
Egypte
Egypte : Randonnée dans le désert blanc
l’heure où de nombreux déserts sont encore difficilement praticables, politique oblige, le White Desert est une excellente alternative pour tous les accros du désert.
C’est en Egypte, à cinq heures de route du Caire.
Tout commence par la traversée de la capitale égyptienne, une des deux plus grandes mégapoles de notre planète avec Mexico.
Dès la sortie de l’aéroport, on est happé par la circulation. Démentielle, étourdissante, polluante... C’est l’anarchie totale ! Le chauffeur, forcément cairote, force sa route à travers un labyrinthe de ruelles grouillantes et obscures, accélère sans retenue sur des toboggans d’acier qui résonnent nuit et jour au sein d’une effarante concentration d’immeubles en tous genres.
Le Caire est parcouru par un écheveau de voies qui serpentent, s’infiltrent ou tranchent indifféremment dans la pierre, la brique de terre ou le béton préformé ! Il y a des bâtisses sordides et délabrées à la limite de l’effondrement, d’anciens palais coloniaux somptueux et décrépis, des immeubles au luxe tapageur, des gratte ciel riches et hautains....
Régulièrement, d’admirables mosquées à l’architecture audacieuse aèrent le paysage de leurs minarets élancés vers un ciel trop souvent camouflé par la pollution. Le Caire est une ville gigantesque de près de 20 millions d’habitants, sale, bruyante, angoissante, mais passé le premier choc nourri des inévitables angoisses sournoises et cependant injustifiées, on se prend à l’aimer.
Après la banlieue de Gizeh, célèbre pour ces trois pyramides monumentales et la nouvelle ville qui surgit du sable avec son futur casino golf mégalo, la route s’enfonce en quelques centaines de mètres d’excellent bitume dans un désert vide, sans relief, écrasé par un ciel bleu indigo.
Très vite, le paysage se résume à la route et à une voie de chemin de fer parallèle. Parfois un long convoi chargé de minerai de fer brise la monotonie du voyage d’un long coup de sifflet amical.
Une heure et demi plus tard, c’est la pause devant le seul bâtiment rencontré en plus de cent cinquante kilomètres. Un " Sahara Café " qui se résume à un imposant volume de béton, peint de vert et de mauve acidulé, coupé par un immense comptoir en zinc planté face à des tables en formica. Selon votre humeur, vous adorerez son kitch délirant ou détesterez sa vacuité criarde et sinistre. On y boit pourtant un très bon thé !
Encore deux heures à travers le néant et Barahiya surgit des mirages. C’est la première oasis sur la route du désert libyque, à ne pas confondre avec l’arabique, à l’est du Nil. Comme toutes les oasis dont on rêve, elle est verte et rafraîchissante.
La route continue à travers un paysage qui se plisse et se soulève en rondeurs rocheuses où se coulent les premières dunes de sable doré. Jusqu’au rendez-vous avec Samyr, notre guide et Ashraf, le chauffeur.
Quelques minutes pour transvaser nos affaires et les vivres de la semaine dans un antique véhicule 4x4 et nous repartons, à pied cette fois.
Une première colline rocheuse est gravie, lentement, paisiblement, puis au sommet de la crête rocheuse effilée, nous nous arrêtons émerveillés par le paysage qui s’étend jusqu'à l’horizon. Le temps d’un bref panorama et nous basculons soudainement dans notre voyage.
La lumière est douce, la température agréable et le pas léger. La journée s’annonce bien !
Très vite, notre groupe s’organise et chacun installe ses repères. Anne s’écarte et dérive vers la " solitude " tant attendue. Jacqueline discute littérature avec Martine qui l’écoute, d’abord d’une oreille distraite, avant de décrocher subtilement. Michel disparaît sur l’horizon à grandes enjambées tandis que l’autre Michel scrute le sol à la recherche de fossiles.
Vers midi, alors que le soleil côtoie le zénith, c’est la pose repas à l’ombre d’un surplomb rocheux. Un grand tapis, quelques matelas confortables, un feu d’acacias sous une théière et une grande salade de légumes feront l’affaire.
Un souffle léger rafraîchît délicieusement notre salle à manger qui, sitôt le pique-nique avalé, se transforme en chambre douillette au moment de la sieste !
Le silence n’est pas total... Un doux bruissement module des gammes le long des parois rocheuses. Moment paradisiaque, privilégié, trop court lorsqu’il faut repartir. Les chevilles se font alors raides, les cuisses dures et l’énergie vacillante...
Les jours suivants s’écoulent ainsi à cheminer tranquillement entre ombre et lumière. Tantôt en équilibre sur le faîte acéré d’une dune, déclenchant à chaque pas des mini avalanches aux dessins géométriques... Ou à rêver aux abords ombragés du puits d’Ain El Serrou....
Il y aura aussi d’innombrables balades dans le New White Desert, le bien nommé. La craie s’y décline sous toutes les formes imaginables. En plaques lisses ou ridées, en colonnettes fragiles, en monolithes sculptés, en Tassilis éblouissants...
Et de longues marches dans le wadi Hennis, à ramasser des étoiles en pyrite, des micro-sculptures en grès ou des coquillages fossiles du temps, pas si lointain, où la mer recouvrait une grande partie du Sahara.
Il y aura aussi ce thé dégusté sous un mimosa géant au sommet d’une butte de sable à Santa.
Plus tard, nous nous sommes égarés dans le massif du Sahara es Arbouia.
Nous avons gravi des coulées de sable à la texture épuisante, louvoyé entre d’abrupts pitons rocheux en craie aux parois friables, respiré intensément au sommet de massifs tabulaires où s’étendent des regs noirs et balayés par le vent.
Un matin, le soleil est apparu d’un blanc incandescent, annonçant la canicule. Il a fallu alors peiner dans le sable mou jusqu'à l’ombre parcimonieuse d’une falaise. Puis le simoun, le vent du sud, s’est levé. Agressif, brûlant et desséchant comme dans une turbine en folie.
Nous nous sommes alors réfugiés, anéantis de chaleur à l’abri d’un rocher. Le thermomètre dépassait les 45°c à l’ombre.
Mais après chaque journée de lumière, nous avons aussi vécu des nuits limpides où la lune et les étoiles irradient le paysage d’une douce lueur. Et dans le désert, les nuits sont longues ! On s’y couche tôt, on y rêve beaucoup, on se réveille souvent pour savourer un verre d’eau, écouter le vent, se rassurer devant l’étoile polaire ou simplement attendre le soleil. Et commencer une nouvelle journée de bonheur en dégustant un café devant le feu du petit déjeuner...
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Notre contact local pour organiser votre randonnée dans le désert blanc, une fois arrivé à Bahariya : Ahmed Safari Camp / El Kassr, Bahariya Oasis, Egypt. Tel. 00 20 18 80 20 90 et 00 20 18 80 27 70. E-mail:





