Domaine du Vieux Télégraphe, Clos des Papes.

Avignon est un point de départ idéal pour découvrir les vins des Côtes du Rhône, je le rappelle. L’appellation couvre un territoire immense. Vacqueyras, Gigondas, Tavel, Lirac : vous visitez tout cela en une journée depuis Avignon. Vous goûterez à Gigondas des rouges puissants et épicés. On trouve à Tavel le seul rosé à AOC exclusive de la vallée du Rhône, et je le compte parmi les meilleurs de France. Je les sers volontiers à mes invités l’été. Le Carré du Palais, sur la place du Palais des Papes, propose dégustations et initiations à l’œnologie. Tarifs accessibles. Accords mets-vins, ateliers d’assemblage. C’est l’adresse à connaître si vous voulez goûter sans bouger du centre, je vous le confirme.

La route des vins se parcourt aussi à vélo électrique, je le recommande. On trouve plusieurs prestataires en location à la journée. Le relief plat entre Avignon et Châteauneuf vous laisse une balade accessible aux familles. En automne, je trouve les vignes dorées plus belles que celles de l’été. Et il y a beaucoup moins de monde, croyez-moi.

Les excursions autour d’Avignon

Avignon est un camp de base, je l’affirme sans hésiter. Carrefour du Vaucluse, du Gard, des Bouches-du-Rhône. Depuis ici, on rayonne sur une grande partie de la Provence sans changer d’hôtel. C’est l’un des arguments forts de la ville à mon avis.

DestinationDistanceTrajetÀ voir
Pont du Gard25 km30 minAqueduc romain, baignade dans le Gardon
Villeneuve-lès-Avignon3 km10 minFort Saint-André, Chartreuse
Isle-sur-la-Sorgue23 km25 min3e pôle européen de la brocante
Châteauneuf-du-Pape18 km20 minVignobles, ruines du château
Gordes et le Luberon40 km45 minVillage perché, abbaye de Sénanque
Arles38 km40 minAmphithéâtre romain, fondation Van Gogh
Saint-Rémy-de-Provence20 km25 minSite de Glanum, marché provençal

Le Pont du Gard mérite une demi-journée pleine selon moi. Bâti au Ier siècle, vers 50 apr. J.-C. Cet aqueduc romain à trois niveaux d’arches culmine à près de 49 mètres. C’est, à ma connaissance, le pont-aqueduc antique le plus haut au monde. J’y reviens souvent. Vous y trouvez un musée et des sentiers. Je vous conseille la rive gauche pour photographier. En été, le Gardon offre des zones de baignade, surveillées sur certaines plages selon la saison. L’accès au site se fait via le stationnement, autour de 9 € par véhicule. Le musée peut nécessiter un billet à part, je vous le précise.

Villeneuve-lès-Avignon tient à dix minutes du centre. Le Fort Saint-André offre l’un des plus beaux panoramas sur la cité des Papes, vous verrez. La Chartreuse du Val de Bénédiction, fondée au XIVe siècle, compte parmi les plus vastes anciennes chartreuses de France. Devenue centre culturel, elle vaut le détour pour ses jardins et son cloître. Je vous recommande la visite en fin d’après-midi pour la lumière. Des résidences d’artistes y animent les lieux en été. Et puis Villeneuve a un autre atout : on y loge souvent moins cher qu’à Avignon. Une vraie piste. À méditer si vous venez en juillet, j’y reviendrai plus loin.

Les villages du Luberon tiennent à moins d’une heure. On connaît Gordes, Roussillon, Bonnieux, Ménerbes. Ils attirent les visiteurs toute l’année, j’en croise des bus entiers en juillet. La lavande fleurit en plein été, à des dates qui varient selon les années et l’altitude. L’abbaye de Sénanque, bordée de lavande à la belle saison, est l’un des paysages les plus photographiés de Provence. Je vous y aurais souhaité du calme. Vous y serez rarement seuls, je vous préviens.

Activités en plein air et loisirs

L’île de la Barthelasse compte parmi les grandes îles fluviales de France. Vous y êtes en quelques minutes du centre. Une navette fluviale assure la traversée depuis le pied du Rocher des Doms. La physionomie actuelle de l’île résulte de vastes travaux d’endiguement au XIXe siècle, je le rappelle pour les amateurs d’histoire fluviale. Plusieurs îlots ont été unifiés. La Barthelasse forme avec sa voisine, l’île Piot, un vaste espace insulaire entre deux bras du Rhône. À vélo ou à pied. Sentiers ombragés. Je vous recommande la vue sur les remparts depuis la rive opposée. C’est l’une des plus belles cartes postales d’Avignon. C’est aussi une zone inondable qui protège la cité, donc un terrain préservé du bétonnage.

