Bruxelles

Conseils pour organiser un week-end en couple à Bruxelles avec un budget limité

par Marc

Bruxelles en couple, c’est une affaire de petits riens. Une lumière dorée qui glisse sur les pavés du Sablon en fin d’après-midi, l’odeur du chocolat qui sort d’une boutique des Galeries Saint-Hubert, le grain d’une gaufre encore chaude partagée à deux sur les marches du Mont des Arts. La capitale belge se traverse en deux jours sans courir, à pied le plus souvent, le nez en l’air. Voici comment construire un week-end à Bruxelles en couple qui respire. Prévoyez un budget d’environ 190 à 410 € pour deux.

Un itinéraire de deux jours pensé pour les amoureux

Le centre historique tient dans un mouchoir de poche. On marche, on flâne, on se perd dans les ruelles. Cet itinéraire mélange grands classiques et coins plus discrets, avec assez de pauses pour ne pas finir épuisé.

Jour 1 : centre historique, Sablon, Mont des Arts

Le matin commence sur la Grand-Place, que Jean Cocteau qualifiait de plus beau théâtre du monde. Un café en terrasse, le temps d’admirer les dorures des maisons des corporations (guildes). Direction ensuite les Galeries Royales Saint-Hubert, inaugurées en 1847 : l’une des plus anciennes galeries couvertes d’Europe, avec ses lanternes, ses chocolatiers haut de gamme et son atmosphère hors du temps.

À midi, l’Îlot Sacré et ses estaminets servent les classiques : moules-frites, carbonnades flamandes à la bière, stoemp. Les frites de référence se trouvent un peu plus loin, au célèbre fritkot Tabora, rue Tabora, à côté de la Bourse. L’après-midi mène au Sablon, quartier des antiquaires et des chocolatiers, Pierre Marcolini et Wittamer en tête. Le Petit Sablon, juste en face, offre un jardin minuscule entouré de 48 statuettes de bronze symbolisant les anciennes corporations, parfait pour souffler.

Fin de journée au Mont des Arts. Son jardin suspendu et son esplanade panoramique embrassent la ville au coucher du soleil. Plus au sud, la Place Poelaert, devant l’immense Palais de Justice, offre la même magie avec une ambiance animée en prime.

Jour 2 : Ixelles, Châtelain, Atomium

Petit-déjeuner sur la Place Flagey, animée par son marché du week-end, puis balade autour des étangs d’Ixelles et des jardins cisterciens en terrasses de l’Abbaye de la Cambre. Le quartier du Châtelain enchaîne avec ses boutiques indépendantes, ses cafés et ses façades Art nouveau signées Hankar. Le Musée Horta se situe à Saint-Gilles, juste à côté. La maison-atelier de l’architecte raconte ce mouvement né à Bruxelles à la fin du XIXe siècle.

L’après-midi appartient au plateau du Heysel (à Laeken) : l’Atomium, construit pour l’Exposition universelle de 1958, et le parc Mini-Europe juste à côté. Pour les amateurs d’architecture, la Villa Empain, siège de la Fondation Boghossian et trésor Art déco, mérite le déplacement vers le Bois de la Cambre.

Itinéraire visuel des deux jours

CréneauÉtapeCoût indicatif
Sam. matinGrand-Place + Galeries Saint-HubertGratuit + cafés 8 €
Sam. midiDéjeuner typique (Îlot Sacré)45 à 60 € à deux
Sam. apremSablon + Petit SablonGratuit
Sam. soirMont des Arts + dîner80 à 100 €
Dim. matinÉtangs d’Ixelles + ChâtelainGratuit + brunch 55 €
Dim. apremAtomium ou Musée Horta13 à 18 € par personne

Les activités romantiques qui font la différence

Bruxelles ne joue pas dans la cour de Venise ou Prague, et c’est tant mieux. Le romantisme s’y trouve par petites touches, presque par hasard.

Le gisant d’Éverard t’Serclaes, sous les arcades de la Maison de l’Étoile sur la Grand-Place, se caresse pour faire un vœu ou garantir un retour à Bruxelles : le laiton est poli par des décennies de mains croyantes. Plus excentré, le Musée de la Médecine (sur le campus Érasme à Anderlecht), rassemble cinq cents objets autour de la symbolique du cœur, collectés par le cardiologue Boyadjian. Drôle, touchant, méconnu.

Pour une scène à deux qui restera, mieux vaut viser le Chalet Robinson : ce restaurant posé sur une île au cœur du Bois de la Cambre, accessible uniquement par un petit bac électrique, joue dans la catégorie « dîner dont on se souvient ». Réservation indispensable. Côté soirée, le Delirium Café se cache dans l’impasse de la Fidélité. Sa carte record de 3 000 bières fait partie du folklore. Plus intime, L’Archiduc, mythique bar Art déco de la rue Antoine Dansaert, propose une programmation jazz incontournable.

