Avignon

Que faire à Avignon pendant un week-end ?

par Marc

Avignon tient dans 1,48 km² de centre intra-muros. Soit 148 hectares ceinturés par quatre kilomètres de remparts. Et un hyper-centre monumental de 8,35 hectares classé UNESCO depuis 1995. Belle densité. La ville a porté le titre de Capitale européenne de la culture en l’an 2000. Je l’ai vue se transformer ces dernières années. Plus piétonne, plus dense en visiteurs, mais le mistral et la lumière n’ont pas changé. Vous y restez deux jours pour les monuments, trois pour respirer la ville, quatre si vous tombez en plein festival. J’ai cadré ce guide à partir de mes propres notes de terrain et des chiffres que pratiquent les acteurs locaux. Pas de discours promotionnel ici, je vous préviens. Vous y trouverez plutôt des ordres de grandeur, des conseils d’usage, et quelques avis tranchés.

Le Palais des Papes, où tout commence

Le Palais des Papes écrase tout, je vous le dis tout de suite. Plus grand palais gothique du monde. 15 000 m² de plancher, 150 000 m³ de volume, l’équivalent de quatre cathédrales empilées. Vous le voyez arriver de loin. Et de près, l’effet est encore plus brutal, je vous le garantis. Vous restez bouche bée.

Vous savez peut-être que la papauté s’installe à Avignon en 1309. Sept souverains pontifes y ont réellement vécu, je le rappelle pour fixer les chiffres. Cinq papes. Et deux antipapes. La construction démarre en 1335, sous Benoît XII pour le Palais Vieux, puis sous Clément VI pour le Palais Neuf. Le départ définitif date de 1403, avec l’antipape Benoît XIII. Rome a fini par reprendre la main. Avignon a gardé les murs, et je trouve que c’est l’essentiel.

Vous entrez. Première impression : le vide est presque sculptural. Les fresques de Matteo Giovannetti tiennent encore, je trouve, malgré les siècles. Vous y reconnaîtrez la chapelle Saint-Jean signée du maître italien. Je l’ai vue trois fois. Lui aussi a peint la chapelle Saint-Martial, où s’illustre la vie du saint limousin. Et il a supervisé les décors profanes de la Chambre du Cerf, plus intimes, plus surprenants. La Cour d’honneur accueille près de 2 000 spectateurs chaque été en festival. Hors juillet, vous la trouverez vide. C’est presque mieux à mon goût.

La visite dure environ deux heures. L’Histopad, tablette de réalité augmentée incluse dans le billet, vous reconstitue les décors disparus dans 15 salles du parcours. Je préfère ce dispositif aux audioguides classiques. C’est plus parlant pour vos enfants. Combien ? 12 € en plein tarif, 10 € en réduit. Un combiné Palais + Pont à 14,50 € vous fait gagner quelques euros si vous comptez faire les deux. Je le prends à chaque visite.

Mon conseil : arrivez à 9 h pile. La file d’attente s’allonge dès 10 h en été. Dès 11 h, vous y perdez 30 à 45 minutes. La réservation en ligne s’impose en juillet, sans quoi votre créneau peut vous échapper.

Infos pratiques — Palais des Papes
Adresse : Place du Palais, 84000 Avignon Tarif : 12 € plein, 10 € réduit, combiné Pont 14,50 € Durée : 1 h 30 à 2 h avec l’Histopad Horaires : 9 h – 19 h en été, 9 h – 17 h en hiver

Le pont Saint-Bénézet, ce qu’il en reste

Quatre arches. Voilà. Voilà ce que vous verrez. Quatre arches sur les vingt-deux d’origine, suspendues au-dessus du Rhône, et 900 mètres de tablier qui se sont effondrés au fil des siècles. Vous pouvez retenir cette date : le pont d’Avignon a été classé UNESCO en 1995. Et il continue de me surprendre à chaque visite. Je le trouve plus émouvant en photo que pieds dessus. Mais l’arrêt vaut quand même le coup à mes yeux.

Vous connaissez la chanson. Vous connaissez peut-être moins le berger Bénézet, dont la légende circule depuis le XIIe siècle. Selon le récit, il aurait soulevé à mains nues un bloc de pierre que trente hommes n’auraient pu bouger. Pour fonder la première pile. Je laisse aux médiévistes le soin d’en juger. Le pont d’origine, en bois, date de cette époque. Il est détruit en 1226 lors du siège de Louis VIII. L’ouvrage de pierre actuel résulte des reconstructions des XIIIe et XIVe siècles. Largeur originelle ? Vous comptez environ 4,5 mètres. Pas de quoi croiser deux chariots sans risque, je vous l’accorde. On déplaçait les marchandises lourdes presque toujours par bacs fluviaux. Le pont a été ruiné définitivement par la débâcle des glaces de l’hiver 1668-1669, je crois bien que c’est l’épisode qui scelle le sort de l’ouvrage.