Les croisières sur le Rhône offrent un autre angle. Vous partez pour des sorties d’une heure depuis les allées de l’Oulle. Excursions à la journée vers Châteauneuf-du-Pape ou Arles. En été, je vous recommande les formules apéro-croisière au coucher du soleil, quand la lumière rase le fleuve et fait rougeoyer les remparts. J’aime celle-là. Combien ? Le tarif tourne autour de 18 à 25 € pour la sortie courte selon la formule. Vous y êtes pour rien si vous comparez à une visite guidée classique.

Le réseau Vélopop’ propose des vélos à assistance électrique en libre-service, répartis sur une trentaine de stations. Pratique. Pass journée à quelques euros. On roule sans transpirer. La plaine autour d’Avignon est plate, je vous le confirme. Vous pédalerez sans souffrir. La Via Rhôna (l’EuroVelo 17) longe le fleuve et permet de belles échappées le long du Rhône, en direction du Pont du Gard pour les plus motivés. Je l’ai faite l’an dernier, je vous la recommande sur trois jours.

Le paddle et le kayak se pratiquent depuis la Barthelasse. Quelques prestataires proposent des sorties encadrées. L’itinéraire passe sous les arches du pont d’Avignon, je vous laisse imaginer le cadre. Vue unique sur le monument depuis l’eau. Pour la baignade, je vous oriente hors d’Avignon. On trouve des plans d’eau aménagés dans les environs, comme celui des Salettes. Le Gardon, au Pont du Gard, offre aussi des zones surveillées sur certaines plages en été.

Pour les amateurs de marche, le Chemin Urbain V (GR 670) s’achève à Avignon en provenance de la Lozère. Itinéraire historique balisé que j’ai parcouru en partie il y a deux ans. Vous pourrez piocher dans le plateau des Vignerons à Roquemaure ou dans les sentiers des canaux. Terrain plat dans la plaine, ce qui convient aux familles avec enfants en bas âge.

Avignon en famille et par temps de pluie

La cité des Papes se prête bien aux visites en famille, je le dis aux parents que je croise. J’en sais quelque chose. L’Histopad du Palais captive vos enfants grâce à la réalité augmentée. On y trouve aussi des chasses au trésor thématiques pendant les vacances scolaires. Le Rocher des Doms, avec ses cygnes, sa buvette, ses allées ombragées, offre la pause verte que vous chercherez après deux heures de visite serrée.

Quand il pleut, votre stratégie change. Je passe par les musées gratuits en priorité, ce sont des refuges idéaux. Le Petit Palais et ses tableaux colorés de la Renaissance retiennent l’attention des enfants. Les escape games se sont multipliés dans le centre. Plusieurs salles thématiques accueillent les familles, l’âge minimum variant d’une enseigne à l’autre. Je vous recommande aussi le cinéma Utopia, dans le centre historique, rien que pour son cadre. Atypique, attachant, à mille lieues des multiplexes selon moi.

Les familles motorisées apprécient le Rocher Mistral. Parc à thème dédié à la Provence, installé dans le château de La Barben. On y est en une cinquantaine de minutes depuis Avignon. Spectacles, parcours immersifs, animations pour enfants remplissent une journée entière, je vous le promets. Mon conseil : vérifiez la programmation et les dates d’ouverture de la saison avant de partir.

Informations pratiques

Comment venir

Avignon dispose de deux gares. La gare TGV, sur la presqu’île de Courtine, vous place à environ 2 h 40 de Paris. Un peu plus d’une heure depuis Lyon. Une grosse demi-heure depuis Marseille, selon les trains. Je vous recommande le TGV. La gare centre, au pied des remparts, dessert les lignes régionales. Une navette ferroviaire surnommée « la Virgule » relie les deux gares en quelques minutes. Pratique, rapide, jamais en retard à mon expérience. Je l’utilise systématiquement.

En voiture, l’autoroute A7 dessert directement la ville. Le parking du Palais des Papes, souterrain et central, reste pratique mais payant à l’heure. Des parkings relais, comme celui de l’Île Piot, permettent de laisser la voiture en périphérie et de rejoindre le centre, souvent avec une navette. Mon conseil : à privilégier en été, vous évitez la galère du stationnement intra-muros. L’aéroport d’Avignon-Provence, dans le quartier de Montfavet, n’accueille pas de lignes commerciales régulières. Pour atterrir avec une compagnie classique, vous viserez plutôt Marseille-Provence ou Nîmes, à moins d’une à deux heures de route selon la circulation.

La meilleure période pour visiter Avignon

Le printemps reste, à mon avis, la saison idéale pour vous. Avril à juin. Vous y trouverez températures douces, foule raisonnable, jardins en fleurs. L’automne (septembre-octobre) offre les mêmes avantages, avec les couleurs des vendanges en prime. Je le préfère même au printemps pour la lumière. Mon mois favori : octobre.

