Cordillère des Andes

Les villes les moins chères d’Amérique du Sud pour des vacances inoubliables

par Marc

L’Amérique du Sud reste l’un des continents les plus accessibles financièrement pour les voyageurs français. Un repas complet pour 2 à 5 euros, des nuits en auberge à moins de 10 euros, des paysages qui rivalisent avec les plus beaux du monde : le rapport qualité-prix y est sans équivalent. Encore faut-il savoir où poser ses valises. Car entre la Bolivie et le Chili, entre Quito et Buenos Aires, les écarts de budget vont du simple au triple.

Ce guide passe en revue les villes les moins chères d’Amérique du Sud, avec des budgets détaillés, des conseils concrets et tout ce qu’il faut pour organiser un voyage sans mauvaise surprise.

Pourquoi l’Amérique du Sud est une destination si abordable

Le premier facteur, c’est le taux de change. L’euro se porte bien face à la plupart des monnaies sud-américaines, du sol péruvien au peso colombien en passant par le boliviano. Concrètement, un budget de 30 euros par jour suffit à vivre confortablement dans plusieurs pays du continent, hébergement, repas et transports compris. Essayez d’en faire autant en Europe.

L’autre raison, c’est le coût de la vie local. Dans des pays comme la Bolivie, le Paraguay ou l’Équateur, les prix sont calibrés pour des économies où le salaire moyen tourne autour de 300 à 500 euros mensuels. Les voyageurs européens bénéficient mécaniquement de ce différentiel, sans avoir à rogner sur le confort.

La concurrence entre compagnies aériennes a aussi fait baisser le prix d’accès au continent. Là où un aller-retour Paris-Lima coûtait 1 200 euros il y a dix ans, on trouve régulièrement des vols entre 500 et 800 euros en réservant quelques mois à l’avance. Les compagnies comme LATAM, Avianca ou Air Europa proposent des tarifs compétitifs, et les escales à Madrid ou Bogota permettent souvent de grappiller 100 à 200 euros sur le prix final.

Les pays les moins chers : un classement pour y voir clair

Tous les pays d’Amérique du Sud ne se valent pas côté portefeuille. Voici un classement basé sur le budget moyen quotidien d’un voyageur (hébergement en auberge ou hôtel économique, trois repas, transports locaux et une activité) :

PaysBudget/jourHébergementRepasNiveau de prix
Bolivie20-25 €6-15 €2-5 €Très bon marché
Paraguay22-28 €8-15 €3-5 €Très bon marché
Équateur25-30 €6-20 €2-5 €Très bon marché
Pérou25-35 €8-25 €3-6 €Abordable
Colombie28-40 €8-25 €3-8 €Abordable
Argentine30-50 €10-30 €4-10 €Abordable
Brésil35-55 €12-35 €5-12 €Modéré
Chili40-60 €15-40 €6-15 €Modéré
Uruguay40-65 €15-40 €7-15 €Plus cher

La Bolivie domine ce classement depuis des années. Un voyageur qui fait attention peut y vivre avec moins de 20 euros par jour. Le Paraguay, souvent ignoré des circuits touristiques, offre un rapport qualité-prix similaire avec l’avantage d’être bien moins fréquenté. L’Équateur, lui, combine des prix plancher avec une variété de paysages qui va de l’Amazonie aux volcans andins en passant par la côte Pacifique.

À l’autre bout du spectre, le Chili et l’Uruguay pratiquent des tarifs proches des standards européens, surtout dans les grandes villes et les zones touristiques. L’Argentine est un cas à part : l’inflation chronique fait fluctuer les prix d’un mois à l’autre, mais le différentiel entre le taux de change officiel et le taux parallèle (le fameux « dollar blue ») peut jouer en faveur des voyageurs avertis.

La Paz, Bolivie : la ville la moins chère du continent

Perchée à 3 640 mètres d’altitude, La Paz est la capitale administrative la plus haute du monde. C’est aussi la ville où votre argent ira le plus loin en Amérique du Sud. Un lit en dortoir se trouve à partir de 5 euros la nuit. Une chambre double correcte coûte entre 12 et 20 euros. Un almuerzo (le menu du midi, soupe + plat + boisson) revient à 1,50 euro dans les marchés populaires.

La ville elle-même offre un spectacle permanent. Le téléphérique urbain, inauguré en 2014, relie les différents quartiers en surplombant la cuvette où s’entasse La Paz, avec la Cordillère en toile de fond. Le ticket coûte 0,40 euro. Le marché des Sorcières, dans le quartier colonial, vend des amulettes, des fœtus de lamas séchés et des potions en tout genre. Gratuit, dépaysant, un peu déstabilisant.

Côté gastronomie, ne passez pas à côté des salteñas, ces chaussons de pâte farcis de viande en sauce, vendus le matin dans toutes les rues pour moins de 0,50 euro. Les anticuchos (brochettes de cœur de bœuf) se trouvent le soir sur les stands de rue pour un euro. La cuisine bolivienne est généreuse, épicée et ridiculement bon marché.

Depuis La Paz, le Salar de Uyuni (le plus grand désert de sel au monde) est accessible en bus ou via une excursion organisée de trois jours. Comptez entre 80 et 150 euros tout compris pour cette expédition, repas et hébergement inclus. C’est l’un des meilleurs rapports qualité-prix pour une excursion de cette envergure sur le continent.

Budget type à La Paz
Auberge (dortoir)5-8 €/nuit
Hôtel (chambre double)12-20 €/nuit
Repas marché1,50-3 €
Restaurant correct4-7 €
Transport urbain0,20-0,40 €
Budget journalier18-28 €

Sucre, Bolivie : le charme colonial à prix doux

Capitale constitutionnelle de la Bolivie, Sucre est souvent éclipsée par La Paz. C’est pourtant l’une des plus belles villes du continent. Ses façades blanches, ses places ombragées et son climat doux (2 800 mètres d’altitude, bien plus respirable que La Paz) en font un lieu où l’on pose volontiers son sac quelques jours de plus que prévu.

Les prix y sont encore plus bas qu’à La Paz. Un dortoir se négocie autour de 4 euros, une chambre double à 10-15 euros. Le marché central propose des menus complets pour un euro. Sucre est aussi le point de départ idéal pour visiter les empreintes de dinosaures du parc Cal Orcko, une falaise vertigineuse couverte de traces vieilles de 68 millions d’années. L’entrée coûte moins de 3 euros.

La ville attire aussi les voyageurs qui veulent apprendre l’espagnol : les cours particuliers tournent autour de 5 euros de l’heure, soit trois à quatre fois moins qu’en Espagne. Plusieurs écoles de langue accueillent les étrangers pour des séjours d’une semaine à plusieurs mois, avec hébergement en famille d’accueil à partir de 60 euros la semaine, repas inclus.

Quito, Équateur : le patrimoine mondial au meilleur prix

Premier centre historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO (en 1978, avant même Venise ou Prague), Quito offre un décor spectaculaire pour un budget très contenu. La ville s’étire en longueur dans une vallée andine, cernée de volcans dont certains dépassent les 5 000 mètres.

Les dortoirs en auberge démarrent à 6 euros la nuit. Pour une chambre double en hôtel propre et bien situé, comptez 15 à 25 euros. La street food équatorienne est un régal bon marché : les empanadas de verde (plantain frit farci au fromage) coûtent moins de 0,50 euro, un ceviche de crevettes au marché central revient à 2-3 euros, et un almuerzo complet (soupe, plat, jus, dessert) se trouve partout pour 2 euros.

Le centre historique se visite à pied. L’église de la Compañía de Jesús, entièrement recouverte d’or à l’intérieur, est l’un des édifices baroques les plus impressionnants des Amériques. L’entrée coûte 5 euros. La basilique del Voto Nacional, de style néogothique, permet de monter sur le toit pour une vue panoramique sur la ville, moyennant 2 euros.

Quito sert aussi de base pour explorer le reste de l’Équateur. Le bus pour Otavalo et son célèbre marché artisanal coûte 2,50 euros pour deux heures de trajet. La forêt de nuages de Mindo, paradis des ornithologues, est à trois heures de route. Et les îles Galápagos, bien que plus chères, restent accessibles avec des vols intérieurs à partir de 120 euros aller-retour si vous réservez à l’avance.

Budget type à Quito
Auberge (dortoir)6-10 €/nuit
Hôtel (chambre double)15-25 €/nuit
Repas marché1,50-3 €
Restaurant correct4-8 €
Transport urbain0,25 €
Budget journalier22-32 €

Cuenca, Équateur : la douceur de vivre andine

Troisième ville d’Équateur, Cuenca est devenue ces dernières années un repaire d’expatriés nord-américains et européens, attirés par son climat printanier permanent (15-20°C toute l’année), son architecture coloniale préservée et son coût de la vie dérisoire. Un appartement meublé en centre-ville se loue à partir de 300 euros par mois. Pour les voyageurs de passage, les hôtels proposent des chambres doubles à partir de 12 euros.

La gastronomie locale mérite le détour. Le hornado (cochon rôti entier servi avec du maïs grillé et des pommes de terre) est le plat emblématique de la région, disponible dans tous les marchés pour 3 euros. Le cuy (cochon d’Inde rôti) est une spécialité plus aventureuse que vous trouverez dans les restaurants locaux pour 8-10 euros, ce qui en fait l’un des plats « chers » de la cuisine équatorienne.

Cuenca est aussi le point de départ pour le parc national El Cajas, un ensemble de lagunes d’altitude à seulement 40 minutes de bus (1 euro le trajet). L’entrée du parc est gratuite. C’est un des rares endroits où vous pouvez randonner à 4 000 mètres d’altitude sans débourser un centime.

Cusco, Pérou : la porte d’entrée du Machu Picchu

Impossible de parler de villes pas chères en Amérique du Sud sans évoquer Cusco. Ancienne capitale de l’Empire inca, la ville concentre une densité de sites historiques qui justifie à elle seule un voyage au Pérou. Les murs incas, parfaitement ajustés sans mortier, servent de fondation à des églises coloniales espagnoles. Le résultat est un mille-feuille architectural unique.

Le quartier de San Blas, perché sur les hauteurs, regorge d’auberges abordables (8-12 euros le dortoir, 18-30 euros la chambre double). Dans les rues adjacentes à la Plaza de Armas, les restaurants touristiques pratiquent des prix gonflés, mais il suffit de s’éloigner de deux rues pour retrouver les menus du midi à 3-4 euros dans les picanterías locales.

Le lomo saltado (bœuf sauté aux oignons, tomates et frites, influence chinoise oblige) et le ceviche sont les deux plats stars. Sur les marchés, goûtez aussi le rocoto relleno, un piment farci à la viande qui arrache gentiment, pour 2 euros.

Le grand sujet budgétaire à Cusco, c’est le Machu Picchu. L’entrée seule coûte environ 45 euros pour les étrangers. Le train depuis Ollantaytambo (la voie la plus courante) revient à 60-80 euros aller-retour avec PeruRail ou IncaRail. Au total, une excursion au Machu Picchu en autonomie coûte entre 120 et 180 euros par personne. C’est un budget conséquent, mais pour l’une des sept merveilles du monde moderne, le prix reste raisonnable. Astuce : le trek du Salkantay (5 jours) permet d’y arriver à pied pour 150-200 euros tout compris avec un guide, et l’expérience est autrement plus mémorable.

Budget type à Cusco
Auberge (dortoir)8-12 €/nuit
Hôtel (chambre double)18-35 €/nuit
Repas marché2-4 €
Restaurant correct5-10 €
Transport urbain0,30 €
Budget journalier25-38 €

Lima, Pérou : la capitale gastronomique de l’Amérique latine

Lima n’a pas la réputation d’une ville bon marché, et c’est vrai que le quartier touristique de Miraflores affiche des prix supérieurs au reste du Pérou. Pourtant, en sortant des sentiers balisés, la capitale péruvienne offre un rapport qualité-prix remarquable, surtout sur le plan culinaire.

Le quartier de Barranco, bohème et coloré, propose des auberges à 7-10 euros le dortoir. Dans le centre historique, les hôtels affichent des chambres doubles entre 15 et 30 euros. Le vrai trésor de Lima, c’est sa gastronomie. La ville compte plus de restaurants que n’importe quelle autre capitale sud-américaine, et la cuisine péruvienne est considérée comme l’une des meilleures au monde.

Un ceviche au marché de Surquillo coûte 3-4 euros. Un menu exécutif dans un restaurant du centre revient à 3-5 euros, avec soupe, plat principal, boisson et dessert. Et si vous voulez tester un restaurant gastronomique coté (Lima en compte plusieurs dans le classement des 50 meilleurs restaurants du monde), un repas complet revient à 30-50 euros, soit deux à trois fois moins qu’un établissement équivalent à Paris.

La ville possède aussi un patrimoine colonial imposant. La Plaza Mayor, le monastère San Francisco et ses catacombes, le quartier chinois (le plus ancien d’Amérique du Sud) : tout cela se visite en une journée pour moins de 10 euros au total.

Bogotá, Colombie : culture, street art et saveurs à petit prix

Bogotá a longtemps souffert d’une image de ville dangereuse. Cette époque est révolue. La capitale colombienne est devenue une métropole culturelle dynamique, avec un coût de la vie qui reste très accessible pour les Européens.

Le quartier de La Candelaria, le centre historique, concentre les auberges de jeunesse les moins chères (6-10 euros le dortoir). Les chambres doubles en hôtel tournent autour de 15-25 euros. Un almuerzo colombien (soupe, plat de riz/viande/haricots/plantain, jus) coûte 2-3 euros dans les restaurants populaires. L’arepa con queso, galette de maïs garnie de fromage fondu, se vend à tous les coins de rue pour 0,50 euro.

Le Museo del Oro, qui abrite la plus grande collection d’orfèvrerie préhispanique au monde, est gratuit le dimanche. Le Museo Botero, avec ses œuvres de l’artiste colombien et des toiles de Picasso, Dalí et Monet, est gratuit tous les jours. Le quartier de La Candelaria se visite à pied pour découvrir l’un des plus beaux ensembles de street art d’Amérique latine, gratuitement.

Depuis Bogotá, le village colonial de Villa de Leyva est accessible en 4 heures de bus pour 7 euros. La cathédrale de sel de Zipaquirá, creusée à 180 mètres sous terre, se trouve à une heure de la capitale. L’entrée revient à 12 euros, mais l’expérience vaut chaque centime.

Budget type à Bogotá
Auberge (dortoir)6-10 €/nuit
Hôtel (chambre double)15-25 €/nuit
Repas marché2-3 €
Restaurant correct5-10 €
Transport urbain0,60 €
Budget journalier26-38 €

Medellín, Colombie : le printemps éternel à prix abordable

Surnommée la « ville du printemps éternel » grâce à son climat idéal (22-28°C toute l’année), Medellín s’est réinventée de façon spectaculaire. L’ancienne ville de Pablo Escobar est devenue un modèle d’urbanisme et d’innovation sociale, avec son système de métrocâble qui relie les quartiers populaires des collines au centre-ville.

Les prix sont légèrement supérieurs à Bogotá, mais Medellín reste très abordable. Les auberges du quartier de El Poblado (le plus touristique) proposent des dortoirs à 8-12 euros. Ceux qui cherchent l’authenticité préféreront le quartier de Laureles, où les hôtels affichent des chambres doubles à 15-25 euros et où les restaurants locaux servent des bandeja paisa (le plat national colombien, un assortiment gargantuesque de riz, haricots rouges, viande grillée, chicharrón, plantain, avocat et œuf) pour 4-5 euros.

La Comuna 13, ancien quartier le plus dangereux du pays, est aujourd’hui un musée à ciel ouvert recouvert de graffitis monumentaux. La visite guidée (souvent gratuite, sur la base du pourboire) est l’une des expériences les plus marquantes de tout voyage en Colombie.

Asunción, Paraguay : la destination méconnue la moins chère

Le Paraguay ne figure sur presque aucun itinéraire touristique. C’est précisément ce qui en fait une destination intéressante pour les voyageurs à petit budget. Asunción, sa capitale, a été qualifiée de « ville la moins chère du monde » par plusieurs classements internationaux. L’affirmation est discutable, mais les prix donnent le vertige : un hôtel correct en centre-ville coûte 10-15 euros la nuit, un repas complet dans un restaurant local revient à 3-4 euros.

La ville n’a pas le charme colonial de Sucre ou de Quito, mais elle possède un front de mer agréable le long du fleuve Paraguay, un marché municipal animé et quelques musées gratuits. L’intérêt principal du Paraguay réside dans ses alentours : les missions jésuites de Trinidad et Jesús (classées à l’UNESCO), les zones de nature sauvage du Chaco et les chutes de Monday, moins célèbres que celles d’Iguazú mais tout aussi impressionnantes et bien plus tranquilles.