Côté visite, je vous suggère 45 minutes à une heure avec le centre d’interprétation. Un parcours multimédia raconte les crues et les guerres. Je l’ai trouvé bien fait. On y comprend pourquoi le pont s’est effondré. Vous y verrez la double chapelle Saint-Bénézet et Saint-Nicolas, ajoutée à l’époque romane pour les bateliers. Elle est perchée sur la deuxième pile restante. La vue depuis l’extrémité du pont est l’une des plus belles d’Avignon, je vous le dis franchement. Le Palais vous fait face. Les remparts l’encadrent. Pour les photos, je vous conseille la lumière dorée du matin ou de fin de journée, qui vaut largement la chaleur de midi.

Côté pratique : ouverture jusqu’à 18 h 30 en été, 17 h en hiver. En été, des croisières fluviales passent sous les arches. Angle de vue inédit. C’est probablement la plus belle façon d’aborder le monument à mon avis. Je vous la recommande au coucher du soleil. J’y reviens chaque été.

La vieille ville à pied, ruelle par ruelle

Le centre se parcourt à pied. Une demi-journée vous suffit pour les artères principales. Mais je vous conseille d’y revenir le soir. L’ambiance est complètement différente. On ne reconnaît pas les façades ocre et les volets colorés à 11 h et à 19 h. Je vous laisse juge. Allez-y, vraiment.

La place de l’Horloge est aménagée sur l’ancien forum romain de la colonie latine Colonia Iulia Hadriana Avenio. Vous foulez aujourd’hui le cœur social. Cafés alignés. Terrasses pleines dès les premiers rayons. Artistes de rue qui s’installent en juillet. L’hôtel de ville, rebâti au XIXe siècle, intègre la vieille tour gothique du Jacquemart. Le mécanisme à automates date de 1471, je tiens à le préciser. Deux personnages, Jacquemart et Jacquemarde, frappent une cloche de 1 500 kg. C’est ce qui a donné son nom au lieu. Le soir, les façades s’illuminent. Vous tomberez probablement dessus en sortant d’un dîner, je vous le souhaite.

La rue des Teinturiers reste mon coin préféré du centre. Vous voulez mon avis ? Allez-y. Je l’aime. Pavée en calade traditionnelle, elle longe le canal de Vaucluse alimenté par la Sorgue. Quatre roues à aubes tournent encore, j’ai vérifié l’an dernier. Vestiges de l’industrie des indiennes, ces tissus imprimés du XIVe au XIXe siècle. Et des moulins à garance. Vous y trouverez restaurants, cafés ombragés, ateliers d’artisans qui bordent le canal. L’été, la rue se transforme en scène de théâtre à ciel ouvert pendant le Off. Vous y croisez des comédiens en costume entre deux représentations. C’est totalement irréel, je vous laisse imaginer.

La rue de la République relie la gare centre au cœur historique. C’est l’artère commerçante, je dirais même la moins typique. Une percée haussmannienne ouverte de 1856 à 1867. Vous y croiserez enseignes nationales et boutiques locales. Elle vous mène tout droit place de l’Horloge. Je vous suggère de la traverser sans vous attarder.

Les remparts ceinturent la vieille ville sur quatre kilomètres trois cents, je vous le confirme. Construction au XIVe siècle, sous l’impulsion des papes. À l’origine, on y comptait 39 tours barlongues ouvertes à la gorge, 3 tours semi-circulaires, sept portes. Mais attention. Le couronnement actuel, créneaux et mâchicoulis, résulte largement d’une restauration et d’une réinvention architecturale par Viollet-le-Duc au XIXe siècle. J’insiste sur ce point. Ce que vous voyez n’est pas tout à fait ce qui était là sous les papes. La porte Saint-Lazare, la brèche de l’Oulle (la porte originelle a été détruite en 1900), la brèche de la République (percée en 1855) sont les accès les plus empruntés aujourd’hui. Vous y reviendrez selon l’heure du jour. Je préfère la balade en fin d’après-midi, quand les ombres s’allongent. Les points de vue sur le Rhône, sur le Palais, sur les jardins du Rocher des Doms se renouvellent à chaque tour.

Le quartier de la Balance, en bordure du Rocher, a été reconstruit au XXe siècle. On le passe sans trop de regret côté charme. À l’écart, le quartier historique de Saint-Agricol mérite vraiment le détour selon moi. Je l’aime au petit matin. Hôtels particuliers du XVIIIe, façades sobres, cours intérieures. Le Palais du Roure (Rore signifie « Chêne » en provençal) a été acquis en 1469 par la famille de Baroncelli-Javon. Il abrite aujourd’hui un centre culturel dédié à la Provence. Je vous invite à pousser la porte. Vous m’en remercierez. La cour intérieure vaut le coup d’œil même sans entrer dans le musée. Détail que j’apprécie : on y croise des habitants venus consulter la bibliothèque, pas seulement des touristes.

Le Rocher des Doms et la cathédrale

Le Rocher des Doms culmine à 30 mètres au-dessus du Rhône. Berceau historique de la ville, je le rappelle. On y vivait dès le Néolithique. Cet éperon calcaire urgonien a été aménagé en jardin à l’anglaise à partir de 1843, sous la direction de l’architecte Placide Franc. D’importants travaux hydrauliques ont permis d’irriguer la roche aride. Aujourd’hui, le panorama vous offre 360°. Vous repérez le Mont Ventoux à l’est, les Alpilles au sud, Villeneuve-lès-Avignon en face, la vallée du Rhône en toile de fond. On peut entrer librement, sans frais, tous les jours. Difficile de faire mieux à mon avis.

Un plan d’eau accueille canards et cygnes. Bancs ombragés. Buvette historique. Terrasse belvédère. C’est l’endroit idéal après la visite du Palais, je vous le confirme. Deux minutes à pied, vous êtes posés. Je vous recommande la pause de 16 h, quand la lumière se rapproche du sud-ouest. Magique… Vous m’en direz des nouvelles.

La cathédrale Notre-Dame des Doms jouxte le jardin. Édifice roman du XIIe siècle. Coiffée d’une statue en plomb doré de la Vierge Marie. L’œuvre est due au sculpteur Jean-Louis Brian, je crois bien. 4,5 tonnes pour 5,9 mètres de haut. Installation tardive, en 1859, sur un clocher entièrement reconstruit pour supporter le poids. On la voit depuis tout Avignon. À l’intérieur, le mausolée gothique flamboyant du pape Jean XXII (œuvre du sculpteur anglais Hugues Wilfred et de Jean Lavenier) a été relocalisé après les profanations de la Révolution. Je trouve ce détail méconnu. Vous trouverez les vestiges de celui de Benoît XII au Palais des Papes et au Petit Palais. La visite est gratuite. Quinze minutes vous suffisent. Le porche abritait des fresques de Simone Martini, peintre siennois du Trecento. Christ Sauveur et Vierge de l’Humilité. Les œuvres ont été détachées et transférées au Palais des Papes pour préservation, avec leurs sinopie. J’aime ce détail des dessins préparatoires sous-jacents. Vous voyez sur place une nef sobre. Je préfère ainsi. Des proportions harmonieuses. Pas grand-chose à voir, je l’avoue, mais la cohérence du site mérite l’arrêt selon moi.

Les musées d’Avignon, une carte cachée

Voilà l’un des secrets les mieux gardés de la ville, je trouve. On y compte cinq musées municipaux gratuits. Petit Palais. Calvet. Lapidaire. Requien. Palais du Roure. Vous les trouverez ouverts chaque jour sauf le mardi. C’est un avantage rare pour une ville de cette taille, et j’ai mis du temps à comprendre que la plupart des visiteurs passent à côté. Vous, ne faites pas cette erreur.

Le musée du Petit Palais occupe un ancien palais épiscopal du XIVe siècle, juste en face du Palais des Papes. Il abrite la plus grande collection de primitifs italiens en France hors Paris, je vous le rappelle. 327 tableaux issus du fonds Campana. Sublimés par les chefs-d’œuvre de l’École d’Avignon. Vous y trouverez des Botticelli, des Carpaccio, et d’autres signatures qui surprennent. La scénographie est soignée, je l’ai constaté à chaque retour. Une heure vous suffit. C’est probablement l’un des musées les plus sous-cotés de France à mon sens.

Le musée Calvet, rue Joseph Vernet, occupe l’hôtel de Villeneuve-Martignan. Bâti par Jean-Baptiste Franque, joyau de l’architecture classique du XVIIIe siècle. Vous y trouvez beaux-arts et objets d’art. Je le préfère ouvert tôt, vers 10 h, quand la lumière entre franchement. Allez-y. Le musée Lapidaire, qui lui est rattaché, présente des vestiges grecs, romains, gallo-romains. Beaucoup viennent de Vaison-la-Romaine, je le mentionne pour les amateurs. Le tout dans l’ancienne église du collège des Jésuites, datée de 1655. Le musée Requien ravira les naturalistes parmi vous. Fondé par Esprit Requien, ami de Jean-Henri Fabre. Il abrite ses collections de faune et de flore vauclusiennes. Et le 5e herbier de France, plus de 400 000 spécimens. Je l’ai redécouvert récemment, je l’avais sous-estimé. Le musée Vouland, fondation privée, expose des arts décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles. 6 €.

Pour l’art contemporain, je vous oriente vers la Collection Lambert, étendue à l’été 2015 sur les hôtels de Caumont et de Montfaucon. Vous y verrez Sol LeWitt, Cy Twombly, Anselm Kiefer. Entrée à 12 €. Le musée Angladon, plus intime, abrite des œuvres de Cézanne, Degas, Picasso. Et l’un des très rares Van Gogh en exposition permanente en Provence : Wagons de chemin de fer, Arles. 12 € également. Je le mets dans mon top 3 personnel sur la ville. Vous pouvez voir tous les lieux sympas à visiter à Avignon ici.

MuséeSpécialitéTarifDurée
Petit PalaisPrimitifs italiens, École d’AvignonGratuit1 h
Musée CalvetBeaux-arts, objets d’artGratuit1 h
Musée LapidaireVestiges grecs et romainsGratuit30 min
Collection LambertArt contemporain12 €1 h 30
Musée AngladonXIXe-XXe siècle, Van Gogh12 €45 min
Musée VoulandArts décoratifs XVIIe-XVIIIe6 €45 min

Le festival d’Avignon, machine à théâtre

Chaque juillet, la ville change de visage. Le Festival d’Avignon la transforme en scène à ciel ouvert. Vous savez peut-être que Jean Vilar y a fondé « Une Semaine d’Art en Avignon » du 4 au 10 septembre 1947. J’aime rappeler cette date fondatrice. L’événement a été décalé au mois de juillet l’année suivante. Et il est devenu officiellement le Festival d’Avignon dès 1948. Le « In » programme aujourd’hui une quarantaine de spectacles. Cour d’honneur du Palais des Papes. Cloître des Carmes. Cloître des Célestins. Les places pour la Cour d’honneur partent en quelques heures, je l’ai constaté chaque année. Vous devez réserver plusieurs mois à l’avance, sans quoi c’est mort, je vous le dis tout net.

Le « Off » est un autre univers. Initié de manière totalement indépendante en 1966 par André Benedetto et Bertrand Hurault, au Théâtre des Carmes. Plus de 1 600 spectacles s’y jouent chaque jour. Théâtres, caves, cours d’immeubles, et même parfois des camions. On voit les troupes tracter sur chaque trottoir. Les affiches tapissent les murs. La ville vibre du matin jusqu’à tard dans la nuit, je vous laisse imaginer le brassage. Tarif d’entrée à partir de 10 €. Vous trouverez aussi des spectacles gratuits.

Honnêtement ? Le Off, je le préfère au In. C’est plus brut, plus libre, plus chaotique. On y tombe sur le pire et le meilleur dans la même journée. C’est ce qui fait la beauté de l’exercice à mon avis.

La saison culturelle ne se limite pas à juillet, je tiens à vous le rappeler. L’Opéra Grand Avignon, édifice de 1847 entièrement restauré et rouvert en 2021, programme toute l’année. Je vous y ai vu de belles productions récemment. Le Théâtre du Chêne Noir et le Théâtre du Balcon proposent pièces et concerts. Vous compléterez votre calendrier avec le festival Jazz à Avignon ou la Semaine Professionnelle de la Danse. Je vous recommande ces deux rendez-vous discrets.

Gastronomie et marchés provençaux

Direction la place Pie. On y trouve les Halles d’Avignon, LE rendez-vous gourmand du centre. Vous reconnaissez le marché à sa façade. Un mur végétal. Vrai bijou. 30 mètres de long sur 11,5 mètres de haut, signé Patrick Blanc en 2005. Je le mentionne à chaque visite. Une quarantaine de commerçants y vendent fromages, fruits, poissons, charcuteries et spécialités locales. Tous les samedis matin à 11 h, un chef anime « La Petite Cuisine des Halles ». Démonstration culinaire en direct. Gratuit, ouvert à tous. Je vous recommande d’arriver tôt, le créneau se remplit vite. Les Halles ferment en début d’après-midi. La place s’anime à nouveau le soir grâce aux bars du quartier, mais je vous préviens : les marchés nocturnes que certains guides évoquent n’existent pas.

La cuisine avignonnaise emprunte au répertoire provençal. La papaline d’Avignon est la confiserie locale par excellence selon moi. Créée en 1960 par les maîtres pâtissiers du Vaucluse. Elle associe l’historique liqueur d’origan du Comtat à deux fines couches de chocolat rose. Moulé en forme de chardon. Cette liqueur a été conçue par Auguste Blain en 1870, à partir de marjolaine. Je le précise pour les curieux. Vous la goûterez dans les épiceries fines du centre. Le papeton d’aubergine, flan de légumes, tient son nom du provençal papet qui signifie « bouillie » ou « purée ». Je reste sceptique sur la légende moderne d’un moule en forme de tiare papale. Romanesque, mais douteuse historiquement à mon sens. La daube avignonnaise (mouton, vin blanc des Côtes du Rhône, zestes d’orange), la ratatouille, l’aïoli du vendredi, les fromages de chèvre du Ventoux complètent le tableau.

Anecdote pour vous fixer les ordres de grandeur. Un ami a dépensé 95 € par personne dans un restaurant gastronomique étoilé du centre l’an dernier. Il en garde un excellent souvenir. Sa cousine, 22 € par personne dans un petit bistrot de la rue Carreterie, parle de l’un des meilleurs aïolis qu’elle ait mangés. Comme quoi, le rapport qualité-prix tient surtout à la maison choisie, pas à l’étoile au-dessus de la porte. J’ai constaté la même chose à Aix et à Marseille, sur d’autres terrasses. Je vous renvoie à votre flair.

Côté terrasses, je vous oriente vers la rue des Teinturiers et la place des Corps-Saints pour le déjeuner. Les restaurants gastronomiques se concentrent autour de la place de l’Horloge et dans le quartier de la Balance. Pour les amateurs de brocante et de chine, vous filerez à l’Isle-sur-la-Sorgue, à 25 minutes en voiture. Je l’aime même hors saison. Le marché y bat son plein le premier dimanche d’août, c’est l’un des grands rendez-vous de l’été en Provence selon moi.

Les spécialités à goûter à Avignon

La papaline (chocolat rose et liqueur d’origan), le papeton d’aubergine en flan de légumes, la daube avignonnaise mijotée au vin blanc et à l’orange, les berlingots de Carpentras au sirop de fruits confits. Et les fromages de chèvre du Ventoux, l’huile d’olive des Alpilles, la tapenade.

La route des vins, autour d’Avignon

Châteauneuf-du-Pape. 20 minutes en voiture, au nord d’Avignon. L’appellation s’étend en réalité sur cinq communes, je vous le précise. Elle produit des rouges puissants et des blancs élégants, sur une mosaïque de terroirs assez complexe. Galets roulés, oui, c’est l’image d’Épinal. Mais on y trouve aussi grès rouges, safres (les sables locaux), éclats calcaires. L’AOC autorise l’assemblage libre parmi 13 cépages historiques, blancs et rouges confondus. Vous le saviez peut-être : c’est l’une des premières Appellations d’Origine Contrôlée de France, consacrée par le décret du 15 mai 1936 sous l’impulsion du juriste baron Le Roy de Boiseaumarié. Plusieurs domaines accueillent les visiteurs sur réservation. Dégustation gratuite la plupart du temps. Je vous suggère trois noms de référence : Château La Nerthe, Domaine du Vieux Télégraphe, Clos des Papes.

Avignon est capitale des vins des Côtes du Rhône depuis 1996. L’appellation couvre un territoire immense, je le rappelle. Vacqueyras, Gigondas, Tavel, Lirac : vous visitez tout cela en une journée depuis Avignon. Vous goûterez à Gigondas des rouges puissants et épicés. Les rosés de Tavel, seule AOC rhodanienne dédiée exclusivement au rosé, comptent parmi les meilleurs de France à mon goût. Je les sers volontiers à mes invités l’été. Le Carré du Palais, dans les murs de l’ancienne Banque de France sur la place du Palais des Papes, abrite l’École des Vins du Rhône. Tarifs de dégustation accessibles. Initiation aux accords mets-vins, ateliers d’assemblage. C’est l’adresse à connaître si vous voulez goûter sans bouger du centre, je vous le confirme.

La route des vins se parcourt aussi à vélo électrique, je le recommande. On trouve plusieurs prestataires en location à la journée. Le relief plat entre Avignon et Châteauneuf vous laisse une balade accessible aux familles. En automne, je trouve les vignes dorées plus belles que celles de l’été. Et il y a beaucoup moins de monde, croyez-moi.

Les excursions autour d’Avignon

Avignon est un camp de base, je l’affirme sans hésiter. Carrefour du Vaucluse, du Gard, des Bouches-du-Rhône. Depuis ici, on rayonne sur une grande partie de la Provence sans changer d’hôtel. C’est l’un des arguments forts de la ville à mon avis.

DestinationDistanceTrajetÀ voir
Pont du Gard25 km30 minAqueduc romain, baignade dans le Gardon
Villeneuve-lès-Avignon3 km10 minFort Saint-André, Chartreuse
Isle-sur-la-Sorgue23 km25 min3e pôle européen de la brocante
Châteauneuf-du-Pape18 km20 minVignobles, ruines du château
Gordes et le Luberon40 km45 minVillage perché, abbaye de Sénanque
Arles38 km40 minAmphithéâtre romain, fondation Van Gogh
Saint-Rémy-de-Provence20 km25 minSite de Glanum, marché provençal

Le Pont du Gard mérite une demi-journée pleine selon moi. Bâti au Ier siècle, vers 50 apr. J.-C. Cet aqueduc romain à trois niveaux d’arches culmine à 48,77 mètres exactement. Pente moyenne exceptionnelle de 34 centimètres par kilomètre sur l’ensemble de son tracé, je trouve ce chiffre stupéfiant. C’est, à ma connaissance, le pont-aqueduc antique le plus haut au monde. Vous y trouvez un musée et des sentiers. Je vous conseille la rive gauche pour photographier. En été, le Gardon offre des zones de baignade surveillées. L’accès au site naturel est gratuit. Stationnement à 9 € par véhicule. L’entrée du musée nécessite un billet supplémentaire, je vous le précise.

Villeneuve-lès-Avignon tient à dix minutes du centre. Le Fort Saint-André offre l’un des plus beaux panoramas sur la cité des Papes, vous verrez. La Chartreuse du Val de Bénédiction, fondée en 1356, est aujourd’hui le plus vaste monastère cartusien de France. Devenue centre culturel, elle vaut le détour pour ses jardins et son cloître. Je vous recommande la visite en fin d’après-midi pour la lumière. Des résidences d’artistes y animent les lieux en été. Et puis Villeneuve a un autre atout : les hébergements y coûtent 20 à 30 % de moins qu’à Avignon. À méditer si vous venez en juillet, j’y reviendrai plus loin.

Les villages du Luberon tiennent à moins d’une heure. On connaît Gordes, Roussillon, Bonnieux, Ménerbes. Ils attirent les visiteurs toute l’année, j’en croise des bus entiers en juillet. La lavande fleurit de mi-juin à mi-août. Pic de couleur autour du 14 juillet, à plus ou moins quelques jours selon l’année. L’abbaye de Sénanque, bordée de lavande, est l’un des paysages les plus photographiés de Provence. Je vous y aurais souhaité du calme. Vous y serez rarement seuls, je vous préviens.

Activités en plein air et loisirs

L’île de la Barthelasse est l’une des plus grandes îles fluviales de France. On la dit dépassée par l’île de Chalonnes-sur-Loire, mais l’écart est mince. Vous y êtes en cinq minutes à pied du centre. Un bac gratuit assure la traversée depuis le pied du Rocher des Doms. La physionomie actuelle de l’île résulte de vastes travaux d’endiguement au XIXe siècle, je le rappelle pour les amateurs d’histoire fluviale. Plusieurs îlots ont été unifiés. La Barthelasse forme avec sa voisine, l’île Piot, un vaste espace insulaire séparé physiquement par le Bras des Mourgues. À vélo ou à pied. Sentiers ombragés. Je vous recommande la vue sur les remparts depuis la rive opposée. C’est l’une des plus belles cartes postales d’Avignon. C’est aussi une zone inondable qui protège la cité, donc un terrain protégé du bétonnage.

