Objets en cuivre de Marrakech

Les souvenirs de Marrakech pour rapporter un bout du Maroc avec vous

par Marc

Voyager à Marrakech donne envie de repartir les bras chargés. Les valeurs sûres tiennent en quelques noms : un tapis berbère, un flacon d’huile d’argan, du ras el hanout, des babouches et une lanterne en cuivre. Pour les gourmands, des cornes de gazelle. Voilà le noyau dur que je vous recommande.

J’ai lu de nombreux guides sur le sujet. La plupart alignent les objets et s’arrêtent là. Le tri entre l’artisanat et la babiole importée d’Asie, lui, passe à la trappe. C’est pourtant le seul sujet qui compte une fois sur place.

SouvenirPrix indicatifOù l’acheterTransport
Tapis berbère1 500 à 4 000 MAD (≈ 150 à 400 €)Souk Zrabia, coopérativeVolume
Huile d’argandès 50 MAD les 100 mlCoopérative féminineSoute
Ras el hanout, épicesdès 20 MAD les 100 gRahba KedimaFacile
Babouches80 à 200 MADSouk Smata, CherratineFacile
Lanterne en métaldès 100 MADSouk HaddadineMoyen
Céramique, tajinedès 120 MADSouk Fekharine, SafiFragile
Bijou en argentdès 100 MADSouk SemmarineFacile
Savon noir beldidès 20 MAD le potHerboriste, coopérativeSoute

Le tapis berbère, la pièce qui dure

Si un seul objet doit suivre, c’est lui. Le tapis berbère est noué à la main dans les villages de l’Atlas, en laine de mouton, parfois en poil de chameau. Les tapis berbères les plus connus sont les Beni Ourain, fond clair et losanges noirs, et les Rabati, plus colorés. Le prix tourne entre 1 500 et 4 000 dirhams pour une belle pièce, soit grosso modo 150 à 400 €. Sur les grands formats noués serré, ça monte vite.

J’ai longtemps cru qu’un tapis acheté en médina était forcément noué main. Les étals de faux, doux au toucher mais tissés à la machine, m’ont fait réviser ce jugement. Le réflexe qui tient la route consiste à retourner le tapis. Un nouage régulier au dos, de petites irrégularités sur l’endroit, voilà la marque du fait main. Le tapis, je crois bien, reste le souvenir le plus revendu de toute la médina.

Combien pour un bon tapis ? Tout dépend de la taille.

Où le trouver sans se tromper

Le Souk Zrabia, en plein cœur de la médina, reste le repaire des marchands de tapis. Les coopératives de l’Atlas vendent parfois moins cher, et vous y voyez les femmes tisser. Le bon réflexe : demander la tribu, l’origine de la laine. Un vendeur qui connaît son produit raconte volontiers.

Tapis

L’huile d’argan et la trousse beauté

Difficile de quitter le Maroc sans un flacon d’huile d’argan. Deux versions existent : la cosmétique, claire, pour la peau et les cheveux, et la culinaire, plus ambrée, au goût de noisette. Le flacon de 100 ml part de 50 dirhams en coopérative. Au litre, le prix va de 200 à 600 dirhams selon la qualité, environ 18 à 55 €.

J’ai mis du temps à comprendre que la mention « IGP Argane » sur l’étiquette garantissait l’origine géographique et le respect du cahier des charges, mais que le vrai test restait la dégustation. Bon à savoir avant de payer le double pour un joli packaging. Le meilleur plan reste la coopérative féminine : vous achetez direct, le prix est juste, l’argent revient aux productrices.

À côté de l’argan, deux produits valent le détour. Le savon noir beldi, une pâte d’olives noires pour le hammam, se vend dès 20 dirhams le pot. Le rhassoul, cette argile qui lave les cheveux, coûte une dizaine de dirhams. Légers, incassables, parfaits en cadeaux.

Le savon noir passe en cabine ? Oui, sous 100 ml. Au-delà, direction la soute.

Épices, thé et douceurs

Rahba Kedima, la petite place aux épices, donne le ton dès qu’on y entre. Cônes de cumin, safran rouge, paprika, et le fameux ras el hanout, ce mélange maison qui peut réunir des dizaines d’ingrédients. Le sachet de 100 grammes part de 20 dirhams. Une pincée parfume un tajine entier.

Le safran coûte cher, et c’est normal. Un faux circule : des fils teints, sans odeur. Le vrai colore l’eau lentement et sent fort. Côté sucré, les cornes de gazelle à la pâte d’amande et les briques au sésame voyagent bien. L’amlou aussi, cette pâte d’amandes, de miel et d’huile d’argan qu’on étale au petit-déjeuner. Achat en fin de séjour pour la fraîcheur.

Le thé à la menthe mérite son rituel. Une théière en métal argenté, quelques verres colorés, et vous le rejouez chez vous.

Le cuir, des babouches aux poufs

Le cuir est partout dans la médina. Babouches souples, sacs, ceintures, poufs à garnir une fois rentré. Le Souk Cherratine concentre les ateliers, et l’odeur de tannage vous prend dès l’entrée. Une paire de babouches cousues main part de 80 dirhams.

Voici l’écart qui fait mal. Une babouche en cuir véritable affichée à 80 € en vaut 20 à 30. Le même rapport revient sur les sacs et les poufs : du simple au triple selon la tête du client. Si le vendeur refuse de descendre sous trois fois le prix correct, mieux vaut passer son chemin… à mon avis, c’est même le signal d’arnaque le plus fiable.

Le vrai cuir a une odeur, des coutures régulières, un grain un peu vivant. Le synthétique brille trop et sent le plastique.

Céramique, cuivre et lanternes

La déco marocaine, c’est d’abord des objets qu’on allume ou qu’on pose. Les lanternes en cuivre ou en laiton, percées de motifs fins, jettent des ombres sur les murs dès qu’une bougie chauffe. Le Souk Haddadine, celui des ferronniers, en regorge. Première lanterne dès 100 dirhams.

La céramique suit. Plats à tajine, bols, assiettes peintes à la main, souvent venus de Safi ou de Fès. Un tajine décoratif part de 120 dirhams. À mon avis, ce tajine-là ne sert jamais à cuire : il décore, point. Pour la cuisine, mieux vaut un modèle en terre brute, sans plomb dans l’émail. Fragile ? Très. Chaque pièce demande du papier bulle et une place au centre de la valise.

Le bois de thuya, enfin. Essaouira en est la capitale, et ses artisans sculptent boîtes, plateaux et cadres veinés. Une odeur de bois chaud qui tient des mois.

Thé à la menthe

Bijoux en argent et vêtements

Les bijoux berbères en argent brillent sur les étals du Souk Semmarine. Bracelets massifs, pendentifs, boucles serties de cornaline. Le poinçon « 925 » indique l’argent véritable, et un bijou part souvent de 100 dirhams. Chaque pièce est façonnée à la main, donc unique.

Côté vêtements, la djellaba reste l’emblème. Portée par les hommes comme par les femmes, tissée en laine l’hiver ou en coton léger l’été. Le caftan, plus habillé, brodé, se garde pour les grandes occasions. Le bon choix dépend de votre morphologie, donc l’essayage s’impose avant l’achat.

On me demande souvent si la djellaba se porte vraiment en France. Oui, en intérieur, comme un peignoir chic. Le reste tient à votre audace.

Où acheter sans se faire avoir

La médina fonctionne par corps de métier. Chaque souk a sa spécialité, et connaître la carte fait gagner du temps et de l’argent.

SoukSa spécialité
Souk SemmarineBijoux, textiles, grande artère d’entrée
Souk ZrabiaTapis et kilims
Souk CherratineCuir et maroquinerie
Rahba KedimaÉpices, herbes, produits de beauté
Souk HaddadineLanternes et ferronnerie
Souk FekharinePoterie et céramique

Trois repères valent de l’or. L’Ensemble Artisanal, vitrine officielle des métiers, affiche des prix fixes : un bon étalon avant de négocier ailleurs. Les coopératives féminines garantissent l’origine de l’argan et des tapis. Le quartier Gueliz, plus moderne, propose des boutiques à prix marqués, sans la pression du marchandage, mais plus chères.

Quelques adresses repérées de longue date dans la ville :

  • Souvenirs personnalisés : 3 Riad Zitoun Lakdim, Marrakech 40000, Maroc
  • Trésors El Mamoun : RAK Mhamid saada 6 n209، 40000, Marrakesh 40000, Maroc
  • Bazar El Bouanani : Souk Jdid N 20 Jemaa el-Fna, 40030, Maroc
  • Ets Bouchaib : Rue de La Kasbah, Marrakesh 40000, Maroc

Combien prévoir pour vos souvenirs

Tout dépend de vos envies, mais une enveloppe de 300 € couvre déjà un beau panier. Un découpage qui tient la route : l’artisanat et la déco prennent la plus grosse part, la gastronomie suit, les cosmétiques et le textile ferment la marche.

Un budget de 300 € bien répartiArtisanat & déco120 €Gastronomie90 €Cosmétiques60 €Textile30 €

Concrètement, 120 € partent dans un tapis moyen et une lanterne, 90 € dans les épices, le thé et l’huile d’argan, le reste dans un savon noir et un foulard. Les prix bougent, parfois plus parfois moins, selon la saison et votre talent au marchandage.

Peu de place dans la valise ?

Le problème revient à chaque retour. La place manque, et le tapis tente quand même. Un arbre de décision simple aide à trancher.

De la place dans la valise ?peuouiLéger & platépices, savon noir, bijouDu volume permistapis, lanterne, poterieCadeau gourmandamlou, thé, cornes de gazelle

Reconnaître le vrai du faux

Les souks se remplissent d’articles importés qui imitent l’artisanat local. Le piège est réel. Chaque produit a pourtant son test, et il prend dix secondes.

ProduitLe fauxLe test qui marcheHuile d’arganvisqueuse, trop parfuméemention « IGP Argane »Tapis berbèretrop régulier, dos lissenouage visible au dosCuirbrillant, odeur plastiquegrain vivant, coutures nettesArgentterne, sans marquepoinçon « 925 » gravé

Le gage le plus simple reste de voir l’artisan au travail. Un atelier ouvert, des copeaux au sol, un marteau qui sonne : bon signe. Franchement, la moitié des babioles vendues sur les grandes places sortent de la même usine, et ça se voit à la finition trop nette.

L’art de marchander, sans stress

Le marchandage n’est pas une bagarre. C’est un jeu social, souvent autour d’un thé à la menthe. Le premier prix annoncé vise le touriste pressé, presque toujours gonflé.

La méthode que me décrivent les habitués : partir autour de la moitié du prix affiché, sourire, prendre son temps. Le liquide aide, les cartes passent mal dans les souks. Trois mots de darija font fondre les vendeurs : « shhal ? » pour « combien ? », « ghali bezzaf » pour « c’est trop cher », « la, choukran » pour « non merci ».

Ramener ses achats en France

Dernière étape, souvent oubliée. Les liquides au-dessus de 100 ml, huile d’argan et miel en tête, voyagent en soute, pas en cabine. La céramique part au centre de la valise, emballée serré.

Avant de boucler la valiseLiquides de plus de 100 ml en souteCéramique dans du papier bulle, au centreFactures gardées pour la douanePlantes et graines : à éviter

Les factures des coopératives et boutiques officielles servent au passage en douane, surtout pour un tapis ou un bijou de valeur. Les épices et les pâtisseries passent sans souci. Pour les plantes et les graines, mieux vaut s’abstenir, la réglementation reste stricte.

Mon dernier conseil d’analyste tient en deux mots : moins, mais mieux. Un seul bel objet, choisi en regardant l’artisan le finir, vaut dix aimants. C’est lui que vous regarderez encore dans cinq ans.

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