Le guaraní, la monnaie locale, est l’une des plus stables d’Amérique du Sud. Pas de mauvaise surprise au change. Et les Paraguayens, habitués à peu de touristes, accueillent les visiteurs avec une curiosité bienveillante qui change des circuits touristiques rodés du Pérou ou de la Colombie.

Buenos Aires, Argentine : la perle culturelle à budget variable

Buenos Aires est un cas à part dans ce classement. Officiellement plus chère que la Bolivie ou l’Équateur, la capitale argentine offre pourtant un rapport qualité-prix exceptionnel grâce à la situation économique particulière du pays. L’inflation galopante, qui dépasse les 100 % annuels, pousse les prix en pesos vers le haut, mais le taux de change joue en faveur des voyageurs qui arrivent avec des euros.

Résultat : un steak de 400 grammes dans une parrilla du quartier de San Telmo coûte 8-12 euros, accompagné d’un verre de malbec. Un spectacle de tango dans un bar de Palermo revient à 5-10 euros avec une boisson incluse. Les musées nationaux sont gratuits ou à prix symbolique. Le MALBA (Museo de Arte Latinoamericano) coûte 4 euros. Le cimetière de la Recoleta, où repose Eva Perón, est en accès libre.

Côté hébergement, les dortoirs en auberge tournent autour de 8-12 euros, et les hôtels proposent des chambres doubles entre 20 et 40 euros selon le quartier. San Telmo et La Boca offrent les meilleurs tarifs, Palermo et Recoleta sont un cran au-dessus.

Le gros poste de dépense à Buenos Aires, ce sont les transports intérieurs. L’Argentine est un pays immense, et un vol interne vers la Patagonie ou les chutes d’Iguazú coûte entre 80 et 200 euros. Les bus de nuit, très confortables (les fameux « cama suites » avec sièges inclinables à 180°), constituent une alternative à 30-60 euros selon la distance.

Budget type à Buenos Aires
Auberge (dortoir)8-12 €/nuit
Hôtel (chambre double)20-40 €/nuit
Repas marché3-5 €
Restaurant correct6-12 €
Transport urbain0,30 €
Budget journalier32-50 €

São Paulo, Brésil : la mégalopole culturelle sous-estimée

São Paulo n’est pas la ville la moins chère de ce classement, mais elle reste bien plus abordable que la plupart des grandes métropoles mondiales. La plus grande ville d’Amérique du Sud (12 millions d’habitants, 22 millions avec l’agglomération) possède une scène culturelle et gastronomique qui n’a rien à envier à New York ou Londres.

Les auberges du quartier de Vila Madalena proposent des dortoirs à 10-15 euros. Les hôtels en centre-ville affichent des chambres doubles entre 20 et 35 euros. La street food brésilienne est un monde en soi : les coxinhas (croquettes de poulet en forme de goutte) coûtent 1 euro, les pão de queijo (petits pains au fromage) se vendent par sachet de dix pour 2 euros, et un repas « por quilo » (buffet au poids) revient à 5-7 euros pour un déjeuner copieux.

Le Museu de Arte de São Paulo (MASP), reconnaissable à sa structure suspendue rouge, abrite la plus importante collection d’art européen de l’hémisphère sud. L’entrée est gratuite le mardi. La Pinacoteca do Estado, le plus ancien musée de la ville, coûte 3 euros. Le parc Ibirapuera, poumon vert de São Paulo, est gratuit et idéal pour une journée de détente entre deux visites.

La Paz

Voyager pas cher en Amérique du Sud : les conseils qui font la différence

Trouver des vols abordables depuis la France

Les tarifs les plus bas se trouvent généralement sur les vols avec une escale à Madrid, Lisbonne ou Bogotá. Air Europa, Iberia et Avianca proposent régulièrement des promotions entre 450 et 700 euros aller-retour vers Lima, Bogotá ou Quito. Les vols directs Air France vers Lima ou São Paulo sont plus chers (800-1 200 euros), mais le gain de temps peut justifier le surcoût pour les voyages courts.

Réservez entre 2 et 4 mois à l’avance pour obtenir les meilleurs tarifs. Les mois de mars, avril, mai et novembre sont souvent les moins chers. Évitez les vacances scolaires françaises (juillet-août, Noël), où les prix doublent. Autre astuce : les vols « multi-destinations » (arriver à Lima, repartir de Bogotá par exemple) coûtent parfois moins cher que les aller-retour classiques et permettent de visiter plusieurs pays sans rebrousser chemin.