Une balade en barque de location sur le lac du Bois de la Cambre, en fin d’après-midi, et l’affaire est pliée. Et au printemps (généralement de fin avril à début mai), les Serres royales de Laeken n’ouvrent que trois semaines par an : il faut réserver des semaines à l’avance, mais le chef-d’œuvre de fer et de verre imaginé par Alphonse Balat reste l’une des plus belles surprises romantiques de Bruxelles.

Les quartiers où poser ses valises et flâner

Le quartier choisi compte autant que l’hôtel. Bruxelles se compose de 19 communes autonomes : chaque zone a son tempérament.

Centre / Grand-Place Touristique, animé Tout à pied Ambiance ★★★★ Calme ★★ Sablon Antiquaires, chic Très romantique Ambiance ★★★★ Calme ★★★ Ixelles / Châtelain Bobo, Art nouveau Resto + boutiques Ambiance ★★★★★ Calme ★★★★ Sainte-Catherine Restos branchés Ancien port Ambiance ★★★★ Calme ★★★ Marolles Vintage, marché Bohème, populaire Ambiance ★★★★ Calme ★★ Quartier européen Calme le week-end Hôtels en promo Ambiance ★★ Calme ★★★★★

Pour un premier week-end, le bon réflexe consiste à dormir entre la Grand-Place et Sainte-Catherine. Tout se fait à pied, et les ruelles autour de l’ancien Marché aux Poissons (le Vismet) et de la place Sainte-Catherine alignent les meilleures adresses de la mer : Bij den Boer, François, La Marée. Pour un séjour plus posé, Ixelles l’emporte. C’est là qu’Audrey Hepburn et la cinéaste Agnès Varda ont vu le jour.

Manger et boire à Bruxelles : les vraies bonnes adresses

La gastronomie locale tient en cinq mots : moules, frites, gaufres, bière, chocolat. Et autant éviter les pièges à touristes de la rue des Bouchers, qui pratique parfois des prix doublés.

Pour les frites, Maison Antoine sur la place Jourdan, créée en 1948 par Antoine Desmet, reste la référence. Comptez 4 € le cornet. Les gaufres, c’est à la Maison Dandoy, fondée en 1829, avec sa boutique historique de la rue au Beurre. La véritable gaufre de Bruxelles, rectangulaire et aérienne, s’y déguste poudrée de sucre impalpable. Côté bière, le Delirium Café affiche plus de 3 000 références au compteur.

Pour un dîner romantique, trois adresses sortent du lot. Le Chalet Robinson sur son île, donc, autour de 60 à 80 € par personne. Le restaurant Le Pigeon Noir à Uccle, ancienne institution étoilée, pour un cap à 80-100 €. Et Les Brigittines, à la frontière du Sablon et des Marolles, brasserie au somptueux décor Art nouveau, autour de 50 € par personne. Réservation conseillée partout, surtout le samedi soir.

Pauses gourmandes signature, par budget

À partir deAdresseSpécialité
4 €Maison Antoine, pl. JourdanFrites belges
5 €Maison DandoyGaufre + spéculoos
25 €Delirium CaféSélection de bières + planche
50 €/pers.Les BrigittinesCuisine bruxelloise
60 €/pers.Chalet RobinsonDîner romantique sur l’île

Où dormir en couple selon le budget

Bruxelles offre l’une des meilleures équations qualité-prix d’Europe sur l’hôtellerie. Une chambre double centrale démarre autour de 80 € la nuit hors événements politiques européens, contre 120 à 150 € à Paris ou Amsterdam.

Trois fourchettes émergent. Petits budgets, 80 à 120 € : Hygge Hotel, Made in Louise, The Scott Hotel pour son design inspiré des Années folles à Saint-Gilles. Tous trois affichent des notes Booking au-dessus de 8,8/10. Charme, 130 à 200 € : L’Hôtel Jardin Secret, Hôtel Le Berger, ancienne maison de rendez-vous au style Art déco assumé, ou The Dominican près des Galeries Saint-Hubert. Luxe, 280 € et plus : l’Hôtel Amigo, établissement cinq étoiles de la collection Rocco Forte à deux pas de la Grand-Place, ou le Steigenberger Wiltcher’s Avenue Louise, avec spa Aspria.

Pour un séjour avec jacuzzi privatif, Osiam à Evere et la Sarabande, près du lac de Genval, sortent du lot mais demandent une voiture. Côté ville, Harmon House propose certaines chambres avec baignoire double, autour de 140 € la nuit.