Les croisières sur le Rhône offrent un autre angle. Vous partez pour des sorties d’une heure depuis les allées de l’Oulle. Excursions à la journée vers Châteauneuf-du-Pape ou Arles. En été, je vous recommande les formules apéro-croisière au coucher du soleil. J’aime celle-là. Combien ? Le tarif tourne autour de 18 à 25 € pour la sortie courte selon la formule. Vous y êtes pour rien si vous comparez à une visite guidée classique.

Le réseau Vélopop’ met 300 vélos à assistance électrique en libre-service sur 30 stations. Pratique. Pass journée à quelques euros. On roule sans transpirer. La plaine autour d’Avignon est plate, je vous le confirme. Vous pédalerez sans souffrir. La Via Rhôna (l’EuroVelo 17) longe le fleuve. Elle se connecte à la Voie Verte du Pont du Gard pour ceux d’entre vous qui veulent pédaler plus loin. Je l’ai faite l’an dernier, je vous la recommande sur trois jours.

Le paddle et le kayak se pratiquent depuis la Barthelasse. Quelques prestataires proposent des sorties encadrées. L’itinéraire passe sous les arches du pont d’Avignon, je vous laisse imaginer le cadre. Vue unique sur le monument depuis l’eau. Pour la baignade, je vous oriente vers le Plan d’eau des Salettes (45 minutes en voiture) ou le Pont du Gard, où le Gardon offre des zones surveillées en été.

Pour les amateurs de marche, le Chemin Urbain V (GR 670) s’achève à Avignon en provenance de la Lozère. Itinéraire historique balisé que j’ai parcouru en partie il y a deux ans. Vous pourrez piocher dans le plateau des Vignerons à Roquemaure ou dans les sentiers des canaux. Terrain plat dans la plaine, ce qui convient aux familles avec enfants en bas âge.

Avignon en famille et par temps de pluie

La cité des Papes se prête bien aux visites en famille, je le dis aux parents que je croise. L’Histopad du Palais captive vos enfants grâce à la réalité augmentée. On y trouve aussi des chasses au trésor thématiques pendant les vacances scolaires. Le Rocher des Doms, avec ses cygnes, sa buvette, ses allées ombragées, offre la pause verte que vous chercherez après deux heures de visite serrée.

Quand il pleut, votre stratégie change. Je passe par les musées gratuits en priorité, ce sont des refuges idéaux. Le Petit Palais et ses tableaux colorés de la Renaissance retiennent l’attention des enfants. Les escape games se sont multipliés dans le centre. Plusieurs salles thématiques accueillent les joueurs dès 10 ans. Je vous recommande aussi le cinéma Utopia rien que pour le cadre. Il est installé dans les bâtiments de La Manutention, édifiée au-dessus d’un ancien gouffre militaire aménagé en 1860 à flanc de rocher. Atypique, attachant, à mille lieues des multiplexes selon moi.

Les familles motorisées apprécient le Rocher Mistral. Parc à thème dédié à la Provence, installé dans le château de La Barben. On y est en une cinquantaine de minutes depuis Avignon. Spectacles, parcours immersifs, animations pour enfants remplissent une journée entière, je vous le promets. La saison 2026 s’annonce riche, avec un carnaval provençal à l’ouverture en avril.

Informations pratiques

Comment venir

Avignon dispose de deux gares. La gare TGV, inaugurée en 2001 sur la presqu’île technopolitaine de Courtine, vous met à 2 h 40 de Paris, 1 h 10 de Lyon, 35 minutes de Marseille. Je vous recommande le TGV. La gare centre, au pied des remparts, dessert les lignes régionales. Une navette ferroviaire surnommée « la Virgule » vous connecte les deux gares en 5 minutes. Pratique, rapide, jamais en retard à mon expérience. Je l’utilise systématiquement.

En voiture, l’autoroute A7 dessert directement la ville. Le parking du Palais des Papes, souterrain et central, coûte environ 2 € par heure. Le parking relais Île Piot est gratuit, navette comprise vers le centre. Mon conseil : à privilégier en été, on économise 15 à 25 € par jour. L’aéroport d’Avignon-Provence, à 10 km dans le quartier de Montfavet, est aujourd’hui dédié exclusivement à l’aviation d’affaires, je vous évite la confusion. Pas de lignes commerciales. Pour atterrir avec une compagnie classique, vous viserez Marseille-Provence (1 h 15 en voiture) ou Nîmes-Garons (45 minutes).

La meilleure période pour visiter Avignon

Le printemps reste, à mon avis, la saison idéale pour vous. Avril à juin. Vous y trouverez températures douces, foule raisonnable, jardins en fleurs. L’automne (septembre-octobre) offre les mêmes avantages, avec les couleurs des vendanges en prime. Je le préfère même au printemps pour la lumière. Mon mois favori : octobre.