Se déplacer entre les villes

Le bus reste le moyen de transport roi en Amérique du Sud. Les compagnies longue distance offrent un confort surprenant, avec des sièges inclinables, des repas servis à bord et parfois le wifi. Les prix tournent autour de 1 euro par heure de trajet dans les pays les moins chers (Bolivie, Équateur, Pérou). En Argentine et au Brésil, comptez plutôt 2-3 euros de l’heure.

Pour les longues distances, les vols intérieurs deviennent compétitifs. Les compagnies low-cost comme Viva Air (Colombie/Pérou), JetSmart (Argentine/Chili) et SKY Airline (Chili/Pérou) proposent des tarifs à partir de 20-40 euros pour des vols internes si vous réservez tôt et voyagez léger (bagage cabine uniquement).

Manger local pour dépenser moins

La règle d’or, partout en Amérique du Sud : suivez les locaux. Les marchés municipaux et les restaurants populaires qui servent le menu del día (menu du jour) offrent des repas complets pour 2-5 euros dans la plupart des pays. Ces menus incluent généralement une soupe, un plat principal copieux, une boisson et parfois un dessert.

La street food est l’autre pilier du voyage économique. Chaque pays a ses spécialités de rue : les empanadas en Argentine et en Colombie (0,50-1 euro), les anticuchos au Pérou (1 euro), les humitas en Bolivie (0,50 euro), les arepas en Colombie et au Venezuela (0,50-1 euro). Mangez comme les locaux mangent, aux heures auxquelles ils mangent, et votre budget nourriture restera sous les 10 euros par jour sans aucune privation.

Choisir le bon hébergement

Les auberges de jeunesse restent l’option la plus économique, avec des dortoirs entre 5 et 15 euros selon le pays et la ville. Pour les couples ou ceux qui veulent plus d’intimité, les hospedajes et les hôtels familiaux offrent des chambres doubles à 12-30 euros, souvent avec petit-déjeuner inclus.

Pour les séjours de plus d’une semaine dans une même ville, la location d’appartement sur les plateformes en ligne devient très rentable. À Cuenca, Sucre ou Asunción, un studio meublé se loue à partir de 250-350 euros par mois. À Lima ou Bogotá, comptez 400-600 euros. Ce calcul change radicalement l’équation pour les voyageurs au long cours ou les nomades numériques.

Visa, sécurité et meilleure période

Les ressortissants français n’ont besoin d’aucun visa pour la plupart des pays d’Amérique du Sud dans le cadre de séjours touristiques. La Bolivie accorde 30 jours à l’arrivée (prolongeables), le Pérou et la Colombie offrent 90 jours, l’Argentine et le Brésil également. Seul le Suriname exige un visa payant.

Côté sécurité, le bon sens suffit dans l’immense majorité des cas. Évitez de vous promener avec des objets de valeur visibles, privilégiez les taxis officiels ou les applications de VTC la nuit, et renseignez-vous sur les quartiers à éviter dans chaque ville. Les zones touristiques des grandes villes (Miraflores à Lima, La Candelaria à Bogotá, San Telmo à Buenos Aires) sont globalement sûres.

La meilleure période pour voyager dépend des pays visés. La saison sèche (mai à octobre) est idéale pour la Bolivie, le Pérou et l’Équateur andin. L’été austral (décembre à mars) convient mieux à l’Argentine, au Chili et au sud du Brésil. La Colombie et l’Équateur côtier se visitent toute l’année, avec une préférence pour les mois de juin à septembre où les prix sont les plus bas et l’affluence touristique moindre.

Combien coûte un voyage de deux semaines en Amérique du Sud

Pour donner une idée concrète, voici ce que représente un voyage de 14 jours selon trois profils de budget, en prenant comme base un circuit La Paz – Cusco – Lima :

Poste de dépenseBudget serréBudget confortBudget large
Vol A/R depuis Paris550 €750 €1 100 €
Hébergement (14 nuits)100 €280 €560 €
Nourriture (14 jours)85 €170 €350 €
Transports locaux50 €100 €200 €
Activités et entrées60 €150 €300 €
Total845 €1 450 €2 510 €

Avec un budget serré de 850 euros pour deux semaines (vol compris), l’Amérique du Sud est accessible à quasiment tout le monde. Le budget confort, autour de 1 500 euros, permet de se faire plaisir sans compter chaque centime.