Insolite : ce que les guides ne disent pas

L’Aegidium à Saint-Gilles, ancienne salle de spectacle aux décors mauresques du début du XXe en attente de son immense rénovation, ne s’ouvre qu’en de rares visites guidées. Des associations comme Arkadia y organisent des visites ponctuelles. Atmosphère figée, charme étrange. Le Musée et Jardins Van Buuren, à Uccle, conserve un Jardin du Cœur avec ses parterres romantiques, dessiné par le paysagiste René Pechère dans les années 1960. Entrée autour de 15 à 20 € par personne.

Pour les amateurs de bande dessinée, le Parcours BD de la Ville de Bruxelles aligne près de 70 fresques murales disséminées dans la ville. Tintin, Lucky Luke, le Marsupilami, Le Chat de Geluck : un jeu de piste qui se fait à pied, gratuitement, et qui transforme une simple balade en chasse au trésor.

Combien coûte vraiment un week-end à deux à Bruxelles

Sans extravagance, le ticket d’entrée pour un week-end à Bruxelles en couple tourne autour de 190 à 410 € à deux, hors transport pour s’y rendre. Le détail tient en quatre postes.

PosteMiniConfortPremium
Hébergement (1 nuit)80 €140 €280 €
Restauration (2 j.)80 €200 €300 €
Transport sur place10 €20 €30 €
Activités, musées20 €50 €90 €
Total à deux190 €410 €700 €

La Brussels Card, vendue 33 € pour 24 h, 46 € pour 48 h ou 53 € pour 72 h, donne accès à 49 musées. Rentable dès trois visites payantes. Côté bons plans, les musées de la Ville sont gratuits le premier dimanche du mois.

S’y rendre et se déplacer sans se prendre la tête

Depuis Paris, l’Eurostar (ex-Thalys) met 1 h 22 entre Paris-Nord et Bruxelles-Midi. Les billets tombent à 35 € en réservant deux mois à l’avance, contre 110 € en dernière minute. Depuis Lille, le trajet se réduit à 35 minutes. Depuis Lyon, un TGV direct permet d’atteindre Bruxelles en 3 h 45. Un vol vers l’aéroport de Bruxelles-National prend 1 h 20, suivi de 17 minutes en train direct via le tunnel Diabolo.

Sur place, tout se fait à pied dans le centre historique. Pour les trajets plus longs vers l’Atomium ou Ixelles, le réseau STIB combine métro, tram et bus. Le trajet coûte 2,10 € par carte bancaire sans contact aux portiques, avec un plafond journalier automatique à 7,50 €. Les vélos et trottinettes électriques partagés comme Dott, Lime ou Voi sillonnent toute la ville. Et la marche reste le meilleur moyen de tomber par hasard sur une galerie d’art ou un café que personne ne vous a recommandé.

Quand partir : la météo joue son rôle

Bruxelles n’est pas réputée pour son climat. Pluie possible toute l’année, températures fraîches même en été. Reste que chaque saison a son charme. Le printemps, d’avril à juin, ouvre les Serres royales et fait fleurir les parcs. L’été reste doux, autour de 22 à 24 °C en moyenne, idéal pour les terrasses du Châtelain. L’automne sied bien aux musées et aux brasseries chaleureuses. L’hiver, le marché de Noël Plaisirs d’Hiver et sa grande roue animent Sainte-Catherine. La patinoire s’installe, elle, Place De Brouckère.

Bonne nouvelle : contrairement à d’autres capitales, les hôtels y sont souvent moins chers le week-end, la clientèle d’affaires libérant les chambres. Les prix ne grimpent de 30 à 50 % qu’en semaine, lors des sommets européens.

Prolonger le week-end : Bruges, Anvers, Gand à portée de train

Bruxelles tient parfaitement en deux jours. Pour un trois jours à deux, la combinaison qui s’impose ajoute Bruges. La Venise du Nord se rejoint en 54 minutes de train depuis la gare de Bruxelles-Central, ticket autour de 18 € l’aller-retour en tarif week-end. Une journée suffit pour ses canaux, le Beffroi, la place du Burg et un déjeuner près du Markt. Anvers-Central, souvent classée parmi les plus belles gares du monde, à 40 minutes, séduira plutôt les amateurs de mode et de diamant. Sur la route de Bruges, Gand combine le charme médiéval de Bruges et l’énergie d’une ville étudiante.

Reste un dernier conseil. Bruxelles ne se livre pas du premier coup. On y revient. Et c’est probablement ça, le signe d’une vraie destination de couple.