L’été ? Chaud. Très chaud. 35 à 38 °C en pic en juillet et août, parfois plus, parfois moins selon les années. C’est aussi la période du festival, donc la plus animée. Vous aurez les rues pleines du matin au soir. Je vous décourage si vous craignez la canicule. L’hiver est calme et lumineux, je trouve. Le mistral souffle régulièrement. On accède aux musées sans queue. Et les prix d’hébergement baissent de 25 à 40 %, je le confirme à chaque retour de janvier.

Combien de temps rester

Combien ? Deux jours pour les essentiels. Trois jours pour respirer, ajouter un musée, glisser une excursion. En juillet, je vous suggère quatre à cinq jours, sinon vous passez à côté. Je vous le dis franchement : la programmation du festival est trop dense pour être saisie en un week-end.

Où dormir

Le meilleur choix, à mon sens : loger intra-muros. Vous serez le mieux placés autour de la place de l’Horloge et du quartier de la Balance. Tout se fait à pied depuis ces adresses. Je le rappelle. Le quartier des Teinturiers offre un cadre charmant et pittoresque. Je le préfère hors juillet. Il est aussi le cœur battant du Off en juillet, et très bruyant… à vous de choisir en connaissance de cause. Vous y trouverez des hôtels logés dans d’anciennes maisons de ville. Du caractère, pour rester poli.

Les budgets serrés iront à Villeneuve-lès-Avignon. Sur l’autre rive du Rhône, à dix minutes en voiture. 20 à 30 % moins cher, je l’ai vérifié sur trois saisons. En juillet, les prix grimpent partout. Mon conseil : réservation trois mois à l’avance pour éviter les mauvaises surprises. Je vous suggère les locations saisonnières (appartements meublés) pour les séjours de trois jours et plus, surtout en famille.

Le Citypass Avignon

Le Citypass (Avignon City Pass 24h ou 48h) démarre à 35 €. Il vous ouvre l’accès au Palais des Papes, au Pont d’Avignon et à plusieurs musées payants. On profite aussi de réductions sur les visites guidées et le stationnement, je vous le confirme. L’office de tourisme annonce plus de 57 € d’économies potentielles. Rentable ? Oui, dès deux visites payantes additionnées à mon estimation. Je le conseille aux séjours courts.

Récapitulatif pratique
Durée idéale : 2 à 3 jours, 4-5 jours en juillet Budget moyen / jour : 60 à 100 € hors hébergement haut de gamme Meilleure période : mai-juin et septembre-octobre Se déplacer : à pied dans le centre, Vélopop’ pour les alentours Office de tourisme : 41 cours Jean Jaurès, 84000 Avignon

Questions fréquentes

Que faire à Avignon gratuitement ?

Les cinq musées municipaux sont gratuits, je le rappelle pour vos calculs. Petit Palais, Calvet, Lapidaire, Requien, Palais du Roure. Le Rocher des Doms, les remparts, la cathédrale et la balade dans la vieille ville ne vous coûtent rien. Vous rejoignez l’île de la Barthelasse par un bac gratuit. En juillet, vous trouverez de nombreux spectacles du Off en accès libre. Vous pouvez monter une journée complète à zéro euro, je l’ai testé.

Que faire à Avignon quand il pleut ?

Vous visitez le Palais et ses 15 000 m² à l’abri. Je vous oriente vers les musées gratuits (Petit Palais, Calvet) pour une demi-journée chacun. La Collection Lambert, le musée Vouland et le musée Angladon sont des alternatives payantes de bonne tenue. Les Halles d’Avignon, couvertes, vous permettent de passer un bon moment au sec. Je vous recommande aussi les escape games et le cinéma Utopia.

Que faire à Avignon en juillet ?

Le Festival d’Avignon bat son plein, je vous le rappelle. Le « In » et le « Off » se déploient simultanément. Plus de 1 600 spectacles par jour pour le seul Off. La ville est saturée. Vous trouverez les hébergements complets tôt en saison. Mon conseil : réservation trois à six mois à l’avance pour les logements et pour les spectacles phares du In.

Combien de jours pour visiter Avignon ?

Deux jours vous couvrent le Palais des Papes, le Pont, la vieille ville, un musée et les Halles. Trois jours ajoutent une excursion (Pont du Gard, Luberon ou Châteauneuf-du-Pape). En période de festival, je vous suggère quatre jours minimum pour profiter confortablement.

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