Les plats à goûter absolument (et leur prix)

La cuisine sud-américaine est l’un des arguments les plus convaincants pour ce continent. Voici les spécialités locales qui valent le détour, classées par pays :

En Bolivie, commencez par les salteñas le matin (chaussons de viande en sauce, 0,50 euro), poursuivez avec un pique macho le midi (un plat de viande, frites et saucisses épicées pour 3 euros) et terminez la journée avec des anticuchos sur un stand de rue (1 euro les trois brochettes). Le silpancho, un steak pané servi sur du riz avec un œuf au plat, est le repas de base des travailleurs boliviens : copieux, savoureux, 2 euros.

Au Pérou, le ceviche est roi. Ce poisson cru mariné dans le jus de citron vert, servi avec du maïs grillé et de la patate douce, coûte entre 3 et 6 euros selon l’endroit. Le lomo saltado (bœuf sauté à l’asiatique, un héritage de l’immigration chinoise) se trouve partout pour 4-5 euros. Goûtez aussi le ají de gallina, une crème de poulet aux noix et au piment jaune, servie avec du riz : 3 euros dans les restaurants locaux.

En Colombie, l’arepa con queso accompagne chaque repas (0,50 euro). La bandeja paisa est un défi en soi : riz, haricots rouges, viande grillée, chicharrón, plantain frit, avocat, œuf et arepa, le tout dans une même assiette pour 4-5 euros. Et le café colombien, servi dans les petites tiendas de café, coûte entre 0,30 et 0,80 euro la tasse. Probablement le meilleur café au monde à ce prix.

En Argentine, l’asado (barbecue) est une institution. Une parrillada pour deux dans un restaurant de quartier revient à 15-20 euros, vin compris. Les empanadas (1 euro pièce) font un déjeuner rapide et roboratif. Et le dulce de leche, cette confiture de lait caramélisée, se retrouve dans tous les desserts, des alfajores (biscuits fourrés, 0,50 euro) aux glaces artisanales (2 euros la boule).

Voyager au long cours : l’Amérique du Sud pour les nomades numériques

L’Amérique du Sud attire de plus en plus de travailleurs à distance et de nomades numériques. Le décalage horaire modéré avec l’Europe (4 à 6 heures selon les pays), le coût de la vie bas et la qualité du wifi dans les grandes villes en font une base de travail viable.

Medellín est devenue la capitale officieuse des nomades numériques en Amérique du Sud. Les espaces de coworking y coûtent entre 80 et 150 euros par mois, un appartement meublé dans le quartier de Laureles se loue à 400-600 euros, et le coût de la vie total (logement, nourriture, transports, loisirs) tourne autour de 800-1 200 euros mensuels. À titre de comparaison, un mode de vie équivalent à Paris coûterait 2 500 à 3 500 euros.

Cuenca en Équateur, Sucre en Bolivie et Arequipa au Pérou offrent des conditions similaires pour un budget encore plus réduit : 500 à 800 euros par mois suffisent pour vivre confortablement. La Colombie et le Pérou proposent des visas spéciaux pour nomades numériques, valables 1 à 2 ans, qui simplifient les formalités pour les séjours prolongés.

Pour ceux qui envisagent un tour de plusieurs mois, le budget mensuel moyen d’un voyageur en mode sac à dos tourne autour de 600-900 euros en se concentrant sur les pays les moins chers (Bolivie, Équateur, Pérou, Colombie). En incluant l’Argentine et le Brésil, comptez 900-1 300 euros mensuels. Des chiffres qui restent très en dessous de ce qu’exigent l’Asie du Sud-Est touristique (Thaïlande, Bali) ou l’Europe de l’Est.

L’Amérique du Sud reste, en 2025, le continent qui offre le meilleur compromis entre dépaysement, richesse culturelle et accessibilité financière. Que vous partiez deux semaines ou six mois, que vous voyagiez en mode routard ou en confort modéré, les villes listées dans ce guide vous permettront de vivre des expériences exceptionnelles sans mettre votre compte en banque à genoux. Commencez par la Bolivie ou l’Équateur si le budget est votre priorité, ajoutez le Pérou pour le patrimoine et la gastronomie, et gardez la Colombie et l’Argentine pour les voyageurs qui veulent un peu plus de confort sans exploser les compteurs.