L’été ? Chaud. Très chaud. 35 à 38 °C en pic en juillet et août, parfois plus, parfois moins selon les années. C’est aussi la période du festival, donc la plus animée. Vous aurez les rues pleines du matin au soir. Je vous décourage si vous craignez la canicule. L’hiver est calme et lumineux, je trouve. Le mistral souffle régulièrement. On accède aux musées sans queue. Et les prix d’hébergement baissent de 25 à 40 %, je le confirme à chaque retour de janvier.

Combien de temps rester

Combien ? Deux jours pour les essentiels. Trois jours pour respirer, ajouter un musée, glisser une excursion. En juillet, je vous suggère quatre à cinq jours, sinon vous passez à côté. Je vous le dis franchement : la programmation du festival est trop dense pour être saisie en un week-end.

Où dormir

Le meilleur choix, à mon sens : loger intra-muros. Vous serez le mieux placés autour de la place de l’Horloge et du quartier de la Balance. Tout se fait à pied depuis ces adresses. Je le rappelle. Le quartier des Teinturiers offre un cadre charmant et pittoresque. Je le préfère hors juillet. Il est aussi le cœur battant du Off en juillet, et très bruyant… à vous de choisir en connaissance de cause. Vous y trouverez des hôtels logés dans d’anciennes maisons de ville. Du caractère, pour rester poli.

Les budgets serrés iront à Villeneuve-lès-Avignon. Sur l’autre rive du Rhône, à dix minutes en voiture. 20 à 30 % moins cher, je l’ai vérifié sur trois saisons. En juillet, les prix grimpent partout. Mon conseil : réservation trois mois à l’avance pour éviter les mauvaises surprises. Je vous suggère les locations saisonnières (appartements meublés) pour les séjours de trois jours et plus, surtout en famille.

Le Citypass Avignon

Le Citypass (Avignon City Pass, valable 24 h ou 48 h) ouvre l’accès au Palais des Papes, au Pont d’Avignon et à plusieurs musées payants. On profite aussi de réductions sur les visites guidées et le stationnement, je vous le confirme. L’office de tourisme met en avant des économies réelles dès que vous enchaînez les visites. Rentable ? Oui, dès deux ou trois entrées payantes additionnées à mon estimation. Je le conseille aux séjours courts. Le tarif en cours reste à vérifier avant l’achat.

Récapitulatif pratique
Durée idéale : 2 à 3 jours, 4-5 jours en juillet Budget moyen / jour : 60 à 100 € hors hébergement haut de gamme Meilleure période : mai-juin et septembre-octobre Se déplacer : à pied dans le centre, Vélopop’ pour les alentours Office de tourisme : 41 cours Jean Jaurès, 84000 Avignon

Questions fréquentes

Que faire à Avignon gratuitement ?

Les cinq musées municipaux sont gratuits, je le rappelle pour vos calculs. Petit Palais, Calvet, Lapidaire, Requien, Palais du Roure. Le Rocher des Doms, les remparts, la cathédrale et la balade dans la vieille ville ne vous coûtent rien. Vous rejoignez l’île de la Barthelasse par la navette fluviale. En juillet, vous trouverez de nombreux spectacles du Off en accès libre. Vous pouvez monter une journée complète à zéro euro, je l’ai testé.

Que faire à Avignon quand il pleut ?

Vous visitez le Palais à l’abri, ses salles immenses occupent une bonne partie de la journée. Je vous oriente vers les musées gratuits (Petit Palais, Calvet) pour une demi-journée chacun. La Collection Lambert, le musée Vouland et le musée Angladon sont des alternatives payantes de bonne tenue. Les Halles d’Avignon, couvertes, vous permettent de passer un bon moment au sec. Je vous recommande aussi les escape games et le cinéma Utopia.

Que faire à Avignon en juillet ?

Le Festival d’Avignon bat son plein, je vous le rappelle. Le « In » et le « Off » se déploient simultanément. Plus de 1 500 spectacles à l’affiche pour le seul Off, selon les éditions. La ville est saturée. Vous trouverez les hébergements complets tôt en saison. Mon conseil : réservation trois à six mois à l’avance pour les logements et pour les spectacles phares du In.

Combien de jours pour visiter Avignon ?

Deux jours vous couvrent le Palais des Papes, le Pont, la vieille ville, un musée et les Halles. Trois jours ajoutent une excursion (Pont du Gard, Luberon ou Châteauneuf-du-Pape). En période de festival, je vous suggère quatre jours minimum pour profiter confortablement.

D’autres articles sur la Provence :